Texte intégral
LA PREOCCUPATION DE SECURITE TEND A DEVENIR LA PREMIERE PREOCCUPATION DES FRANCAIS. LE GOUVERNEMENT A LE DEVOIR D'Y REPONDRE, TOUT EN RESPECTANT LES PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA SOCIETE FRANCAISE, QUI SONT LE DROIT DES PERSONNES, ET LE RESPECT DES PROCEDURES DE JUSTICE. LE MAL DOIT ETRE EXTIRPE A SA RACINE, PAR UN ENSEMBLE D'ACTIONS DE PREVENTION. CETTE ACTION DOIT ETRE COMPLETEE PAR L'ACCROISSEMENT DES MOYENS HUMAINS ET MATERIELS PERMETTANT D'ASSURER LA SECURITE QUOTIDIENNE DANS LES RUES, DANS LES LIEUX PUBLICS ET DANS LES TRANSPORTS. LE GOUVERNEMENT DEVRA PRESENTER POUR LA FIN DU MOIS DE FEVRIER, UN PREMIER CALENDRIER DE REALISATIONS
-|N|N|N|N|Texte Intégral14283|`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` COMME C'EST L'USAGE, NOUS ALLONS VOUS FAIRE, LE CHANCELIER `HELMUT SCHMIDT` ET MOI, LE COMPTE-RENDU DE CETTE RENCONTRE QUE NOUS VENONS D'AVOIR AVEC LES MEMBRES DES GOUVERNEMENTS ALLEMAND ET FRANCAIS. PAR LA SUITE, LES PORTE-PAROLE DONNERONT DES ELEMENTS D'INFORMATION DETAILLES SUR LE CONTENU TECHNIQUE DE NOS CONVERSATIONS. CETTE RENCONTRE ETAIT IMPORTANTE PARCE QUE C'EST, VOUS LE SAVEZ, LE QUINZIEME ANNIVERSAIRE DU TRAITE QUI A FONDE L'ENTENTE ET LA COOPERATION ENTRE LA REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE ET LA FRANCE. CE TRAITE A ETE SIGNE DANS LA SALLE OU NOUS DELIBERIONS ; J'ASSISTAIS A SA SIGNATURE AVEC, D'AILLEURS, DEUX DES MINISTRES ACTUELS DU GOUVERNEMENT (M. PEYREFITTE ET M. BOULIN), ET JE GARDE ENCORE LE SOUVENIR DE L'IMAGE ALTIERE DU GENERAL DE GAULLE ET DU CHANCELIER ADENAUER SIGNANT COTE A COTE CE DOCUMENT `22 JANVIER 1963 ` DATE` ; CE DOCUMENT QUI METTAIT FIN AU TRES LONG CONTENTIEUX HISTORIQUE ET SOUVENT SI CRUEL ENTRE L'ALLEMAGNE ET LA FRANCE ET QUI OUVRAIT UNE ERE NOUVELLE DANS LEURS RELATIONS. J'AI PU CONSTATER AU-COURS DE CE SOMMET COMBIEN DESORMAIS ETAIT ETROITE L'ENTENTE ENTRE L'ALLEMAGNE FEDERALE ET LA FRANCE. IL Y A SANS DOUTE LES POINTS QUE JE VAIS TRAITER, C'EST-A-DIRE UN CERTAIN NOMBRE DE QUESTIONS SPECIFIQUES OU NOUS AVONS PU ABOUTIR A DES ORIENTATIONS OU A DES ACCORDS ; MAIS IL Y A EGALEMENT LE FAIT QUE NOUS NOUS ENTRETENONS, SOIT AU-NIVEAU DU CHANCELIER ET DE MOI-MEME, SOIT AU-NIVEAU DU PREMIER MINISTRE `RAYMOND BARRE`, DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT, DANS UNE ATMOSPHERE, JE DOIS LE DIRE, DE TOTALE CONFIANCE ET D'OUVERTURE. SUR TOUS LES GRANDS PROBLEMES DU MOMENT - DIEU SAIT S'IL Y EN A DE GRANDS PROBLEMES DANS LE MONDE - IL Y A AINSI UNE CONCERTATION ETROITE ET FRANCHE DE LA POLITIQUE DE L'ALLEMAGNE FEDERALE ET DE LA FRANCE
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`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` CONCERNANT LES POINTS PARTICULIERS DONT NOUS AVONS DEBATTU, JE PARLERAI D'ABORD DES QUESTIONS DE CONJONCTURE POUR DIRE QUE NOUS POURSUIVRONS EN 1978 `DATE` NOS EFFORTS EN_VUE D'UN AJUSTEMENT POSITIF DES SITUATIONS CONJONCTURELLES DE L'ALLEMAGNE FEDERALE ET DE LA FRANCE. D'AILLEURS, A LA FIN DE 1977, IL Y A EU UN RAPPROCHEMENT DANS CES SITUATIONS CONJONCTURELLES, RAPPROCHEMENT QUI EST POSITIF DANS CERTAINS DE CES ASPECTS (MEILLEUR EQUILIBRE), ET QUI, PAR CONTRE EST PREOCCUPANT DANS D'AUTRES PUISQUE LES OBJECTIFS DE CROISSANCE DE 1977 N'ONT PAS ETE ATTEINTS, COMME VOUS LE SAVEZ, DANS LA COMMUNAUTE_ECONOMIQUE_EUROPEENNE. NOTRE OBJECTIF, C'EST DONC DE POURSUIVRE LA COORDINATION DE NOS CONJONCTURES DANS UN SENS POSITIF, C'EST-A-DIRE EN AMELIORANT A LA FOIS L'EQUILIBRE ET LA CROISSANCE. J'AI INDIQUE AU CHANCELIER, QUI M'AVAIT ECRIT A CE SUJET, QUE J'AVAIS UNE ATTITUDE FAVORABLE A SON INITIATIVE CONCERNANT L'EVENTUALITE D'UNE REUNION AU SOMMET DES DIRIGEANTS DES PRINCIPAUX PAYS INDUSTRIALISES QUI SE TIENDRAIT EN ALLEMAGNE FEDERALE, AU-COURS DU MOIS DE JUILLET. A CONDITION, BIEN ENTENDU, QUE CETTE REUNION SOIT PREPAREE AVEC TOUT LE SOIN NECESSAIRE. CONCERNANT LA SITUATION DU FRANC `MONNAIE` NOUS N'EN AVONS PAS PARLE AVEC LE CHANCELIER. MAIS, PUISQUE J'AI DEVANT MOI LES REPRESENTANTS DES GRANDS MOYENS D'INFORMATION, JE VOUS INDIQUE QUE J'AI DONNE AU PREMIER MINISTRE `RAYMOND BARRE`, LA DIRECTIVE DE METTRE EN_OEUVRE TOUS LES MOYENS TECHNIQUES NECESSAIRES POUR S'OPPOSER A LA DEPRECIATION DU FRANC. EN CE QUI CONCERNE LES ACTIONS BILATERALES, NOUS AVONS EXAMINE A NOUVEAU LES ACTIONS DE COOPERATION DONT NOUS ETIONS ENTRETENUS A BONN AU MOIS DE JUIN DERNIER ` 1977 ` DATE`. NOUS AVONS CONSTATE QU'EN CE QUI CONCERNE LE PROGRAMME NUCLEAIRE, LES DECISIONS QUI AVAIENT ETE PRISES ETAIENT EN APPLICATION ET EN BONNE VOIE CONCERNANT, NOTAMMENT, LA COOPERATION DANS LES TECHNOLOGIES AVANCEES
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`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` POUR CE QUI EST DE L'ESPACE, IL A ETE CONFIRME CE MATIN LA VOLONTE COMMUNE DE PROCEDER A LA CONSTRUCTION D'UN CERTAIN NOMBRE DE LANCEURS DE TYPE ARIANE ET, APRES AVOIR MIS AU-POINT CETTE FUSEE, DE PROCEDER A SA CONSTRUCTION INDUSTRIELLE. C'EST AU-COURS DES PROCHAINES SEMAINES QU'A-PARTIR DES BESOINS EN NOMBRE DE LANCEURS SERA DETERMINEE LA CONSISTANCE DETAILLEE DU PROGRAMME. POUR CE QUI EST DE LA COOPERATION EN-MATIERE D'AERONAUTIQUE CIVILE, NOUS SOMMES FAVORABLES, LES UNS ET LES AUTRES, A LA REALISATION LA PLUS RAPIDE POSSIBLE DE LA VERSION NOUVELLE DE L'AIRBUS CONNU SOUS LE NOM DE B10. NOUS AVONS INDIQUE A CET EGARD QUE LA PROSPECTION EN-COURS DU MARCHE POUR FIXER LE NOMBRE DES PERSPECTIVES DE COMMANDE ALLAIT ETRE ACTIVEMENT POURSUIVIE DE FACON A PERMETTRE DE PRENDRE A SON ACHEVEMENT LA DECISION DE LANCEMENT DE LA FABRICATION. DECISION QUI POURRAIT DONC INTERVENIR D'ICI LE PROCHAIN SOMMET FRANCO - ALLEMAND. D'AUTRE_PART, NOUS AVONS DECIDE DE POURSUIVRE L'ETUDE DE L'AUTRE TYPE D'AVION CIVIL DONT NOUS ENVISAGEONS LA CONSTRUCTION QUI EST, VOUS LE SAVEZ, UN AVION LEGEREMENT PLUS PETIT, A FUSELAGE ETROIT, ET A PROPOS DUQUEL NOUS POURRIONS RECHERCHER UNE COOPERATION AVEC CERTAINS DE NOS PARTENAIRES EUROPEENS. ENFIN, POUR CE QUI EST DES PROBLEMES COMMUNAUTAIRES `CEE`, NOUS AVONS EXPRIME NOTRE VIF REGRET DES RETARDS APPORTES A LA SOLUTION DE L'IMPORTANT PROBLEME DE LA PECHE. TOUT A L'HEURE, LES PORTE-PAROLE SERONT A MEME DE VOUS DONNER DES INDICATIONS PLUS DETAILLEES SUR CE SUJET
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`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` CONCERNANT LES GRANDS PROBLEMES INTERNATIONAUX, NOUS NOUS SOMMES ENTRETENUS, AVEC LE CHANCELIER, DES PROBLEMES LIES AU NIVEAU DES ARMEMENTS, C'EST-A-DIRE, D'UNE_PART LES NEGOCIATIONS SALT ET MBFR, SUR LESQUELS NOUS AVONS ECHANGE NOS REFLEXIONS, PUISQUE VOUS SAVEZ QUE NOUS NE PARTICIPONS PAS DANS LES MEMES CONDITIONS A CES NEGOCIATIONS ; D'AUTRE_PART, J'AI INFORME LE CHANCELIER, DE FACON PLUS DETAILLEE, DES PROPOSITIONS QUE NOUS SERONS CONDUITS A FAIRE EN-MATIERE DE DESARMEMENT. IL A ETE PREVU A CET EGARD QUE CELUI QUI EST CHARGE DE CE PROBLEME, M. TAITTINGER, SE RENDRA A BONN LA SEMAINE PROCHAINE AFIN DE REPONDRE AUX QUESTIONS DES AUTORITES DE L'ALLEMAGNE FEDERALE CE QUI NOUS PERMETTRA, LORSQUE NOUS ARRETERONS DEFINITIVEMENT NOS DECISIONS SUR CE SUJET, C'EST-A-DIRE DANS LA DEUXIEME QUINZAINE DU MOIS DE FEVRIER, D'ETRE INFORMES DES REACTIONS ET DES OPINIONS DE NOS PARTENAIRES DE L'ALLEMAGNE FEDERALE. ENFIN, NOUS AVONS ECHANGE NOS REFLEXIONS, C'EST-A-DIRE NOS PREOCCUPATIONS SUR LA SITUATION DANS LA CORNE_DE_L_AFRIQUE, DUE AU FAIT, NOTAMMENT, A L'ARRIVEE EN_NOMBRE D'ELEMENTS MILITAIRES EXTERIEURS A LA REGION QUI CREENT DANS CETTE PARTIE SENSIBLE DE L'AFRIQUE UNE SITUATION D'INSTABILITE ET DE PERIL. NOUS AVONS REFLECHI AUX INITIATIVES QUI POURRAIENT ETRE PRISES DE FACON A ABOUTIR, D'UNE_PART, AU REGLEMENT PACIFIQUE DU PROBLEME QUI S'Y POSE ET, D'AUTRE_PART, AU RETOUR INDISPENSABLE A LA SECURITE DANS CETTE REGION. VOICI, JE CROIS, MONSIEUR LE CHANCELIER, L'ESSENTIEL DE NOS CONVERSATIONS. J'AJOUTERAI QUE, COMME TOUJOURS, J'AI TROUVE LE PLUS GRAND INTERET AUX ENTRETIENS QUE J'AI EUS AVEC LE CHANCELIER SCHMIDT EN-RAISON DE SA GRANDE CONNAISSANCE DES PROBLEMES DU MONDE ET EN MEME TEMPS DE LA VOLONTE QUI EST LA SIENNE DE FAIRE QUE CETTE COOPERATION ENTRE LA FRANCE ET L'ALLEMAGNE FEDERALE GARDE AU-COURS DES PROCHAINES ANNEES LE CARACTERE EXEMPLAIRE QU'ELLE A EU AU-COURS DE LA PERIODE QUI S'ACHEVE `15EME ANNIVERSAIRE DU TRAITE FRANCO - ALLEMAND DE 1963`
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14284|IL EST INDISPENSABLE D'ENRAYER LA TENDANCE NATURELLE DES ADMINISTRATIONS ET DES SERVICES PUBLICS A SE CONCENTRER DANS LES GRANDS CENTRES OU LES CHEFS-LIEUX. POUR RESTER VIVANT, ET DEVELOPPER SON NOUVEL EQUILIBRE, LE MILIEU RURAL DOIT POUVOIR _COMPTER SUR LA PRESENCE ACTIVE DES SERVICES PUBLICS
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14285|JE FELICITE LE PREMIER MINISTRE `RAYMOND BARRE` DE LA RAPIDITE ET DE L'EFFICACITE DES MESURES QU'IL A PRISES POUR ASSURER LA DEFENSE DU FRANC `MONNAIE`. LE FRANC N'EST PAS MALADE DE L'ECONOMIE. JE DEMANDE QU'ON NE LE RENDE PAS MALADE DE LA POLITIQUE
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14286|J'AI VISITE CETTE EXPOSITION RETRACANT 100 ANS DE REPUBLIQUE EN FRANCE. LA DATE DE NAISSANCE DE LA REPUBLIQUE EST DIFFICILE A PRECISER PUISQUE C'EST PROGRESSIVEMENT ENTRE 1870 ET 1875 QUE LA REPUBLIQUE A PRIS, EN FRANCE, SA FORME CONSTITUTIONNELLE. LA REPUBLIQUE C'EST D'ABORD LE BIEN COMMUN DES FRANCAIS. DANS CETTE EXPOSITION, CE QUI EST FRAPPANT, C'EST DE VOIR QUE TOUTES LES EPOQUES DE NOTRE HISTOIRE REPUBLICAINE ONT APPORTE LEUR CONTRIBUTION AU PROGRES POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIAL DE LA FRANCE ; ENSUITE, QUAND ON REGARDE CETTE HISTOIRE, ON VOIT QU'ELLE A COMPORTE DEUX PERIODES TRES FORTES : D'ABORD LE DEBUT DE LA TROISIEME REPUBLIQUE ET ENSUITE LA CINQUIEME REPUBLIQUE. CE SONT LES 30 PREMIERES ANNEES DE LA TROISIEME REPUBLIQUE OU LA FRANCE S'EST ORGANISEE SUR LA BASE DEMOCRATIQUE ET REPUBLICAINE. ON A VOTE ALORS LES LOIS ESSENTIELLES, DONT BEAUCOUP SONT TOUJOURS EN_VIGEUR : LES LOIS SUR L'ORGANISATION DES COMMUNES, SUR L'ORGANISATION DES DEPARTEMENTS, LE DROIT D'ASSOCIATION, LE DROIT D'ORGANISATION SYNDICALE, LES PREMIERES LOIS SOCIALES (REPOS HEBDOMADAIRE, CREATION DU REGIME DE RETRAITE). BREF, EN TRENTE ANS `DUREE`, LA FRANCE A SU FAIRE PROGRESSER LA REPUBLIQUE
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LA SEULE PERIODE AUSSI RICHE EN-MATIERE DE PROGRES EST LA CINQUIEME REPUBLIQUE, PENDANT CES VINGT DERNIERES ANNEES. POURQUOI CES DEUX EPOQUES ? PARCE QU'IL Y A EU ALORS UN BON EQUILIBRE ENTRE LE POUVOIR EXECUTIF ET LE POUVOIR LEGISLATIF, SANS CONFUSION ENTRE LES DEUX. LE GOUVERNEMENT GOUVERNAIT ET LE PARLEMENT LEGIFERAIT. C'EST, JE CROIS, UNE REGLE FONDAMENTALE SI L'ON VEUT ASSURER LE PROGRES DE LA REPUBLIQUE EN FRANCE. CHAQUE FOIS, AU CONTRAIRE, QUE LA REPUBLIQUE A GLISSE VERS LE REGIME D'ASSEMBLEE POUR UNE CAUSE OU POUR UNE AUTRE, LA REPUBLIQUE S'EST AFFAIBLIE ET LA FRANCE AVEC ELLE. C'EST POURQUOI JE CONSIDERE QU'IL EST TRES IMPORTANT POUR L'AVENIR DE LA FRANCE QUE NOUS RETENIONS CETTE GRANDE LECON DANS SA VIE POLITIQUE ET DANS SON RAYONNEMENT EXTERIEUR. NOUS DEVONS AVOIR EN FRANCE UNE REPUBLIQUE SOLIDE DONT LES INSTITUTIONS REPOSENT SUR UN JUSTE EQUILIBRE ENTRE LA RESPONSABILITE DE CEUX QUI GOUVERNENT ET LA RESPONSABILITE DE CEUX QUI FONT LES LOIS. PUISQUE LA REPUBLIQUE EST LE BIEN DES FRANCAIS, IL APPARTIENT AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE PRESERVER NOS INSTITUTIONS REPUBLICAINES. J'AI INDIQUE A PLUSIEURS REPRISES QUE J'ATTACHAIS A CETTE FONCTION UNE PART ESSENTIELLE DANS MES RESPONSABILITES. JE FERAI EN SORTE QUE LES INSTITUTIONS REPUBLICAINES QUE LA FRANCE S'EST DONNEE RESTENT TOUJOURS LE _CADRE DE SON PROGRES ET DE SA LIBERTE
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14287|Communiqué du 27.
