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Le Sommet Rio+20 : le bilan de 20 ans de développement durable

le 26 06 2012 Archives.

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20 ans après le Sommet de la Terre à Rio en 1992, les Nations Unies ont organisé du 20 au 22 juin 2012 à Rio de Janeiro (Brésil) la Conférence Rio+20. L’économie verte et la gouvernance mondiale du développement durableDéveloppement durableDéveloppement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. ont constitué le coeur des débats de cette conférence internationale.

Du Sommet de la Terre à Rio en 1992 à "Rio+20"

La conférence des Nations unies pour le développement durableDéveloppement durableDéveloppement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. organisée du 20 au 22 juin 2012 à Rio de Janeiro est appelée Sommet "Rio+20". En effet, elle intervient 20 ans après le "Sommet de la Terre" à Rio de 1992 qui avait permis l’adoption des premiers engagements internationaux en faveur du développement durable : deux conventions avaient été adoptées, l’une sur la lutte contre le réchauffement climatique et l’autre sur la sauvegarde de la biodiversité, ainsi qu’un programme d’action regroupant 2 500 recommandations dans les domaines économique, social et environnemental : "l’Agenda 21". Cinq ans plus tard, avec le Protocole de Kyoto, les pays industrialisés (exception faite des États-Unis) acceptaient, conformément à l’engagement pris à Rio, de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre entre 1990, année de référence, et 2012.

Quel bilan dresser de ces engagements, 20 ans plus tard ? C’est à cette tâche que s’est consacré le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dans son rapport "Geo-5" rendu public en juin 2012, à la veille de la conférence Rio+20. Considérant 90 objectifs internationalement reconnus en matière de gestion durable de l’environnement et de développement humain, le PNUE établit un état des lieux alarmant :

  • Seuls 4 objectifs ont enregistré "des progrès significatifs". Il s’agit de la disparition des molécules portant atteinte à la couche d’ozone (les CFC notamment), de l’élimination du plomb dans les carburants, de l’amélioration de l’accès des populations à une eau potable (bien qu’une importante marge de progression subsiste) et de la promotion de la recherche en matière de lutte contre la pollution marine.
  • 40 objectifs ont enregistré des progrès (le rythme de la déforestation a régressé, les zones protégées se sont étendues, etc.).
  • 24 objectifs n’ont pas connu de progrès ou très peu. A titre d’exemple, les émissions de gaz à effet de serre devraient doubler d’ici 2050 et les ressources halieutiques continuent de s’amoindrir.
  • 8 objectifs ont enregistré une dégradation (qualité des eaux souterraines, protection des récifs coralliens, etc.).
  • Les 14 objectifs restants n’ont pu faire l’objet d’une évaluation, faute de données disponibles.

De ce constat, le PNUE conclut que, 20 ans après le Sommet de la Terre tenu à Rio en 1992, la planète doit réorienter d’urgence son développement.

Les priorités retenues lors des travaux préparatoires

La Conférence Rio+20 avait pour objectif de renouveler les engagements internationaux sur la question du développement durable, ceci afin d’enrayer la dégradation de l’environnement et la pauvreté dans le monde.

Les travaux préparatoires, engagés plusieurs mois avant Rio+20, avaient permis de faire émerger deux thèmes majeurs, appelés à constituer le coeur des débats du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. du 20 au 22 juin : favoriser l’émergence d’une "économie verte" et mettre en place une nouvelle gouvernance mondiale de l’environnement.

Favoriser l’émergence d’une "économie verte"...

Lancé par les Nations unies, le thème d’économie verte (alliant développement, lutte contre la pauvreté et respect de l’environnement) traduisait l’idée d’une nécessaire transition vers de nouveaux modes de production et de consommation.

Ce concept n’avait toutefois pas été clairement défini et faisait l’objet d’interprétations antagonistes. Pour certains, la transition vers l’économie verte consistait à amender le système économique actuel en vue de le rendre moins destructeur. Pour d’autres, il s’agissait de le transformer en profondeur.

Plus globalement, le thème de l’économie verte créait une ligne de fracture entre les pays du Nord et les pays du Sud. L’Europe y voyait notamment une possible réponse à la crise économique, tandis que les pays du Sud redoutaient qu’il conduisît à l’adoption de normes environnementales susceptibles de leur barrer l’accès aux marchés des pays du Nord.

