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France - Libye : 40 ans de relations tumultueuses

mis à jour le 21 10 2011 Archives.

Après la Tunisie et l’Egypte, la contestation du monde arabe gagne la Libye en février 2011, dénonçant le manque de libertés, les inégalités et le chômage. Mais la révolte est réprimée par le colonel Kadhafi, chef de l’Etat libyen. La France rompt ses relations diplomatiques avec le pouvoir en place à Tripoli et reconnaît le Conseil national de transition comme le représentant légitime du peuple libyen, puis participe, à partir du 19 mars 2011, à une opération militaire internationale en application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu. Cette résolution définit la nécessité de protéger la population civile, exclut la perspective de déploiement de troupes terrestres d’occupation ainsi que le renversement du régime du colonel Kadhafi.

Vie publique vous propose un balayage des relations tumultueuses entre la France et la Libye, depuis la prise du pouvoir par Mouammar Kadhafi en 1969 : des relations marquées par une alternance de périodes de ruptures et de normalisation.

1969 - 1970
En septembre 1969, Mouammar Kadhafi prend le pouvoir en Libye à la suite d’un coup d’Etat contre le roi Idriss Ier. La monarchie est abolie, la République proclamée.
En décembre 1969, Paris et Tripoli signent un contrat prévoyant la livraison de cent avions Mirage d’ici à 1974.

1971
La Chambre de Commerce Franco-Libyenne est la plus ancienne chambre de commerce créée avec un pays arabe.

27 novembre 1973
Visite privée de Mouammar Kadhafi en France à l’invitation du président Georges Pompidou.

Mars 1976
Voyage en Libye de Jacques Chirac, Premier ministre, Jean François-Poncet, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Entretiens avec Mouammar Kadhafi et le commandant Jalloud, Premier ministre, sur le Sahara occidental, l’Angola, Djibouti, les Comores. Signature de trois accords de coopération en matière économique, culturelle et scientifique.

Janvier 1977
Le 30 annonce de la libération de M. et Mme Claustre (enlevés en avril 1974) par le Front de libération nationale du Tchad (FROLINAT). Message de Valéry Giscard d’Estaing, président de la République, à Mouammar Kadhafi, le 31, pour le remercier de ses efforts pour obtenir cette libération.

Février 1977
Réunion à Paris de la commission mixte franco-libyenne : 9 % des importations libyennes viennent de France.

Janvier – février 1980
En janvier, à la suite d’une action armée de la Libye contre le gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. tunisien à Gafsa, la France, à la demande du président Habib Bourguiba, décide d’envoyer des avions de transport, des hélicoptères Puma et un groupe de conseillers militaires en Tunisie. En février, des manifestants libyens incendient l’ambassade de France à Tripoli et le centre culturel français de Benghazi est attaqué. En réaction, la France rappelle le 5 février son ambassadeur.

Juillet 1980
Annonce par l’AFP de la conclusion en mars 1980 d’un arrangement entre la France et la Libye pour définir les conditions d’une normalisation de leurs relations diplomatiques après les incidents de février 1980. Diffusion par FR3 d’une interview de Mouammar Kadhafi sur les relations de la Libye avec la France (divergences sur la politique française en Afrique, prise de position favorable à la conclusion de contrats à long terme d’approvisionnement de la France en pétrole à des conditions acceptables).

Janvier 1981
Interview à Antenne 2 de Robert Galley, ministre de la Coopération, dénonçant le projet de fusion Tchad-Libye comme contraire aux accords de Lagos de 1979 et rappelant que la France n’intervient dans un pays que sur la demande explicite de celui-ci. Déclaration de Mouammar Kadhafi annonçant un renforcement de son contingent militaire au Tchad et menaçant la France d’un boycottage économique global.

Février 1981
Le 3, conférence de presse à N’Djamena (Tchad) de Goukouni Oueddei, président du Gouvernement d’union nationale transitoire tchadien (GUNT), qui justifie le maintien au Tchad d’un contingent militaire libyen par la menace constituée par la présence de troupes françaises aux frontières du Tchad. Le 5, déclaration de Mouammar Kadhafi indiquant que la Libye n’interviendra pas dans d’autres pays africains si on ne le lui demande pas et estimant que si la France intervenait au Tchad contre la Libye, elle perdrait certainement.

