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La France, l’Allemagne et l’Europe

mis à jour le 19 01 2012 Archives.

La déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950, acte fondateur de la communauté du Charbon et de l’Acier, marque l’amorce d’une relation nouvelle entre la France et l’Allemagne. Treize ans plus tard, le Traité sur la coopération franco-allemande (dit Traité de l’Elysée), signé le 22 janvier 1963 par le Chancelier Adenauer et le Général de Gaulle, répond à trois objectifs (consacrer la réconciliation franco-allemande, créer entre les deux pays une véritable amitié, favoriser la « construction de l’Europe unie »). Les échanges entre les deux pays vont s’institutionnaliser à travers des sommets bilatéraux et des rencontres informelles. Depuis 2003, les sommets se transforment en Conseils des ministres franco-allemands (CMFA). A l’heure où l’Europe connaît des difficultés économiques et financières et s’interroge sur le maintien même de la zone euroEuroMonnaie unique de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui forment la zone euro., Vie publique vous propose de revisiter les 20 dernières années de rencontres franco-allemandes sur fond de construction européenne.

21 janvier 1993
Voyage de François Mitterrand, président de la République, en Allemagne où il célèbre, avec le Chancelier Helmut Kohl, le 30ème anniversaire du traité de l’Elysée de coopération franco-allemande.

1er juin 1993 - 2 juin 1993
61ème sommet franco-allemand à Beaune, consacré notamment à la situation en Bosnie et à la préparation du prochain Conseil européen de Copenhague. François Mitterrand et Helmut Kohl ouvrent le sommet par un appel commun à une "relance de la dynamique" européenne.

24 juin 1993 - 25 juin 1993
Le 24, Edmond Alphandéry, ministre de l’économie, déclare sur Europe 1, après la baisse d’un demi-point en deux étapes des taux directeurs de la Banque de France : "le franc est au moins aussi fort dans le SME que le mark, et donc nous allons pouvoir discuter avec les Allemands des conditions d’un assouplissement du crédit". Le 25, alors que le conseil économique et financier franco-allemand prévu le jour même est annulé, Théo Waigel, ministre allemand des finances, rejette toute idée de baisse concertée des taux d’intérêt en Allemagne et en France.

20 juillet 1993
Rencontre à Lindau (Allemagne) entre François Mitterrand et Helmut Kohl. Dans une conférence de presse, M. Kohl souligne que les deux chefs d’Etat souhaitent voir le sommet européen d’octobre "donner un nouvel élan dynamique au développement de l’Europe" ; il ajoute "qu’il n’y a pas la moindre justification à la spéculation contre le franc".

3 août 1993 - 26 août 1993
Le 3, réunion à Paris du Conseil économique et financier franco-allemand : Edmond Alphandéry et Günther Rexrodt, ministre allemand de l’économie, décident de présenter en parallèle à la Commission européenne des programmes de convergence économique conformément au traité de Maastricht. Ils réaffirment leur étroite coopération en matière économique et monétaire.

2 novembre 1993
Réunion à Berlin du Conseil économique et financier franco-allemand, en présence de M. Edmond Alphandéry et Théo Waigel, en vue de confronter les "plans de convergences" économiques des deux pays, conformément aux stipulations du traité de Maastricht.

18 mai 1995
Rencontre à Strasbourg de Jacques Chirac, président de la République, et Helmut Kohl qui affirment leur volonté de coopérer étroitement et de poursuivre la construction européenne. M. Chirac précise que la France conduira une politique économique et monétaire "conforme" aux engagements du traité de Maastricht, et dément l’hypothèse d’un changement de politique à l’égard du franc.