... ou s’engager sur des "Objectifs de développement durable" ?

C’est dans ce contexte que la Colombie a proposé la fixation d’Objectifs de développement durable (ODD). Objectifs chiffrés, les ODD pourraient se substituer aux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) arrivant à échéance en 2015. Ils pourraient concerner les dix domaines suivants : sécurité alimentaire, accès à l’énergie pour tous, océans, forêts, villes durables, gestion intégrale de l’eau, développement durable comme réponse à la crise économique et à la pauvreté, accès à l’emploi et à un travail décent, mode de production et de consommation durable.

Le principe de la fixation d’ODD semblait pouvoir faire l’objet d’un consensus lors de la réunion des chefs d’Etat et de gouvernement, la définition d’objectifs précis et le chiffrage pouvant être reporté à une phase de négociation ultérieure.

Vers une nouvelle gouvernance mondiale de l’environnement ?

Partant du constat que les difficultés pour faire progresser le domaine environnemental à l’échelle mondiale résultent pour partie d’une faiblesse institutionnelle, la France milite, depuis le sommet de Johannesburg de 2002, pour la création d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME).

Il s’agit de doter les Nations unies d’une institution capable de faciliter la mise en oeuvre des normes internationales adoptées et de renforcer les synergies entre les différents cadres d’action internationaux, comme la Convention climat qui gère le Protocole de Kyoto ou les nombreux accords multilatéraux pour l’environnement qui fonctionnent actuellement indépendamment les uns des autres. Ainsi constituée, cette nouvelle agence onusienne serait à même de faire jeu égal avec d’autres organismes intervenant dans le domaine du développement durable (Banque mondiale) ou contraignant aujourd’hui son action dans ce domaine (Organisation mondiale du commerce - OMC).

Cette proposition avait reçu l’aval de plus de 100 pays : les 27 États membres de l’Union européenne, les 54 pays de l’Union africaine, ainsi que des pays asiatiques et latino-américains (Népal, Malaisie, Chili, Uruguay, etc.). Toutefois, plusieurs autres pays s’étaient déclarés opposés à cette démarche, notamment les États-Unis, le Canada, la Russie, la Chine, l’Inde ou le Brésil. Aussi, un simple renforcement du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), actuellement en charge d’évaluer l’état de l’environnement et de développer des instruments pour le protéger, était envisagé en alternative.

Rio+ 20 : la déclaration finale

A l’issue du Sommet, les représentants des 193 pays réunis ont adopté une déclaration finale intitulée "L’avenir que nous voulons". Elle s’organise autour des thèmes mis en avant lors des travaux préparatoires de Rio+20.

La réalisation d’une économie verte doit avoir pour objectif de contribuer à l’élimination de la pauvreté et à la croissance économique durable, d’améliorer l’intégration sociale et le bien-être de l’humanité, et de créer des possibilités d’emploi et de travail décent pour tous, tout en préservant le bon fonctionnement des écosystèmes de la planète. La mise en œuvre des politiques de promotion de l’économie verte revient à chaque pays, afin que soit privilégiée l’approche la mieux adaptée à ses plans, stratégies et priorités en matière de développement durable.

La formulation d’objectifs de développement durable peut également contribuer au lancement d’une action ciblée et cohérente en faveur du développement durable. Les objectifs doivent être définis de façon à être concrets, concis et faciles à comprendre, en nombre limité, ambitieux, d’envergure mondiale et susceptibles d’être appliqués dans tous les pays compte tenu des réalités, des ressources et du niveau de développement respectifs de ceux-ci ainsi que des politiques et des priorités nationales.

Le renforcement de la gouvernance environnementale internationale doit s’appuyer sur :

  • la création d’une instance politique de haut niveau, afin notamment d’améliorer la coopération et la coordination au sein du système des Nations Unies pour ce qui est des programmes et des politiques de développement durable,
  • la revalorisation du rôle du PNUE, avec l’augmentation de ses moyens financiers (part du budget ordinaire de l’ONU en supplément des actuelles contributions volontaires des États membres) et l’institution du principe de l’adhésion universelle à son Conseil d’administration (contre 58 membres actuellement).

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