2 mars 1981
Confirmation par le ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. des Affaires étrangères de la décision (annoncée le 28 février 1981 par l’Agence France Presse - AFP) de suspendre la livraison de navires patrouilleurs lance-missiles commandés par la Libye en août 1977 en raison de l’intervention libyenne au Tchad.

6 mai 1981
En réponse à la question de François Mitterrand, candidat socialiste à la présidence de la République, lors du débat télévisé du 5 mai avec le président Valéry Giscard d’Estaing sur les ventes d’armes à la Libye, communiqué du ministère de la Défense : pas de signature de contrat de vente depuis le 3 mai 1979 mais livraison, début décembre 1980, de pièces de rechange en exécution des anciens contrats.

Juillet 1981
Décision du gouvernement français d’annuler les suspensions d’exécution des contrats commerciaux avec la Libye intervenus en décembre 1980, la signature de nouveaux contrats restant toutefois suspendue au retrait des troupes libyennes du Tchad. Sont en particulier concernées les activités d’Elf-Aquitaine et les ventes françaises d’armements (patrouilleurs rapides lance-missiles commandés aux chantiers navals de Cherbourg, entretien des missiles anti-aériens, anti-chars, air-air, des Mirage et des hélicoptères français déjà livrés, commande de 32 Mirage F1 commandés en 1978 par Tripoli).

Août 1981
Le 18, interview à Antenne 2 de Jean-Pierre Cot, ministre délégué à la Coopération et au Développement, notamment sur le Tchad : soutien diplomatique de la France à l’envoi d’une force interafricaine au Tchad en application de la résolution de l’OUA, en vue du départ des troupes libyennes. Le 22 août, déclarations de M. Cot sur la nécessité d’une solution africaine au Tchad, conformément aux accords de Lagos et à la résolution de Nairobi (Kenya) de juillet 1981, proposant l’aide logistique et financière de la France au gouvernement tchadien et réaffirmant le refus de la France de livrer des armes à la Libye.

11 décembre 1981
Déclaration de Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures, qui estime que l’action déstabilisatrice de la Libye à l’extérieur a cessé et décide de normaliser ses relations avec ce pays : ce serait une erreur pour l’Occident d’isoler la Libye.

Février – mars 1982
Le 20 février, condamnation de trois Français (la famille Dupont) à la prison à vie en Libye pour espionnage au profit de l’impérialisme américain et du sionisme ; le 17 mars, Mouammar Kadhafi les gracie après intervention du gouvernement français.

29 mai- 1er juin 1982
Début d’un voyage de Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures, dans plusieurs pays arabes (Egypte, Tunisie, Arabie Saoudite, Libye). Le 31 mai, entretien avec Abdelati El Obeidi, ministre libyen des Affaires étrangères et le 1er juin avec le commandant Jalloud sur le conflit israélo-arabe, le conflit Irak-Iran, le Tchad (non intervention de la Libye), les rapports Nord-Sud.

Mars 1983
Réunion, à Paris de la Commission mixte de coopération franco - libyenne présidée par MM. Michel Jobert, ministre du Commerce extérieur et Fawzé Chakchouki, secrétaire du comité populaire du Plan. Discussions sur les livraisons directes de pétrole et sur une reprise des exportations françaises (la France étant passée du 3ème au 6ème rang des fournisseurs de la Libye).

Août 1983
Claude Cheysson déclare à TF 1 que si la Libye internationalise le conflit au Tchad, la France ne pourra rester indifférente. Début de l’opération Manta : envoi de parachutistes français à N’Djamena, à la demande du Président Hissène Habré, après l’intervention des forces libyennes aux côtés des partisans de Goukouni Oueddei dans le nord du Tchad. Mouammar Kadhafi nie la présence militaire de son pays au Tchad et estime que la France a été entraînée dans cette intervention par les Etats-Unis.