7 décembre 1995
66ème sommet franco-allemand à Baden-Baden. Lettre commune de Jacques Chirac et Helmut Kohl aux dirigeants des Etats membres de l’Union européenne, fixant les objectifs de la conférence intergouvernementale de 1996 (proposition d’introduire dans le traité de Maastricht une clause permettant des coopérations renforcées pour les Etats voulant accélérer le processus d’intégration des politiques). Décision de lancer en commun deux satellites espions, Hélios II et Horius, dans les dix prochaines années, et de mettre sur pied une agence commune d’armement pour coordonner les programmes d’acquisition des deux armées ; réflexion sur la possibilité d’échanger des appelés pendant leur service militaire.

15 janvier 1996 - 30 janvier 1996
Le 15, lors de la cérémonie des voeux à la presse, Jacques Chirac souhaite "des mesures coordonnées au niveau européen, notamment entre la France et l’Allemagne" pour relancer la croissance économique. Le 23, le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. allemand adopte un "pacte pour l’emploi" fixant de grandes orientations en vue notamment de baisser les charges sociales et les dépenses de l’Etat et, le 30, un "programme d’action pour l’investissement et l’emploi" comportant d’importantes baisses d’impôt et de charges sociales et diverses aides aux entreprises et à l’investissement. Le même jour, Alain Juppé annonce des mesures de relance.

26 mars 1996
A Laval (Mayenne), lors d’un conseil économique et financier franco-allemand consacré à la mise en place de l’Union économique et monétaire (UEM), Jean Arthuis, ministre de l’économie et des finances, et Théo Waigel conviennent d’une stratégie pour la mise en place de la monnaie unique, s’accordant sur l’utilité d’un "pacte de stabilité" entre pays membres de l’UEM, géré par un "conseil de stabilité".

5 juin 1996 - 6 juin 1996
Le 5, à Dijon (Côte d’Or), 67ème sommet franco-allemand. Dans une conférence de presse, MM. Chirac et Kohl réaffirment "l’entente" entre Paris et Bonn ; annonce d’une prochaine initiative franco-allemande en matière de sécurité et de défense (développement d’un "concept commun" de défense et d’une "planification commune" des armements) ; accord sur la non-participation des Etats au développement du projet d’avion de transport militaire européen ATF (les industriels devant adopter des méthodes de financement commerciales, comme dans le secteur civil).

16 juin 1996
Jacques Chirac déclare devant plusieurs milliers de jeunes que la bataille de Verdun (80è anniversaire) symbolise "l’ardente obligation de la paix". Il souhaite "rendre plus active et plus efficace" l’amitié franco-allemande et appelle les jeunes à "se mobiliser pour parachever" l’Union européenne.

Septembre 1996
A Bonn (Allemagne), le 1er, entretiens de Jacques Chirac avec Helmut Kohl : accord sur le respect du calendrier et des critères de Maastricht pour le passage à la monnaie unique, et décision de rédiger des propositions franco-allemandes en vue de la conférence intergouvernementale prévue avant mi-1997.Dans « Le Monde » des 22-23, MM. Arthuis et Waigel signent un article commun soulignant leur conviction que l’Union économique et monétaire sera un "grand succès" et, pronostiquant un retour de la croissance en 1997, ils insistent sur l’importance d’une stabilité des parités monétaires et d’une "stricte discipline budgétaire" et proposent la création d’un Conseil européen informel de stabilité.

2 octobre 1996 - 18 octobre 1996
Le 2, à Paris, séminaire franco-allemand, en présence de MM. Hervé de Charette et Klaus Kinkel, ministres français et allemand des affaires étrangères : appel à la réussite de la Conférence intergouvernementale (CIG) ; décision de prendre en décembre une "initiative commune" sur l’Union européenne, mais absence "d’identité de vues" sur la politique extérieure et de sécurité commune (PESC). Le 18, publication d’un document commun par MM. de Charette, et Kinkel, proposant de développer un système de "coopération renforcée" entre les Etats de l’Union européenne qui le souhaitent et d’autres Etats, sans remettre en cause le traité d’Union.

