Texte intégral
Monsieur le recteur,
Madame la doyenne de l'inspection générale de l'éducation nationale,
Mesdames, Messieurs,
Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats,
Il existe dans la vie de l'école et donc dans celle des ministres qui en ont la charge des moments heureux. La cérémonie de remise des prix du Concours général appartient naturellement à ces moments-là.
Quoi de plus réjouissant, en effet, que de mettre à l'honneur celles et ceux qui, au sein de nos lycées, sur le territoire national ou à l'étranger, ont su incarner avec le plus d'éclat non seulement le talent, mais aussi l'exigence envers soi et le sens de l'effort qui leur ont permis de parvenir à l'excellence disciplinaire ?
Quoi de plus réconfortant que de pouvoir célébrer à travers eux la pérennité des valeurs qui fondent l'école de la République et en définissent les missions les plus essentielles ?
Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats, en devenant aujourd'hui les récipiendaires des prix du Concours Général, vous vous inscrivez dans une de nos plus anciennes traditions. C'est en effet au milieu du XVIIIe siècle, ici même, dans le site prestigieux de l'Université de la Sorbonne, que les premiers prix du concours furent décernés grâce à un legs de l'abbé Legendre qui avait souhaité voir honorés les talents juvéniles les plus intrépides et les plus accomplis.
Créé sous la royauté, le concours perdurait sous la République qui voyait là une manière exemplaire de récompenser les mérites des plus remarquables de ses élèves, quelles que soient leur origine et leur position sociale, et de rendre hommage à la qualité de l'institution scolaire qui avait su les repérer, les accompagner et les promouvoir.
Même si, au contraire de compétitions un peu semblables dans leur esprit, le Concours général n'a jamais privilégié le conformisme scolaire et la reproduction à l'identique de modèles donnés - n'a-t-il pas couronné Hugo, Baudelaire et Michelet ? - il a été une institution souvent décriée, souvent contestée et même parfois menacée. Sans doute aurait-il fini par disparaître, s'il n'avait su faire la preuve éclatante de sa capacité à s'adapter aux évolutions de notre société et à prendre en compte la diversité des voies d'excellence qu'ouvrait la démocratisation de notre école. L'ouverture aux lycées d'enseignement technique en 1961 et surtout la création du Concours général des métiers en 1995 ont permis de donner au concours, sans que soit changés sa nature et son sens, une nouvelle dimension. Avec 23 épreuves dans la voie d'enseignement général, 11 dans la voie technologique et 19 dans la voie professionnelle, il couvre aujourd'hui l'ensemble des parcours de formation et prend en considération une très grande diversité de dons et d'aptitudes. C'est ce qui lui permet d'exercer auprès des lycéens et des apprentis une attractivité croissante : plus de 8% de candidats supplémentaires se sont ainsi présentés cette année au Concours général des métiers, ce dont on ne peut que se réjouir.
A ce rééquilibrage entre les voies de formation et les disciplines s'ajoute, année après année, une meilleure répartition géographique des lauréats. Si quelques grands lycées, notamment parisiens, continuent d'arriver en tête du classement - et il faut les en féliciter -, nombre d'établissements moins prestigieux enregistrent de remarquables résultats. A cet égard, je tiens à citer le lycée Arthur Varoquaux de Tombalin, le lycée Livet de Nantes, le lycée Saint-Gabriel de Saint- Laurent- sur- Sèvres, le lycée Saint- Pierre- la- Joliverie de Saint- Sébastien- sur- Loire ou encore le lycée Les Catalins de Montelimar, qui tous obtiennent plusieurs citations au Concours général 2002. Enfin, il faut souligner l'augmentation régulière du nombre de lauréates qui étaient 132 cette année, soit près de 40% des candidats primés. Cette proportion n'est pas indécente quand on sait que les filles ne concourent que depuis 1920, alors que les garçons le font depuis 1747 !
