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Soixante-dix ans de relations franco-syriennes

mis à jour le 21 07 2016

En 1916, les accords Sykes-Picot établissent une nouvelle partition du Moyen-Orient en quatre mandats attribués par la Société des Nations (SDN) : la Syrie et le Liban, désormais séparés en deux pays distincts, sont attribués à la France, tandis que l’Irak actuel et la Palestine reviennent à la Grande-Bretagne. Le mandatMandatDurée d’exercice d’une fonction élective français sur la Syrie et le Liban est finalisé en avril 1920 lors de la conférence de San Remo, qui fixe pour objectif à la France de mener ces territoires à l’indépendance après qu’ils aient atteint un niveau de développement économique et politique jugé suffisant. Bien qu’un premier traité d’indépendance soit signé entre la France et la Syrie en 1936 sous le Front populaire, la présence française sur le territoire syrien se maintient et les soulèvements populaires se multiplient jusqu’en 1945, lorsque démarre un processus effectif de désengagement militaire de la France en Syrie qui s’achève en mars 1946.

13 décembre 1945
Signature d’un accord franco-britannique sur l’évacuation définitive de la Syrie et du Liban.

8 février 1946
Début de l’évacuation des troupes françaises en Syrie, qui s’achève début mars.

17 avril 1947
Proclamation de l’indépendance de la Syrie.

24 avril 1956
Examen par la commission des affaires étrangères syrienne d’une proposition de boycott politique, économique et culturel de la France lancée par le ParlementParlementOrgane collégial qui exerce le pouvoir législatif (adoption des lois et contrôle du pouvoir exécutif). En France, le Parlement est composé de deux chambres : l’Assemblée nationale et le Sénat. syrien à la suite des manifestations ayant eu lieu à Damas contre la présence française en Algérie.

2 novembre 1956
Le ministre syrien de l’économie et des affaires étrangères par intérim, Khalil Kallas, convoque l’ambassadeur de France à Damas, Claude-Achille Clarac, pour lui communiquer la décision du gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. syrien de rompre ses relations diplomatiques avec la France "en raison de l’agression franco-britannique contre l’Égypte".

13 août 1962
Le Premier ministre syrien Béchir Al-Azmeh affirme dans une interview à l’AFP : "Les raisons qui avaient amené la rupture des relations diplomatiques entre la Syrie et la France sont maintenant en voie de disparition, puisque l’Algérie a obtenu son indépendance et exerce désormais sa pleine souveraineté. La Syrie étudie donc à l’heure actuelle les mesures qu’il convient de prendre pour rétablir les relations diplomatiques entre Paris et Damas."

Novembre 1964
Entretiens à Paris entre le général Aminé El Hafez, président de la République syrienne, et Charles de Gaulle, président de la République, au sujet d’une éventuelle aide économique de la France pour la construction du nouvel aéroport international à Damas et d’un barrage sur l’Euphrate.

21 février 1977
Voyage de M. de Guiringaud, ministre des affaires étrangères français, en Syrie. Entretiens avec le président syrien M. Hafez el-Assad. Les discussions portent sur le conflit au Proche-Orient : M. de Guiringaud approuve publiquement l’ "aide" apportée par la Syrie au gouvernement libanais.

29 janvier 1980
Attentat à l’ambassade de Syrie à Paris faisant un mort et huit blessés.

4 septembre 1981
Louis Delamare, ambassadeur de France au Liban, est assassiné à Beyrouth. La France soupçonne les services secrets syriens.

18 mai 1982
Communiqué de l’ambassade de Syrie à Paris rejetant les accusations portées contre la Syrie à propos de l’attentat du 22 avril 1982, rue Marbeuf à Paris, devant le siège du journal libanais d’opposition au régime syrien Al Watan Al Arabi.

26-28 novembre 1984
Voyage officel en Syrie de François Mitterrand, président de la République. Entretiens avec le président syrien Hafez El Assad sur le Liban, les relations avec Israël et le conflit Iran-Irak. François Mitterrand rappelle les positions françaises sur le Proche-Orient, son opposition au terrorisme et affirme que rien ne peut être accompli au Proche-Orient sans la Syrie.