16 octobre 1996 - 18 octobre 1996
Visite d’Etat en France de Roman Herzog, président fédéral allemand. Le 16, lors du dîner de gala à l’Elysée, Jacques Chirac, président de la République, souligne notamment le "rôle d’impulsion et de proposition" de la France et de l’Allemagne "dans la marche (de l’Europe) vers l’unité", et souhaite notamment que l’Allemagne devienne membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

12 mars 1997
A Lyon (Rhône), Conseil économique et financier franco-allemand, réunissant les ministres français et allemand de l’économie et des finances, Jean-Claude Trichet et Hans Tietmeyer, gouverneurs des banques centrales : accord sur l’indépendance de la banque centrale européenne, sur la création d’un Conseil de stabilité monétaire et sur la date de sélection des pays de la première vague de l’euro, repoussée après les élections législatives françaises de mars 1998.

12 juin 1997
Au Futuroscope de Poitiers, 69ème sommet franco-allemand, entre MM. Jacques Chirac, Lionel Jospin, Premier ministre, et Helmut Kohl. M. Kohl rejette la proposition française tendant à modifier le pacte de stabilité et de croissancePacte de stabilité et de croissanceInstrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d’éviter l’apparition de déficits budgétaires excessifs. Il impose aux États de la zone euro d’avoir à terme des budgets proches de l’équilibre ou excédentaires., dont l’adoption est prévue les 16 et 17 lors du Conseil européen d’Amsterdam.

28 août 1997
A Bonn, rencontre entre MM. Lionel Jospin et Helmut Kohl : accord sur la nécessité pour l’Europe d’une étroite coopération franco-allemande et concordance des positions sur l’euro.

19 septembre 1997
A Weimar (Allemagne), 70ème sommet franco-allemand, entre Jacques Chirac, Lionel Jospin et Helmut Kohl : volonté commune d’instituer l’euro à la date et selon les critères prévus par le traité de Maastricht ; M. Jospin confirme que la France ne remet pas en cause le principe d’indépendance de la future banque centrale européenne ; discussion sur la constitution d’un pôle aéronautique européen par le rapprochement d’Aérospatiale et d’Airbus ; discussion sur la préparation du sommet européen extraordinaire sur l’emploi, prévu à Luxembourg au mois de novembre ; signature d’accords de coopération dans les domaines de la culture et de l’éducation (notamment création d’une université franco-allemande, accord sur les reconnaissances de diplômes technologiques et scientifiques, et adoption de 10 déclarations conjointes visant à accroître l’échange d’étudiants, à améliorer l’apprentissage de la langue et à faciliter la mobilité professionnelle entre les deux pays).

14 octobre 1997
A Münster (Allemagne), rencontre entre MM. Dominique Strauss-Kahn et Theo Waigel, ministres français et allemand de l’économie et des finances, qui s’accordent pour proposer la création d’un conseil de l’euro, instance informelle regroupant les seuls pays participant à la troisième phase de l’UEM. 

10 mars 1998
A Tours (Indre-et-Loire), Conseil économique et financier franco-allemand, consacré à la préparation du sommet européen du 2 mai sur l’Union monétaire : discussions notamment sur la présidence de la future banque centrale européenne (absence d’accord), le statut du franc CFA par rapport à l’euro et le fonctionnement du futur Conseil de l’euro (le Conseil restera une structure "légère").

30 septembre 1998
Visite en France de Gerhard Schröder, nouveau chancelier allemand : entretiens avec Jacques Chirac puis avec Lionel Jospin ; G. Schröder manifeste sa volonté de "dépoussiérer" la relation franco-allemande et confirme que la lutte contre le chômage sera au coeur de ses priorités européennes.

22 octobre 1998
A Sarrebruck (Allemagne), entretien de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, avec Oskar Lafontaine, nouveau ministre allemand de l’Economie et des Finances : déclarations sur l’entrée dans "une nouvelle phase étroite de coopération franco-allemande" et annonce d’un mémorandum franco-allemand sur la réforme des institutions financières internationales.

