Texte intégral
Messieurs les présidents,
Messieurs les ministres,
Monsieur le préfet de Région,
Mesdames, messieurs,
Nous sommes aujourd'hui réunis pour constater qu'un pas de plus est franchi dans l'avancement du grand chantier ouvert le 26 juillet dernier pour préparer l'avenir de l'Ile-de-France.
Sur ma proposition, le Conseil des Ministres avait, ce jour là, arrêté trois axes de travail : un programme d'actions immédiates, un nouveau schéma directeur, des réformes institutionnelles et fiscales.
Le programme d'actions immédiates, préparé par M. Michel DELEBARRE, a été approuvé par un autre Conseil des Ministres dès le 13 octobre, après une large concertation avec les représentants des collectivités régionale et départementales.
Il contient d'importantes mesures en matière de transports collectifs, de logement social, d'action foncière, de maîtrise des équilibres habitat-emploi, et permettra d'attaquer sans délai des évolutions très préoccupantes.
La disposition législative qui était nécessaire pour assurer son financement a été adoptée avant la fin de l'année 1989.
La règle de cofinancement existant en Île-de-France pour les infrastructures de transport et pour l'action foncière rendait en outre nécessaire, pour une mise en oeuvre complète du programme, l'accord de la région.
J'ai été, Monsieur le Président, très attentif à vos déclarations récentes, et je suis heureux que la région dispose aujourd'hui d'un budget où elle a décidé d'apporter sa part de financement aux actions proposées par le Gouvernement.
Même si l'avenant prévu au contrat de plan Etat-Région a encore besoin de quelques mises au point, nous pouvons désormais considérer que la réalisation du programme d'actions immédiates est sur les rails.
Il est donc temps d'engager la deuxième phase du chantier, c'est-à-dire l'élaboration du nouveau schéma directeur. La remise du Livre Blanc en marque aujourd'hui le coup d'envoi.
Le schéma directeur établi en 1965 par Paul DELOUVRIER a rendu d'immenses services. Mais tous s'accordent à considérer qu'il est aujourd'hui largement dépassé.
Il nous faut donc, pour les 20 ou 30 années qui viennent, bâtir à nouveau un grand projet collectif, qui guidera les initiatives publiques et privées, et notamment les décisions d'urbanisme des collectivités locales.
Ce schéma directeur devra répondre aux inquiétudes qui sont les nôtres actuellement, et affirmer de grandes ambitions.
Les inquiétudes d'abord. On a déjà beaucoup parlé des conditions de transport que subissent chaque jour des millions de Franciliens : congestion de la ligne A du RER, des autoroutes et des voies rapides.
Comment ne pas souligner aussi l'envolée des prix de l'immobilier et du foncier dans la partie centrale de l'agglomération ? Chacun sait que l'offre de logements est insuffisante, tout spécialement pour les catégories intermédiaires et pour les plus démunis.
La reprise de la croissance semble aggraver ces difficultés et creuser les écarts entre communes riches et quartiers dégradés, entre catégories sociales aussi.
Les ambitions ne sont pas moins grandes. Tout en préservant les équilibres indispensables au sein du bassin parisien et de l'ensemble du territoire, nous voulons que Paris et sa région soient l'une des métropoles les plus fortes de l'Europe et du monde.
Et si je dis "nous", cela ne signifie pas seulement le Gouvernement mais, j'en suis convaincu, tous les Franciliens et, au delà, les Français. Qui ne souhaite, en effet, donner ainsi toutes ses chances à la France dans la compétition internationale ?
Sur tous ces sujets, nous - nous tous - avions besoin d'y voir clair. C'est pourquoi j ai demandé que l'élaboration du schéma directeur soit précédée par la rédaction d'un Livre Blanc, qui fournisse un diagnostic complet et esquisse les orientations possibles du développement.
Cette rédaction a été confiée, sous l'autorité du Préfet de Région, à un groupe d'experts de l'Etat et de la Région, auquel la Ville de Paris a bien voulu apporter le concours d'experts de l'Atelier Parisien d'Urbanisme.
Quelles suites allons-nous donner au Livre Blanc ?
Sur un sujet de société aussi considérable, aucune décision ne doit être prise avant qu'un grand débat n'ait eu lieu sur l'aménagement de l'Île-de-France. J'y tiens beaucoup.
Il convient que les élus mais aussi les instances socioprofessionnelles, les associations, les syndicats, les experts, urbanistes et architectes, bref le plus grand nombre possible d'acteurs de la vie urbaine puissent nous aider dans la conception de ce grand projet.
Ce débat, qui nécessitera, me semble-t-il, environ trois mois, doit être celui de tous les franciliens et je souhaite qu'un très grand nombre d'entre eux prennent connaissance du Livre Blanc et donnent leur point de vue. La presse nous aidera certainement à susciter la discussion et je l'en remercie par avance.
