Interview de M. François Sauvadet, président du groupe Le Nouveau Centre à l'Assemblée nationale, dans "Le Parisien" du 29 août 2009, sur l'ouverture politique de la majorité, l'avenir du Mouvement démocrate et sur les élections régionales.

Texte intégral

- L'arrivée dans la majorité présidentielle de Philippe de Villiers et des chasseurs de Frédéric Nihous ne vous banalise-t-elle pas ?
Pas du tout ! Que la majorité présidentielle élargisse son socle est une très bonne chose, même si j'aurais préféré que l'on soit préalablement consulté au sein de son comité de liaison. Tous ceux qui veulent rejoindre la majorité sont les bienvenus, à condition que cela se fasse sur la base des engagements politiques pris. Je regrette le départ d'André Santini du gouvernement. Ce n'est pas un très bon signal et nous demandons que la présence du Nouveau Centre au sein du gouvernement soit reconnue et confortée. Ce choix appartient au Président de la République mais je souhaite l'arrivée d'un nouveau ministre issu de nos rangs.
- Aux régionales de 2010, serez-vous dans le giron de l'UMP comme aux européennes ?
Tout est ouvert. Nous avons nos chefs de file. Ce sera une discussion nationale avec nos partenaires. Il faut ensemble pouvoir reprendre des régions à la gauche. Mais nous voulons aussi conduire des listes.
- Nicolas Sarkozy veut une campagne très courte. Qu'en pensez-vous ?
Il a raison. En cette rentrée, c'est surtout le chômage et la crise qui intéressent les français.
- Vous appelez les démocrates du Modem à vous rejoindre sous prétexte d'un virage à gauche de Bayrou...
La vice-présidente du Modem, Marielle de Sarnez, a été très claire à Marseille en disant à la gauche : « Ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise. » Le Modem est passé d'une opposition au gouvernement à une stratégie très claire d'alliance avec la gauche. Depuis son échec aux européennes, François Bayrou est mis sur la touche dans son propre parti. C'est la ligne du « toujours plus à gauche » incarnée par Sarnez qui l'emporte prenant le pas sur celle de Bayrou qui prônait le « ni droite ni gauche ».
- Vous voyez Bayrou renoncer à se présenter à la prochaine présidentielle ?
Il est dans une posture très difficile. Les européennes l'ont fragilisé dans son propre parti. Il n'est plus en situation. Voilà où l'ont mené ses coups médiatico-politiques.
- Comment regardez-vous le PS ?
Il s'essaie au mariage de la carpe et du lapin mais ne me paraît pas en mesure de clarifier son positionnement idéologique. Que peut-il sortir d'une alliance du PC au Modem ?
Propos recueillis par Martine Chevalet
source http://www.le-nouveaucentre.org, le 7 septembre 2009