16 novembre 1998
A Bonn (Allemagne), Conseil économique et financier franco-allemand en présence des ministres des Finances (Dominique Strauss-Kahn et Oskar Lafontaine), des présidents des banques centrales des deux pays : annonce du report de la présentation d’un projet commun de réforme du système financier international (prévoyant notamment l’encadrement des fluctuations des devises) ; réaffirmation de la nécessité de la discipline budgétaire et de l’harmonisation en cours des taux d’intérêt en Europe ; D. Strauss-Kahn se déclare prêt à examiner le problème de la contribution de l’Allemagne au budget de l’UE, dans le cadre d’une remise à plat globale des autres dossiers (dont le financement de la PAC).

20 novembre 1998
A la Celle-Saint-Cloud (Yvelines), réunion de travail entre Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, et Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires étrangères, consacrée à la préparation du sommet franco-allemand de la fin novembre : accord sur la nécessité d’envisager avec prudence un nouvel élargissement de l’UE mais désaccord sur "l’Agenda 2000" (fixation des nouvelles règles budgétaires européennes avant l’élargissement), l’Allemagne souhaitant une réduction de sa contribution au budget communautaire.

23 novembre 1998
Voyage de Jacques Chirac à Bonn (Allemagne). Entretien avec Gerhard Schroeder, chancelier allemand, pour la préparation du sommet franco-allemand du 30 novembre à Potsdam (Allemagne) : évocation de la réforme de la PAC, l’élargissement de l’UE, la représentation extérieure de l’euro, la politique étrangère et de sécurité commune, la construction aéronautique européenne, le nucléaire civil ; évocation de la situation en Irak ; souhait commun d’aider la Russie à mettre au point un programme économique lui permettant d’obtenir le soutien du FMI.

30 novembre 1998 - 1er décembre 1998
Sommet franco-allemand à Potsdam (Allemagne), destiné à la réaffirmation et à la rénovation des relations entre les deux pays. Le 30, premier entretien entre les deux délégations portant sur la réforme du système financier international, l’Europe de la défense et l’Europe sociale, la France et l’Allemagne étant d’accord pour engager une réflexion avec le Royaume-Uni sur l’Europe sociale et la restructuration de l’industrie aéronautique.

8 décembre 1998
Lettre commune de Jacques Chirac et de Gerhard Schröder, au chancelier autrichien Viktor Klima, président en exercice de l’Union européenne dans le cadre de la préparation du prochain sommet de l’UE à Vienne : proposition d’un Pacte pour l’emploi européen qui fixe des "objectifs contraignants et durables" en matière de lutte contre le chômage.

21 janvier 1999
Voyage en Allemagne de Pierre Moscovici, ministre des Affaires européennes : rencontre avec Günther Verheugen, secrétaire d’Etat allemand aux Affaires européennes, consacrée aux finances de l’UE. P. Moscovici affirme que la France soutiendra la politique de la présidence allemande de rééquilibrage des finances de l’UE si ses propositions sur la politique agricole commune sont prises en compte (refus du cofinancement des dépenses agricoles par les Etats et l’UE et proposition d’une diminution progressive des aides directes aux agriculteurs).

8 mai 1999
A Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) conseil économique franco-allemand réunissant Dominique Strauss-Kahn et Hans Eichel, ministre allemand des Finances, ainsi que Jean-Claude Trichet, gouverneur de la Banque de France et Hans Tietmeyer, président de la Bundesbank : constatation d’une accélération de la croissance dans les deux pays ; soutien à un euro "fort et stable".

28 mai 1999 - 29 mai 1999
A Toulouse (Haute-Garonne), sommet franco-allemand consacré à la défense. Le 29 lors d’une conférence de presse commune, Jacques Chirac, Lionel Jospin et Gerhard Schröder affirment leur confiance dans la "solidité de l’euro".

25 septembre 1999
A Genshagen (Allemagne), colloque intitulé " Mémoire et identité européenne " organisé à l’Institut franco-allemand en présence de Lionel Jospin et Gerhard Schröder : G. Schröder juge " incontournable " la relation étroite entre la France et l’Allemagne, appelle à une rénovation du dialogue franco-allemand et à un rapprochement des sociétés civiles des deux pays.