Octobre 1983
Le 6, arrestation, à Paris, de M. Saïd Rashed, ressortissant libyen accusé par la justice italienne du meurtre, le 11 juin 1980, d’un opposant libyen. A partir du 9, trente sept Français sont retenus en Libye. Ils sont libérés le 12 à la suite d’interventions des autorités grecques et après que la Libye ait demandé la libération de Saïd Rashed. Le même jour, Claude Cheysson rencontre, à Paris, M. Obeidi, ministre libyen des Affaires étrangères. Le 28, Saïd Rashed est libéré en l’absence d’une demande d’extraditionExtraditionProcédure selon laquelle l’Etat requis livre une personne appréhendée sur son territoire à l’Etat requérant qui la réclame pour exercer contre elle des poursuites pénales ou lui faire exécuter une peine. de la part des autorités italiennes dans les délais requis.

Mai 1984
Le 12, le colonel Kadhafi déclare au journal Le Monde qu’il est prêt à retirer immédiatement les troupes libyennes du Tchad.

9 août 1984
A l’occasion du premier anniversaire de l’opération Manta au Tchad, Charles Hernu, ministre de la Défense, déclare que les Français ne quitteront pas le Tchad, tant qu’il restera un soldat libyen au sud de la bande d’Aouzou, (zone frontalière occupée par la Libye depuis 12 ans).

17 septembre 1984
Accord franco-libyen pour l’évacuation du Tchad par les deux armées à partir du 25 septembre 1984.

Décembre 1984
Le 5, Mouhammar Kadhafi déclare au journal italien Il Messaggero que les troupes libyennes ont toutes quitté leurs positions dans le nord du Tchad. Les 5 et 6, à l’Assemblée nationale et au Sénat, Claude Cheysson déclare que les positions libyennes au Tchad sont défensives et que la France ne retournera pas au Tchad pour faire la guerre au Nord du 16ème parallèle.

25 mars 1985
François Mitterrand, président de la République, reçoit les lettres de créance de Hamed El Houderi, nouveau chef de la représentation libyenne, poste vacant depuis décembre 1983.

8 - 11 décembre 1985
Le 8, déclaration de François Mitterrand, sur TF1, qui affirme que la France n’est pas le gendarme de l’Afrique et qu’elle ne se lancera pas dans la reconquête du nord du Tchad, mais estime cependant, que la Libye ferait bien de rester à l’intérieur de ses frontières. Au cours d’une tournée africaine au Sénégal, au Burkina-Faso et au Mali, Mouammar Kadhafi critique à Ouagadougou (Burkina-Faso) la tenue, à Paris, du 11 au 13 décembre, du sommet franco-africain, considéré comme une forme d’aliénation et une contradiction par rapport à l’indépendance des pays qui y assistent, et évoque la question tchadienne.

janvier 1986
Le 7, conférence de presse de Ronald Reagan, président des Etats-Unis, à Washington, qui décide un boycottage économique de la Libye, accusée, à la suite des attentats du 27 décembre 1985 à Rome et à Vienne, d’entretenir le terrorisme international et appelle les autres nations, et notamment l’Europe, à s’associer au boycott. Au cours d’une tournée européenne, entretien le 23, à Paris, de Chadli Klibi, secrétaire général de la Ligue arabe, avec Roland Dumas, ministre des Relations extérieures. Demande aux pays de la CEE de ne pas s’associer au boycottage de la Libye organisé par les Etats-Unis.

Février 1986
Déclenchement de l’opération Épervier au Tchad, à l’initiative de la France après le franchissement du 16e parallèle par les forces armées libyennes venues soutenir Goukouni Oueddei.

Avril 1986
Le 11, déclaration de Mouammar Kadhafi, à l’agence Jana, qui considère toutes les villes du sud de l’Europe comme faisant partie de la zone de contre-attaque libyenne si les Etats-Unis mettent à exécution leurs menaces militaires injustes et insolentes contre la Libye. Le 12, déclaration de Jacques Chirac, Premier ministre, en Côte d’Ivoire, qui veut croire que le président libyen aura conscience de sa responsabilité, et évoque, dans le cas contraire, des mesures de rétorsion. Le 14, adoption, par les ministres des Affaires étrangères de la CEE, réunis à La Haye, d’une déclaration condamnant le soutien de la Libye au terrorisme, appelant les parties en présence à la modération et annonçant trois mesures à l’encontre de la Libye : restrictions à la liberté de mouvement du personnel diplomatique, réduction du personnel des missions diplomatiques et consulaires, procédures plus strictes pour l’octroi des visas. Dans la nuit du 14 au 15, à la suite d’un attentat anti-américain (le 5) à Berlin-Ouest (deux morts, 204 blessés), mettant en cause la Libye, bombardement par des avions américains, partis de Grande-Bretagne, du quartier général de Mouammar Kadhafi et de certains quartiers de Tripoli et de Benghazi ; le 15, la Libye lance des missiles en direction de l’île italienne de Lampedusa.

