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Politique de lutte contre le VIH/Sida : quelle efficacité ?

le 7 04 2010 Archives.

Dans la perspective d’un prochain plan de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), la Cour des comptes a réalisé une étude sur l’efficacité des politiques de lutte contre le VIH/Sida. Cette étude, augmentée des réactions d’associations de lutte contre le Sida, a été publiée par le Sénat en février 2010. Apparue au début des années 1980, la maladie aurait causé la mort de 40 000 à 50 000 personnes en France. L’épidémie se poursuit : 6 à 7 000 nouveaux cas de séropositivité sont découverts chaque année.

Pour la Cour des comptes, les dépenses publiques consacrées à la prévention et au dépistage sont insuffisantes. Comparées au montant des dépenses de prise en charge sanitaire, elles ont un caractère marginal, même si elles demeurent importantes rapportées aux dépenses de prévention consacrées à d’autres pathologies. Par ailleurs, le pilotage de la politique de lutte contre le VIH/Sida par le ministèreMinistèreEnsemble des services de l’Etat (administration centrale et services déconcentrés) placés sous la responsabilité d’un ministre. de la santé se caractérise par sa faiblesse et son manque de continuité. En effet, le dispositif administratif de lutte comporte une pluralité d’acteurs (les organismes experts, les directions du ministère de la santé, les ministères de l’éducation nationale, de l’intérieur et de la justice, etc.) aux impulsions desquels, toujours selon la Cour des Comptes, le ministère réagit plutôt qu’il ne les précède. De plus, les plans de lutte s’enchaînent imparfaitement dans le temps (le dernier s’est achevé en 2008) et, malgré la relative ancienneté de la politique de lutte, c’est seulement récemment qu’ont été définis des objectifs chiffrés.

Face à ce constat, la Cour des comptes et la commission des affaires sociales du Sénat recommandent de mieux cibler la prévention (jeunes, groupes à risques, personnes séropositives). La Cour préconise également la fusion des centres de dépistage anonymes et gratuits (CDAG) et des centres d’information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (Ciddist). Elle appelle également à un renforcement du pilotage de la politique de lutte contre le VIH/Sida dans le cadre de plans de santé publique mieux structurés. La commission souhaite que la création récente des Agences régionales de santé (1er avril 2010) facilite la remontée vers le ministère des informations relatives à l’utilisation des subventions accordées dans le cadre régional. Pour les associations consultées, la qualité du projet, plutôt que la taille de l’association qui le porte, devrait être le critère retenu pour l’attribution des subventions.

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