- Le Premier ministre a réuni un comité restreint le lundi 27 mars. La situation au Burundi a fait l'objet d'un examen approfondi. A l'issue de cette réunion et après accord du Président de la République, il a été décidé de confirmer les instructions de retour en France des familles des agents de l'Etat en poste dans ce pays. Il a été demandé à M. Debré, ministre de la Coopération, de se rendre à nouveau et dans les meilleurs délais à Bujumbura afin de poursuivre l'action engagée par la France, visant à consolider le processus de réconciliation nationale et le retour à une vie démocratique normale.
- Parallèlement, la France a décidé de demander au Conseil de sécurité des Nations unies d'apporter son soutien à l'action menée par l'Union européenne et aux mesures adoptées lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de Carcassonne.
- Communiqué du 31.
- Préoccupé par l'évolution de la situation au Burundi, le Premier ministre, en accord avec le Président de la République, a demandé à M. Bernard Debré, ministre de la coopération de se rendre sur place du 28 au 30 mars pour une mission politique de conciliation.
- Les objectifs fixés à cette mission ont été atteints.
- M. Debré s'est entretenu avec le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de la défense, les autorités militaires ainsi qu'avec toutes les formations politiques du Burundi. Il a invité ses interlocuteurs à oeuvrer ensemble afin de rétablir la confiance de la population dans les institutions de l'Etat, sur la base de la convention du gouvernement du 10 septembre 1994 et consolider ainsi la réconciliation nationale et la démocratie.
- Deux jours de consultations entre toutes les parties en cause ont permis d'obtenir un accord sur ses bases. Cet accord a été formalisé par une déclaration commune du Président et du Premier ministre de Burundi qui a été signée le 30 mars en présence des représentants de la Communauté internationale, notamment de l'ONU et de l'OUA.
- Au nom du gouvernement français et dans le cadre de l'Union européenne, le ministre de la coopération a pris acte de cette déclaration et s'est engagé à soutenir le gouvernement burundais dans ses efforts en faveur de la paix et de la reconstruction nationale. Le gouvernement appelle la Communauté internationale à se joindre à cet effort.|N|N|N|N|Texte Intégral 14288|MESSIEURS LES PRESIDENTS, JE SUIS HEUREUX DE SALUER AUJOURD'HUI LES PRESIDENTS DES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX REGIONAUX. NOUS ALLONS, AU-COURS DE CE DEJEUNER, NOUS ENTRETENIR DE VOS PROBLEMES, QUI SONT CEUX DE LA FRANCE, A LA FOIS UNE ET DIVERSE. VOUS PRESIDEZ DES INSTITUTIONS RECENTES PUISQU'ELLES ONT A PEINE PLUS DE CINQ ANS. LA PREMIERE QUESTION QUE NOUS DEVONS NOUS POSER, EST DE SAVOIR SI L'INSTITUTION FONCTIONNE AINSI QU'ON L'ATTENDAIT. JE REPONDS NETTEMENT PAR L'AFFIRMATIVE, MEME SI DES PROGRES SONT ENCORE POSSIBLES. LE GOUVERNEMENT ET LE LEGISLATEUR SOUHAITAIENT CREER, A COTE DE L'ASSEMBLEE REGIONALE COMPOSEE D'ELUS, DONC D'HOMMES POLITIQUES, UNE SECONDE ASSEMBLEE COMPOSEE DE RESPONSABLES DES ACTIVITES SOCIALES, ECONOMIQUES ET CULTURELLES. LA VIE EN SOCIETE EST DEVENUE COMPLEXE. ELLE EXIGE LA CONCERTATION PERMANENTE ENTRE HOMMES VENUS D'HORIZONS DIFFERENTS. VOUS ETES LA POUR L'ASSURER DANS-LE-CADRE DES REGIONS. MAIS L'ON POUVAIT S'INTERROGER SUR LA QUALITE DE LA COLLABORATION QUI NAITRAIT ENTRE LES DEUX CATEGORIES D'ORGANISMES REGIONAUX. CETTE COLLABORATION EST DANS L'ENSEMBLE SATISFAISANTE, MEME SI UNE PLACE PLUS LARGE POUVAIT ETRE FAITE A VOS AVIS. VOTRE ACTIVITE EST INTIMEMENT LIEE A CELLE DES CONSEILS REGIONAUX. L'ORGANISATION DU TRAVAIL EST AGENCEE DE TELLE SORTE QUE VOS AVIS ET VOS RAPPORTS SOIENT ADAPTES DANS LE TEMPS ET DANS LEUR CONTENU A L'ORDRE_DU_JOUR DE L'AUTRE ASSEMBLEE. DANS CE DIALOGUE ORGANISE, VOUS APPORTEZ A LA VIE REGIONALE CE QUI ETAIT RECHERCHE : C'EST-A-DIRE L'EXPERIENCE CONCRETE ET LE SENS DE LA REALITE. POUR VOUS, LES MOTS DE CROISSANCE, D'INDUSTRIALISATION, D'EMPLOI NE SONT PAS DES EXPRESSIONS ABSTRAITES. ILS EVOQUENT DES CAS PRECIS, DES PROBLEMES PONCTUELS, DES REUSSITES OU DES ECHECS DONT VOUS VOUS EFFORCEZ OBJECTIVEMENT DE TIRER LA LECON
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LA DEUXIEME QUESTION QUE L'ON PEUT SE POSER A L'EGARD DE VOS COMITES EST DE SAVOIR S'IL NE FAUT PAS EN AMELIORER LE FONCTIONNEMENT PAR DES REFORMES. PUISQU'ELLE DONNE DEJA DES RESULTATS POSITIFS, LAISSONS QUELQUE TEMPS ENCORE L'EXPERIENCE REGIONALE SE POURSUIVRE TELLE QUELLE. LAISSONS LES HOMMES SE CONNAITRE, APPRENDRE A TRAVAILLER EN_COMMUN AVANT DE TOUT BOULEVERSER A NOUVEAU. SOUVENONS-NOUS QUE LA COMMUNE A MIS DES SIECLES A S'IMPLANTER ET LE DEPARTEMENT DES DECENNIES. LA REGION EST UN DES ROUAGES DE LA DECENTRALISATION. ASSURONS SA REUSSITE EN AJOUTANT A LA QUALITE DE VOTRE TRAVAIL LA PERMANENCE ET LA CONTINUITE, SANS LESQUELLES RIEN D'UTILE NE SE FAIT. ASSURER LA CONTINUITE NE SIGNIFIE PAS L'IMMOBILISME. IL FAUT QUE LES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX PUISSENT EXERCER DAVANTAGE LEUR ROLE DE PROPOSITION ET D'INNOVATION DANS LE DEVELOPPEMENT REGIONAL. DES AMELIORATIONS, NOTAMMENT DANS LES PROCEDURES, ME PARAISSENT POSSIBLES. AINSI, J'ATTENDS BEAUCOUP DE L'ACTION DES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX DANS LE DOMAINE DE L'EMPLOI. VOUS CONNAISSEZ LES PROBLEMES CONCRETS DES ENTREPRISES. A COTE DE L'INSTANCE DE DECISION QU'EST LE CONSEIL REGIONAL, JE SOUHAITE QUE LES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX DEVIENNENT DANS LE DOMAINE DE L'EMPLOI UNE VERITABLE FORCE DE PROPOSITIONS. DE MEME, J'ESTIME QU'IL CONVIENT DE MIEUX METTRE EN_VALEUR LES AVIS DONNES PAR LES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX. CES AVIS SONT LA TRADUCTION D'UN TRAVAIL APPROFONDI ET PROSPECTIF DE VOS ASSEMBLEES. ILS DOIVENT FAIRE L'OBJET D'UNE INFORMATION ET D'UNE DIFFUSION PAR LES GRANDS MOYENS MODERNES, QUI PERMETTENT A L'OPINION PUBLIQUE DE MIEUX LES CONNAITRE ET DE LES PRENDRE DAVANTAGE EN CONSIDERATION. ENFIN, JE SUIS OUVERT A TOUTE SUGGESTION PERMETTANT D'ASSURER UNE ASSOCIATION PLUS ETROITE DES DEUX ASSEMBLEES REGIONALES DANS LA VIE DE L'ETABLISSEMENT PUBLIC REGIONAL
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VOUS ETES DES HOMMES DE PROGRES, DU SEUL PROGRES QUI PASSE PAR LE CONCRET ET LE REEL, C'EST-A-DIRE AUSSI PAR LE RAISONNABLE ET PAR LE POSSIBLE. JE SOUHAITE QUE LES FRANCAIS FASSENT PREUVE DANS LES JOURS QUI VIENNENT DES MEMES QUALITES DE JUGEMENT ET DE DISCERNEMENT, QU'ILS SACHENT A VOTRE EXEMPLE DISTINGUER LE VRAI DU FAUX, LE REEL DU FACTICE, ET L'ILLUSION DE L'ESPOIR. LA REALITE ECONOMIQUE DU MOMENT, POUR LA FRANCE, C'EST LA POURSUITE DE LA POLITIQUE DE REDRESSEMENT, QUI ETAIT NECESSAIRE, QUI A CONNU DE PREMIERS RESULTATS, MAIS QUI DOIT ENCORE ETRE COMPLETEE. LE REDRESSEMENT ETAIT NECESSAIRE. LA CRISE MONDIALE AVAIT ENTRAINE DANS NOTRE PAYS LE DESEQUILIBRE EXTERIEUR, LA HAUSSE EXCESSIVE DES PRIX, L'ACCROISSEMENT DU CHOMAGE. L'ACTION DE REDRESSEMENT A ETE ENGAGEE SUR CES TROIS FRONTS. C'ETAIT INDISPENSABLE POUR QUE LA FRANCE GARDE SON RANG DANS LE MONDE, POUR QUE LE NIVEAU_DE_VIE DES FRANCAIS SOIT MAINTENU ET POUR QUE NOTRE PAYS PUISSE CONTINUER DANS LA VOIE DU PROGRES ET DE LA JUSTICE. CONTRAIREMENT AUX PRONOSTICS PESSIMISTES CETTE POLITIQUE A OBTENU DE PREMIERS RESULTATS. DEPUIS PLUSIEURS MOIS, LE COMMERCE EXTERIEUR EST AU VOISINAGE DE L'EQUILIBRE. LE CHOMAGE TEND A SE REDUIRE. LES INDICES DES PRIX DES TROIS DERNIERS MOIS SONT LES PLUS FAIBLES QUE LA FRANCE AIT CONNUS DEPUIS SIX ANS
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MAIS QU'ON NE S'Y TROMPE PAS : L'ECONOMIE FRANCAISE EST ENCORE FRAGILE. J'AI LE DEVOIR DE VOUS LE DIRE. ELLE NE RESISTERAIT PAS LONGTEMPS, NI DANS SES PRIX, NI DANS SA MONNAIE, A L'OURAGAN DES PROMESSES
- AU MOMENT OU LES FRANCAIS S'INTERROGENT, ILS NE DOIVENT PAS OUBLIER QUE DANS LE MONDE OU NOUS VIVONS, OU RIEN N'EST DONNE POUR RIEN ET OU LES PEUPLES NE SE FONT PAS DE CADEAU, TOUTE DEFAILLANCE DE NOTRE ECONOMIE COUTERAIT CHER A LA FRANCE. JE RAPPELLE QUE LE RALENTISSEMENT DE LA HAUSSE DES PRIX EST ENCORE TOUT RECENT. JE RAPPELLE QUE MALGRE LES EFFORTS DU GOUVERNEMENT QUI ONT PERMIS DE LE REDUIRE DE MOITIE EN 1977, LE DEFICIT EXTERIEUR DE LA FRANCE A ENCORE ETE L'ANNEE DERNIERE LE PLUS ELEVE DE TOUS LES PAYS D'EUROPE. JE NE DIS PAS QUE LE PROGRES SOCIAL N'EST PAS POSSIBLE. AU CONTRAIRE, IL EST POSSIBLE ET NECESSAIRE. MAIS NOUS NE LE RENCONTRONS PAS SUR LA VOIE DE LA FACILITE. LE PROGRES SOCIAL, EN FRANCE COMME AILLEURS, AUJOURD'HUI COMME TOUJOURS, SUPPOSE L'EFFORT ET LA POURSUITE DU REDRESSEMENT
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MESSIEURS LES PRESIDENTS, VOTRE ROLE N'EST PAS DE FAIRE DE LA POLITIQUE, MAIS DE DIRE LA VERITE, D'EXPLIQUER CE QUE SONT LES REALITES ECONOMIQUES : VOILA QUI FAIT PARTIE DE VOS FONCTIONS, COMME CELA FAIT PARTIE DES MIENNES. EN L'EXERCANT DANS VOS REGIONS, QUOTIDIENNEMENT, AU CONTACT DES FORCES VIVES DU TRAVAIL, DE L'ENTREPRISE ET DE L'AGRICULTURE, VOUS RENDREZ UN SERVICE EMINENT A LA FRANCE. EN SON NOM, JE VOUS EN REMERCIE
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14289|Le Président de la République tient à rendre hommage aux soldats français et à leurs chefs qui se trouvent aujourd'hui confrontés à une situation dramatique en Bosnie. Il renouvelle la confiance que la Nation place dans leur courage et leur sens du devoir. Il s'incline devant les Casques bleus français qui viennent de payer de leur vie l'accomplissement de leur mission. Les graves événements actuels sont le résultat de l'ambiguïté qui entoure le mandat des Casques bleus, de l'inadaptation de leurs moyens et d'une insuffisance détermination de la communauté internationale. Pour éviter le pire, la France entend appeler ses partenaires à redéfinir la mission des forces des Nations unies et à confier à ces dernières les moyens qui permettront aux Casques bleus de se faire respecter dans l'accomplissement de leurs tâches au service de la paix.|N|N|N|N|Texte Intégral 14290|(Point de presse à l'issue de l'entretien avec les responsables de la Monuc, à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Q - Que pensez-vous du rôle et de la responsabilité de la MONUC ?
