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Rythmes scolaires : vers la suppression de la semaine de quatre jours ?

le 28 06 2010 Archives.

Rythmes scolaires : vers la suppression de la semaine de quatre jours ?

Rythmes scolaires : vers la suppression de la semaine de quatre jours ? © La Documentation française Photo : Jean-Marc Armani/Rapho

Une conférence nationale sur les rythmes scolaires à l’école et au collège vient d’être lancée. Décrétée depuis deux ans et beaucoup décriée, la semaine de quatre jours sera-t-elle remise en cause ?

Rythmes scolaires : une spécificité française

Depuis la rentrée 2008, la semaine des écoliers français (écoles maternelles et primaires) compte quatre jours de classe par semaine (suppression du samedi matin). L’organisation du temps scolaire est précisée par une circulaire du 5 juin 2008 : l’emploi du temps hebdomadaire comprend 24 heures d’enseignement pour tous les élèves, plus deux heures d’aide personnalisée pour les élèves en difficulté. Ces 24 heures d’enseignement se répartissent à raison de 6 heures par jour, de 8h30 à 16h30, les lundi, mardi, jeudi et vendredi.

Deux types de dérogations sont admises. L’une a trait à l’aménagement de l’année scolaire : des adaptations du calendrier scolaire national peuvent être décidées par le recteur d’académie pour tenir compte des situations locales. L’autre concerne l’aménagement de la semaine scolaire : elle prévoit la possibilité de transférer les cours du samedi au mercredi matin sur proposition du conseil d’école, après avis de la commune et accord de l’inspection académique, mais seulement 3,6 % des écoles ont choisi cette organisation.

Avec 144 jours théoriques (quatre jours pendant 36 semaines) et 140 jours en fait, la France se distingue par l’année scolaire la plus courte de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et, paradoxalement, l’un des plus grands nombres d’heures de classe. La moyenne de l’OCDE se situe en effet à 184 jours et les écoliers ont le plus souvent classe au moins cinq jours par semaine.

Le constat est identique pour le collège, où le volume horaire d’enseignement est de 966 heures en France contre 892 en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Revenir à la semaine de quatre jours et demi ?

De nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer la réforme des rythmes scolaires de 2008. L’Académie de médecine souligne les méfaits de la semaine de quatre jours dans un rapport publié en janvier 2010. Elle rejoint ainsi les mises en cause formulées par l’Inspection générale de l’éducation nationale (IGEN) en juillet 2009.

Selon l’Académie de médecine, la semaine de quatre jours ne permet pas de respecter la chronobiologie de l’enfant. Pour l’IGEN, le resserrement du temps scolaire qu’elle induit se traduit par une fatigue accrue des élèves et des enseignants ainsi que par une réduction du temps de dialogue et de concertation entre enseignants et parents. De l’avis général des enseignants, elle ne permet pas de réaliser le programme d’enseignement prévu.

Les chronobiologistes préconisent de raccourcir la journée scolaire, d’aménager le temps scolaire sur un rythme hebdomadaire de neuf demi journées et une alternance de sept semaines de travail et deux semaines de congé. Une telle organisation impliquerait la réduction des congés d’été.

En réponse, dans la circulaire de préparation de la rentrée publiée le 19 mars, le ministre de l’éducation, Luc Chatel, encourage les autorités administratives à organiser la semaine en neuf demi-journées (du lundi au vendredi en incluant le mercredi matin), chaque fois que cette option rencontre l’adhésion (unanimité du conseil d’école).

La mise en place d’une mission d’information sur les rythmes de vie scolaire par l’Assemblée nationale le 5 mai est suivie de la publication, une semaine plus tard, d’un rapport de la Cour des comptes très sévère concernant les politiques publiques d’éducation et la semaine de quatre jours en particulier.

Dans les jours qui suivent, le ministre annonce l’organisation d’une conférence nationale sur les rythmes scolaires destinée à traiter la question dans sa globalité (la durée et l’organisation des journées de cours, des semaines et l’ensemble du calendrier de l’année).

La conférence nationale sur les rythmes scolaires et les nouvelles pistes

Mis en place le 7 juin, le comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires se compose d’une vingtaine de personnalités qualifiées sur les questions éducatives, économiques et sociales (sociologues, psychanalystes et psychologues, médecins, élus, etc.).

Il est chargé d’animer un grand débat public entre le 15 septembre et le 15 décembre 2010, avec audition de l’ensemble des acteurs de la communauté éducative, organisation de débats décentralisés dans les académies et animation d’un forum sur Internet. Une synthèse doit être réalisée en janvier 2011, avant l’élaboration d’un rapport d’orientation en mai. Les calendriers de l’éducation nationale étant fixés pour les trois prochaines rentrées scolaires, une éventuelle réforme ne pourrait être appliquée avant 2013.

Parallèlement à la conférence sur les rythmes scolaires, le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. a dévoilé un plan de relance du sport associatif scolaire et annoncé le début d’une expérimentation d’un nouveau rythme dans plusieurs collèges et lycées, à partir de l’exemple du lycée Jean Vilar de Meaux : cours le matin, sports et activités culturelles l’après-midi.

Ce plan vise à doubler, en trois ans, le nombre de collégiens adhérant à une association sportive scolaire. Il prévoit notamment l’inscription des associations sportives dans le projet annuel des établissements scolaires, l’introduction de nouveaux sports à l’école et le renforcement des activités accessibles aux élèves handicapés. En effet, le sport scolaire est en expansion (+10% en 5 ans, 800 000 écoliers, plus d’un million de collégiens et de lycéens membres d’associations scolaires), mais ne concerne néanmoins que 20% des élèves du second degré.

L’expérimentation des après-midi sportifs et culturels, dès la rentrée de septembre 2010, doit concerner au moins un collège et un lycée par académie et une à trois classes dans chaque établissement concerné.

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