Voilà quelques points essentiels que je tenais à souligner brièvement. Il me reste maintenant, Mesdemoiselles les lauréates, Messieurs les lauréats, à vous adresser mes plus chaleureuses félicitations pour votre réussite, pour votre talent, votre souci d'aller toujours plus loin et plus haut, votre passion pour le savoir ou le savoir-faire, le domaine de l'idée ou le domaine du geste dans lesquels vous avez choisi d'exceller. Outre un plein succès dans la suite de vos études, je souhaite que vous occupiez à terme les métiers, les fonctions aptes à vous permettre de vous épanouir et à faire bénéficier notre société de l'ensemble de vos qualités : héritiers d'un monde qui était là avant vous et dont vous avez su faire vôtres les richesses, vous serez demain à votre tour parmi les architectes d'un monde à construire.
J'associe bien évidemment dans cet hommage les enseignants qui ont accompagné votre cheminement, qui ont su vous communiquer le désir de découvrir et de connaître et vous stimuler par leurs encouragements ainsi que les proviseurs qui ont réuni les conditions d'études les plus favorables au développement de vos capacités. Je n'oublie pas non plus vos parents et vos familles qui ont soutenu et favorisé vos efforts et vos progrès.
Enfin, je tiens à remercier toutes les personnalités du monde de la science, de la culture, des lettres, des arts, de la mode, de l'économie, du journalisme ou encore de la restauration qui, cette année encore, ont bien voulu accepter de participer à la remise des prix. Excellant dans les différents domaines où vous commencez à exceller, elles sont venues, Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats, vous donner des signes de reconnaissance - la reconnaissance de ceux dont vous serez un jour les pairs - et vous passer un peu du flambeau qu'ils vous transmettront.
Pour ma part, avant d'être malheureusement dans l'obligation de vous quitter, je me réjouis de remettre deux des 144 prix 2002. Mais pour cela, je laisse maintenant Monsieur le directeur de l'enseignement scolaire jouer son rôle de maître de cérémonie. Encore une fois bravo à toutes et à tous.
(source http://www.education.gouv.fr, le 3 juillet 2002)
Madame la doyenne de l'inspection générale de l'éducation nationale,
Mesdames, Messieurs,
Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats,
Il existe dans la vie de l'école et donc dans celle des ministres qui en ont la charge des moments heureux. La cérémonie de remise des prix du Concours général appartient naturellement à ces moments-là.
Quoi de plus réjouissant, en effet, que de mettre à l'honneur celles et ceux qui, au sein de nos lycées, sur le territoire national ou à l'étranger, ont su incarner avec le plus d'éclat non seulement le talent, mais aussi l'exigence envers soi et le sens de l'effort qui leur ont permis de parvenir à l'excellence disciplinaire ?
Quoi de plus réconfortant que de pouvoir célébrer à travers eux la pérennité des valeurs qui fondent l'école de la République et en définissent les missions les plus essentielles ?
Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats, en devenant aujourd'hui les récipiendaires des prix du Concours Général, vous vous inscrivez dans une de nos plus anciennes traditions. C'est en effet au milieu du XVIIIe siècle, ici même, dans le site prestigieux de l'Université de la Sorbonne, que les premiers prix du concours furent décernés grâce à un legs de l'abbé Legendre qui avait souhaité voir honorés les talents juvéniles les plus intrépides et les plus accomplis.
Créé sous la royauté, le concours perdurait sous la République qui voyait là une manière exemplaire de récompenser les mérites des plus remarquables de ses élèves, quelles que soient leur origine et leur position sociale, et de rendre hommage à la qualité de l'institution scolaire qui avait su les repérer, les accompagner et les promouvoir.