R - Vous savez que le défi est immense. Beaucoup a été fait, au cours des derniers mois, il reste encore beaucoup de travail à faire. La MONUC veut se doter à la fois des moyens et des capacités de relever le défi très important. Le programme de DDRRR, qui est engagé, est un programme innovatif, qui veut répondre aux problèmes de la région et je crois que, tous ensemble, car il s'agit bien d'une action collective. J'ai rencontré hier le président Kagamé, j'ai rencontré l'ensemble des responsables de la région, je rencontrerai tout à l'heure le président Kabila, je veux dire que chacun a conscience de l'enjeu si important aujourd'hui pour la stabilité de la République démocratique du Congo et pour l'ensemble de la région. C'est donc de la confiance et de la mobilisation de la communauté internationale que je veux témoigner ici aujourd'hui.
Q - Quelle est la position de la France dans l'accompagnement du processus de paix en République démocratique du Congo ?
R - La France apportera une première contribution de deux millions d'euros au programme DDRRR. Nous sommes prêts à apporter notre soutien à l'augmentation des effectifs de la MONUC. Il y a une disponibilité, une volonté d'agir et d'aboutir, aujourd'hui clairement partagée par la communauté internationale.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 septembre 2002)
(Interview à RFI à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Un mouvement est aujourd'hui engagé dans cette région. Il s'agit d'un mouvement important, qui va dans le sens de ce qui est fait depuis les accords de Pretoria et de Luanda. Il est consacré par un retrait des troupes rwandaises qui a été initié depuis quelques jours.
C'est un mouvement global qui doit s'opérer à la fois par un retrait complet de l'ensemble des troupes étrangères et notamment rwandaises, mais aussi, du côté de la République démocratique du Congo, il est important que les engagements pris soient tenus. Il s'agit donc de régler le problème de la présence de groupes armés dans l'est du pays, qu'il s'agisse des ex-FAR, des Interhamwe ou de l'ensemble de ces groupes qui doivent pouvoir être traités à travers ce programme ambitieux qui est celui des Nations unies et de la Banque mondiale qualifié de DDRRR.
Il y a là un objectif essentiel de démilitarisation, de désarmement, de réinstallation, de réintégration, de rapatriement évidemment au coeur des préoccupations pour régler dans sa totalité, stabiliser l'ensemble de cette région.
Q - La grande préoccupation des Congolais en ce moment est que le mandat de la MONUC présentement ne lui permet pas de s'acquitter efficacement de cette tâche du DDRRR. Les gens font des appels pressants au Conseil de sécurité pour qu'il élargisse ce mandat. La France travaillerait-elle dans ce sens ?
R - La communauté internationale a conscience qu'il faut renforcer la capacité à agir de la MONUC et c'est dans ce sens que le secrétariat des Nations unies a proposé de porter les plafonds de la MONUC à 8 700 hommes. Il y a nécessité de prendre en compte l'importance des territoires concernés, d'éviter que des vides ne soient créés qui puissent conduire à des catastrophes ou à des drames humanitaires.
Cette mobilisation, nous l'encourageons, nous pensons qu'un effort supplémentaire doit être fait par la communauté internationale, que la MONUC doit être en mesure d'agir et de prendre ses responsabilités. C'est dans le sens que nous agissons, dans le cadre des Nations unies et en liaison avec l'ensemble de nos amis et partenaires de l'Union européenne.
Q - Pourriez-vous nous faire un petit bilan de votre séjour et en second lieu, pourrions-nous vous demander avec quels moyens le Congo démocratique va-t-il s'acquitter de sa part de responsabilité qui est celle de désarmer ces groupes à l'est et de les rapatrier chez eux.
R - Comme vous le savez, j'étais hier en Tanzanie où j'ai rencontré le président Mkapa, j'étais au Burundi où j'ai rencontré le président Buyoya ainsi que les principales personnalités burundaises, j'étais au Rwanda où j'ai rencontré le président Kagamé et ce matin, j'ai vu également le président Kabila.
Je suis très frappé par la conscience qui apparaît aujourd'hui dans cette région, d'une chance historique. Evidemment, cette chance historique, la communauté internationale veut l'accompagner, l'encourager et toutes les énergies sont mobilisées pour permettre de réussir ce processus engagé. Ce processus suppose pourtant que chacun fasse sa part du chemin, que ce soit les Etats qui disposent des forces armées actuellement en République démocratique du Congo, ou la République démocratique du Congo elle-même pour qu'elle puisse accompagner ce mouvement en prenant toutes les dispositions visant les groupes armés dans l'est du pays.
Ce travail, il faut le faire bien sûr en liaison avec les Nations unies et la Banque mondiale, en liaison avec la MONUC qui pourra accompagner le processus de DDRRR. Ce processus est celui de la communauté mobilisée de façon à permettre qu'effectivement, les responsabilités puissent être clarifiées et que le dialogue politique puisse prendre le pas sur le fait accompli de ces dernières années, c'est-à-dire, la domination des armes. Il faut tourner la page, passer d'un schéma où ce sont les armes qui font la loi à un schéma où il y a la volonté. Et quand on voit les formidables capacités qui existent dans ce pays, les moyens humains, l'espace, la position stratégique, on se rend compte de l'importance de l'enjeu. Nos amis africains sont parfaitement conscients de tout l'intérêt qu'il y a pour l'ensemble de l'Afrique aujourd'hui de régler cette crise des Grands Lacs. Il faut être vigilant et faire en sorte qu'une situation dramatique en République démocratique du Congo ne se déplace pas ailleurs. De ce fait, il faut que les problèmes globaux de la région soient traités, les problèmes des réfugiés, le problème humanitaire. C'est pour cela que nous avions proposé une conférence régionale sur la situation des Grands Lacs qui, au bon moment, permettra justement de garder les efforts conjugués, de maintenir l'attention de l'ensemble des Etats de la région mobilisés pour essayer d'éviter le retour en arrière.
Q - Concernant la Côte d'Ivoire, confirmez-vous que la France va jouer un rôle de médiateur entre les insurgés et les autorités ivoiriennes ?
R - La France reste préoccupée par la situation en Côte d'Ivoire. Elle encourage le gouvernement ivoirien, les autorités ivoiriennes dans leurs efforts pour favoriser le retour au calme et à l'ordre. Les autorités françaises ont eu, au long des derniers jours, des contacts très nombreux avec le président Gbagbo mais aussi avec les autres pays de la région. Il est important que nous restions mobilisés pour faire en sorte que la situation ne continue pas de se détériorer. Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation de la communauté française et occidentale et nous avons pris les dispositions qui permettent de garantir leur sécurité. J'ai été moi-même en contact avec l'ensemble des chefs d'Etat de la région, nous restons en contact car nous souhaitons véritablement que le dialogue, que l'esprit de responsabilité et de modération puissent l'emporter. Pour cela, il est indispensable que les tensions baissent pour que le calme puisse effectivement revenir.
Q - Cette mission s'élargira-t-elle à la protection d'autres Africains comme les Burkinabés ?
R - Nous l'avons dit, la mission de nos forces, c'est la protection des communautés internationales. Nous voulons encourager tout ce qui peut aller dans le sens du calme et du retour à l'ordre. C'est véritablement l'esprit dans lequel la France est aujourd'hui présente en Côte d'Ivoire.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 septembre 2002)
(Propos tenus à Kinshasa, le 23 septembre 2002) :
Vous savez que nous suivons de très près la situation en Côte d'Ivoire. Une compagnie a été envoyée pour assurer, à titre technique et préventif, la sécurité des ressortissants de la communauté française ainsi que de la communauté internationale.
Dans les Grands Lacs, les enjeux aujourd'hui sont immenses pour la région. Ce sont les enjeux de la paix, de la réconciliation et du développement. Vous voyez que ceux-ci doivent mobiliser toutes les diplomaties et bien évidemment la France qui aime l'Afrique, qui aime cette région et qui a à coeur de participer à ce qui se passe aujourd'hui ici chez vous.
Après mon passage en Tanzanie, au Burundi, au Rwanda tout à l'heure, je suis heureux de me trouver maintenant en République démocratique du Congo. J'ai pu rencontrer le président Kabila, il y a quelques jours à Paris, puis à New York lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sous l'égide du Secrétaire général, à laquelle participaient le président Kagamé et le président Kabila.
Je suis donc heureux d'être ici ce soir pour parler de l'avenir, pour faire le point sur les efforts politiques qui sont engagés et pour apporter le soutien, l'amitié, la fidélité de la France à un pays que je connais depuis longtemps et pour lequel j'ai la plus grande estime.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002)
(Déclaration à l'issue de l'entretien avec le Président Jospeh Kabila à Kinshasa, le 23 septembre 2002) :
Q - Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, vous venez d'être reçu par le président de la République, peut-on considérer aujourd'hui que votre visite ici est la suite des entretiens que le président de la République Joseph Kabila a eus récemment à Paris avec le chef de l'Etat français et vous-même ?
R - Tout à fait et vous savez que nous avons eu, dans ces dernières semaines, plusieurs occasions d'évoquer la situation dans les Grands Lacs, à Paris lors de la visite du président Kabila, mais aussi à New York dans le cadre de la réunion spéciale du Conseil de sécurité sur les Grands Lacs, puis de la réunion tenue quelques jours plus tard sur le Burundi.
C'est un moment très important, c'est un moment charnière pour l'ensemble de la région et je crois que tous ont aujourd'hui conscience de ce qui se joue : la paix, la stabilité et le développement. Il y a une perspective nouvelle et, dans ce contexte, les engagements pris par chacune des parties sont essentiels. Le mouvement est engagé, il doit se poursuivre parce qu'il est indispensable, pour que la République démocratique du Congo, en retrouvant son unité, sa souveraineté, retrouve le pôle central qu'elle occupe en Afrique sur le plan stratégique.
Nous sommes confiants dans la poursuite de ce processus, il y a un engagement de la communauté internationale, de l'Union européenne et de la France. Nous voulons jouer tout notre rôle en appui de ce processus engagé. Ce sont les propos que je viens de tenir au président Kabila.
Q - Que peut-on attendre de votre visite concrètement ?
R - D'abord, le soutien politique de la France. J'ai rencontré hier le président Kagamé, j'étais aussi au Burundi, en Tanzanie, c'est donc l'ensemble de la perspective régionale qui est concernée. La France appuie les efforts engagés par la Mission d'observation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), elle est prête à soutenir un effort plus important de la MONUC. Nous appuyons aussi les efforts de reconstruction et l'on constate tout ce qui a été fait depuis un an en République démocratique du Congo. La France, bien évidemment prendra toute sa part au développement de votre pays.
Q - A Kigali, vous avez promis le soutien de la communauté internationale et particulièrement de la France pour garantir la sécurité à la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, comment cela se fera-t-il et en combien de temps ?
R - Il s'agit d'un mouvement qui est engagé et le président Kagamé m'a clairement indiqué qu'il se produirait rapidement. Chacune des parties doit donc tenir les engagements qui sont les siens, du côté rwandais, de la République démocratique du Congo. Il s'agit d'une prise de responsabilités communes pour faire en sorte, véritablement, que la République démocratique du Congo puisse retrouver son unité, sa souveraineté, et que l'ensemble des forces étrangères puissent se retirer.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002)
(Allocution devant la communauté française à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Ma venue à Kinshasa et dans la région est un moment fort qui nous a permis de faire le point de tout ce qui a été accompli au cours des derniers mois et d'évaluer le chemin qui reste encore à parcourir. Et je crois pouvoir dire que la communauté internationale mesure le chemin parcouru et veut être aux côtés de l'ensemble des Etats de la région et de l'ensemble des Congolais pour la partie difficile qui reste à faire.
