Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, dans "20 minutes" du 13 mai 2009, sur la place et le rôle des petits partis lors des élections européennes.

Texte intégral

- Vous êtes taxé d'eurosceptique. Acceptez-vous cette étiquette ?
Pas du tout Je suis comme une majorité de Francais qui a dit « non » au référendum sur la Constitution, je suis un euroréaliste attaché à I'idée que I'Europe respecte les peuples, les nations,
la démocratie.
- Et ce n'est pas le cas aujourd'hui ?
Non, L'Europe dans sa forme actuelle ne protège pas nos emplois et pousse nos entreprises à se délocaliser. La Commission de Bruxelles est tres largement responsable de la crise. Elle a laisse se développer un libre-échangisme incontrôle. ll faut protéger le marché europeen avec un cordon d'écluses douanières et taxer les produits fabriques en Chine, notamment par les enfants.
- A quoi devrait ressembler l'Europe, selon vous ?
Elle doit être européenne, et non eurasiatique. Or, les negociations s'accélèrent pour faire entrer la Turquie. Elle doit être démocratique. Aujourd'hui, les commissaires, qui sont des administratifs et non des politiques élus, commandent Bruxelles. Ils font n'importe quoi, comme avec le vin rosé [les 27 Etats membres ont voulu autoriser le mélange de vin rouge et de vin blanc pour produire du rosé]. Enfin, elle verrait les gouvernements coopérer, et non les nations fusionner comme une purée de marrons aujourd'hui.
- Comment expliquez-vous que les européennes réussissent plutôt bien aux petits partis ?
Car les grands partis -PS, UMP, MoDem - se rattachent à une pensée unique. La preuve ils ont voté en 2008 dans le même sens dans 97 % des cas au Parlement européen, selon l'Observatoire de I'Europe !
- Selon le Parlement européen, vous êtes à nouveau en 2008 l'un des représentants français les moins assidus...
C'est une imposture qui ne correspond pas à la réalité. L'an dernier, J'ai été à douze cessions sur quatorze. Quand je ne suis pas dans l'Hémicycle, je suis aux côtes des agriculteurs, victimes de I'Europe. Les députés omniprésents ont reclamé et obtenu une piscine. Moi, je ne vais pas a Bruxelles pour barboter.

source http://www.pourlafrance.fr, le 15 mai 2009