15 novembre 1999
A Hatterscheim (Allemagne), réunion du Conseil économique et financier franco-allemand : Christian Sautter, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, et Hans Eichel, ministre allemand de l’économie, appellent la Grande-Bretagne à faire preuve d’esprit de compromis sur le dossier de l’harmonisation fiscale dans l’UE.

31 mars 2000
A Grenoble, conseil économique et financier franco-allemand : lors d’une conférence de presse commune, Laurent Fabius, ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, et Hans Eichel soutiennent l’euro et estiment que la réforme des institutions européennes est la priorité de la présidence française de l’UE au second semestre 2000.

12 mai 2000 - 30 mai 2000
Le 12, à Berlin, présentant sa "vision personnelle" de l’UE, Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires étrangères, prône la création progressive d’une fédération européenne dotée d’une Constitution, d’un gouvernement, d’un ParlementParlementOrgane collégial qui exerce le pouvoir législatif (adoption des lois et contrôle du pouvoir exécutif). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. composé de deux chambres (représentant une "Europe des Etats nationaux" et une "Europe des citoyens") et d’un président élu au suffrage universelSuffrage universelDroit de vote accordé à tous les citoyens majeurs. ; il souligne le rôle de la France et de l’Allemagne dans cette "nouvelle phase d’élargissement à l’Est et d’achèvement de l’intégration politique".

9 juin 2000 - 27 juin 2000
Le 9, à Mayence (Allemagne), sommet franco-allemand en présence de Jacques Chirac, Lionel Jospin et Gerhard Schröder. Lors d’une conférence de presse commune, G. Schröder souligne l’accord des deux pays sur la réforme des institutions européennes et laisse aux ministres des Affaires étrangères le soin de régler la question de la pondération des voix des Etats, J. Chirac étant favorable à une prise en compte de la démographie, L. Jospin juge "salubres" les propositions formulées en mai par Joschka Fischer, partisan d’une fédération européenne ; J. Chirac salue une "très bonne vision de l’Europe". Dans "Le Monde" du 11-12, Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, appelle à un débat sur l’avenir de l’Europe et écarte le fédéralisme "classique" au profit d’une fédération d’Etats-nations. Le 27, au Reichstag, dans un discours sur l’avenir de l’UE, J. Chirac propose la mise en place d’un "groupe pionnier" composé des Etats les plus intéressés par l’accélération de l’intégration européenne et prône une "refondation institutionnelle" devant aboutir à l’adoption d’une Constitution européenne, mais récuse la création d’un "super-Etat" qui se substituerait aux Etats-nations.

19 janvier 2001
Le 19, lors d’un discours au Bundestag, Gerhard Schröder invite la France à oeuvrer avec l’Allemagne à "l’intégration" politique et à la définition d’un "fondement constitutionnel" de l’UE.

Août 2001
Le 31, à Berlin, Conseil économique franco-allemand réunissant les ministres des Finances, Laurent Fabius et Hans Eichel, et les gouverneurs de banques centrales de France et d’Allemagne : L. Fabius et Hans Eichel affirment leur volonté de respecter les engagements européens de leurs pays concernant la réduction des déficits publics.

5 septembre 2001
A Berlin, dîner réunissant Gerhard Schröder, Jacques Chirac et Lionel Jospin : création d’un groupe de travail franco-allemand sur la mondialisation, visant à prendre au sérieux les inquiétudes des citoyens face aux bouleversements sociaux liés à la mondialisation et chargé de réfléchir au contrôle des marchés financiers et à la taxe Tobin ; la France et l’Allemagne annoncent qu’elles feront une proposition commune au sommet européen de Laeken (Belgique) sur la procédure de réforme institutionnelle de l’UE.