La communauté internationale est au rendez-vous. Je l'ai constaté encore ce matin en visitant la Mission d'observation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) et en m'entretenant avec les responsables de la MONUC. Ils prennent la mesure des défis qui se posent aujourd'hui à la communauté internationale. La communauté africaine, aujourd'hui aussi, est au rendez-vous. Et je veux saluer le rôle évident joué par certains - à commencer par l'Afrique du Sud -, qui se sont mobilisés pour faciliter et encourager un processus. C'est un phénomène nouveau que de voir l'Afrique prendre en mains, soutenir son destin, et je crois que c'est particulièrement important dans le cadre de la situation des Grands Lacs car nous sommes là au coeur de l'Afrique. Nous sommes là au coeur des fractures de l'Afrique et le fait de pouvoir tourner une page est un bénéfice pour l'ensemble des Africains.
Au-delà de la communauté internationale, au-delà de la communauté africaine, je suis heureux de saluer aussi la prise de conscience qui s'intensifie tous les jours davantage ici, en République démocratique du Congo. Je l'ai noté tout à l'heure en participant à une table ronde avec d'éminents représentants du dialogue intercongolais. Je crois que chacun a conscience qu'il y a aujourd'hui un défi qui se présente pour tous les Congolais et je crois que chacun a à coeur de le relever. On le voit dans le mouvement de retrait des troupes étrangères qui est engagé. On le voit dans les engagements et la volonté qui sont aujourd'hui exprimés par le président Kabila. Il y a maintenant des perspectives clairement dessinées. Vous représentez dans cette communauté française tous les horizons : les fonctionnaires présents pour appuyer les efforts français dans ce pays mais aussi les chefs d'entreprises qui sont là pour développer les échanges entre la France et la République démocratique du Congo, tous ceux qui sont au service d'organisations non gouvernementales, humanitaires ou de développement, les missionnaires ou les responsables de la société civile présents dans ce pays, attachés à son peuple et à sa réalité quotidienne. Vous connaissez l'Afrique mieux que quiconque. Vous aimez l'Afrique et vous savez à quel point ici les relations humaines sont évidemment centrales.
Je crois que la France a un rôle spécifique à jouer. D'abord parce que par l'histoire nous occupons une place particulière sur ce continent, ensuite parce que l'expérience qui a été la nôtre nous a donné évidemment la capacité d'expérimenter, de tirer les leçons du passé. Nous sommes à même d'apprécier ce qui marche et ce qui ne marche pas. Nous savons que quand la volonté est au rendez-vous, quand la hiérarchie est sollicitée, quand l'imagination permet de faire la différence entre l'anecdotique et l'essentiel, nous pouvons alors avec nos amis africains aider à soulever des montagnes.
La République démocratique du Congo est un lieu stratégique en Afrique, c'est aussi la mémoire d'ethnies, de populations très anciennes. Il y a là une richesse et une sagesse. Je crois que nous devons relever ensemble ce défi pour permettre à ce pays de retrouver le lien avec cette histoire très ancienne, et cette responsabilité particulière sur l'ensemble de l'Afrique. Si nos amis africains sont attentifs à ce qui se passe ici, c'est parce qu'ils savent bien que la vie sera meilleure dans l'ensemble du continent quand la paix, la stabilité et le développement seront revenus.
La communauté financière internationale, le Fonds monétaire, la Banque mondiale mais aussi chacun des Etats - c'est vrai de l'Union européenne, c'est vrai de l'ensemble des grandes puissances - savent à quel point aujourd'hui le développement est véritablement le grand enjeu. Il n'y a pas de paix durable sans développement partagé, pas de développement assuré sans paix installée. La démocratie, condition indispensable, est l'horizon nécessaire pour permettre un véritable dialogue, le respect des Droits de l'Homme ; tous ces ensembles constituent un tout. Il faut aujourd'hui faire face à l'urgence : les problèmes de sécurité, les problèmes humanitaires qui se posent sur l'ensemble du territoire. C'est pour cela que la communauté internationale est mobilisée mais il faut garder cette exigence du dialogue de la démocratie et du débat qui font la force et la vitalité des sociétés africaines.
Je voulais vous redire à quel point je suis heureux d'être ici, conscient des problèmes qui se posent à vous et je veux, à travers l'ambassadeur, vous dire que nous sommes mobilisés pour y répondre. Je sais que vous avez l'expérience, la sagesse qui vous permettent en toute situation de garder le calme et le sang-froid. Nous avons voulu mettre l'accent sur le thème de la sécurité pour l'ensemble de nos communautés dans le monde qui ont été éprouvées par le terrorisme au cours de ces dernières années ; cela a été la première instruction du Premier ministre, faire en sorte que le plan de sécurité partout où c'est nécessaire soit réactualisé pour faire face à l'ensemble des situations. Je sais que le premier atout de votre communauté, c'est d'être soudés, c'est d'être intégrés et désireux véritablement de participer à l'avenir de ce pays en liaison avec le peuple congolais. Je vous redis à nouveau l'amitié et la fidélité de la France non seulement nous sommes de tout coeur avec vous mais encore nous voulons aujourd'hui plus que jamais appuyer votre travail dans ce pays si important pour l'ensemble des Congolais.
Je vous remercie.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002
(Conférence de presse avant le départ, à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Je suis très heureux de pouvoir vous rencontrer, au terme de cette tournée dans la région. J'étais hier en Tanzanie où j'ai rencontré le président Mkapa, ensuite au Burundi où j'ai rencontré le président Buyoya, le vice-président, le président de l'Assemblée nationale et le président du Sénat. Puis je suis allé au Rwanda où j'ai rencontré le président Kagamé et aujourd'hui, à Kinshasa où j'ai rencontré ce matin le président Kabila ainsi que les principaux représentants du dialogue intercongolais.
Je voudrais d'abord vous dire ma conviction que nous sommes aujourd'hui, tant en République démocratique du Congo que dans la région, à un moment charnière. Toute l'attention et la mobilisation de la communauté internationale, après les accords engagés de Pretoria, de Luanda sont aujourd'hui concentrés sur cette région. Le président Kabila était à Paris il y a quelques jours, celui du Burundi également. Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni le 13 septembre sur la question des Grands Lacs en présence conjointe et côte à côte du président Kabila et du président Kagamé ; une nouvelle réunion du Conseil s'est tenue le 16 septembre sur le Burundi.
De la même façon, la mobilisation africaine est importante, on l'a vu avec l'initiative prise en liaison avec l'Afrique du sud. Je crois que tout le monde se rend compte qu'il se joue, aujourd'hui, dans cette région des Grands Lacs, une partie essentielle. Il est très important de comprendre que l'ensemble des problèmes de cette région sont étroitement liés. Nous le voyons évidemment lorsque nous parlons de retrait des troupes étrangères de la République démocratique du Congo - il y va de l'unité, de la souveraineté du pays -, lorsque nous évoquons la question des réfugiés, les perspectives de la transition démocratique au Burundi, comme je l'ai fait hier.
Tous ces problèmes doivent être traités en même temps, qu'il s'agisse des aspects humanitaires, économiques ou politiques. Il y a donc un défi immense et nous sommes tous mobilisés pour tenter de répondre à ces questions.
La mobilisation des énergies de tous les responsables de cette région, dans ce contexte, est importante et il est bien apparu lors de mon entretien hier avec le président Kagamé que désormais une perspective était inscrite. Le retrait des troupes rwandaises a commencé.
De la même façon, il est important que ces engagements se poursuivent jusqu'à leur terme, jusqu'au retrait complet de l'ensemble des troupes étrangères et que l'ensemble des parties prennent aussi leurs responsabilités ; c'est vrai du côté de la République démocratique du Congo concernant les opérations de désarmement des forces armées de l'est du pays. Il est important que ce processus soit mené jusqu'à son terme et que s'engage parallèlement une nouvelle étape de la réconciliation politique en République démocratique du Congo. Je sens bien, je l'ai constaté ce matin lors de mon entretien avec le président Kabila, qu'aujourd'hui c'est ce qui est à l'ordre du jour.
Il y a donc une chance formidable pour cette région, un défi à relever, convaincus que nous sommes tous que développement, paix et démocratie sont indissociables.
La perspective de réconciliation et de reprise du développement du dialogue politique avec l'organisation d'élections fin 2004 est là pour créer le momentum, l'élan indispensable.
Voilà donc dans quel contexte se situe ce déplacement : prise de conscience de la communauté internationale, des pays de l'Union européenne et volonté d'agir ensemble vis-à-vis de l'ensemble des pays de la région, mobilisation également pour créer les conditions à la fois du dialogue, de la stabilité et de la réconciliation.
La France, dans cet effort, veut prendre évidemment toute sa place ; elle est très présente déjà en RDC, elle a fortement contribué au rétablissement des relations de votre pays avec les instituions financières internationales, le FMI ou le Banque mondiale, ce qui devrait permettre de lancer, début 2003, le processus d'allégement de la dette.
D'ores et déjà, un accord a été conclu au travers du Club de Paris pour un allégement de près de 5 milliards de dollars de dettes. Ce traitement de la dette permettra la reprise des financements de l'Agence française de développement ainsi que la préparation d'un contrat de désendettement et développement qui sera l'un des plus importants du continent.
En outre, vous le savez, la France a été le premier pays à reprendre, dès 1999, sa coopération technique économique directe avec les autorités congolaises. Nous assistons maintenant à une montée en puissance de cette coopération, dans des domaines aussi sensibles que ceux de la santé, de la coopération pour lutter contre le sida, du développement urbain et de l'appui aux administrations.
L'état de droit, c'est en effet l'une des priorités importantes aujourd'hui dans la reconstruction et le développement de la République démocratique du Congo. Tout ceci se fait en étroite relation avec les efforts du FMI et de la Banque mondiale.
Nous venons de lancer deux projets importants : le renforcement des capacités administratives nationales, pour un montant de 2 millions d'euros, et l'appui à la reconstruction de l'Etat, pour un montant de 5 millions d'euros.
Cette aide bilatérale vise ainsi à jouer un rôle de catalyseur, en direction de tous les partenaires du Congo bien sûr, mais aussi de l'ensemble de la région. Il y a une dynamique à encourager, à créer, et chacun d'entre vous mesure bien à quel point la paix et le développement en République démocratique du Congo aura un effet démultiplicateur tout à fait considérable pour l'ensemble de la région et toute l'Afrique.
Q - Monsieur le Ministre, les déroutes de 1998, lorsque la République démocratique du Congo a été agressée par les troupes rwandaises, ce pays a jugé l'existence de ses troupes dans notre pays. Il y a quelques jours, on apprend que des troupes rwandaises commencent à quitter notre pays. Il y a quelques années, au Parlement français, une loi avait codé l'esclavage de crime contre l'humanité. Avec 3 500 000 morts, que peut faire la France pour que ces morts ne soient pas morts pour rien ?
Vous êtes arrivé hier, il n'y avait pas d'électricité depuis deux week-ends, à Kinshasa : la France ne peut-elle pas nous aider afin que l'électricité soit pour tous en République démocratique du Congo ?
R - Le premier devoir que l'on a, vis-à-vis des siens, dans l'épreuve, c'est d'oeuvrer dans le sens de la paix et du développement ; le souvenir, la mémoire nous font prendre conscience, aujourd'hui, de l'urgence et de la chance qui sont à saisir. L'urgence parce qu'il y a un mouvement qui est engagé, vous l'avez noté ; il y a aujourd'hui, un retrait qui s'initie, qui s'engage du côté rwandais. A partir de ce moment, ce premier pas doit se confirmer tout au long des prochaines semaines et c'est l'engagement que m'a donné le président Kagamé. Il faut se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire vérifier que chaque partie tient ses engagements, chacun pour sa part, et vous savez toute l'importance que nous attachons, en liaison avec la communauté internationale, au programme du DDRRR soutenu par les Nations unies et la Banque mondiale. La démobilisation, la démilitarisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégration de l'ensemble de ceux qui, aujourd'hui, constituent les mouvements armés dans l'est du pays.
Le meilleur gage que l'on peut donner de la souffrance et du prix payé, si cher, si fort, si douloureux, c'est de s'atteler justement avec l'extrême énergie, à ce qu'une nouvelle page s'écrive dans l'Histoire de votre pays et dans l'Histoire du peuple congolais.
Je crois qu'un nouvel espoir est né aujourd'hui, il faut le faire fructifier et nous sommes là justement pour vous accompagner sur ce chemin.
Concernant l'électricité, nous mesurons bien aujourd'hui à quel point les défis économiques sont importants et vous savez que nous sommes prêts à étudier et initier les coopérations indispensables pour permettre à la République démocratique du Congo de retrouver la voie du développement pour lequel il a tous les atouts. Je voudrais en effet souligner à quel point, dans ce pays, il y a, à la fois, les capacités humaines, les richesses qui peuvent véritablement faire de ce pays l'un des tout premiers pays d'Afrique. Il y a donc une volonté politique, une volonté de chacun de participer à ce grand projet qu'est le développement congolais.
Q - Croyez-vous en la capacité de l'Afrique à dépasser ses divisions ?
R - La France a une longue expérience, une longue amitié et une longue fidélité à l'Afrique. Et s'il y a quelque chose que nous avons sur ce continent, c'est justement distinguer ce qui constitue des défis historiques et ce qui constitue de simples passades, de simples circonstances. Il y a aujourd'hui, dans cette région, un moment historique. Et je l'ai redit, partout où je suis allé, la mobilisation de la communauté internationale, la mobilisation de chacun des Etats, la conscience régionale qui s'affirme aujourd'hui pour un destin commun créent les circonstances favorables. Il n'est pas temps de douter, il faut avancer avec lucidité, mais il faut oeuvrer pour que chacun fasse sa part du chemin. C'est là l'essentiel, faire sa part du chemin. Chacun sait aujourd'hui que la paix, le développement se feront au bénéfice de toute la région, et lorsque je parle de la région, je pense également à l'échelle du continent.
Lorsque l'on voit la mobilisation des grands chefs d'Etat africains avec lesquels nous sommes en contact tous les jours, on se rend compte qu'ils mesurent bien tous les aspects et tous les effets qu'auront, sur le continent, sur chacun de leur pays, la paix et la stabilité retrouvées ici.
Le temps est donc à la mobilisation. Les engagements pris par le président Kagamé, la nécessité de respecter l'ensemble des engagements pris par chacun, le retrait des troupes étrangères doivent redonner son unité et sa souveraineté à la République démocratique du Congo. C'est, je crois, un mouvement qui doit non seulement se fortifier mais aussi conduire à faire en sorte que chacun prenne ses responsabilités. Parallèlement à un mouvement de retrait, il faut que la réconciliation politique, la restauration et la mobilisation de l'ensemble des énergies se fassent de façon à éviter que le vide qui peut se créer ne soit pas utilisé négativement.
Il y a une prise de responsabilité globale qui est beaucoup plus importante, dans un mouvement et un calendrier qui peuvent être rapides, qui seront vraisemblablement rapides.