Mai 1986
Expulsion par la Libye de 36 diplomates de pays membres de la CEE (dont un Français) en réponse, selon la Libye, aux mesures arbitraires prises à l’instigation des Etats-Unis contre le personnel diplomatique libyen en Europe occidentale.

Décembre 1987
Entretiens (le 10) de Jacques Chirac, Premier ministre, puis (le 11) de François Mitterrand, président de la République, avec Hissène Habré, président tchadien, qui, en marge du sommet franco-africain demande un renforcement de l’aide militaire française et fait état d’infiltrations libyennes au Tchad en provenance notamment du Soudan. Déclaration de Michel Aurillac, ministre de la Coopération : décision de la France d’accélérer ses fournitures militaires au Tchad, tout en appuyant les efforts de l’OUA pour un règlement pacifique du conflit tchado-libyen. Le 12, protestations de la Libye.

11 octobre 1988
Annonce par Jacques Pelletier, ministre de la Coopération et du Développement, d’un allègement prochain du dispositif Epervier au Tchad compte tenu de l’évolution des relations entre le Tchad et la Libye (rétablissement des relations diplomatiques entre le Tchad et la Libye, le 3).

Août 1989
Après la déclaration du 31 juillet de Roland Dumas, ministre français des Affaires étrangères, qualifiant d’ hypothèse l’enlèvement de Mme Jacqueline Valente à bord du navire de plaisance le Silco au large des côtes libyennes (le 8 novembre 1987 par le Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou-Nidal), communiqué du ministère libyen des affaires étrangères qui s’étonne de la déclaration de M. Dumas et condamne tous les enlèvements d’innocents.

Avril 1990
Libération à Beyrouth de Jacqueline Valente, de sa fille et de son compagnon belge, retenus en otage par le groupe palestinien pro-iranien Abou Nidal depuis novembre 1987. Communiqué de Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères, qui exprime la reconnaissance et la satisfaction du gouvernement français à Muhammar Kadhafi pour "ce geste humanitaire et élevé" qui "sera apprécié à sa juste valeur pour l’avenir des relations entre la France et la Libye (Mouammar Kadhafi est intervenu auprès du groupe Abou Nidal le 4 avril en faveur de la libération des otages). Le 10, message de François Mitterrand qui adresse ses remerciements personnels à Mouammar Kadhafi pour son rôle déterminant dans la libération des otages ; déclaration devant la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat de M. Dumas qui affirme qu’il n’y a eu aucun marchandage avec les ravisseurs, déclaration à Istres de Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, qui affirme qu’il n’y a aucun rapport entre la livraison d’avions à la Libye et la libération des otages.

10 juillet 1991
Visite en France d’Ibrahim Mohammed Bechari, ministre libyen des Affaires étrangères, qui est reçu par Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères.

30 octobre 1991
Dans l’affaire de l’attentat contre le DC10 d’UTA du 19 septembre 1989 au Niger, Jean-Louis Bruguière, juge d’instruction, lance quatre mandats d’arrêt internationaux contre des hauts responsables libyens.

15 - 16 avril 1992
Publication au Journal officielJournal officielJournal de la République française dans lequel sont publiés les lois et les règlements. (JO du 15) du décret no 92-387 du 14 avril 1992 relatif à l’application de la résolution 748 du Conseil de sécurité des Nations unies (sanctions contre la Libye : embargo aérien, interdiction des ventes d’armes, réduction du personnel diplomatique libyen). Le 16, la Libye décide par réciprocité l’expulsion de diplomates.

2 juillet 1993
Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, déclare au quotidien saoudien Al-Hayat que la France demandera un accroissement des sanctions contre la Libye si ce pays n’effectue pas les gestes attendus dans l’affaire des attentats contre un Boeing de la PAN AM en décembre 1988 à Lockerbie (Ecosse) et un DC-10 d’UTA en septembre 1989 au Niger, qui avaient fait 341 morts.

