Texte intégral
Monsieur le président, cher Paulo,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,
Je vous remercie très sincèrement pour l'honneur que vous me faites en m'invitant à intervenir à l'occasion de cette convention du Partido popular.
Je vous remercie de me donner l'occasion de vous témoigner en mon nom personnel, au nom des élus et des militants du Rassemblement pour la république, notre amitié, notre confiance et notre solidarité.
Je vous remercie de me permettre de redire mon admiration pour votre parti et pour son jeune président, mon ami Paulo Portas qui, depuis bientôt un an, dirige votre formation avec beaucoup de talent et de dynamisme.
Les relations étroites que nos deux formations entretiennent, notamment au Parlement européen où nous siégeons au sein du même groupe, sont à l'image des liens très forts qui unissent nos deux pays et que la visite de Jacques Chirac à Lisbonne et à Porto a illustré encore très récemment.
Cette proximité naturelle, cette compréhension mutuelle spontanée sont pour nous un atout extrêmement précieux au moment où nous abordons une nouvelle phase, cruciale, de la construction européenne.
Quelle-est en effet, aujourd'hui, la situation ?
Quels sont les enjeux réels de l'élection d'un nouveau Parlement européen le 13 juin prochain ? Ne nous y trompons pas : ce scrutin ne sera pas une simple étape supplémentaire sur la voie de l'unification de l'Europe.
Il nous faut comprendre que nous arrivons au terme d'une dialectique qui, durant les cinquante dernières années, a vu s'affronter les partisans d'une Europe, essentiellement économique et technique, politiquement rattachée, pour cause de guerre froide, à un vaste ensemble atlantique et ceux d'une Europe véritablement européenne qui décide, qui compte par elle-même et assure l'ensemble, de ses responsabilités.
Désormais ce combat, même s'il n'est pas totalement achevé, semble déjà d'un autre âge. Cette joute qu'on présentait à tort, d'ailleurs, comme un affrontement entre « européens » et « anti-européens », n'a plus lieu d'être.
Alors que ce siècle s'achève, une vision claire de ce que doit être. L'Europe s'impose de plus en plus nettement, comme une évidence. Cette vision, c'est simplement celle d'une Europe unie des États respectueuse des identités nationales et soucieuse d'être, avant tout, une valeur ajoutée et non un fardeau pour les citoyens.
Cette conviction, le Partido popular l'a détendue avec succès cet automne en s'opposant à un inquiétant projet de régionalisation du Portugal. L'échec du référendum a confirmé à ceux qui en doutaient encore que les nations existent et que l'on ne les dilue pas si facilement dans des particularismes locaux, fût-ce pour satisfaire les fantasmes de ceux qui rêvent à je ne sais quelle Europe des régions. Sachons donc rompre avec les débats du passé pour aborder enfin les vraies questions.
Le choix, désormais, est entre une Europe socialiste et une Europe de la liberté de la responsabilité et de la solidarité.
Si nous n'y prenons garde, les socialistes et leurs alliés rouges et verts, au pouvoir dans treize des quinze pays de l'Union dont le Portugal et la France, vont imposer leur Europe, celle des réglementations, des taxes, des impôts, de la bureaucratie incontrôlée. Une Europe incapable de combler le déficit démocratique. Une Europe impuissante, ne pouvant assurer sa sécurité collective.
Cette Europe n'est pas la nôtre.
L'Europe que nous voulons, elle doit nous aider à organiser la mondialisation, à en tirer le meilleur parti possible. Elle doit multiplier nos efforts pour encourager la croissance et l'emploi. Elle doit accompagner notre modernisation, tout en nous permettant de préserver notre modèle social.
L'Europe que nous voulons doit nous aider à apporter des réponses aux défis que nous ne pouvons pas relever seuls, chacun dans notre coin : la sécurité, la défense du continent, la protection de notre environnement, les mouvements de population, la préservation de nos identités culturelles.
L'Europe que nous voulons, doit aussi faire progresser la démocratie en l'enrichissant d'une nouvelle dimension, que seule une réforme des institutions pourra apporter : la répartition claire des compétences entre l'Union et les États. Les peuples, à travers leurs Parlement nationaux, devrons aussi être davantage associés à la construction européenne.
Nos deux formations engagent ces jours-ci leur campagne électorale. Chacune va inscrire son action dans un contexte national spécifique. Et c'est bien normal.
Mais ces contextes nationaux ne peuvent effacer les enjeux de ces élections communs à tous nos partenaires européens. L'union, nécessaire dans chaque État, doit aussi se manifester à travers toute l'Europe.
Puisque le Partido popular, le Rassemblement pour la république et les autres formations membres de l'UPE partagent des objectifs communs, je crois que nous pourrions utilement les présenter ensemble, en cosignant une Charte européenne dans les semaines qui viennent.
Plus qu'une simple déclaration de principe, ce contrat de législature donnerait à nos campagnes respectives plus de force et de cohérence.
Il impliquerait aussi que nous continuions, au lendemain des élections européennes, à défendre ensemble nos priorités.
Au-delà de cette démarche symbolique, il nous faudrait également coordonner très concrètement nos campagnes et multiplier des initiatives communes.
À cet égard, cher Paulo, je suis heureux de t'inviter d'ores et déjà à participer au grand meeting de de fin de campagne que nous organiserons à Paris dans les premiers jours du mois de juin. J'espère très sincèrement que tu pourras être des nôtres à cette occasion.
Mesdames, Messieurs, chers Amis,
Je me réjouis de voir nos chemins si étroitement liés. Je me réjouis que le Partido popular et le Rassemblement pour la république continuent de lutter côte à côte pour l'émergence d'une Europe politique enfin adulte et pleinement responsable de son destin.
En 1917 déjà, Fernando Pessoa, ce grand visionnaire, nous donnait une « feuille de route » à travers quelques phrases qui demeurent d'une étonnante actualité : « L'Europe a faim de création et soif d'avenir L'Europe réclame de grands poètes, réclame de grands hommes d'État, (…) L'Europe est lasse de ne pas exister ! Lasse de n'être que le faubourg, d'elle-même ! »
Le moment est venu, pour nous, de relever ensemble ce défi. Je vous remercie.