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Musées nationaux : quelle stratégie de financement ?

le 20 novembre 2018

A l’occasion de l’examen pour avis du projet de budget 2019 du MinistèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. de la culture, la députée Brigitte Kuster étudie les stratégies mises en oeuvre par les musées nationaux pour accroître leurs ressources propres.

Les musées nationaux sont les musées dont les collections appartiennent à l’État. Leur liste est fixée par décret et inscrite dans le code du patrimoine.

Un taux d’autofinancement variable selon le statut

Depuis 2012, les dotations de l’État aux musées nationaux tendent à baisser. Pour faire face à cette évolution, les musées ont mis en place diverses stratégies pour développer leurs ressources propres.

Dans les musées nationaux sous statut d’établissement public, le taux d’autofinancement atteint, en moyenne, 50%. Le taux est beaucoup plus faible pour les musées sous statut de service à compétence nationale (Musée de la préhistoire d’Eyries-de-Rayac, Musée de la Renaissance du château d’Ecouen, etc.).

Outre la billetterie, les ressources propres se répartissent en deux catégories principales : le mécénatMécénatSoutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une oeuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général. et la valorisation des lieux.

Le mécénat des entreprises à destination des musées nationaux est encouragé par des dispositifs fiscaux. Le rapport souligne cependant que seuls les musées sous statut d’établissement public parviennent à trouver des mécènes.

Les musées nationaux bénéficient aussi de dons de particuliers et de legs. Certains musées proposent des "billets mécénat" : les visiteurs volontaires achètent un billet à un prix plus élevé que le tarif normal. Les musées utilisent aussi le financement participatif. le Musée du Louvre a ainsi récolté 600 000 euros en vue d’acquérir Amour du sculpteur Jacques Saly.

La valorisation des lieux peut prendre la forme de concessions ou de locations d’espaces (boutiques, réceptions, séminaires, etc.). Le rapport met en évidence le dynamisme des ressources liées à la valorisation des lieux qui atteignent 40 millions d’euros en 2017.

Billetterie versus gratuité

La billetterie représente deux tiers des ressources. Le montant des ressources dépend de la fréquentation des musées mais il peut être réduit par des politiques de gratuité (ou de tarifs réduits) guidées par des objectifs de démocratisation culturelle.

Dans les musées nationaux, bénéficient de la gratuité : les enfants, les jeunes de 18 à 25 ans ressortissants de l’Union européenne ou résidents de longue durée, les demandeurs d’emploi, les bénéficiaires de minima sociauxMinima sociauxPrestations sociales visant à garantir un revenu minimal à une personne en situation de précarité., les personnes mutilées de guerre, les personnes en situation de handicap et leurs accompagnateurs, les enseignants et les agents du Ministère de l’Éducation nationale, certaines catégories de professionnels de l’information et de la culture.

Sont également organisées des journées d’accès gratuit : premier dimanche du mois, Journées du patrimoine, etc.

Au total, en 2016, les entrées gratuites ont représenté 35% de la fréquentation totale des musées nationaux.

Pour la rapporteure, les dispositifs de gratuité doivent être adaptés selon les musées et leur caractère touristique. Elle s’interroge sur la pertinence de la gratuité des premiers dimanches du mois qui crée un effet d’aubaine pour les touristes.

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