Mai 1985
Visite, en France, de M. Farouk El Chareh, ministre syrien des affaires étrangères. Dans "Le Monde" du 24, M. El Chareh rejette la proposition française de nouvelle conférence interlibanaise de réconciliation et réaffirme l’opposition de son pays à toute neutralisation du Liban.

23 octobre 1986
A la suite d’informations parues dans la presse française et étrangère relatives à des négociations entre la France et la Syrie sur des contrats d’armement, démentis les 23 et 30, de M. Denis Baudoin, porte-parole du Premier ministre, indiquant qu’il n’y a pas de nouveaux contrats de vente d’armes à la Syrie ni "en cours" ni "signés". Le 28, déclaration de M. François Mitterrand, à Francfort, affirmant qu’il "n’est pas question" pour la France de vendre des armes à la Syrie. Le 29, déclaration de M. Jean-Bernard Raimond, ministre des affaires étrangères, à l’Assemblée nationale, qui confirme que les demandes d’autorisations de vente d’armes à la Syrie ont fait l’objet d’un refus et annonce que les livraisons de "matériel militaire sensible" correspondant à des contrats signés en 1982 et 1984 avait été bloqués.

5 novembre 1986
Déclaration du Premier ministre Jacques Chirac devant l’Assemblée nationale, sur la politique de la France au Moyen-Orient : pas de rupture des relations avec la Syrie, "point de passage obligé pour toute solution du problème libanais", et contre laquelle il n’existe aucune preuve de participation aux attentats à Paris. Pas de contrat de vente d’armes ni de prêt à la Syrie, depuis le 26 mars 1986 et suspension de l’exécution des contrats antérieurs.

7 novembre 1987
Signature d’un accord de coopération culturelle, scientifique et technique franco-syrien à Damas.

23 décembre 1989
Entretien à Paris de M. Roland Dumas, ministre des affaires étrangères, avec M. Farouq al Charaa, ministre syrien des affaires étrangères, sur les sanctions de la Communauté économique européenne (CEE) contre la Syrie adoptées en novembre 1986 à la suite d’opérations terroristes en Grande-Bretagne et en France, portant sur l’interdiction de vente d’armes, le contrôle des activités diplomatiques et la surveillance des lignes aériennes.

12-13 février 1992
Voyage officiel en Syrie de M. Roland Dumas. Entretiens avec MM. Hafez el-Assad, président syrien, Abdel Halim Khaddam, vice-président, et Farouq Al-Charaa, ministre syrien des affaires étrangères, consacrés au processus de paix au Proche-Orient, à la situation au Liban, aux relations bilatérales et à l’affaire Aloïs Brunner, criminel nazi recherché par les justices française et allemande, soupçonné d’être caché en Syrie.

Octobre 1996
Voyage au Proche-Orient de M. Jacques Chirac, président de la République. Du 19 au 20 octobre, à Damas (Syrie), M. Chirac s’entretient à quatre reprises avec M. Hafez el-Assad, président syrien. Le 19, M. Chirac souhaite "un partenariat amical et fécond" avec la Syrie, et propose un "co-parrainage" du processus de paix israélo-arabe par l’Union européenne, aux côtés des Etats-Unis. En parallèle, un accord franco-syrien sur le contentieux financier entre les deux pays (environ 1 milliard de francs d’intérêts de la dette dus par la Syrie) est signé.

Juillet 1998
Visite d’État en France du président syrien Hafez el-Assad : le 16 et le 17, entretiens avec Jacques Chirac à l’issu duquel Hafez El Assad apporte son soutien à la proposition française d’organiser une conférence internationale sur la paix au Proche-Orient, et annonce qu’il fera examiner la commission rogatoire de la justice française à propos du criminel nazi Aloïs Brunner, soupçonné de se trouver sur le territoire syrien. Le même jour, entretiens avec Lionel Jospin, Premier ministre, qui rappelle que l’accord d’association de la Syrie avec l’UE repose sur l’ouverture démocratique et sur le respect des droits de l’homme par la Syrie. Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères, remet à Hafez el-Assad une liste de prisonniers politiques syriens et libanais dont la France suit particulièrement le cas.