L'Etat et la Région recueilleront les résultats de ces discussions ainsi que les propositions qui seront formulées.
A l'issue du débat, je vous propose, Monsieur le Président, que s'engage une concertation approfondie entre l'exécutif régional et le Gouvernement, sur les conclusions à en tirer.
Le Gouvernement donnera alors au Préfet de Région les directives nécessaires pour la conduite des travaux d'élaboration du nouveau schéma directeur.
Je souhaite que l'Etat y associe la Région de manière aussi co
La règle de cofinancement existant en Île-de-France pour mplète que possible.
Voilà, Mesdames et Messieurs les journalistes, ce que je souhaitais vous dire aujourd'hui. Je n'ai pas prévu de répondre à des questions, car cette conférence de presse est celle des auteurs du Livre Blanc et non la mienne.
Il n'est d'ailleurs pas dans mes intentions de m'exprimer dans les semaines qui viennent sur les analyses et les propositions de ce Livre Blanc. Le citoyen d'Île-de-France, que je suis aussi, le déplore, mais c'est ainsi.
Ma volonté est maintenant d'écouter tous les points de vue. Puis le Gouvernement engagera la concertation avec la Région et arrêtera ses décisions.
Je dirai simplement que je suis d'accord avec beaucoup d'éléments de ce Livre Blanc, mais que certains de ses aspects suscitent de ma part des réserves, voire des oppositions.
C'est tout à fait normal, puisque j'ai tenu à ce que ses auteurs travaillent librement, sans soumettre leur texte à l'accord des autorités dont ils dépendent.
Cette méthode était nécessaire pour que le Livre Blanc mette vraiment en relief les problèmes et les perspectives et suscite un large débat.
A l'inverse, une rédaction soumise aux effets réducteurs d'un laborieux compromis entre l'Etat et la Région n'aurait eu guère d'intérêt.
Tel n'est pas le cas du document qui va maintenant être présenté, et je tiens à en remercier et à en féliciter chaleureusement ses auteurs, Messieurs ROUSSELOT, POMMELET, STARKMANN et leurs collaborateurs.
Je compte sur eux pour apporter leur concours à tous ceux qui le demanderont pendant le grand débat que j'ai souhaité.
Que ce débat soit à la hauteur des enjeux et de nos ambitions pour notre capitale et pour l'Ile de France !
Messieurs les ministres,
Monsieur le préfet de Région,
Mesdames, messieurs,
Nous sommes aujourd'hui réunis pour constater qu'un pas de plus est franchi dans l'avancement du grand chantier ouvert le 26 juillet dernier pour préparer l'avenir de l'Ile-de-France.
Sur ma proposition, le Conseil des Ministres avait, ce jour là, arrêté trois axes de travail : un programme d'actions immédiates, un nouveau schéma directeur, des réformes institutionnelles et fiscales.
Le programme d'actions immédiates, préparé par M. Michel DELEBARRE, a été approuvé par un autre Conseil des Ministres dès le 13 octobre, après une large concertation avec les représentants des collectivités régionale et départementales.
Il contient d'importantes mesures en matière de transports collectifs, de logement social, d'action foncière, de maîtrise des équilibres habitat-emploi, et permettra d'attaquer sans délai des évolutions très préoccupantes.
La disposition législative qui était nécessaire pour assurer son financement a été adoptée avant la fin de l'année 1989.
La règle de cofinancement existant en Île-de-France pour les infrastructures de transport et pour l'action foncière rendait en outre nécessaire, pour une mise en oeuvre complète du programme, l'accord de la région.
J'ai été, Monsieur le Président, très attentif à vos déclarations récentes, et je suis heureux que la région dispose aujourd'hui d'un budget où elle a décidé d'apporter sa part de financement aux actions proposées par le Gouvernement.
Même si l'avenant prévu au contrat de plan Etat-Région a encore besoin de quelques mises au point, nous pouvons désormais considérer que la réalisation du programme d'actions immédiates est sur les rails.
Il est donc temps d'engager la deuxième phase du chantier, c'est-à-dire l'élaboration du nouveau schéma directeur. La remise du Livre Blanc en marque aujourd'hui le coup d'envoi.
Le schéma directeur établi en 1965 par Paul DELOUVRIER a rendu d'immenses services. Mais tous s'accordent à considérer qu'il est aujourd'hui largement dépassé.
Il nous faut donc, pour les 20 ou 30 années qui viennent, bâtir à nouveau un grand projet collectif, qui guidera les initiatives publiques et privées, et notamment les décisions d'urbanisme des collectivités locales.
Ce schéma directeur devra répondre aux inquiétudes qui sont les nôtres actuellement, et affirmer de grandes ambitions.
