Interview de M. Jean-Louis Debré, président du groupe RPR à l'Assemblée nationale, dans "Le Figaro" du 20 avril 1999, sur les relations du RPR avec l'UDF et Démocratie libérale dans le cadre de la préparation de l'élection européenne.

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Le Figaro. - Le retrait de Philippe Séguin lève-t-il tous les obstacles à l'union de l'opposition comme vous le pensiez vendredi ?

Jean-Louis Debré. - Je l'ai dit publiquement, je regrette profondément la décision de Philippe Seguin. C'est une épreuve, elle nous impose une réflexion commune sur la place et le rôle de l'opposition. Il faut donc, compte tenu du contexte national et international auxquels nous sommes confrontés, nous remettre à la table des discussions avec nos partenaires de l'UDF et de DL.

Je souhaite plus que jamais que l'opposition se rassemble pour les élections européennes. Le Kosovo a montré l'adhésion de tous au président de la République et à sa politique européenne. Non seulement celle-ci n'a pas été critiquée dans l'opposition depuis quatre ans, mais elle a fourni une base sur laquelle nous avons gouverné de concert, sans que cela pose le moindre problème à quiconque.

En outre, nos électeurs veulent que nous soyons unis et soutiennent la politique européenne lise en oeuvre depuis 1995.

Le Figaro. - François Bayrou ne serait-il pas en droit de poser ses conditions pour l'union ?

- Puisque nous sommes tous d'accord sur la politique européenne de Jacques Chirac et sur le Kosovo, je ne vois pas pourquoi on poserait des conditions. Il faut bien sûr vérifier que nous soyons bien d'accord sur tout. Mais on ne va pas à la négociation si on n'a pas de volonté de conclure. Il faut savoir faire preuve de responsabilité. Bien sûr, on peut réfléchir au développement d'une politique de défense européenne. Bien sûr, nous devons ensemble préparer la réforme des institutions européennes. Mais nous avons un mois et demi devant nous, nous ne pouvons pas tout résoudre. L'essentiel est que nous soyons d'accord sur une certaine philosophie européenne, celle de l'Europe unie des Etat que défend Jacques Chirac.

Le Figaro. - Quelle serait la liste idéale, avec qui, sur quel programme ?

- Tout ceci, nous devons le définir ensemble. J'attends que nos amis de l'UDF viennent à la négociation. Nous devons nous mettre autour d'une table et discuter, entre six yeux, sans arrière-pensées. Il faut à tout prix arrêter de se chamailler en public.