Santé : les enjeux sanitaires de la prostitution [20121231]| vie-publique.fr | Actualités | En bref

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Santé : les enjeux sanitaires de la prostitution

le 31 12 2012 Archives.

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) évalue, dans un rapport remis le 18 décembre 2012 à la ministre des Droits des femmes, les enjeux sanitaires de la prostitution.

L’IGAS rappelle que la prostitution comporte des risques spécifiques (VIH/sida, hépatites, autres infections sexuellement transmissibles, etc.) ou généralement associés (conséquences sanitaires des violences exercées notamment par les proxénètes et les clients). On dénombre également diverses pathologies qui, sans être nécessairement imputables à la prostitution, reflètent plus largement les conditions de vie de personnes en situation précaire (troubles psychiques, infections broncho-pulmonaires, usage de produits psycho-actifs, etc.). Le milieu associatif intervient auprès des personnes qui se prostituent par le biais d’actions de prévention et d’aides à l’accès aux droits et aux soins. Aujourd’hui, ces démarches connaissent des obstacles et des limites. Ainsi, la création du délit de racolage passif (loi de 2003 sur la sécurité intérieure) tend à compliquer l’action des associations en direction des personnes qui se prostituent sur la voie publique ("prostitution de rue"). Les associations doivent par ailleurs faire face à des restrictions budgétaires liées à la diminution des subventions publiques qui leur sont allouées. Enfin, elles peinent surtout à atteindre les personnes pratiquant la prostitution "indoor" (dans les bars ou les salons de massage, en appartement par internet ou les réseaux sociaux, etc.), forme de prostitution probablement appelée à se développer.

Compte tenu de la diversité des formes de prostitution et des publics qui se prostituent, l’IGAS conclut qu’une "politique de la prostitution" en tant que telle serait inadaptée. L’IGAS recommande de mieux tenir compte de l’impact sanitaire des mesures prises dans les différentes politiques publiques (sécurité et ordre public, immigration, etc.). Par ailleurs, les publics les plus fragiles devraient faire l’objet d’une attention particulière. Ainsi, pour les jeunes mineurs qui se prostituent, l’évaluation de la pertinence des dispositifs existants, notamment dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance, est indispensable. Quant aux étrangers en situation irrégulière, l’amélioration de leur condition sanitaire passe par un meilleur accès aux droits et aux soins et s’inscrit donc dans le cadre plus général de la gestion des dispositifs de la couverture maladie universelle (CMU) et de l’aide médicale d’Etat (AME). Enfin, il est nécessaire de mettre au point des modalités d’intervention adaptées à la prostitution "indoor".

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