10-13 juin 2000
Le 10, décès du président syrien Hafez el-Assad. Le 13, Jacques Chirac est le seul chef d’État occidental à assister aux obsèques ; sa présence suscite un débat en France sur la nature du régime syrien et sur son implication dans le processus de paix au Proche-Orient.

25 - 27 juin 2001
Visite d’État en France de Bachar al-Assad, président syrien, marquée par plusieurs manifestations. Le 25, il rencontre Jacques Chirac qui plaide pour une paix "juste et globale" au Proche-Orient et pour le respect mutuel des confessions. Le 26, B. al-Assad est reçu à l’Hôtel de ville de Paris où des élus condamnent sa venue. Il rencontre Lionel Jospin qui appelle à "l’esprit de tolérance" et souligne l’attention de la France pour la situation des droits de l’homme en Syrie.

Février 2005
Le 14, attentat à l’explosif, à Beyrouth, contre Rafic Hariri, ancien président du Conseil des ministresConseil des ministresFormation collégiale réunissant l’ensemble des ministres. du Liban, entraînant sa mort. La France condamne le "crime" et demande qu’une enquête internationale soit conduite sans délai pour déterminer les circonstances et les responsabilités dans cet attentat. Le 21, à Bruxelles, Jacques Chirac et George W. Bush, président des États-Unis, réclament la fin de la tutelle de la Syrie sur le Liban en exigeant " la mise en oeuvre complète et immédiate" de la résolution 1559 de l’ONU et notamment le retrait immédiat de l’armée syrienne du Liban.

Novembre 2006
Le 22, Philippe Douste-Blazy, ministre des affaires étrangères, affirme qu’il n’existe pas une "confiance suffisante aujourd’hui entre la France et la Syrie pour pouvoir reprendre des contacts de haut niveau", gelés depuis les soupçons portés sur le régime syrien lors du meurtre du président libanais R. Hariri en février 2005. Le gel diplomatique se poursuit suite au décès du ministre libanais anti-syrien Pierre Gemayel, lors d’un attentat à Beyrouth le 21, pour les mêmes raisons. Le 29, à Riga (Lettonie), Jacques Chirac réaffirme le refus de la France de dialoguer avec la Syrie.

Décembre 2007
Le 13, dans un entretien au Nouvel Observateur, Nicolas Sarkozy, président de la République, se dit prêt à se rendre à Damas, si la Syrie coopère sur le Liban. Le 30, au Caire, Nicolas Sarkozy déclare que le dialogue franco-syrien est désormais conditionné à des "preuves" de la bonne volonté syrienne, à savoir "qu’un président soit élu" au Liban.

12-14 juillet 2008
Voyage en France de Bachar al-Assad, président syrien, et de Michel Sleimane, président de la République libanais, à l’occasion de la réunion de lancement de l’Union pour la Méditerranée. Le 12, entretiens avec Nicolas Sarkozy qui annonce l’ouverture prochaine d’ambassades françaises au Liban et en Syrie. Le 14, Bachar al-Assad assiste parmi d’autres chefs d’État étrangers au défilé militaire du 14 juillet à Paris, provoquant de nombreuses protestations d’opposants au régime syrien et de militants des droits de l’homme. Laurent Fabius, député socialiste, estime que Bachar al-Assad n’a pas sa place dans la tribune d’honneur du défilé du 14 juillet.

Septembre 2008
Voyage en Syrie de Nicolas Sarkozy, président de la République et président en exercice du Conseil de l’Union européenne (UE). Le 3, entretien avec Bachar al-Assad sur les négociations de paix indirectes entre la Syrie et Israël et la poursuite de la normalisation des relations franco-syriennes. Le 4, participation à un sommet quadripartite réunissant Bachar al-Assad, le cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, émir du Qatar et président du Conseil de coopération du Golfe et Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre turc, sur les négociations entre la Syrie et Israël, les relations entre la Syrie et le Liban et le problème nucléaire iranien. Le même jour, annonce par Total de la signature de trois accords pétroliers et gaziers avec la Syrie.