Il est très important que cette mobilisation se fasse partout.
Q - Le Congo a sa part de responsabilité dans ce qui va se passer. Or, nous savons que le Rwanda a des coopérations avec la communauté internationale et des puissances étrangères, le Congo est sous embargo, pensez-vous que, dans cette situation, la République démocratique du Congo pourra assurer sa part de responsabilité, c'est-à-dire désarmer les mouvements, ou bien faudra-t-il un appui comme celui de la France ? La France pourrait-elle faire quelque chose de concret pour faciliter la tâche au Congo ?
R - Vous soulevez la question importante qui est au coeur du programme DDRRR. On voit bien à cet égard, à quel point la communauté internationale est d'ores et déjà mobilisée. Il y a, du côté des Nations unies et du côté de la Banque mondiale, une prise de conscience très aiguë de la nécessité d'accompagner ce mouvement. La France, non seulement soutient mais participe pleinement à ce projet. Nous avons, d'ores et déjà, annoncé une contribution de 2 millions d'euros à ce programme DDRRR pour marquer toute l'importance que nous accordons à sa mise en oeuvre. Tout ceci doit être fait concomitamment, qu'il s'agisse de l'opération de retrait, de l'engagement dans le cadre de cette opération DDRRR, du mouvement de dialogue et de réconciliation politique, tout ceci doit être fait en même temps. Il faut, par rapport à la situation antérieure qui reflétait l'inquiétude, le doute, la crise et le scepticisme, répondre à ce danger, à ce doute, à ce scepticisme par un pari sur l'avenir, par une initiative. C'est ce qui m'a frappé en rencontrant les responsables au Rwanda, en RDC et dans l'ensemble de la région. C'est que la prise de conscience fait que chacun a le sentiment qu'il faut aller de l'avant. Ce n'est pas le moment de regarder en arrière, de s'apitoyer et de douter. Il faut faire le pari de la paix comme il faut faire le pari du développement et de la démocratie. Ce sont là les axes forts qui doivent aujourd'hui mobiliser chacune des parties et qui permettront d'entrer dans une époque nouvelle. C'est cette conscience-là qu'il faut développer, beaucoup plus que le scepticisme évidemment plus facile.
Ne vous y trompez pas, la réunion du Conseil de sécurité, sur la situation dans les Grands Lacs, la réunion qui s'est par ailleurs tenue sur le Burundi, marquent bien qu'il se passe quelque chose d'important sur la scène internationale.
Jamais votre continent, jamais l'Afrique n'a été aussi présente dans les préoccupations du monde.
La France prend toute sa part dans ce mouvement.
Prenez les grandes conférences qui sont réunies depuis les derniers mois, Monterrey, Kananaskis, le Sommet de Johannesburg, jamais l'Afrique n'a été davantage au coeur des préoccupations du monde. Jamais elle n'a été autant mobilisée pour régler ses propres problèmes. Nous l'avons vu en Afrique australe, nous le voyons dans la plupart des crises régionales, au Soudan, dans les Grands Lacs : il y a une volonté aujourd'hui de régler les problèmes, de se réapproprier son propre destin sur le plan économique. Nous le voyons au travers du NEPAD. Le temps est à la mobilisation, à la confiance, le temps est à l'effort et à la mise en commun des idées, des énergies. Un nouveau cap s'ouvre pour la région comme une nouvelle page s'ouvre pour l'Afrique. C'est cette confiance que la France veut exprimer, c'est cette disponibilité, cette amitié, cette fidélité auprès de vous tous, de tous les Africains car nous sommes convaincus qu'il y a, sur ce continent, dans votre région, dans votre pays, un capital de sagesse, un capital d'humanité qui constituent véritablement un atout pour la communauté mondiale. C'est cet acte de foi que je voulais d'abord, aujourd'hui, apporter à votre pays.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002)|N|N|N|N|Texte Intégral 14291|Communiqué du ministère des affaires étrangères du 2 juin.
- Nous venons d'apprendre la libération d'environ 120 des membres de l'ONU retenus par les Serbes de Bosnie. Cette libération constitue une première étape.
- Nous attendons maintenant la libération sans délai de l'ensemble des otages que nous continuons d'exiger comme toute la communauté internationale.
- Communiqué de la présidence de la République du 3 juin.
- M. Milosevic a rappelé ce matin le Président de la République. Il a confirmé que la libération de 120 otages, dont 63 Français, ne constituait qu'une première étape.
- L'ensemble des otages, d'après M. Milosevic, devrait être libéré très rapidement malgré les difficultés matérielles liées à leur dispersion.
- Le Président de la République a réaffirmé que ces prises d'otages étaient intolérables et qu'elles ne seraient pas tolérées.
- Il a demandé à M. Milosevic d'user de toute son influence pour que la libération de tous intervienne dans les meilleurs délais.
- Le Président de la République a également souligné que la reconnaissance mutuelle de la Bosnie Herzégovine et de la Serbie Monténégro était le préalable indispensable à un allègement substantiel des sanctions et à une relance de la dynamique de paix.|N|N|N|N|Texte Intégral 14292|Dans sa déclaration de politique générale, M. Alain Juppé, Premier ministre, a insisté sur l'importance déterminante de la mer dans les atouts de la France et manifeste la volonté du Gouvernement de rendre à notre pays son rang de puissance maritime de premier plan.
- Pour assurer au mieux la continuité de cette politique, le Premier ministre vient de demander à M. Bernard Dujardin, administrateur civil hors classe, contrôleur d'Etat, d'étudier les conditions dans lesquelles la coordination des différents départements ministériels pourrait être assurée avec la meilleure efficacité, et de lui remettre des propositions. Il lui a adressé une lettre de mission dans ce sens, en lui demandant d'associer à cette réflexion l'ensemble des intervenants concernés, les professionnels et partenaires sociaux du secteur, et les parlementaires intéressés.|N|N|N|N|Texte Intégral 14293|M. Robert Pandraud, Président de la Délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne, et M. Franck Borotra, rapporteur de cette Délégation, ont été reçus le 2 juin par le Premier ministre.
- Ils ont pris acte des conclusions portant sur le marché intérieur de l'électricité, adoptées hier lors d'un Conseil énergie à Luxembourg. Ils ont souligné auprès du Premier ministre les aspects positifs de ces conclusions, en particulier la prise en compte de la possibilité pour les Etats de mettre en place un système d'acheteur unique et le respect du principe de subsidiarité dans l'organisation de la distribution, mais également les risques de confusion entre le système de l'acheteur unique, présenté par la France, et celui de l'accès des tiers au réseau, que préconise la Commission européenne. Ils ont exprimé le souhait que, dans la suite des négociations, la France défende le système de l'acheteur unique en rejetant les conditions dont la Commission veut l'assortir. Le Premier ministre a souhaité disposer des résultats de la mission que la Délégation de l'Assemblée nationale a confiée à M. Franck Borotra sur l'avenir des services publics dans le cadre de l'Union européenne. Il a également demandé à la Délégation de lui faire part des critiques qu'appelaient de sa part les conclusions du Conseil et d'examiner les possibilités de modifications de la loi de 1946 qu'elle envisage dans ses conclusions en date du 30 mai 1995.|N|N|N|N|Texte Intégral 14294|J.-P. Elkabbach.- Ministre de l'Intérieur depuis six mois, pratiquement jour pour jour, vous êtes généralement encensé pour votre réussite contre l'insécurité. Policiers et gendarmes plus actifs qu'avant, avez-vous dit, font reculer la délinquance" - plus de 5 % en octobre. Or, hier, vous avez confié...
- "Moins de 5 % de délinquance."
Oui, c'est ce que je voulais dire. Hier, vous avez confié dans un débat au Sénat : "Ma mission c'est réduire la délinquance durablement. Sinon, je tirerais toutes les conséquences d'un échec". Qu'est-ce que vous avez voulu dire ?
- "C'est très simple : je ne peux pas dire à mes collaborateurs, à tous ceux qui travaillent au ministère de l'Intérieur, que nous avons des objectifs, faire reculer la délinquance, que nous devons être efficaces, que nous devons tenir les engagements pris par le président de la République et par le Premier ministre, et considérer que si on ne réussissait pas, que c'est la même chose. Il est temps que la culture de la performance, de l'évaluation, des objectifs et des résultats imprègne tout le service public. Et il est normal qu'étant ministre, s'il n'y avait pas de résultats j'en tire les conséquences."
Cela s'applique à tous les échelons ?
- "Cela s'applique à tous les échelons. Et plus on monte, plus ça doit s'appliquer."
La culture du résultat c'est la meilleure méthode, y compris pour les ministres ?
- "Les Français sont exaspérés. La délinquance, ces cinq dernières années, a explosé. Nous ne sommes pas là pour commenter la hausse de la délinquance mais pour la réduire. Depuis six mois, c'est ce que nous faisons. Les chiffres du mois d'octobre sont bons : moins 5 % de délinquance. Et plus important, je veux dire aux gendarmes et aux policiers, combien je suis satisfait de ce qu'ils ont fait. Parce que tous les critères d'activité augmentent : plus de personnes interpellées, plus de personnes mises en garde à vue, le taux d'élucidation des affaires qui augmentent également, la délinquance qui recule dans les trois quarts des départements, et quasiment tous les délits et tous les crimes qui sont en recul. Cela doit être confirmé. On doit aller plus loin, mais c'est un bon premier résultat. Mais je dois dire que leur mobilisation est digne du plus grand respect."
Mais les chiffres sont bons. Qu'est-ce que cela veut dire "aller plus loin" et comment ?
- "Qu'est-ce qu'on a fait sur ces six mois, si on fait un bilan très rapide ? On a, je le crois, enrayé l'explosion de la délinquance. Cela fait cinq ans que la délinquance augmentait continûment. Depuis six mois, elle a reculé, peu, mais elle a reculé. Sur les quatre premiers mois de l'année, avant que le gouvernement de J.-P. Raffarin arrive - rien que sur les quatre premiers mois de l'année -, la délinquance avait encore augmenté de 5 %. Depuis six mois, on est à un recul de la délinquance. Il faut aller plus loin : il faut que la France retrouve un niveau de sécurité publique comparable avec celui qui existe dans les autres grandes démocraties. Il n'y a pas de liberté sans tranquillité publique."
Donc, si vous échouez vous partez, et si vous réussissez, comme c'est en ce moment le cas, que faites-vous ?
- "Pour l'instant, c'est l'heure du travail."
Pour que les policiers et les gendarmes travaillent ensemble et plus efficacement, vous avez l'intention - vous l'avez annoncé, promis - de réorganiser la répartition géographique des gendarmes et des policiers. On dit, maintenant, que 90 commissariats sont concernés. D'abord, est-ce que c'est vrai ? Et est-ce que cela ne va pas augmenter, comme certains le disent déjà, l'insécurité ?
- "D'abord, les chiffres sont faux, pour une raison simple : c'est que les chiffres exacts, on les connaîtra le 15 novembre, quand les préfets m'auront rendu leur copie. Qu'est-ce qui se passe ? Cela fait 61 ans que la carte de répartition des zones police et gendarmerie n'a pas changé. Je pose une question très simple, que nos auditeurs peuvent parfaitement comprendre : est-ce que depuis 61 ans, la délinquance a changé ? Je souhaite mettre policiers et gendarmes là où il y a des délinquants, pas là où il n'y en a pas. C'est une première remarque qui me semble importante. Il y a deuxième remarque : c'est que cette efficacité que l'on attend de nous, elle dépend de nos capacités d'organiser cette carte. Pour l'organiser, nous ferons en sorte que nulle part, aucune zone ne se sente en situation de déshérence. Et je pense plus particulièrement aux zones rurales, qui ont été celles où la délinquance a le plus augmenté ces dernières années. Si la carte était si bonne, alors comment se fait-il que les taux de délinquance en zone rurale ces dernières années augmentaient de 18 % chaque mois ? C'est une augmentation exponentielle !"
Oui, mais par exemple, vous avez écouté, ce matin, Europe 1, vous avez entendu que dans les Côtes-d'Armor, par exemple, il va y avoir moins de policiers.
- "Prenons un autre exemple : Nantes. Le périphérique nantais est, à ma connaissance, le plus grand de France. Les trois quarts du périphérique sont en zone police, un quart en zone gendarmerie. Je vous pose une question : quand un délinquant se trouve en voiture sur le périphérique nantais, est-ce que vous croyez qu'il se demande s'il est dans la zone gendarmerie ou dans la zone police ? Il faut mettre ce périphérique en zone police. S'agissant des Côtes-d'Armor, j'ai entendu, à 6h30, ce matin, sur votre antenne, et j'en ai déjà tiré un certain nombre de conséquences. J'ai demandé un rapport sur ce qui s'était passé, comment la concertation a été conduite. J'aurai ce rapport dès aujourd'hui, et j'en tirerai aussi toutes les conséquences. Je souhaite que les préfets conduisent une concertation. Il y a un grand changement par rapport aux réformes précédentes : c'est que les réformes précédentes se faisaient sur le redéploiement pour masquer la réduction des effectifs. Aujourd'hui, nous avons des effectifs en plus, donc on pourra donner davantage d'effectifs dans des zones qui n'en ont pas."
Autre chose, puisque vous écoutez Europe 1 : il n'y a plus de Sangatte. Or il y a des clandestins bulgares à Bordeaux, il y a des sans-papiers en ce moment à Calais. Est-ce que Sangatte fermé, cela ne va pas être un certain nombre de clones de petits Sangatte ?
- "Il faut dire que la période où on pouvait s'installer en France, comme ça, au mépris de toutes les règles et puis, en plus, culpabiliser la France, c'est une période dont je souhaite qu'elle soit terminée. S'agissant des Roumains installés en situation irrégulière dans le Val-de-Marne : il y en a déjà 450 qui sont repartis en Roumanie, pour certains en faisant un passage par la Suisse. J'ai longuement travaillé avec..."
C'est vrai qu'ils avaient de belles voitures ?
- "...J'ai longuement travaillé avec ma collègue... - en tout cas des voitures qui suffisaient pour les amener de France en Suisse -, ministre de l'Intérieur suisse et nous avons organisé près de 450 retours. Pour les Bulgares, c'est invraisemblable la situation ! Le préfet, sur mes instructions, a procédé à un recensement des personnes ; un certain nombre sont en situation irrégulière, ils doivent être reconduits en Bulgarie. J'aurai dans les jours qui viennent des contacts avec les autorités bulgares. Mais il ne suffit pas de s'installer en France, de dire "j'ai un droit", et en plus de reprocher aux Français de ne pas être assez généreux. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Sur Sangatte : le gouvernement précédent a laissé Sangatte croître, enfler et embellir. Sangatte, c'est un hangar dans lequel on jette des milliers de malheureux à qui on fait croire qu'ils ont un avenir. J'ai décidé que Sangatte serait fermé. Et un certain nombre de provocateurs ont occupé, contre l'avis du maire d'ailleurs, un gymnase à Calais, alors que toutes les possibilités d'accueil dans un certain nombre de centres de la région, étaient ouvertes. Qu'est-ce qu'on souhaite ?..."
Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
- "Que souhaite-t-on ? Qu'ad vitam aeternam, on continue à accueillir tous les Kurdes ou tous les Afghans à Sangatte ? Alors, on fait deux choses : d'abord, j'ai fait démanteler par la police de l'air et des frontières tous les réseaux de passeurs à Sangatte ; les six réseaux de passeurs ont été éradiqués. Deuxièmement, ces gens viennent pour passer en Angleterre. L'Angleterre n'en veut pas, c'est son droit. La législation est en train de changer pour qu'elle soit moins attirante. Troisièmement, j'ai mis en place, avec le HCR, un système "2.000 euros par personne" pour commencer à reconduire chez eux des gens dont l'Afghanistan a besoin pour se reconstruire. On ne peut pas accepter en France toute la misère du monde..."
Il n'y aura pas de nouveau Sangatte ?
- "Non. Il faut être généreux, il faut aider tous ceux qui peuvent l'être. Mais quand je vois qu'on demande le statut de réfugié politique et qu'on vient de la Roumanie ou de la Bulgarie... En Roumanie, il y a eu des élections présidentielles parfaitement libre, elle est devenue une démocratie, un jour elle rentrera dans la communauté européenne... Est-ce qu'on doit considérer que tous les gens doivent avoir un statut de réfugié politique, alors qu'ils viennent de pays que nous nous apprêtons à accepter en Europe ? Cela n'a aucun sens et il convient de le dire. La générosité de ceux qui parlent beaucoup et qui agissent très peu, elle se fait sur le dos, d'abord de ces malheureux à qui on fait croire qu'ils ont un avenir en France alors qu'ils n'en ont pas, et deuxièmement de tous ces gens qui habitent autour de Sangatte qui, depuis quatre ans, vivent aussi une situation très difficile, qui en ont plus qu'assez et avec un FN qui était à 35 % dans ces régions. Que veut-on ? Qu'on continue ? J'observe que ceux qui parlent avec le coeur à la main, ce ne sont pas ceux qui habitent dans ces régions. Moi aussi, je mets en place une politique pour les habitants de ces régions."
L'Eglise catholique fait appel aux policiers pour que les lieux de culte soient moins manipulés, ou en tout cas ne soient plus occupés. Pourquoi occupe-t-on toujours des églises et jamais des mosquées ?
- "Je rends hommage à l'Eglise de France, qui est à la fois généreuse, accueillante, mais qui en a eu assez d'être exploitée ou d'être prise à partie. Et les décisions qui ont été prises, notamment la dernière évacuation, je les ai prises en plein accord avec les responsables de l'Eglise de France. La communauté catholique doit aussi être respectée. On n'a pas à envahir des lieux de culte, quels que soient par ailleurs les problèmes qui sont les leurs. Concernant les sans-papiers - puisque depuis des mois, je gère cette affaire avec le plus d'humanité possible -, il n'y a pas de raison que l'Eglise voit ses différents édifices occupés..."
Vous ne m'avez pas répondu sur les mosquées.
- "Mais ce n'est pas une question à me poser à moi, j'occupe assez peu d'églises ! On verrait dans ce cas-là, celui que vous évoquez, quelle serait la réaction de la communauté musulmane. On pourrait le dire aussi pour les temples protestants ou pour les synagogues..."
Je voulais vous poser une question sur les prostituées, mais le temps passe vite, on le fera une autre fois...
- "Peut-être un mot sur les prostituées. Je reconnais bien volontiers que les prostituées sont des victimes. Mais je pense aussi à d'autres victimes, à qui on n'a rien demandé : ce sont les habitants qui habitent dans les quartiers où on ne peut pas rentrer chez soi, parce qu'en bas de chez soi, on a le droit d'avoir le ballet des souteneurs, des proxénètes, des prostituées, des clients et d'un certain nombre de détraqués... J'aimerais aussi qu'on pense à ceux qui habitent dans ces quartiers et que la générosité, encore une fois, de ceux qui parlent, ils pensent un peu à tous ceux-là, qui sont des victimes, qui ont des enfants et qui en ont plus qu'assez de rentrer entre deux haies de prostituées."
Puisque vous posez le problème, les étrangères en situation irrégulière, africaines ou européennes de l'Est, exploitées par des réseaux de mafieux : dehors ?
- "Depuis cinq ans, les filières de prostitution de l'Est et d'Afrique explosent. On n'en a jamais vu autant. La question qui est posée est la suivante : en permettant de raccompagner chez elles ces prostituées étrangères en situation irrégulière, je voudrais dire d'abord qu'on les sort du réseau de leur proxénète. Parce qu'elles sont en danger en France lorsqu'elles sont sur le trottoir, frappées, humiliées, exploitées par des gens sans scrupule. Nous poursuivons ces gens, mais en raccompagnant les prostituées étrangères chez elles, nous les mettrons à l'abri des réseaux qui les exploitent. Vous savez, ce n'est pas en Albanie que les prostituées étrangères risquent quelque chose..."
Est-ce vrai que vous avez arrêté des Albanais récemment ?
- "Il y a deux jours, à Lyon, on a démantelé un réseau de frères sans scrupule et profondément violents, et c'était parfaitement scandaleux. Et ces filles, qui sont des malheureuses, si on les tolère sur nos trottoirs, cela veut dire qu'on tolère et qu'on accepte qu'elles soient exploitées par des proxénètes."
Votre mission, c'est aussi de protéger contre la menace du terrorisme qui grandit. Est-ce que vous confirmez qu'il y a eu des arrestations, d'un terroriste au moins à Marseille, après ceux de Lyon ?
- "Oui, à Marseille et à Lyon. Et je veux rendre hommage à la DST et aux Renseignements généraux qui, notamment sur l'affaire de Lyon, on fait un travail considérable. Nous agissons en parfaite collaboration avec nos amis tunisiens et nos amis européens."
A Marseille, c'étaient des "gros" ?
- "A Marseille et à Lyon, les jours qui viennent permettront de voir que c'étaient des choses importantes."
En liaison avec Al Qaida ?
- "Hélas."
(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 8 novembre 2002)
-|N|N|N|N|Texte Intégral14283|`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` COMME C'EST L'USAGE, NOUS ALLONS VOUS FAIRE, LE CHANCELIER `HELMUT SCHMIDT` ET MOI, LE COMPTE-RENDU DE CETTE RENCONTRE QUE NOUS VENONS D'AVOIR AVEC LES MEMBRES DES GOUVERNEMENTS ALLEMAND ET FRANCAIS. PAR LA SUITE, LES PORTE-PAROLE DONNERONT DES ELEMENTS D'INFORMATION DETAILLES SUR LE CONTENU TECHNIQUE DE NOS CONVERSATIONS. CETTE RENCONTRE ETAIT IMPORTANTE PARCE QUE C'EST, VOUS LE SAVEZ, LE QUINZIEME ANNIVERSAIRE DU TRAITE QUI A FONDE L'ENTENTE ET LA COOPERATION ENTRE LA REPUBLIQUE FEDERALE D'ALLEMAGNE ET LA FRANCE. CE TRAITE A ETE SIGNE DANS LA SALLE OU NOUS DELIBERIONS ; J'ASSISTAIS A SA SIGNATURE AVEC, D'AILLEURS, DEUX DES MINISTRES ACTUELS DU GOUVERNEMENT (M. PEYREFITTE ET M. BOULIN), ET JE GARDE ENCORE LE SOUVENIR DE L'IMAGE ALTIERE DU GENERAL DE GAULLE ET DU CHANCELIER ADENAUER SIGNANT COTE A COTE CE DOCUMENT `22 JANVIER 1963 ` DATE` ; CE DOCUMENT QUI METTAIT FIN AU TRES LONG CONTENTIEUX HISTORIQUE ET SOUVENT SI CRUEL ENTRE L'ALLEMAGNE ET LA FRANCE ET QUI OUVRAIT UNE ERE NOUVELLE DANS LEURS RELATIONS. J'AI PU CONSTATER AU-COURS DE CE SOMMET COMBIEN DESORMAIS ETAIT ETROITE L'ENTENTE ENTRE L'ALLEMAGNE FEDERALE ET LA FRANCE. IL Y A SANS DOUTE LES POINTS QUE JE VAIS TRAITER, C'EST-A-DIRE UN CERTAIN NOMBRE DE QUESTIONS SPECIFIQUES OU NOUS AVONS PU ABOUTIR A DES ORIENTATIONS OU A DES ACCORDS ; MAIS IL Y A EGALEMENT LE FAIT QUE NOUS NOUS ENTRETENONS, SOIT AU-NIVEAU DU CHANCELIER ET DE MOI-MEME, SOIT AU-NIVEAU DU PREMIER MINISTRE `RAYMOND BARRE`, DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT, DANS UNE ATMOSPHERE, JE DOIS LE DIRE, DE TOTALE CONFIANCE ET D'OUVERTURE. SUR TOUS LES GRANDS PROBLEMES DU MOMENT - DIEU SAIT S'IL Y EN A DE GRANDS PROBLEMES DANS LE MONDE - IL Y A AINSI UNE CONCERTATION ETROITE ET FRANCHE DE LA POLITIQUE DE L'ALLEMAGNE FEDERALE ET DE LA FRANCE
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`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` CONCERNANT LES POINTS PARTICULIERS DONT NOUS AVONS DEBATTU, JE PARLERAI D'ABORD DES QUESTIONS DE CONJONCTURE POUR DIRE QUE NOUS POURSUIVRONS EN 1978 `DATE` NOS EFFORTS EN_VUE D'UN AJUSTEMENT POSITIF DES SITUATIONS CONJONCTURELLES DE L'ALLEMAGNE FEDERALE ET DE LA FRANCE. D'AILLEURS, A LA FIN DE 1977, IL Y A EU UN RAPPROCHEMENT DANS CES SITUATIONS CONJONCTURELLES, RAPPROCHEMENT QUI EST POSITIF DANS CERTAINS DE CES ASPECTS (MEILLEUR EQUILIBRE), ET QUI, PAR CONTRE EST PREOCCUPANT DANS D'AUTRES PUISQUE LES OBJECTIFS DE CROISSANCE DE 1977 N'ONT PAS ETE ATTEINTS, COMME VOUS LE SAVEZ, DANS LA COMMUNAUTE_ECONOMIQUE_EUROPEENNE. NOTRE OBJECTIF, C'EST DONC DE POURSUIVRE LA COORDINATION DE NOS CONJONCTURES DANS UN SENS POSITIF, C'EST-A-DIRE EN AMELIORANT A LA FOIS L'EQUILIBRE ET LA CROISSANCE. J'AI INDIQUE AU CHANCELIER, QUI M'AVAIT ECRIT A CE SUJET, QUE J'AVAIS UNE ATTITUDE FAVORABLE A SON INITIATIVE CONCERNANT L'EVENTUALITE D'UNE REUNION AU SOMMET DES DIRIGEANTS DES PRINCIPAUX PAYS INDUSTRIALISES QUI SE TIENDRAIT EN ALLEMAGNE FEDERALE, AU-COURS DU MOIS DE JUILLET. A CONDITION, BIEN ENTENDU, QUE CETTE REUNION SOIT PREPAREE AVEC TOUT LE SOIN NECESSAIRE. CONCERNANT LA SITUATION DU FRANC `MONNAIE` NOUS N'EN AVONS PAS PARLE AVEC LE CHANCELIER. MAIS, PUISQUE J'AI DEVANT MOI LES REPRESENTANTS DES GRANDS MOYENS D'INFORMATION, JE VOUS INDIQUE QUE J'AI DONNE AU PREMIER MINISTRE `RAYMOND BARRE`, LA DIRECTIVE DE METTRE EN_OEUVRE TOUS LES MOYENS TECHNIQUES NECESSAIRES POUR S'OPPOSER A LA DEPRECIATION DU FRANC. EN CE QUI CONCERNE LES ACTIONS BILATERALES, NOUS AVONS EXAMINE A NOUVEAU LES ACTIONS DE COOPERATION DONT NOUS ETIONS ENTRETENUS A BONN AU MOIS DE JUIN DERNIER ` 1977 ` DATE`. NOUS AVONS CONSTATE QU'EN CE QUI CONCERNE LE PROGRAMME NUCLEAIRE, LES DECISIONS QUI AVAIENT ETE PRISES ETAIENT EN APPLICATION ET EN BONNE VOIE CONCERNANT, NOTAMMENT, LA COOPERATION DANS LES TECHNOLOGIES AVANCEES