23 novembre 2001
Parmi les principaux points de la déclaration commune issue du 78ème sommet franco-allemand réuni à Nantes : appel à une plus grande intégration en matière économique et sociale, notamment en matière d’harmonisation fiscale et de lutte contre les exclusions ; soutien à l’élargissement de l’UE selon le calendrier prévu ; souhait de la mise en place d’une "Constitution européenne" considérée comme une "étape essentielle" dans le processus d’intégration.

10 décembre 2001
Lors d’une session solennelle à Paris des membres des commissions des affaires étrangères et européennes des parlements français et allemand, adoption d’une résolution soutenant une Constitution européenne et réclamant que les parlementaires nationaux soient associés aux travaux de la convention chargée de préparer la réforme de l’UE.

1er janvier 2002
Mise en circulation officielle des pièces et des billets en euros dans les douze pays de la zone euro. Lors d’un entretien téléphonique avec Gerhard Schröder, Jacques Chirac salue le rôle de la coopération franco-allemande dans le succès de l’euro et se félicite de cette étape majeure de la formation de l’identité européenne.

4 février 2002
A Berlin, dîner réunissant Gerhard Schröder, Jacques Chirac et Lionel Jospin : lors d’une conférence de presse commune, la France et l’Allemagne souhaitent que l’élargissement de l’UE s’opère dans le respect du budget fixé en mars 1999 lors du sommet de Berlin.

14 mai 2002
Le 14, lors d’un congrès du SPD, Hans Eichel, ministre allemand des Finances, s’oppose à toute mise en cause du pacte européen de stabilité et de croissance et assure que l’Allemagne ne soutiendra pas la France si Jacques Chirac, réélu président de la République, ne respectait pas son engagement d’un retour à l’équilibre des finances publiques en 2004, pris lors du sommet européen de Barcelone le 16 mars 2002. Le 15, à Berlin, lors d’un entretien avec Joschka Fischer, ministre allemand des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, nouveau ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, assure que la France est attachée au pacte de stabilité et de croissance.

Octobre 2002
Le 14, lors d’une rencontre à Paris, J. Chirac et G. Schröder s’accordent à respecter le Pacte de stabilité et de croissance avec une certaine " flexibilité ", en fonction de la conjoncture internationale. Le 24, à Bruxelles, lors d’un entretien précédant un sommet de l’UE, J. Chirac et G. Schröder s’accordent sur le principe d’un plafonnement des dépenses agricoles de l’UE à partir de 2007.

Janvier 2003
A l’occasion du 40è anniversaire du Traité de l’Elysée, déclaration commune franco-allemande qui renforce la coopération politique, culturelle et en matière de défense : création d’un poste de secrétaire général pour la coopération franco-allemande, transformation des deux sommets annuels franco-allemands en un Conseil des ministresConseil des ministresFormation collégiale réunissant l’ensemble des ministres. franco-allemand, création d’une journée franco-allemande le 22 janvier, mesures en faveur de l’enseignement des langues française et allemande, appel à un rapprochement des législations sur le droit de la famille, dispositions pour permettre aux ressortissants des deux pays d’obtenir la double nationalitéNationalitéLien juridique donnant à un individu la qualité de citoyen d’un Etat. et ouverture d’ambassades communes. Réunion de 900 parlementaires des deux pays à Versailles. Le 23, participation de J. Chirac et G. Schröder à une rencontre-débat avec des jeunes allemands et français et inauguration d’un mémorial en l’honneur du chancelier Adenauer et du général de Gaulle ainsi que de la nouvelle ambassade de France à Berlin.

Septembre 2003
Le 18, à l’occasion d’un Conseil des ministres conjoint franco-allemand à Berlin, la France et l’Allemagne présentent une liste de 10 projets d’investissements dans le cadre d’une initiative commune pour la croissance en Europe et décident de faire du 22 janvier une " journée franco-allemande " célébrée dans les deux pays.

