Interview de M. Hervé Morin, ministre de la défense et président du Nouveau Centre, dans "Midi Libre" du 13 septembre 2009, sur le positionnement du Nouveau Centre pour les élections régionales de 2010.

Texte intégral

- Quelles seront les ambitions du Nouveau Centre pour les régionales de mars 2010 ?
D'abord poursuivre la reconstruction du centre et porter les idées centristes devant l'opinion publique. Notre but est d'utiliser ces régionales pour faire émerger une nouvelle génération de personnes susceptibles d'être candidates aux prochaines législatives, comme l'avait fait Giscard en 1978. C'est ainsi que Julien Devèze, 32 ans, a été désigné comme chef de file en Languedoc-Roussillon.
- Dans combien de régions pensez-vous pouvoir être en tête de la majorité ?
Notre implantation électorale est incontestable dans plusieurs régions. Je pense notamment aux Pays-de-Loire, à la Bretagne, mais aussi le Nord, la Basse-Normandie ou Rhône-Alpes. Enfin, André Santini a fait un gros score en 2004 en Ile-de-France. Nos chefs de file sont désignés dans 16 régions sur 22, aucune décision finale ne sera prise avant décembre, à l'issue de négociations avec l'UMP.
- Que pensez-vous de Georges Frêche et des choix du PS ?
Le Parti socialiste joue encore une fois un double jeu. Il va désigner un candidat "homme de paille" afin de laisser le champ libre à M. Frêche. C'est à l'image du PS. Un parti archaïque, englué dans ses divisions internes, sans projet et coupé des Français. La région Languedoc-Roussillon mérite l'alternance.
- L'élargissement de la majorité vous inquiète-t-il ?
Il est normal de nous ouvrir à toutes les composantes démocratiques de la droite, qui a toujours compté en son sein un courant traditionnaliste. Personne ne trouve d'ailleurs à redire lorsque les voix des villiéristes vont à un candidat de droite lors du second tour d'une élection...
- Reste le MoDem et la main tendue de François Bayrou vers la gauche pour une large opposition à Nicolas Sarkozy...
Nous avions anticipé dès 2007 l'alliance de François Bayrou avec la gauche. Nous sommes les seuls dépositaires des valeurs de l'UDF et de nombreux élus et adhérents du MoDem nous rejoignent. Tous les centristes qui espèrent une grande famille du centre seront les bienvenus et nous leur ferons la place qui leur revient. François Bayrou s'est mis dans une impasse. Son isolement le conduit à une marginalisation politique comparable à celle de Jean-Pierre Chevènement.
Propos recueillis par Philippe MOURET
source http://www.le-nouveaucentre.org, le 14 septembre 2009