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Paris 2015 : les leçons de Kyoto et de Copenhague

le 1er 11 2015 Archives.

La 21e conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP 21) se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Elle doit permettre d’aboutir à un accord international sur le climat applicable à compter de 2020, date d’arrivée à échéance du protocole de Kyoto. Sa feuille de route est marquée par l’expérience du protocole de Kyoto et de la conférence de Copenhague (2009).

Les causes du réchauffement climatique et leurs conséquences pour l’environnement et pour la santé font, dans l’ensemble, l’objet d’un consensus. Les voies pour le corriger sont en revanche plus débattues.

Le Protocole de Kyoto

La prise de conscience du réchauffement climatique a conduit à l’adoption, par 154 pays, de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) lors du Sommet de la terre organisé à Rio de Janeiro en 1992. Le Protocole de Kyoto constitue la première mise en oeuvre pratique, et contraignante, de la Convention. Il propose un calendrier de réduction des émissions de sept gaz à effet de serre (GES), considérés comme les principales sources du réchauffement climatique. Entrée en vigueur le 16 février 2005, la première phase du protocole comportait l’engagement, pour 38 pays industrialisés, de réduire leurs émissions de GES de 5,2% entre 2008 et 2012, par rapport aux émissions de 1990.

Le Protocole de Kyoto a montré ses limites. En 2012, les objectifs du Protocole de Kyoto ont été atteints, en dépit de l’absence des Etats-Unis (qui ont signé mais n’ont pas ratifié le Protocole) et de l’annonce en 2011 du retrait du Canada. Toutefois, le Protocole de Kyoto n’engageait plus à cette date les principaux pays émetteurs de GES, compte tenu de ces deux défections et de l’essor des pays émergents (Chine et Inde notamment). En effet, les 38 pays développés visés par le Protocole de Kyoto ne représentaient plus que 36% des émissions mondiales de GES en 2010. Le Protocole n’a donc pas été suffisant pour stabiliser les concentrations de GES dans l’atmosphère.

La conférence de Copenhague et la deuxième période du Protocole de Kyoto

Des négociations ont été engagées dès 2005 en vue de préparer un nouvel accord, engageant cette fois les pays émergents et les pays développés, à l’arrivée à échéance du protocole de Kyoto. En dépit de ces efforts, la conférence de Copenhague de 2009 s’est achevée sur un échec. Cet échec est né d’un désaccord entre les pays développés, historiquement responsables du réchauffement climatique, et les pays émergents, désireux de ne pas limiter leur croissance.

La conférence de Copenhague s’est soldée par l’adoption d’une déclaration politique non contraignante qui fixe un objectif de stabilisation de la hausse de la température moyenne à 2°C d’ici 2050, sans définir les moyens pour l’atteindre. Par ailleurs, les pays développés se sont engagés à fournir des financements, à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020, pour aider les pays en voie de développement à réduire leurs émissions de GES et à s’adapter aux effets du changement climatique. A cet effet, un Fonds vert, où doit transiter une partie de ces 100 milliards, est créé en 2010.

En l’absence d’un nouvel accord international, les pays développés engagés dans le protocole de Kyoto ont convenu, de le prolonger au-delà de 2012. Lors de la conférence de Doha en 2012, ils ont ainsi fixé les règles de la deuxième période d’engagement du Protocole de Kyoto (2013-2020). Les pays désignés doivent globalement réduire leurs émissions d’au moins 18% entre 2013 et 2020, par rapport à 1990. La Russie, le Japon et la Nouvelle-Zélande ont toutefois annoncé qu’ils se désengageaient du dispositif. Pour être mis en application, ce dispositif doit encore être ratifié par au moins 75% des pays ayant ratifié le Protocole de Kyoto.

La préparation de Paris 2015

Après l’échec de Copenhague, les négociations se sont poursuivies afin de rendre possible un accord international, applicable à compter de 2020. La feuille de route de la Cop 21 organisée du 30 novembre au 11 décembre 2015 à Paris a été fixée lors de la conférence de Durban en 2011. Selon cette feuille de route, tous les pays doivent parvenir à un accord applicable à tous, juridiquement contraignant, permettant de respecter l’objectif de contenir le réchauffement climatique à 2°C. Afin que cet accord puisse entrer en vigueur dès 2020, c’est-à-dire à l’issue de la seconde période d’engagement du Protocole de Kyoto, l’accord qui sera conclu lors de la COP 21 ne sera pas forcément un accord final, qui marquerait la fin du processus de négociation : il pourra être complété par la suite.

Dans cette perspective, la conférence de Varsovie en 2013 a invité l’Union européenne et les 195 pays signataires de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) à communiquer, au cours de l’année 2015, leurs objectifs de réduction de GES à compter de 2020. A la date du 1er octobre 2015, 146 pays (dont la Chine, les États-Unis, les 28 États membres de l’Union européenne, la Russie et le Japon), représentant plus de 85% des émissions mondiales, ont rendu leur contribution (ou "INDCs", pour "contribution prévue déterminée au niveau national") auprès de l’Organisation des Nations Unies. Toutes les contributions reçues avant cette date sont agrégées dans un rapport de synthèse publié le 1er novembre 2015. Il sert à évaluer, avant l’ouverture de Paris 2015, l’impact des contributions annoncées au regard de l’objectif de limitation de la hausse des températures, fixé à 2°C.

Réussir Paris 2015 nécessite que tous les pays s’engagent, ce qui suppose notamment de surmonter les deux écueils suivants :

  • Faire en sorte que les contributions, désormais décidées au niveau national, soient suffisantes pour limiter le réchauffement climatique à 2°C.
  • Assurer la montée en puissance des transferts financiers des pays développés vers les pays en voie de développement.

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