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`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` POUR CE QUI EST DE L'ESPACE, IL A ETE CONFIRME CE MATIN LA VOLONTE COMMUNE DE PROCEDER A LA CONSTRUCTION D'UN CERTAIN NOMBRE DE LANCEURS DE TYPE ARIANE ET, APRES AVOIR MIS AU-POINT CETTE FUSEE, DE PROCEDER A SA CONSTRUCTION INDUSTRIELLE. C'EST AU-COURS DES PROCHAINES SEMAINES QU'A-PARTIR DES BESOINS EN NOMBRE DE LANCEURS SERA DETERMINEE LA CONSISTANCE DETAILLEE DU PROGRAMME. POUR CE QUI EST DE LA COOPERATION EN-MATIERE D'AERONAUTIQUE CIVILE, NOUS SOMMES FAVORABLES, LES UNS ET LES AUTRES, A LA REALISATION LA PLUS RAPIDE POSSIBLE DE LA VERSION NOUVELLE DE L'AIRBUS CONNU SOUS LE NOM DE B10. NOUS AVONS INDIQUE A CET EGARD QUE LA PROSPECTION EN-COURS DU MARCHE POUR FIXER LE NOMBRE DES PERSPECTIVES DE COMMANDE ALLAIT ETRE ACTIVEMENT POURSUIVIE DE FACON A PERMETTRE DE PRENDRE A SON ACHEVEMENT LA DECISION DE LANCEMENT DE LA FABRICATION. DECISION QUI POURRAIT DONC INTERVENIR D'ICI LE PROCHAIN SOMMET FRANCO - ALLEMAND. D'AUTRE_PART, NOUS AVONS DECIDE DE POURSUIVRE L'ETUDE DE L'AUTRE TYPE D'AVION CIVIL DONT NOUS ENVISAGEONS LA CONSTRUCTION QUI EST, VOUS LE SAVEZ, UN AVION LEGEREMENT PLUS PETIT, A FUSELAGE ETROIT, ET A PROPOS DUQUEL NOUS POURRIONS RECHERCHER UNE COOPERATION AVEC CERTAINS DE NOS PARTENAIRES EUROPEENS. ENFIN, POUR CE QUI EST DES PROBLEMES COMMUNAUTAIRES `CEE`, NOUS AVONS EXPRIME NOTRE VIF REGRET DES RETARDS APPORTES A LA SOLUTION DE L'IMPORTANT PROBLEME DE LA PECHE. TOUT A L'HEURE, LES PORTE-PAROLE SERONT A MEME DE VOUS DONNER DES INDICATIONS PLUS DETAILLEES SUR CE SUJET
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`POLITIQUE ETRANGERE ` RELATIONS FRANCO - ALLEMANDES` CONCERNANT LES GRANDS PROBLEMES INTERNATIONAUX, NOUS NOUS SOMMES ENTRETENUS, AVEC LE CHANCELIER, DES PROBLEMES LIES AU NIVEAU DES ARMEMENTS, C'EST-A-DIRE, D'UNE_PART LES NEGOCIATIONS SALT ET MBFR, SUR LESQUELS NOUS AVONS ECHANGE NOS REFLEXIONS, PUISQUE VOUS SAVEZ QUE NOUS NE PARTICIPONS PAS DANS LES MEMES CONDITIONS A CES NEGOCIATIONS ; D'AUTRE_PART, J'AI INFORME LE CHANCELIER, DE FACON PLUS DETAILLEE, DES PROPOSITIONS QUE NOUS SERONS CONDUITS A FAIRE EN-MATIERE DE DESARMEMENT. IL A ETE PREVU A CET EGARD QUE CELUI QUI EST CHARGE DE CE PROBLEME, M. TAITTINGER, SE RENDRA A BONN LA SEMAINE PROCHAINE AFIN DE REPONDRE AUX QUESTIONS DES AUTORITES DE L'ALLEMAGNE FEDERALE CE QUI NOUS PERMETTRA, LORSQUE NOUS ARRETERONS DEFINITIVEMENT NOS DECISIONS SUR CE SUJET, C'EST-A-DIRE DANS LA DEUXIEME QUINZAINE DU MOIS DE FEVRIER, D'ETRE INFORMES DES REACTIONS ET DES OPINIONS DE NOS PARTENAIRES DE L'ALLEMAGNE FEDERALE. ENFIN, NOUS AVONS ECHANGE NOS REFLEXIONS, C'EST-A-DIRE NOS PREOCCUPATIONS SUR LA SITUATION DANS LA CORNE_DE_L_AFRIQUE, DUE AU FAIT, NOTAMMENT, A L'ARRIVEE EN_NOMBRE D'ELEMENTS MILITAIRES EXTERIEURS A LA REGION QUI CREENT DANS CETTE PARTIE SENSIBLE DE L'AFRIQUE UNE SITUATION D'INSTABILITE ET DE PERIL. NOUS AVONS REFLECHI AUX INITIATIVES QUI POURRAIENT ETRE PRISES DE FACON A ABOUTIR, D'UNE_PART, AU REGLEMENT PACIFIQUE DU PROBLEME QUI S'Y POSE ET, D'AUTRE_PART, AU RETOUR INDISPENSABLE A LA SECURITE DANS CETTE REGION. VOICI, JE CROIS, MONSIEUR LE CHANCELIER, L'ESSENTIEL DE NOS CONVERSATIONS. J'AJOUTERAI QUE, COMME TOUJOURS, J'AI TROUVE LE PLUS GRAND INTERET AUX ENTRETIENS QUE J'AI EUS AVEC LE CHANCELIER SCHMIDT EN-RAISON DE SA GRANDE CONNAISSANCE DES PROBLEMES DU MONDE ET EN MEME TEMPS DE LA VOLONTE QUI EST LA SIENNE DE FAIRE QUE CETTE COOPERATION ENTRE LA FRANCE ET L'ALLEMAGNE FEDERALE GARDE AU-COURS DES PROCHAINES ANNEES LE CARACTERE EXEMPLAIRE QU'ELLE A EU AU-COURS DE LA PERIODE QUI S'ACHEVE `15EME ANNIVERSAIRE DU TRAITE FRANCO - ALLEMAND DE 1963`
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14284|IL EST INDISPENSABLE D'ENRAYER LA TENDANCE NATURELLE DES ADMINISTRATIONS ET DES SERVICES PUBLICS A SE CONCENTRER DANS LES GRANDS CENTRES OU LES CHEFS-LIEUX. POUR RESTER VIVANT, ET DEVELOPPER SON NOUVEL EQUILIBRE, LE MILIEU RURAL DOIT POUVOIR _COMPTER SUR LA PRESENCE ACTIVE DES SERVICES PUBLICS
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14285|JE FELICITE LE PREMIER MINISTRE `RAYMOND BARRE` DE LA RAPIDITE ET DE L'EFFICACITE DES MESURES QU'IL A PRISES POUR ASSURER LA DEFENSE DU FRANC `MONNAIE`. LE FRANC N'EST PAS MALADE DE L'ECONOMIE. JE DEMANDE QU'ON NE LE RENDE PAS MALADE DE LA POLITIQUE
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14286|J'AI VISITE CETTE EXPOSITION RETRACANT 100 ANS DE REPUBLIQUE EN FRANCE. LA DATE DE NAISSANCE DE LA REPUBLIQUE EST DIFFICILE A PRECISER PUISQUE C'EST PROGRESSIVEMENT ENTRE 1870 ET 1875 QUE LA REPUBLIQUE A PRIS, EN FRANCE, SA FORME CONSTITUTIONNELLE. LA REPUBLIQUE C'EST D'ABORD LE BIEN COMMUN DES FRANCAIS. DANS CETTE EXPOSITION, CE QUI EST FRAPPANT, C'EST DE VOIR QUE TOUTES LES EPOQUES DE NOTRE HISTOIRE REPUBLICAINE ONT APPORTE LEUR CONTRIBUTION AU PROGRES POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIAL DE LA FRANCE ; ENSUITE, QUAND ON REGARDE CETTE HISTOIRE, ON VOIT QU'ELLE A COMPORTE DEUX PERIODES TRES FORTES : D'ABORD LE DEBUT DE LA TROISIEME REPUBLIQUE ET ENSUITE LA CINQUIEME REPUBLIQUE. CE SONT LES 30 PREMIERES ANNEES DE LA TROISIEME REPUBLIQUE OU LA FRANCE S'EST ORGANISEE SUR LA BASE DEMOCRATIQUE ET REPUBLICAINE. ON A VOTE ALORS LES LOIS ESSENTIELLES, DONT BEAUCOUP SONT TOUJOURS EN_VIGEUR : LES LOIS SUR L'ORGANISATION DES COMMUNES, SUR L'ORGANISATION DES DEPARTEMENTS, LE DROIT D'ASSOCIATION, LE DROIT D'ORGANISATION SYNDICALE, LES PREMIERES LOIS SOCIALES (REPOS HEBDOMADAIRE, CREATION DU REGIME DE RETRAITE). BREF, EN TRENTE ANS `DUREE`, LA FRANCE A SU FAIRE PROGRESSER LA REPUBLIQUE
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LA SEULE PERIODE AUSSI RICHE EN-MATIERE DE PROGRES EST LA CINQUIEME REPUBLIQUE, PENDANT CES VINGT DERNIERES ANNEES. POURQUOI CES DEUX EPOQUES ? PARCE QU'IL Y A EU ALORS UN BON EQUILIBRE ENTRE LE POUVOIR EXECUTIF ET LE POUVOIR LEGISLATIF, SANS CONFUSION ENTRE LES DEUX. LE GOUVERNEMENT GOUVERNAIT ET LE PARLEMENT LEGIFERAIT. C'EST, JE CROIS, UNE REGLE FONDAMENTALE SI L'ON VEUT ASSURER LE PROGRES DE LA REPUBLIQUE EN FRANCE. CHAQUE FOIS, AU CONTRAIRE, QUE LA REPUBLIQUE A GLISSE VERS LE REGIME D'ASSEMBLEE POUR UNE CAUSE OU POUR UNE AUTRE, LA REPUBLIQUE S'EST AFFAIBLIE ET LA FRANCE AVEC ELLE. C'EST POURQUOI JE CONSIDERE QU'IL EST TRES IMPORTANT POUR L'AVENIR DE LA FRANCE QUE NOUS RETENIONS CETTE GRANDE LECON DANS SA VIE POLITIQUE ET DANS SON RAYONNEMENT EXTERIEUR. NOUS DEVONS AVOIR EN FRANCE UNE REPUBLIQUE SOLIDE DONT LES INSTITUTIONS REPOSENT SUR UN JUSTE EQUILIBRE ENTRE LA RESPONSABILITE DE CEUX QUI GOUVERNENT ET LA RESPONSABILITE DE CEUX QUI FONT LES LOIS. PUISQUE LA REPUBLIQUE EST LE BIEN DES FRANCAIS, IL APPARTIENT AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE PRESERVER NOS INSTITUTIONS REPUBLICAINES. J'AI INDIQUE A PLUSIEURS REPRISES QUE J'ATTACHAIS A CETTE FONCTION UNE PART ESSENTIELLE DANS MES RESPONSABILITES. JE FERAI EN SORTE QUE LES INSTITUTIONS REPUBLICAINES QUE LA FRANCE S'EST DONNEE RESTENT TOUJOURS LE _CADRE DE SON PROGRES ET DE SA LIBERTE
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14287|Communiqué du 27.
- Le Premier ministre a réuni un comité restreint le lundi 27 mars. La situation au Burundi a fait l'objet d'un examen approfondi. A l'issue de cette réunion et après accord du Président de la République, il a été décidé de confirmer les instructions de retour en France des familles des agents de l'Etat en poste dans ce pays. Il a été demandé à M. Debré, ministre de la Coopération, de se rendre à nouveau et dans les meilleurs délais à Bujumbura afin de poursuivre l'action engagée par la France, visant à consolider le processus de réconciliation nationale et le retour à une vie démocratique normale.
- Parallèlement, la France a décidé de demander au Conseil de sécurité des Nations unies d'apporter son soutien à l'action menée par l'Union européenne et aux mesures adoptées lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de Carcassonne.
- Communiqué du 31.
- Préoccupé par l'évolution de la situation au Burundi, le Premier ministre, en accord avec le Président de la République, a demandé à M. Bernard Debré, ministre de la coopération de se rendre sur place du 28 au 30 mars pour une mission politique de conciliation.
- Les objectifs fixés à cette mission ont été atteints.
- M. Debré s'est entretenu avec le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de la défense, les autorités militaires ainsi qu'avec toutes les formations politiques du Burundi. Il a invité ses interlocuteurs à oeuvrer ensemble afin de rétablir la confiance de la population dans les institutions de l'Etat, sur la base de la convention du gouvernement du 10 septembre 1994 et consolider ainsi la réconciliation nationale et la démocratie.
- Deux jours de consultations entre toutes les parties en cause ont permis d'obtenir un accord sur ses bases. Cet accord a été formalisé par une déclaration commune du Président et du Premier ministre de Burundi qui a été signée le 30 mars en présence des représentants de la Communauté internationale, notamment de l'ONU et de l'OUA.
