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Existe-t-il une politique étrangère européenne ?

le 24 02 2014

Il n’existe pas à proprement parler une politique étrangère européenne. En effet, chaque État membre de l’Union européenne (UE) conserve une entière souveraineté dans la conduite de sa politique étrangère.

Cependant, le traité de Maastricht (1992) a institutionnalisé une politique étrangère et de sécurité commune (PESC), régie par des procédures intergouvernementales. Elle se distingue nettement des politiques de l’Union dans lesquelles les États délèguent à l’UE une partie ou la totalité de certaines de leurs compétences. Toutes les décisions concernant la PESC sont prises à l’unanimité.

La PESC consiste avant tout à coordonner les politiques étrangères des États membres de l’Union européenne : elle prévoit des échanges d’information et des consultations mutuelles entre Chancelleries, l’harmonisation des points de vue et des actions diplomatiques concertées. Elle a pour objectif de susciter l’émergence de principes communs avec, éventuellement, des dispositions opérationnelles pour leur mise en oeuvre.

Mais la PESC n’est pas une politique étrangère unique et s’avère difficile à mettre en œuvre, ce dont la guerre en Bosnie (1992-1995) a été une illustration criante. De même, si les Européens ont été associés, dans les années 1990, au processus d’Oslo visant au règlement de la question israélo-palestinienne, leur influence sur ce dossier est devenue ensuite bien faible. L’UE peine donc à s’affirmer comme une puissance politique qui compte dans le monde. Ceci s’explique par les divergences d’approche entre États membres, entre les atlantistes et les autres, favorables à une véritable émergence de l’Europe sur la scène mondiale.

En outre, une politique étrangère doit s’appuyer sur une capacité de défense qui fait défaut à l’UE. Les forces armées de la plupart de ses membres sont intégrées dans l’OTAN, tandis que certains sont neutres et souhaitent le rester (Autriche, Finlande, Irlande, Malte, Suède). En outre, deux pays disposent d’une force de frappe nucléaire (France et Royaume-Uni), ce qui rend difficile une harmonisation des stratégies militaires. Enfin, le contexte budgétaire difficile de l’UE pèse sur les dépenses militaires.

Pour toutes ces raisons, la PESC rencontre des difficultés pour s’affirmer comme une politique visible à l’intérieur par les citoyens européens et à l’extérieur par les autres pays. Les dissensions sur la guerre en Irak en 2003 ont révélé l’ampleur de ces difficultés puisque les Européens se sont montrés incapables d’afficher une position commune, ce qui constituait pourtant la base de la PESC.

La potentialité pour l’Europe de faire entendre sa voix dans le monde réside sans doute aujourd’hui dans son approche multilatérale des relations internationales et dans sa volonté de faire respecter le droit international. L’ensemble des relations extérieures de l’Union constitue une sorte de diplomatie européenne. En outre, elle propose aux pays tiers un modèle, celui de l’intégration régionale, que d’autres parties du monde peuvent tenter de reproduire (comme le Mercosur en Amérique latine par exemple).

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