Elections européennes : l’abstention, un enjeu du scrutin ?| vie-publique.fr | Actualités | Dossiers

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élections européennes 2009 Elections européennes : l’abstention, un enjeu du scrutin ?

le 28 04 2009 Archives.

Le Parlement européenParlement européenInstitution de l’Union européenne représentant les citoyens des États membres, dont les élections se dérouleront du 4 au 7 juin 2009, est peu connu des Européens. Comment remédier à cette situation ? Quelles sont les attentes exprimées par les Européens pour ces élections ?

L’abstentionAbstentionNon participation à un scrutin, une tendance générale à la hausse avec des situations variables au sein de l’Union européenne

Le contexte institutionnel général

Le 7 juin 2009, les électeurs français de métropole se rendront aux urnes pour élire 72 députés européens dans 8 circonscriptions, composées de plusieurs régions. Du 4 au 7 juin, 736 députés seront élus pour représenter les 27 États membres de l’Union européenne (UE) au ParlementParlementOrgane collégial qui exerce le pouvoir législatif (adoption des lois et contrôle du pouvoir exécutif). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. européen, dans le cadre du traité de Nice toujours en vigueur. Si le traité de Lisbonne entre en vigueur après cette élection et si le correctif prévu par le Conseil européen de décembre 2008 est ratifié, la France aura 2 députés supplémentaires et le nombre total de députés du Parlement passera à 754.

Selon le code électoral français, les votes nul et blanc sont considérés comme des votes de "non choix" et comptabilisés ensemble. A la différence d’autres pays européens, les votes blancs ne sont donc pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Par ailleurs l’abstention est le fait d’électeurs inscrits sur les listes électorales qui ne participent pas à l’élection, comportement électoral impossible en Belgique, en Grèce et au Luxembourg, où le vote est obligatoire.

L’abstention : un phénomène paradoxal ?

9 pays membres participent aux élections européennes depuis 1979 (Allemagne, Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni). Aux élections de 1984 viennent s’ajouter l’Espagne et le Portugal et, en 1994, l’Autriche, la Finlande et la Suède. En l’espace de 30 ans, avec les élargissements successifs de l’UE, l’augmentation du nombre et des pouvoirs des députés, le PE est passé d’un organe purement consultatif à une institution co-législative clef. Cependant, depuis 1979, la participation des électeurs aux élections européennes décline dans la plupart des États membres (y compris en Belgique et en Grèce). Seuls le Danemark, la Finlande, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Royaume-Uni enregistrent une participation électorale à la hausse pour ce type d’élection. En moyenne, entre 1979 et 2004, date de la précédente élection européenne, le taux d’abstention dans l’Europe des Quinze est passé de 37% à 47,2%.

En France, l’abstention n’a cessé de progresser aux scrutins européens, avec une exception en 1994 (39,3 % en 1979, 43,3% en 1984, 51,2% en 1989, 47,3 en 1994, 53,2% en 1999 et 57,2 % en 2004). En 2004, l’abstention aux élections européennes dans les nouveaux États membres atteint 59,7% en moyenne, avec un minimum pour Malte (17,6%) et un maximum pour la Slovaquie (83%). En 2005, le référendumRéférendumProcédure de vote permettant de consulter directement les électeurs sur une question ou un texte, qui ne sera adopté qu’en cas de réponse positive. portant sur le projet de constitution européenne avait vu un recul de l’abstention en France : seulement 30,63% des inscrits n’étaient pas aller voter.

Causes et remèdes à l’abstention

Un désintérêt relatif pour un scrutin jugé sans enjeu réel.

  • La faible connaissance de l’Union européenne est avancée comme le principal facteur de l’abstention : les citoyens ne savent pas pour qui ni pour quoi ils votent. Peu d’électeurs savent que 80% de la législation nationale est conçue au niveau européen avant d’être transposée au niveau national : les eurodéputés restent des personnes peu visibles et leur pouvoir réel est en grande partie méconnu.

Quels remèdes à l’abstention ?

  • Mieux communiquer : partant de l’idée que la réticence à l’égard de l’Europe serait due à une connaissance insuffisante de ce qui s’y fait, la Commission européenne s’est dotée, dès 1974, d’un instrument de référence pour l’analyse de l’opinion publique européenne, les enquêtes Eurobaromètre. Après les référendums du printemps 2005, elle lance le programme intitulé "Plan D comme Démocratie, Dialogue et Débat" avant de publier, en février 2006, un livre blanc sur la politique de communication européenne. De son côté, le PE a entrepris un important travail de réflexion sur son rôle en tant que défenseur des intérêts des citoyens faisant contrepoids à la Commission et au Conseil. Cela se traduit par une meilleure mise en valeur des débats autour de dossiers sensibles, a priori propices à des discussions de fond et susceptibles d’attirer l’attention des médias et des citoyens.

Outre les remèdes au "déficit de communication", d’autres solutions ont été proposées :

  • coupler l’élection au Parlement européen avec une élection nationale ou locale (comme au Luxembourg) ;
  • porter un effort sur la pédagogie des enjeux du scrutin ou offrir la possibilité de voter par courrier ou par internet.

Les enjeux des élections européennes de juin 2009

Qu’attendent les citoyens des élections européennes de juin 2009, à quels thèmes donnent-ils la priorité ?

  • L’enquête Eurobaromètre sur l’opinion publique dans l’Union européenne, parue en décembre 2008, révèle l’importance des préoccupations liées à la crise financière. Si 71% des participants à l’enquête se déclarent "particulièrement pessimistes" à propos de la situation de l’économie mondiale, la situation de l’économie européenne est perçue sous un jour légèrement plus positif comparée à l’opinion que les Européens se font de leur économie nationale ou de l’économie mondiale. L’appartenance à l’UE est toujours considérée comme positive par les Européens. Le soutien à l’UE demeure l’opinion majoritaire (53%) tandis que seulement 15% des Européens considèrent que l’appartenance de leur pays à l’Union est une mauvaise chose.
  • Concernant les attentes des électeurs, le sondage de l’institut LH2 du 6 mars 2009 confirme que les sujets sur lesquels les sondés estiment que les solutions n’existent qu’au niveau européen sont l’environnement (82%) et l’immigration (74%). Dans le contexte de crise économique et financière, ils attendent également davantage de coordination économique et de politique sociale au niveau européen.
  • Des éléments nouveaux sont par ailleurs susceptibles de modifier la donne. D’abord, l’internet, dont l’influence a été soulignée lors de la campagne qui a abouti au rejet du traité constitutionnel de 2005. Ensuite, dans la perspective des élections de juin 2014, et dans le cas où le traité de Lisbonne serait adopté d’ici là, chaque famille politique européenne serait encouragée à donner un visage à son action par la mise en avant d’un candidat, le traité faisant obligation au Conseil européen de choisir son candidat à la présidence de la Commission européenne en se fondant sur le résultat des élections au Parlement européen.

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