28 octobre 2003
Première rencontre à Poitiers entre les Régions françaises et les Länders allemands, sous l’égide du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et du chancelier allemand, Gerhard Schröder, consacrée à la coopération décentralisée.

9 février 2004 - 18 février 2004
Le 9, rencontre informelle en Allemagne, au château de Genshagen près de Berlin, entre Jacques Chirac et Gerhard Schröder, consacrée aux dossiers européens et à la volonté d’aboutir à un accord mais " pas à n’importe quel prix " dans le débat sur la Constitution européenne. Le 18, l’Allemagne accède à la demande française de taux réduit de TVA (qui passera de 19,6 % à 5,5 % en 2006) dans le secteur de la restauration en France.

13 mai 2004
Réunion à Paris du troisième Conseil des ministres franco-allemand. Annonce d’une prochaine initiative franco-allemande auprès de la Commission européenne pour harmoniser la fiscalité des entreprises dans l’UE.

1er octobre 2004 - 26 octobre 2004
Le 1er, à Strasbourg, rencontre informelle franco-allemande entre Jacques Chirac, président de la République, et Gerhard Schröder, chancelier d’Allemagne, consacrée à la perspective d’adhésion de la Turquie à l’UE et aux perspectives 2007-2013 concernant le financement du budget européen.

Décembre 2004
A Lübeck, le 2, Jacques Chirac et Gerhard Schröder demandent un assouplissement du Pacte européen de stabilité et de croissance. Le 14, la Commission européenne décide de suspendre les procédures en déficit excessif contre la France et l’Allemagne tout en restant " vigilante " sur la situation budgétaire dans les deux pays.

5 octobre 2005 - 14 octobre 2005
Le 5, visite en France de Horst Köhler, président de l’Allemagne. Jacques Chirac assure son homologue allemand que « l’amitié entre l’Allemagne et la France demeurera le moteur indispensable de la construction européenne », le président allemand affirmant à son tour que cette « amitié » perdurera quel que soit le prochain gouvernement en place à Berlin. Le 14, visite en France du chancelier allemand sortant, Gerhard Schröder, et entretien avec J. Chirac consacré à la préparation du sommet européen sur l’avenir de l’Europe : G. Schröder déclare que « la France et l’Allemagne lutteront contre tous ceux qui voudraient sacrifier le modèle de société européen » qui allie « efficacité économique » et « cohésion sociale ».

23 novembre 2005
Le 23, visite en France d’Angela Merkel, nouvelle chancelière allemande élue le 22, accompagnée du ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier. Entretiens avec Jacques Chirac, président de la République qui déclare que la France et l’Allemagne veulent « une Europe politique et sociale » et que l’Europe doit comporter « un axe franco-allemand réellement solide » pour bien fonctionner. A. Merkel affirme sa conviction « qu’une bonne relation franco-allemande, amicale, intense, n’est pas seulement importante pour nos deux pays mais aussi pour l’Europe ».

6 juin 2006
Le 6, à Berlin, sommet informel entre Jacques Chirac et Angela Merkel, consacré aux priorités de l’Union européenne touchant au calendrier de la relance des institutions européennes, à la directive européenne sur les services, à la sécurité énergétique européenne, aux efforts financiers accrus dans les domaines de la recherche et de l’innovation ainsi qu’aux questions internationales, notamment au dossier nucléaire iranien à la situation en Irak sous le nouveau gouvernement de Nouri al-Maliki et à la mission militaire européenne en République démocratique du Congo ; évocation de la situation de la Deutsche Börse après le rapprochement entre Euronext et le New York Stock Exchange (NYSE).

Mai 2007
Le 16, voyage en Allemagne de Nicolas Sarkozy, président de la République nouvellement élu, et entretien avec A. Merkel, sur la relance institutionnelle de l’Union européenne et la coopération industrielle franco-allemande, notamment la gestion des difficultés de l’entreprise aéronautique européenne EADS. A cette occasion, ils rappellent l’importance de l’échelon spécifique de coordination que représente le Conseil des ministres franco-allemand (CMFA) et décident d’une organisation de ce conseil autour d’un thème donnant lieu à des projets de coopération spécifiques et à une discussion ouverte et informelle en séance plénière.

