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Comment fonctionne la zone euro ?

le 1er 07 2015

La zone euroEuroMonnaie unique de plusieurs Etats membres de l’Union européenne qui forment la zone euro. a vu le jour en janvier 1999 lorsque les banques centrales nationales de onze États membres de l’Union européenne ont transféré à la Banque centrale européenne (BCE) leurs compétences en matière monétaire. Au 1er janvier 2015, dix-neuf États en font partie.

La politique monétaire de la zone euro est gérée par la BCE qui est chargée de fixer les taux d’intérêt, en fonction notamment de l’objectif de stabilité des prix. Dans la réalité, elle tient compte également de la conjoncture économique, et l’inflationInflationPerte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix. a d’ailleurs dépassé à plusieurs reprises la barre des 2 % fixée par le traité de Maastricht.

En effet, la BCE a dû faire face, au début des années 2000, à un décalage de situation économique entre les différents membres de la zone euro. Des pays comme l’Irlande ou l’Espagne affichaient alors des taux de croissance élevés qui s’accompagnaient d’une inflation plus forte que dans d’autres pays, comme l’Allemagne ou la France, qui elles n’obtenaient que des taux de croissance relativement bas. Dès lors, il était difficile pour la BCE de fixer ses taux d’intérêt : trop hauts, ils risquaient de freiner la croissance des pays les moins dynamiques ; trop bas, ils risquaient de favoriser l’inflation déjà élevée des pays à croissance forte.

Malgré les critères de convergence de Maastricht, la zone euro est donc loin d’être homogène, rendant compliquée la définition d’une politique monétaire appropriée, et ce a fortiori lorsqu’il n’y a pas de réelle union économique. En effet, l’UEM, comme son nom l’indique, aurait dû être une union économique et monétaire mais elle a été amputée de son « E ». Aucun gouvernementGouvernementOrgane collégial composé du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat chargé de l’exécution des lois et de la direction de la politique nationale. économique n’a été prévu par le traité de Maastricht. Ceci est notamment dû au refus des Allemands de voir le pouvoir politique intervenir dans les questions monétaires, ce qu’ils redoutent tant à cause de l’expérience hitlérienne que de leur crainte d’une intervention à visée politicienne sur les taux d’intérêt.

Ainsi, l’UEM souffre d’une faiblesse congénitale : à l’unicité du pôle monétaire s’oppose la pluralité du pôle économique. Certes, le Pacte de stabilité et de croissancePacte de stabilité et de croissanceInstrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d’éviter l’apparition de déficits budgétaires excessifs. Il impose aux États de la zone euro d’avoir à terme des budgets proches de l’équilibre ou excédentaires. adopté en 1997 et la création de l’Eurogroupe la même année ont tenté de doter la zone euro d’une sorte de gouvernance économique et d’une convergence renforcée. Cependant, l’Eurogroupe n’est qu’une réunion informelle des ministres des Finances de la zone euro, sans pouvoir de décision jusqu’au traité de Lisbonne. Il permet simplement d’améliorer la coordination des politiques économiques mais pas d’adopter une politique économique commune, encore moins unique. Malgré l’élection d’un président stable depuis 2005 (Jean-Claude Junker jusqu’en janvier 2013, auquel a succédé Jeroen Dijsselbloem), cette instance n’est pas parvenue à incarner un véritable pouvoir politique face à la BCE.

Par ailleurs, le Pacte de stabilité, qui avait pour objectif de maintenir les règles de Maastricht en termes de finances publiques une fois l’UEM entrée en vigueur, s’est révélé inefficace et a maintes fois été violé par les États.

Enfin, la zone euro n’est pas dotée de ce dont disposent toutes les zones monétaires : un budget. Aux États-Unis, par exemple, l’hétérogénéité économique des États fédérés est compensée par l’existence d’un gouvernement qui fait face à la FED (banque centrale américaine) et d’un budget fédéral redistributif. Ceci n’est absolument pas le cas de l’UE ni de la zone euro, et le Conseil européen de décembre 2012 qui devait éventuellement décider de la création d’un budget propre à la zone euro n’est finalement pas parvenu à un accord sur ce point.

Ainsi, aujourd’hui la zone euro est dotée d’une monnaie et d’une politique monétaire pour dix-neuf politiques économiques, dix-neuf gouvernements et dix-neufs budgets, ce qui la fragilise, indépendamment du contexte de crise. D’ailleurs, le débat sur la nécessité d’installer un gouvernement économique occupe depuis plus de dix ans les cercles politiques et économiques en Europe.

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