27 avril 2011
Suite à l’intensification de la répression par le régime syrien des révoltes initiées à Deraa au mois de mars, l’ambassadrice de Syrie en France, Mme Lamia Chakkour est convoquée au ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. des affaires étrangères. Bernard Valero, porte-parole du ministère, affirme vouloir ainsi rappeler la condamnation par la France de l’escalade de la répression, et demande "de voir cesser sans délai le recours à la force contre la population", ainsi que la "libération de tous les détenus politiques".

Juin 2011
La France, accompagnée des trois autres membres européens du Conseil de sécurité de l’ONU (Grande-Bretagne, Allemagne et Portugal) présente une résolution condamnant les violences en Syrie, en tant que "crimes contre l’humanité". La Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité, opposent leur veto.

16 novembre 2011
Le ministre des affaires étrangères Alain Juppé annonce lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le rappel de l’ambassadeur de France en Syrie, rompant ainsi une partie du lien officiel de la France avec Damas.

2 mars 2012
Nicolas Sarkozy annonce la fermeture de l’ambassade de France en Syrie.

29 mai 2012
Le président de la République François Hollande annonce que l’ambassadrice de Syrie en France et d’autres diplomates sont déclarés "personae non grata" à la suite du massacre de Houla perpétré par l’armée syrienne (108 personnes tuées dont 49 enfants).

13 novembre 2012
La France reconnaît la Coalition nationale syrienne comme le seul représentant légitime du peuple syrien.

27 août 2013
Devant la conférence des ambassadeurs, François Hollande déclare que "le massacre chimique de Damas [du 21 août qui a causé la mort de 281 personnes] ne peut rester sans réponse. La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents". Le 2 septembre, le gouvernement français diffuse une note confidentielle déclassifiée, rédigée par Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) et la Direction du renseignement militaire (DRM), attribuant au régime de Bachar Al-Assad la responsabilité de l’attaque chimique. Le Royaume-Uni et les États-Unis n’étant pas favorables à une intervention militaire, la France renonce à intervenir seule en Syrie.

19 août 2014
Dans une interview accordée au journal Le Monde, François Hollande confirme que la France, qui soutient la "rébellion syrienne démocratique" a fourni des armes à l’Armée Syrienne Libre.

15 septembre 2015
Le parquetParquet(ou Ministère public) Ensemble des magistrats chargés de représenter les intérêts de la société et de veiller au respect de l’ordre public et à l’application de la loi. Le ministère public est hiérarchisé (procureur général, procureur de la République) et subordonné au garde des sceaux. de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "crimes contre l’humanité" visant le régime du président syrien Bachar al-Assad pour des faits d’enlèvements et de tortures commis entre 2011 et 2013, après un signalement du ministère des Affaires étrangères.

27 septembre 2015
Annonce officielle par le président François Hollande des premières frappes en Syrie contre l’organisation "État islamique" (Daesh).

15 novembre 2015
Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian annonce que dix chasseurs français ont largué 20 bombes sur le fief de l’organisation "État islamique" à Rakka en Syrie, deux jours après les attentats de Paris revendiqués par Daesh, ayant causé la mort de 132 personnes.

25 novembre 2015
Le Sénat let l’Assemblée nationale entendent une déclaration du gouvernement sur l’autorisation de prolongation de l’engagement des forces aériennes au-dessus du territoire syrien.

5 décembre 2015
Dans une interview accordée à a presse quotidienne régionale, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, rappelle les positions de la France vis-à-vis de la Syrie : "lutter contre le terrorisme et parvenir à une transition politique en Syrie. Les deux sont liés : la lutte contre Daech est décisive mais ne sera totalement efficace que si l’ensemble des forces syriennes et régionales s’unissent. Comment est-ce possible tant que Bachar al Assad préside, lui qui a commis tant d’atrocités, et qui a contre lui une grande partie de sa population ? Une Syrie unie implique une transition politique. Cela ne veut pas dire que Bachar al-Assad doit partir avant même la transition, mais il faut des assurances pour le futur."

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