19 septembre 1996
Jean-Louis Bruguière, juge d’instruction, annonce la clôture de son enquête sur l’explosion du DC 10 d’UTA en 1989 et le renvoi en cour d’assises, en vue d’un jugement par contumace, des 6 suspects libyens.

15-16 juillet 1998
Visite en France de Jadallah Azouz al-Talhi, ministre libyen du Plan et ancien Premier ministre (première visite en France d’un ministre libyen depuis huit ans) : le 15, rencontre avec Jacques Dondoux, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur ; le 16, rencontre avec des responsables économiques français.

27 mai 1999
A Paris, entretien entre Charles Josselin, ministre de la Coopération et de la Francophonie, et Maatoug Mohamed Maatoug, ministre libyen de l’Education, consacré au développement de la coopération bilatérale, notamment dans le domaine culturel et éducatif : M. Maatoug souhaite une réactualisation de l’accord de coopération de 1976 et C. Josselin propose l’envoi en Libye d’une mission d’identification des besoins.

16 juillet 1999
Le ministère des Affaires étrangères annonce que la Libye a transféré en France les fonds destinés à l’indemnisation des ayants droit des victimes de l’attentat contre un DC-10 d’UTA en septembre 1989.

6 octobre 1999
Le 6, ordonnance de Jean-Louis Bruguière, juge d’instruction de Paris, décidant d’instruire la plainte pour complicité d’homicide volontaire déposée contre Mouammar Kadhafi, dans l’affaire de l’attentat perpétré contre l’avion DC 10 d’UTA, le 19 septembre 1989 ; le parquetParquet(ou Ministère public) Ensemble des magistrats chargés de représenter les intérêts de la société et de veiller au respect de l’ordre public et à l’application de la loi. Le ministère public est hiérarchisé (procureur général, procureur de la République) et subordonné au garde des sceaux. fait appel. Le 7, le ministère français des Affaires étrangères assure que l’ordonnance ne préjuge pas de la suite de la procédure judiciaire.

29 août 2000
A Tripoli, en présence notamment de Charles Josselin, ministre de la Coopération et de la Francophonie, cérémonie d’accueil des six otages français retenus sur l’île de Jolo (Philippines) par des séparatistes philippins musulmans. Le ministre français salue le rôle joué par la Libye et se félicite de la poursuite de la normalisation des relations entre la France et la Libye.

22 - 23 octobre 2001
Voyage en Libye de Charles Josselin qui appelle la Libye à se joindre à la lutte internationale contre le terrorisme et propose au président libyen d’organiser une conférence internationale pour définir le terrorisme.

18 octobre 2002
Voyage en Libye de Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, qui rencontre Mouammar Kadhafi et reçoit l’assurance des autorités libyennes concernant des indemnisations supplémentaires des ayants droit des passagers français victimes de l’attentat contre l’avion DC-10 d’UTA qui avait explosé au-dessus du Niger en septembre 1989.

7 août 2003
Le 7, la France fait part de sa volonté d’obtenir de la Libye, au nom de l’équité, la même indemnité pour les ayants droits des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA que la compensation prévue pour ceux de l’attentat commis contre le vol de la Pan Am à Lockerbie le 21 décembre 1988. Le 12, accord entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Libye sur un projet de règlement impliquant une reconnaissance de la responsabilité libyenne dans l’attentat de Lockerbie en 1988 ; le 13, signature à Londres d’un accord entre la Libye et les familles des victimes de cet attentat sur le versement de 2,7 milliards de dollars de dédommagement ; le même jour, Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, informe ses homologues libyen, américain et britannique, Abdel Rahman Chalgham, Colin Powell et Jack Straw, de la volonté de la France de bloquer aux Nations unies la levée des sanctions contre la Libye si des compensations équitables ne sont pas accordées aux familles des victimes du vol d’UTA de 1989. Le 15, dans une lettre remise au Conseil de sécurité de l’ONU, la Libye reconnaît officiellement sa responsabilité civile dans l’attentat de Lockerbie. Le 18, dépôt, au Conseil de sécurité de l’ONU, d’un projet de résolution britannique levant les sanctions internationales prises contre la Libye. Le 21, accord entre la France et la Grande-Bretagne pour un report du vote sur la Libye devant le Conseil de sécurité de l’ONU pour permettre à de nouvelles négociations entre la France et la Libye d’aboutir. Le 31, accord de principe sur une indemnisation entre les représentants des familles des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA et la Libye.

