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Paris 2015 : le GIEC évalue le réchauffement climatique et ses conséquences

le 19 08 2015 Archives.

La 21e conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP 21) organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015 doit aboutir à un nouvel accord international permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il s’agit de répondre au défi que constitue le réchauffement climatique, tel qu’analysé par le GIEC dans son 5e rapport, paru un an avant Paris 2015.

Créé par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) en 1998, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a pour mission d’évaluer les informations scientifiques, techniques et socio-économiques en rapport avec le changement climatique. Il établit des rapports qui constituent la base scientifique sur laquelle s’appuient les États pour lutter contre le changement climatique.

Quel est le diagnostic posé par le GIEC ?

Dans son 5e rapport d’évaluation (2013-2014), le GIEC affirme que le réchauffement climatique et le rôle des activités humaines dans la hausse des températures moyennes sont sans équivoque. Il indique que le réchauffement climatique et ses conséquences sont d’ores et déjà mesurables.

Selon le GIEC, la température moyenne annuelle a augmenté de 0,85°C depuis 1880 et elle devrait encore croître de 0,3 à 4,8°C d’ici à 2100 en fonction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Au cours de la période 1901-2010, le niveau moyen mondial de la mer s’est élevé de 19 cm. Il devrait connaître une hausse de 26 à 82 cm d’ici 2100. Les deux causes principales de cette montée de la mer sont la hausse des températures (dilatation de l’eau liée au réchauffement) et la fonte des glaciers :

  • Plus de 90% de l’énergie apportée par le réchauffement climatique entre 1971 et 2010 s’est accumulée dans les océans. Plus de 60% de l’augmentation nette d’énergie a été emmagasinée dans la partie supérieure de l’océan (0 – 700 m), 30% se situent à une profondeur de plus de 700 m.
  • La banquise arctique a décru de 3,5 à 4,1% par décennie entre 1979 et 2012. Cette fonte devrait se poursuivre au 21e siècle, laissant l’océan Arctique quasiment libre de glace avant le milieu du siècle. Le volume des glaciers de montagne devrait aussi continuer à se réduire.

Enfin, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) liées aux activités humaines ont augmenté de 40% depuis 1750 et de plus de 20% depuis 1958. Cette hausse s’explique principalement par la combustion de combustibles fossiles (charbon, pétrole, etc.) et par la déforestation. Les océans ont absorbé 30% des émissions d’origine humaine de CO2, entraînant notamment leur acidification, ce qui constitue une menace pour la biodiversité marine.

Une action est-elle encore possible ?

Pour le GIEC, une atténuation du changement climatique reste toujours possible si les efforts sont engagés sans tarder. Ces efforts doivent viser à réduire les émissions de GES afin de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, seuil au-delà duquel le réchauffement pourrait avoir des impacts dévastateurs. Selon le GIEC, atteindre cet objectif nécessiterait de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 à 70% d’ici à 2050, par rapport à leur niveau de 2010. Pour maintenir la stabilité climatique de la planète, les émissions de GES devraient être proches de zéro ("neutralité carbone") en 2100. Il faudrait également que la quantité accumulée d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) d’origine humaine n’excède pas 800 gigatonnes de carbone, alors que 531 gigatonnes ont déjà été produites par l’homme depuis 1870.

La conférence de Copenhague de 2009 a adopté l’objectif de maintenir le réchauffement climatique à 2% par rapport à l’ère préindustrielle. Il revient à Paris 2015 d’élaborer l’accord rendant possible sa mise en œuvre.

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