Les inquiétudes d'abord. On a déjà beaucoup parlé des conditions de transport que subissent chaque jour des millions de Franciliens : congestion de la ligne A du RER, des autoroutes et des voies rapides.
Comment ne pas souligner aussi l'envolée des prix de l'immobilier et du foncier dans la partie centrale de l'agglomération ? Chacun sait que l'offre de logements est insuffisante, tout spécialement pour les catégories intermédiaires et pour les plus démunis.
La reprise de la croissance semble aggraver ces difficultés et creuser les écarts entre communes riches et quartiers dégradés, entre catégories sociales aussi.
Les ambitions ne sont pas moins grandes. Tout en préservant les équilibres indispensables au sein du bassin parisien et de l'ensemble du territoire, nous voulons que Paris et sa région soient l'une des métropoles les plus fortes de l'Europe et du monde.
Et si je dis "nous", cela ne signifie pas seulement le Gouvernement mais, j'en suis convaincu, tous les Franciliens et, au delà, les Français. Qui ne souhaite, en effet, donner ainsi toutes ses chances à la France dans la compétition internationale ?
Sur tous ces sujets, nous - nous tous - avions besoin d'y voir clair. C'est pourquoi j ai demandé que l'élaboration du schéma directeur soit précédée par la rédaction d'un Livre Blanc, qui fournisse un diagnostic complet et esquisse les orientations possibles du développement.
Cette rédaction a été confiée, sous l'autorité du Préfet de Région, à un groupe d'experts de l'Etat et de la Région, auquel la Ville de Paris a bien voulu apporter le concours d'experts de l'Atelier Parisien d'Urbanisme.
Quelles suites allons-nous donner au Livre Blanc ?
Sur un sujet de société aussi considérable, aucune décision ne doit être prise avant qu'un grand débat n'ait eu lieu sur l'aménagement de l'Île-de-France. J'y tiens beaucoup.
Il convient que les élus mais aussi les instances socioprofessionnelles, les associations, les syndicats, les experts, urbanistes et architectes, bref le plus grand nombre possible d'acteurs de la vie urbaine puissent nous aider dans la conception de ce grand projet.
Ce débat, qui nécessitera, me semble-t-il, environ trois mois, doit être celui de tous les franciliens et je souhaite qu'un très grand nombre d'entre eux prennent connaissance du Livre Blanc et donnent leur point de vue. La presse nous aidera certainement à susciter la discussion et je l'en remercie par avance.
L'Etat et la Région recueilleront les résultats de ces discussions ainsi que les propositions qui seront formulées.
A l'issue du débat, je vous propose, Monsieur le Président, que s'engage une concertation approfondie entre l'exécutif régional et le Gouvernement, sur les conclusions à en tirer.
Le Gouvernement donnera alors au Préfet de Région les directives nécessaires pour la conduite des travaux d'élaboration du nouveau schéma directeur.
Je souhaite que l'Etat y associe la Région de manière aussi co
La règle de cofinancement existant en Île-de-France pour mplète que possible.
Voilà, Mesdames et Messieurs les journalistes, ce que je souhaitais vous dire aujourd'hui. Je n'ai pas prévu de répondre à des questions, car cette conférence de presse est celle des auteurs du Livre Blanc et non la mienne.
Il n'est d'ailleurs pas dans mes intentions de m'exprimer dans les semaines qui viennent sur les analyses et les propositions de ce Livre Blanc. Le citoyen d'Île-de-France, que je suis aussi, le déplore, mais c'est ainsi.
Ma volonté est maintenant d'écouter tous les points de vue. Puis le Gouvernement engagera la concertation avec la Région et arrêtera ses décisions.
Je dirai simplement que je suis d'accord avec beaucoup d'éléments de ce Livre Blanc, mais que certains de ses aspects suscitent de ma part des réserves, voire des oppositions.
C'est tout à fait normal, puisque j'ai tenu à ce que ses auteurs travaillent librement, sans soumettre leur texte à l'accord des autorités dont ils dépendent.
Cette méthode était nécessaire pour que le Livre Blanc mette vraiment en relief les problèmes et les perspectives et suscite un large débat.
A l'inverse, une rédaction soumise aux effets réducteurs d'un laborieux compromis entre l'Etat et la Région n'aurait eu guère d'intérêt.
Tel n'est pas le cas du document qui va maintenant être présenté, et je tiens à en remercier et à en féliciter chaleureusement ses auteurs, Messieurs ROUSSELOT, POMMELET, STARKMANN et leurs collaborateurs.
Je compte sur eux pour apporter leur concours à tous ceux qui le demanderont pendant le grand débat que j'ai souhaité.
Que ce débat soit à la hauteur des enjeux et de nos ambitions pour notre capitale et pour l'Ile de France !