1er septembre 2003
Le 1er, Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, confirme que les "bases" d’un accord ont été trouvées entre les familles des victimes du DC 10 d’UTA et la Libye. Le 9, en l’absence de concrétisation de l’accord avec la Libye, report par le Conseil de sécurité de l’ONU du vote de la résolution levant les sanctions imposées à la Libye. Le 11, conclusion d’un accord entre les associations des familles des victimes et la Fondation Kadhafi, qui fixe un délai d’un mois pour un accord d’indemnisation définitif. Le 12, adoption de la résolution 1506 de l’ONU levant les sanctions mises contre la Libye, à la suite des attentats de 1988 et 1989 contre des avions de ligne américain et français : la France et les États-Unis s’abstiennent.

6 janvier 2004
Le 6, ratification par la Libye du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE). Les 8 et 9, voyage en France du ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelrahmane Chalgham : le 9, entretiens avec Dominique de Villepin et avec Jacques Chirac, président de la République, sur les relations bilatérales et sur l’indemnisation des familles des victimes du DC 10 d’UTA. Le même jour, signature d’un accord entre la Fondation Kadhafi, le collectif des familles des victimes et l’association SOS Attentats : la Libye accepte de réévaluer l’indemnisation versée aux familles des victimes à hauteur de 170 millions de dollars, soit un million de dollars par victimeVictimePersonne qui subit personnellement et directement un préjudice physique, moral ou matériel, du fait d’une infraction pénale..

Mars 2004
Du 5 au 8, voyage en Libye de François Loos, ministre délégué au Commerce extérieur, accompagné d’une délégation du syndicatSyndicatAssociation de personnes dont le but est de défendre les droits et les intérêts sociaux, économiques et professionnels de ses adhérents. patronal MEDEF : signature d’accords de coopération économique et fiscale. Le 8, entretien de Jacques Chirac, président de la République avec le fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al-Islam Kadhafi : souhait de la France d’une normalisation des relations entre la Libye et l’Union européenne. Le 9, communiqué du ministère des Affaires étrangères confirmant la relance des relations bilatérales franco-libyennes et la participation de la Libye au processus de coopération euroEuroMonnaie unique de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui forment la zone euro.-méditerranéen de Barcelone. Le 10, la Libye signe le protocole additionnel au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

19 avril 2004
Le 19, visite en France du Premier ministre libyen, Choukri Mohamed Ghanem, et entretien avec Jacques Chirac. Du 27 au 28, visite officielle à Bruxelles de Mouammar Kadhafi : le 27, entretien avec Romano Prodi, président de la Commission européenne, sur l’intégration de la Libye au processus de Barcelone et le développement des investissements européens dans l’industrie pétrolière libyenne. Le 28, dans une intervention au ParlementParlementOrgane collégial qui exerce le pouvoir législatif (adoption des lois et contrôle du pouvoir exécutif). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. belge, le dirigeant libyen appelle l’Union européenne à être partie prenante à part entière des crises en Irak et au Proche-Orient.

Octobre 2004
Le 6, voyage en Libye de Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères : entretien avec Mouammar Kadhafi, sur le conflit israélo-palestinien, l’Irak, le Darfour et sur les perspectives de développement des relations économiques bilatérales et de coopération, ainsi que sur l’adhésion de la Libye au partenariat euro-méditerranéen. Le 11, l’Union européenne décide la levée de l’embargo européen sur les armes à destination de la Libye. Le 12, dans une déclaration à la presse à Hong-Kong, Jacques Chirac annonce qu’il se rendra en Libye avant la fin de l’année.