Même si, au contraire de compétitions un peu semblables dans leur esprit, le Concours général n'a jamais privilégié le conformisme scolaire et la reproduction à l'identique de modèles donnés - n'a-t-il pas couronné Hugo, Baudelaire et Michelet ? - il a été une institution souvent décriée, souvent contestée et même parfois menacée. Sans doute aurait-il fini par disparaître, s'il n'avait su faire la preuve éclatante de sa capacité à s'adapter aux évolutions de notre société et à prendre en compte la diversité des voies d'excellence qu'ouvrait la démocratisation de notre école. L'ouverture aux lycées d'enseignement technique en 1961 et surtout la création du Concours général des métiers en 1995 ont permis de donner au concours, sans que soit changés sa nature et son sens, une nouvelle dimension. Avec 23 épreuves dans la voie d'enseignement général, 11 dans la voie technologique et 19 dans la voie professionnelle, il couvre aujourd'hui l'ensemble des parcours de formation et prend en considération une très grande diversité de dons et d'aptitudes. C'est ce qui lui permet d'exercer auprès des lycéens et des apprentis une attractivité croissante : plus de 8% de candidats supplémentaires se sont ainsi présentés cette année au Concours général des métiers, ce dont on ne peut que se réjouir.
A ce rééquilibrage entre les voies de formation et les disciplines s'ajoute, année après année, une meilleure répartition géographique des lauréats. Si quelques grands lycées, notamment parisiens, continuent d'arriver en tête du classement - et il faut les en féliciter -, nombre d'établissements moins prestigieux enregistrent de remarquables résultats. A cet égard, je tiens à citer le lycée Arthur Varoquaux de Tombalin, le lycée Livet de Nantes, le lycée Saint-Gabriel de Saint- Laurent- sur- Sèvres, le lycée Saint- Pierre- la- Joliverie de Saint- Sébastien- sur- Loire ou encore le lycée Les Catalins de Montelimar, qui tous obtiennent plusieurs citations au Concours général 2002. Enfin, il faut souligner l'augmentation régulière du nombre de lauréates qui étaient 132 cette année, soit près de 40% des candidats primés. Cette proportion n'est pas indécente quand on sait que les filles ne concourent que depuis 1920, alors que les garçons le font depuis 1747 !
Voilà quelques points essentiels que je tenais à souligner brièvement. Il me reste maintenant, Mesdemoiselles les lauréates, Messieurs les lauréats, à vous adresser mes plus chaleureuses félicitations pour votre réussite, pour votre talent, votre souci d'aller toujours plus loin et plus haut, votre passion pour le savoir ou le savoir-faire, le domaine de l'idée ou le domaine du geste dans lesquels vous avez choisi d'exceller. Outre un plein succès dans la suite de vos études, je souhaite que vous occupiez à terme les métiers, les fonctions aptes à vous permettre de vous épanouir et à faire bénéficier notre société de l'ensemble de vos qualités : héritiers d'un monde qui était là avant vous et dont vous avez su faire vôtres les richesses, vous serez demain à votre tour parmi les architectes d'un monde à construire.
J'associe bien évidemment dans cet hommage les enseignants qui ont accompagné votre cheminement, qui ont su vous communiquer le désir de découvrir et de connaître et vous stimuler par leurs encouragements ainsi que les proviseurs qui ont réuni les conditions d'études les plus favorables au développement de vos capacités. Je n'oublie pas non plus vos parents et vos familles qui ont soutenu et favorisé vos efforts et vos progrès.
Enfin, je tiens à remercier toutes les personnalités du monde de la science, de la culture, des lettres, des arts, de la mode, de l'économie, du journalisme ou encore de la restauration qui, cette année encore, ont bien voulu accepter de participer à la remise des prix. Excellant dans les différents domaines où vous commencez à exceller, elles sont venues, Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats, vous donner des signes de reconnaissance - la reconnaissance de ceux dont vous serez un jour les pairs - et vous passer un peu du flambeau qu'ils vous transmettront.
Pour ma part, avant d'être malheureusement dans l'obligation de vous quitter, je me réjouis de remettre deux des 144 prix 2002. Mais pour cela, je laisse maintenant Monsieur le directeur de l'enseignement scolaire jouer son rôle de maître de cérémonie. Encore une fois bravo à toutes et à tous.
(source http://www.education.gouv.fr, le 3 juillet 2002)