27 juin 2007
Visite en Allemagne du Premier ministre François Fillon, et rencontre avec son homologue allemande Angela Merkel à qui il rend hommage pour avoir « débloqué la crise constitutionnelle européenne » en permettant de lancer la procédure qui doit aboutir en 2009 à l’entrée en vigueur d’un traité simplifié. Entretien consacré aux relations bilatérales et au dossier du groupe européen d’aéronautique et de défense EADS, notamment à la question de sa gouvernance.

16 juillet 2007
Le 16, à Toulouse, sommet franco-allemand réunissant Nicolas Sarkozy, accompagné de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi, et Angela Merkel, consacré surtout à la simplification des structures de direction du groupe aéronautique européen EADS (European Aeronautic Defence and Space Company), à Galileo et aux « moyens d’améliorer la gouvernance économique de l’Europe ».

6 décembre 2007
Rencontre informelle franco-allemande à Paris, entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, consacrée à la relation franco-allemande, à la future présidence française de l’UE au second semestre 2008 et au projet d’Union méditerranéenne.

9 juin 2008
Rencontre, à Straubing (Bavière), entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, pour un sommet informel suivi du 9ème conseil des ministres franco-allemand consacré aux questions du climat, de l’énergie et de la défense dans l’Union européenne. Les deux dirigeants adoptent un accord minimal sur les émissions polluantes des automobiles. Sur le dossier de l’énergie, N. Sarkozy souhaite que les pays de l’UE prennent une décision, lors du sommet européen des 19 et 20, pour faire face à la hausse des prix pétroliers et renouvelle sa proposition de réduction de la TVA sur les carburants ; sa proposition d’une coopération de la France avec les Allemands sur le nucléaire de nouvelle génération reçoit un accueil favorable d’A. Merkel.

24 novembre 2008
La réponse économique et financière est au cœur de ce CMFA. Il s’agit de confirmer que le couple franco-allemand est un élément moteur des grandes ambitions européennes et de dégager des points de convergence afin d’assurer le succès du Conseil européen des 11-12 décembre sur l’élaboration d’une stratégie européenne pour faire face au ralentissement économique et pour relancer la croissance et l’emploi, sur la conclusion du paquet « énergie climat » et sur la défense européenne.

12 mars 2009
Face à la crise économique et financière sans précédent que traverse l’Europe, le CMFA, tenu en présence de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, fait des propositions communes pour une nouvelle architecture financière, au sein de l’Union et au niveau mondial, fondée sur la régulation et la surveillance de l’ensemble des marchés, acteurs et produits financiers. Il définit aussi les moyens d’une coordination économique accrue entre la France et l’Allemagne pour préparer l’avenir de l’industrie européenne et de ses emplois.

4 février 2010
Nouveau CMFA qui permet l’adoption d’un « Agenda franco-allemand » pour 2020. Il est principalement consacré à la poursuite de l’action commune pour assurer la stabilité et la force de la zone euro, ainsi qu’à la coopération franco-allemande dans le cadre de la double présidence française des G8/G20.

Aout 2011
Dans une lettre commune adressée à Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy exposent leurs propositions pour renforcer la gouvernance de la zone euro. Par ailleurs, ils annoncent leur intention d’« engager une nouvelle étape de convergence économique » entre l’Allemagne et la France (les États membres de la zone euro doivent s’engager plus fermement à respecter le pacte de stabilité et de croissance en vigueur »).

10 janvier 2012
Lors d’une conférence de presse, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy réaffirment leur volonté de sortir l’euro de la crise, tout en annonçant des propositions en faveur de la croissance, de l’emploi et du renforcement de la compétitivité en Europe. Ils approuvent également le principe de l’introduction d’une taxe sur les transactions financières en Europe.

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