Novembre 2004
Le 22, signature de deux protocoles d’accord entre le ministre français délégué au Commerce extérieur, François Loos, et le ministre libyen des Finances, Mohamed Ali El-Huwej, sur la non double imposition des entreprises entre les deux pays et sur le règlement par les Libyens de leurs arriérés de paiement vis-à-vis de la COFACE pour 44,4 millions d’euros. Les 24 et 25, visite officielle de Jacques Chirac en Libye. Entretien entre J. Chirac et M. Kadhafi : la France souhaite développer avec la Libye un dialogue politique approfondi et confiant et s’engager davantage sur le plan économique, notamment dans les domaines de la culture, de l’énergie, de l’aéronautique et des télécommunications.

Févier 2005
Voyage en Libye de Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense. Entretien à Tripoli avec Mouammar Kadhafi, consacré à la coopération de défense et signature d’un accord-cadre militaire.

Mai 2005
Le ministère des Affaires étrangères annonce que la France proposera un accord de coopération dans le nucléaire civil à la Libye.

Novembre 2005
Visites en France de Nasser al-Mabrouk, ministère de l’Intérieur libyen, et d’Idriss Deby, président tchadien. Entretien de N. al-Mabrouk avec Nicolas Sarkozy, ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoireAménagement du territoireEnsemble des actions publiques tendant à un développement équilibré des régions et à une organisation de l’espace selon une conception directrice., sur la lutte contre l’immigration clandestine : accord de la Libye pour accueillir une équipe de la direction centrale de la police des frontières afin d’assister la police libyenne dans la lutte contre la fraude documentaire et la surveillance des aéroports.

5 janvier 2006
Voyage en Libye de Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères. Entretien avec Mouammar Kadhafi sur les relations bilatérales et les dossiers internationaux intéressant les deux pays. Ph. Douste-Blazy demande la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien, accusés d’avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants (56 sont morts), dans l’hôpital pédiatrique de Benghazi et condamnés à mort le 6 mai 2004, et propose l’assistance de la France en faveur des enfants contaminés de l’hôpital de Benghazi.

Juillet 2007
Le 10, la Fondation Kadhafi annonce un accord sur les compensations financières à verser aux familles des enfants contaminés par le sida pour un montant d’un million de dollars par victime. Le 11, la cour suprême de Libye confirme la condamnation à mort des cinq infirmières et du médecin bulgares. Le 12, premier voyage en Libye de Cécilia Sarkozy, épouse de Nicolas Sarkozy, président de la République, accompagnée de Claude Guéant, secrétaire général de la présidence de la République, et entretien avec Mouammar Kadhafi sur le sort des infirmières bulgares et du médecin palestinien. Le 17, les familles des enfants contaminés acceptent de renoncer à la peine capitale pour les infirmières bulgares et le médecin palestinien. Le même jour, le conseil supérieur des instances judiciaires libyennes commue en prison à vie les peines de mort, ouvrant la voie à une extradition des détenus vers la Bulgarie conformément à un accord bilatéral entre la Libye et la Bulgarie. Le 19, voyage à Paris de Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, et entretien avec Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, notamment sur le sort des infirmières et du médecin bulgares : B. Ferrero-Waldner estime que « toute action qui a pour objectif de les ramener en Europe est la bienvenue ». Le 22, deuxième voyage en Libye de C. Sarkozy, accompagnée de B. Ferrero-Waldner, et de C. Guéant, et entretien avec M. Kadhafi : la Libye souhaite des garanties pour le traitement des enfants libyens atteints du sida, la signature d’un mémorandum ouvrant la voie à un éventuel accord de partenariat entre l’Union européenne et la Libye, la réalisations de projets en Libye, dont une autoroute traversant son territoire entre la Tunisie et l’Égypte et une voie de chemin de fer reliant les ports libyens à des villes africaines, ainsi que la réhabilitation de ses sites archéologiques. Le 24, libération et extradition vers la Bulgarie des infirmières bulgares et du médecin palestinien. Le même jour, Guéorgui Parvanov, président de Bulgarie, gracie les cinq infirmières et le médecin. Diffusion d’un communiqué commun de la présidence de la République et de José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, saluant la médiation de l’émir du Qatar pour obtenir la libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. Les 25 et 26, visite en Libye de N. Sarkozy, accompagné de B. Kouchner et de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, présentée comme un déplacement politique pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations. Signature d’un accord-cadre global franco-libyen, d’un mémorandum prévoyant la fourniture d’un réacteur nucléaire pour une usine de dessalement de l’eau de mer, d’un accord-cadre de coopération en matière de défense et d’industrie de défense, d’un accord de coopération dans les domaines de la recherche scientifique, de l’enseignement supérieur ainsi qu’un programme triennal de mise en œuvre de la coopération culturelle, scientifique et technique.

Août 2007
Le 1er, dans un entretien au Monde, Seif el-Islam Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, affirme qu’un contrat d’armement avec la France et une décision de justice en Grande-Bretagne concernant un agent libyen emprisonné pour l’attentat de Lockerbie (Ecosse) de 1988 ont joué un rôle important dans la libération des infirmières et du médecin bulgares détenus en Libye. Le même jour, Nicolas Sarkozy réaffirme qu’il n’y a eu aucune contrepartie à ces libérations. Le 2, la gauche réclame la transparence sur d’éventuelles contreparties à la libération du personnel soignant bulgare en Libye après les déclarations de Seil el-Islam Kadhafi. Le 2, dans un communiqué, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes, dément toute compensation telle que des versements financiers de la France ou un contrat d’armement et souligne la dimension européenne des efforts engagés depuis plusieurs années et de la solution finalement trouvée. Le 2, la Libye annonce la signature d’un contrat d’armement avec une filiale d’EADS de 168 millions d’euros pour l’achat de missiles antichar Milan et d’un deuxième contrat avec EADS pour un système Tetra de communication radio. Le 5, N. Sarkozy rappelle que les négociations pour un contrat d’armement avec la Libye duraient depuis 18 mois, bien avant la libération des soignants bulgares. Le 8, le groupe socialiste de l’Assemblée nationale demande officiellement la création d’une commission d’enquête sur les conditions de la libération des infirmières bulgares en Libye et sur les accords franco-libyens. Le 13, à Wolfeboro (États-Unis), N. Sarkozy dément formellement un projet éventuel de vente d’un réacteur nucléaire EPR à la Libye.

Novembre 2007
Visite officielle en France de Mouammar Kadhafi portant sur le renforcement des relations entre la France et la Libye et le développement de la coopération bilatérale dans tous les domaines. Le 10, dans un entretien publié dans Le Parisien, Rama Yade, secrétaire d’État aux Droits de l’homme, se dit dérangée par cette visite qui coïncide avec la Journée mondiale des droits de l’homme et dénonce un baiser de la mort. Le 10, sur RTL, elle renouvelle ses critiques contre la venue de Mouammar Kadhafi et se voit convoquée à l’Élysée. Sa position reçoit le soutien de son ministre de tutelle, Bernard Kouchner. Le 10, entretien entre Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadhafi portant sur les relations économiques, la question des droits de l’homme, le Darfour. Le même jour, signature d’une dizaine de contrats pour un montant annoncé de plus de 10 milliards d’euros pour l’achat d’Airbus et dans les secteurs du nucléaire civil, de l’agriculture, de la pêche et de la culture. Le 11, dans une interview accordée à France 2, le chef de l’État libyen déclare qu’il n’a pas abordé la question des droits de l’homme, lors de sa rencontre avec N. Sarkozy. Le 11, à l’Unesco, il critique l’attitude de la France et des Européens vis-à-vis des immigrés, notamment africains.

Septembre 2009
La France est représentée par le secrétaire d’État à la coopération, Alain Joyandet au 40ème anniversaire de la révolution libyenne.

Février 2011
La révolte gronde en Libye contre le pouvoir de Mouammar Kadhafi qui répond à la demande de plus de libertés par la répression. Les relations diplomatiques sont rompues avec le pouvoir en place à Tripoli, tandis que la France reconnaît le Conseil national de transition comme le représentant légitime du peuple libyen. En outre, la France participe, à partir du 19 mars 2011, à une opération militaire internationale en application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’Onu afin, notamment, de faire respecter une zone d’exclusion aérienne en Libye.

22 mars 2011
En application de l’article 35, alinéa 2, de la Constitution, le Gouvernement fait devant l’Assemblée une déclaration sur l’intervention des forces armées en Libye pour la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Cette déclaration est suivie d’un débat.

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