- Au nom du gouvernement français et dans le cadre de l'Union européenne, le ministre de la coopération a pris acte de cette déclaration et s'est engagé à soutenir le gouvernement burundais dans ses efforts en faveur de la paix et de la reconstruction nationale. Le gouvernement appelle la Communauté internationale à se joindre à cet effort.|N|N|N|N|Texte Intégral 14288|MESSIEURS LES PRESIDENTS, JE SUIS HEUREUX DE SALUER AUJOURD'HUI LES PRESIDENTS DES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX REGIONAUX. NOUS ALLONS, AU-COURS DE CE DEJEUNER, NOUS ENTRETENIR DE VOS PROBLEMES, QUI SONT CEUX DE LA FRANCE, A LA FOIS UNE ET DIVERSE. VOUS PRESIDEZ DES INSTITUTIONS RECENTES PUISQU'ELLES ONT A PEINE PLUS DE CINQ ANS. LA PREMIERE QUESTION QUE NOUS DEVONS NOUS POSER, EST DE SAVOIR SI L'INSTITUTION FONCTIONNE AINSI QU'ON L'ATTENDAIT. JE REPONDS NETTEMENT PAR L'AFFIRMATIVE, MEME SI DES PROGRES SONT ENCORE POSSIBLES. LE GOUVERNEMENT ET LE LEGISLATEUR SOUHAITAIENT CREER, A COTE DE L'ASSEMBLEE REGIONALE COMPOSEE D'ELUS, DONC D'HOMMES POLITIQUES, UNE SECONDE ASSEMBLEE COMPOSEE DE RESPONSABLES DES ACTIVITES SOCIALES, ECONOMIQUES ET CULTURELLES. LA VIE EN SOCIETE EST DEVENUE COMPLEXE. ELLE EXIGE LA CONCERTATION PERMANENTE ENTRE HOMMES VENUS D'HORIZONS DIFFERENTS. VOUS ETES LA POUR L'ASSURER DANS-LE-CADRE DES REGIONS. MAIS L'ON POUVAIT S'INTERROGER SUR LA QUALITE DE LA COLLABORATION QUI NAITRAIT ENTRE LES DEUX CATEGORIES D'ORGANISMES REGIONAUX. CETTE COLLABORATION EST DANS L'ENSEMBLE SATISFAISANTE, MEME SI UNE PLACE PLUS LARGE POUVAIT ETRE FAITE A VOS AVIS. VOTRE ACTIVITE EST INTIMEMENT LIEE A CELLE DES CONSEILS REGIONAUX. L'ORGANISATION DU TRAVAIL EST AGENCEE DE TELLE SORTE QUE VOS AVIS ET VOS RAPPORTS SOIENT ADAPTES DANS LE TEMPS ET DANS LEUR CONTENU A L'ORDRE_DU_JOUR DE L'AUTRE ASSEMBLEE. DANS CE DIALOGUE ORGANISE, VOUS APPORTEZ A LA VIE REGIONALE CE QUI ETAIT RECHERCHE : C'EST-A-DIRE L'EXPERIENCE CONCRETE ET LE SENS DE LA REALITE. POUR VOUS, LES MOTS DE CROISSANCE, D'INDUSTRIALISATION, D'EMPLOI NE SONT PAS DES EXPRESSIONS ABSTRAITES. ILS EVOQUENT DES CAS PRECIS, DES PROBLEMES PONCTUELS, DES REUSSITES OU DES ECHECS DONT VOUS VOUS EFFORCEZ OBJECTIVEMENT DE TIRER LA LECON
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LA DEUXIEME QUESTION QUE L'ON PEUT SE POSER A L'EGARD DE VOS COMITES EST DE SAVOIR S'IL NE FAUT PAS EN AMELIORER LE FONCTIONNEMENT PAR DES REFORMES. PUISQU'ELLE DONNE DEJA DES RESULTATS POSITIFS, LAISSONS QUELQUE TEMPS ENCORE L'EXPERIENCE REGIONALE SE POURSUIVRE TELLE QUELLE. LAISSONS LES HOMMES SE CONNAITRE, APPRENDRE A TRAVAILLER EN_COMMUN AVANT DE TOUT BOULEVERSER A NOUVEAU. SOUVENONS-NOUS QUE LA COMMUNE A MIS DES SIECLES A S'IMPLANTER ET LE DEPARTEMENT DES DECENNIES. LA REGION EST UN DES ROUAGES DE LA DECENTRALISATION. ASSURONS SA REUSSITE EN AJOUTANT A LA QUALITE DE VOTRE TRAVAIL LA PERMANENCE ET LA CONTINUITE, SANS LESQUELLES RIEN D'UTILE NE SE FAIT. ASSURER LA CONTINUITE NE SIGNIFIE PAS L'IMMOBILISME. IL FAUT QUE LES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX PUISSENT EXERCER DAVANTAGE LEUR ROLE DE PROPOSITION ET D'INNOVATION DANS LE DEVELOPPEMENT REGIONAL. DES AMELIORATIONS, NOTAMMENT DANS LES PROCEDURES, ME PARAISSENT POSSIBLES. AINSI, J'ATTENDS BEAUCOUP DE L'ACTION DES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX DANS LE DOMAINE DE L'EMPLOI. VOUS CONNAISSEZ LES PROBLEMES CONCRETS DES ENTREPRISES. A COTE DE L'INSTANCE DE DECISION QU'EST LE CONSEIL REGIONAL, JE SOUHAITE QUE LES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX DEVIENNENT DANS LE DOMAINE DE L'EMPLOI UNE VERITABLE FORCE DE PROPOSITIONS. DE MEME, J'ESTIME QU'IL CONVIENT DE MIEUX METTRE EN_VALEUR LES AVIS DONNES PAR LES COMITES ECONOMIQUES ET SOCIAUX. CES AVIS SONT LA TRADUCTION D'UN TRAVAIL APPROFONDI ET PROSPECTIF DE VOS ASSEMBLEES. ILS DOIVENT FAIRE L'OBJET D'UNE INFORMATION ET D'UNE DIFFUSION PAR LES GRANDS MOYENS MODERNES, QUI PERMETTENT A L'OPINION PUBLIQUE DE MIEUX LES CONNAITRE ET DE LES PRENDRE DAVANTAGE EN CONSIDERATION. ENFIN, JE SUIS OUVERT A TOUTE SUGGESTION PERMETTANT D'ASSURER UNE ASSOCIATION PLUS ETROITE DES DEUX ASSEMBLEES REGIONALES DANS LA VIE DE L'ETABLISSEMENT PUBLIC REGIONAL
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VOUS ETES DES HOMMES DE PROGRES, DU SEUL PROGRES QUI PASSE PAR LE CONCRET ET LE REEL, C'EST-A-DIRE AUSSI PAR LE RAISONNABLE ET PAR LE POSSIBLE. JE SOUHAITE QUE LES FRANCAIS FASSENT PREUVE DANS LES JOURS QUI VIENNENT DES MEMES QUALITES DE JUGEMENT ET DE DISCERNEMENT, QU'ILS SACHENT A VOTRE EXEMPLE DISTINGUER LE VRAI DU FAUX, LE REEL DU FACTICE, ET L'ILLUSION DE L'ESPOIR. LA REALITE ECONOMIQUE DU MOMENT, POUR LA FRANCE, C'EST LA POURSUITE DE LA POLITIQUE DE REDRESSEMENT, QUI ETAIT NECESSAIRE, QUI A CONNU DE PREMIERS RESULTATS, MAIS QUI DOIT ENCORE ETRE COMPLETEE. LE REDRESSEMENT ETAIT NECESSAIRE. LA CRISE MONDIALE AVAIT ENTRAINE DANS NOTRE PAYS LE DESEQUILIBRE EXTERIEUR, LA HAUSSE EXCESSIVE DES PRIX, L'ACCROISSEMENT DU CHOMAGE. L'ACTION DE REDRESSEMENT A ETE ENGAGEE SUR CES TROIS FRONTS. C'ETAIT INDISPENSABLE POUR QUE LA FRANCE GARDE SON RANG DANS LE MONDE, POUR QUE LE NIVEAU_DE_VIE DES FRANCAIS SOIT MAINTENU ET POUR QUE NOTRE PAYS PUISSE CONTINUER DANS LA VOIE DU PROGRES ET DE LA JUSTICE. CONTRAIREMENT AUX PRONOSTICS PESSIMISTES CETTE POLITIQUE A OBTENU DE PREMIERS RESULTATS. DEPUIS PLUSIEURS MOIS, LE COMMERCE EXTERIEUR EST AU VOISINAGE DE L'EQUILIBRE. LE CHOMAGE TEND A SE REDUIRE. LES INDICES DES PRIX DES TROIS DERNIERS MOIS SONT LES PLUS FAIBLES QUE LA FRANCE AIT CONNUS DEPUIS SIX ANS
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MAIS QU'ON NE S'Y TROMPE PAS : L'ECONOMIE FRANCAISE EST ENCORE FRAGILE. J'AI LE DEVOIR DE VOUS LE DIRE. ELLE NE RESISTERAIT PAS LONGTEMPS, NI DANS SES PRIX, NI DANS SA MONNAIE, A L'OURAGAN DES PROMESSES
- AU MOMENT OU LES FRANCAIS S'INTERROGENT, ILS NE DOIVENT PAS OUBLIER QUE DANS LE MONDE OU NOUS VIVONS, OU RIEN N'EST DONNE POUR RIEN ET OU LES PEUPLES NE SE FONT PAS DE CADEAU, TOUTE DEFAILLANCE DE NOTRE ECONOMIE COUTERAIT CHER A LA FRANCE. JE RAPPELLE QUE LE RALENTISSEMENT DE LA HAUSSE DES PRIX EST ENCORE TOUT RECENT. JE RAPPELLE QUE MALGRE LES EFFORTS DU GOUVERNEMENT QUI ONT PERMIS DE LE REDUIRE DE MOITIE EN 1977, LE DEFICIT EXTERIEUR DE LA FRANCE A ENCORE ETE L'ANNEE DERNIERE LE PLUS ELEVE DE TOUS LES PAYS D'EUROPE. JE NE DIS PAS QUE LE PROGRES SOCIAL N'EST PAS POSSIBLE. AU CONTRAIRE, IL EST POSSIBLE ET NECESSAIRE. MAIS NOUS NE LE RENCONTRONS PAS SUR LA VOIE DE LA FACILITE. LE PROGRES SOCIAL, EN FRANCE COMME AILLEURS, AUJOURD'HUI COMME TOUJOURS, SUPPOSE L'EFFORT ET LA POURSUITE DU REDRESSEMENT
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MESSIEURS LES PRESIDENTS, VOTRE ROLE N'EST PAS DE FAIRE DE LA POLITIQUE, MAIS DE DIRE LA VERITE, D'EXPLIQUER CE QUE SONT LES REALITES ECONOMIQUES : VOILA QUI FAIT PARTIE DE VOS FONCTIONS, COMME CELA FAIT PARTIE DES MIENNES. EN L'EXERCANT DANS VOS REGIONS, QUOTIDIENNEMENT, AU CONTACT DES FORCES VIVES DU TRAVAIL, DE L'ENTREPRISE ET DE L'AGRICULTURE, VOUS RENDREZ UN SERVICE EMINENT A LA FRANCE. EN SON NOM, JE VOUS EN REMERCIE
-|N|N|N|N|Texte Intégral 14289|Le Président de la République tient à rendre hommage aux soldats français et à leurs chefs qui se trouvent aujourd'hui confrontés à une situation dramatique en Bosnie. Il renouvelle la confiance que la Nation place dans leur courage et leur sens du devoir. Il s'incline devant les Casques bleus français qui viennent de payer de leur vie l'accomplissement de leur mission. Les graves événements actuels sont le résultat de l'ambiguïté qui entoure le mandat des Casques bleus, de l'inadaptation de leurs moyens et d'une insuffisance détermination de la communauté internationale. Pour éviter le pire, la France entend appeler ses partenaires à redéfinir la mission des forces des Nations unies et à confier à ces dernières les moyens qui permettront aux Casques bleus de se faire respecter dans l'accomplissement de leurs tâches au service de la paix.|N|N|N|N|Texte Intégral 14290|(Point de presse à l'issue de l'entretien avec les responsables de la Monuc, à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Q - Que pensez-vous du rôle et de la responsabilité de la MONUC ?
R - Vous savez que le défi est immense. Beaucoup a été fait, au cours des derniers mois, il reste encore beaucoup de travail à faire. La MONUC veut se doter à la fois des moyens et des capacités de relever le défi très important. Le programme de DDRRR, qui est engagé, est un programme innovatif, qui veut répondre aux problèmes de la région et je crois que, tous ensemble, car il s'agit bien d'une action collective. J'ai rencontré hier le président Kagamé, j'ai rencontré l'ensemble des responsables de la région, je rencontrerai tout à l'heure le président Kabila, je veux dire que chacun a conscience de l'enjeu si important aujourd'hui pour la stabilité de la République démocratique du Congo et pour l'ensemble de la région. C'est donc de la confiance et de la mobilisation de la communauté internationale que je veux témoigner ici aujourd'hui.
Q - Quelle est la position de la France dans l'accompagnement du processus de paix en République démocratique du Congo ?
R - La France apportera une première contribution de deux millions d'euros au programme DDRRR. Nous sommes prêts à apporter notre soutien à l'augmentation des effectifs de la MONUC. Il y a une disponibilité, une volonté d'agir et d'aboutir, aujourd'hui clairement partagée par la communauté internationale.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 septembre 2002)
(Interview à RFI à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Un mouvement est aujourd'hui engagé dans cette région. Il s'agit d'un mouvement important, qui va dans le sens de ce qui est fait depuis les accords de Pretoria et de Luanda. Il est consacré par un retrait des troupes rwandaises qui a été initié depuis quelques jours.
C'est un mouvement global qui doit s'opérer à la fois par un retrait complet de l'ensemble des troupes étrangères et notamment rwandaises, mais aussi, du côté de la République démocratique du Congo, il est important que les engagements pris soient tenus. Il s'agit donc de régler le problème de la présence de groupes armés dans l'est du pays, qu'il s'agisse des ex-FAR, des Interhamwe ou de l'ensemble de ces groupes qui doivent pouvoir être traités à travers ce programme ambitieux qui est celui des Nations unies et de la Banque mondiale qualifié de DDRRR.
Il y a là un objectif essentiel de démilitarisation, de désarmement, de réinstallation, de réintégration, de rapatriement évidemment au coeur des préoccupations pour régler dans sa totalité, stabiliser l'ensemble de cette région.
Q - La grande préoccupation des Congolais en ce moment est que le mandat de la MONUC présentement ne lui permet pas de s'acquitter efficacement de cette tâche du DDRRR. Les gens font des appels pressants au Conseil de sécurité pour qu'il élargisse ce mandat. La France travaillerait-elle dans ce sens ?
R - La communauté internationale a conscience qu'il faut renforcer la capacité à agir de la MONUC et c'est dans ce sens que le secrétariat des Nations unies a proposé de porter les plafonds de la MONUC à 8 700 hommes. Il y a nécessité de prendre en compte l'importance des territoires concernés, d'éviter que des vides ne soient créés qui puissent conduire à des catastrophes ou à des drames humanitaires.
Cette mobilisation, nous l'encourageons, nous pensons qu'un effort supplémentaire doit être fait par la communauté internationale, que la MONUC doit être en mesure d'agir et de prendre ses responsabilités. C'est dans le sens que nous agissons, dans le cadre des Nations unies et en liaison avec l'ensemble de nos amis et partenaires de l'Union européenne.
Q - Pourriez-vous nous faire un petit bilan de votre séjour et en second lieu, pourrions-nous vous demander avec quels moyens le Congo démocratique va-t-il s'acquitter de sa part de responsabilité qui est celle de désarmer ces groupes à l'est et de les rapatrier chez eux.
R - Comme vous le savez, j'étais hier en Tanzanie où j'ai rencontré le président Mkapa, j'étais au Burundi où j'ai rencontré le président Buyoya ainsi que les principales personnalités burundaises, j'étais au Rwanda où j'ai rencontré le président Kagamé et ce matin, j'ai vu également le président Kabila.
Je suis très frappé par la conscience qui apparaît aujourd'hui dans cette région, d'une chance historique. Evidemment, cette chance historique, la communauté internationale veut l'accompagner, l'encourager et toutes les énergies sont mobilisées pour permettre de réussir ce processus engagé. Ce processus suppose pourtant que chacun fasse sa part du chemin, que ce soit les Etats qui disposent des forces armées actuellement en République démocratique du Congo, ou la République démocratique du Congo elle-même pour qu'elle puisse accompagner ce mouvement en prenant toutes les dispositions visant les groupes armés dans l'est du pays.
Ce travail, il faut le faire bien sûr en liaison avec les Nations unies et la Banque mondiale, en liaison avec la MONUC qui pourra accompagner le processus de DDRRR. Ce processus est celui de la communauté mobilisée de façon à permettre qu'effectivement, les responsabilités puissent être clarifiées et que le dialogue politique puisse prendre le pas sur le fait accompli de ces dernières années, c'est-à-dire, la domination des armes. Il faut tourner la page, passer d'un schéma où ce sont les armes qui font la loi à un schéma où il y a la volonté. Et quand on voit les formidables capacités qui existent dans ce pays, les moyens humains, l'espace, la position stratégique, on se rend compte de l'importance de l'enjeu. Nos amis africains sont parfaitement conscients de tout l'intérêt qu'il y a pour l'ensemble de l'Afrique aujourd'hui de régler cette crise des Grands Lacs. Il faut être vigilant et faire en sorte qu'une situation dramatique en République démocratique du Congo ne se déplace pas ailleurs. De ce fait, il faut que les problèmes globaux de la région soient traités, les problèmes des réfugiés, le problème humanitaire. C'est pour cela que nous avions proposé une conférence régionale sur la situation des Grands Lacs qui, au bon moment, permettra justement de garder les efforts conjugués, de maintenir l'attention de l'ensemble des Etats de la région mobilisés pour essayer d'éviter le retour en arrière.
Q - Concernant la Côte d'Ivoire, confirmez-vous que la France va jouer un rôle de médiateur entre les insurgés et les autorités ivoiriennes ?
R - La France reste préoccupée par la situation en Côte d'Ivoire. Elle encourage le gouvernement ivoirien, les autorités ivoiriennes dans leurs efforts pour favoriser le retour au calme et à l'ordre. Les autorités françaises ont eu, au long des derniers jours, des contacts très nombreux avec le président Gbagbo mais aussi avec les autres pays de la région. Il est important que nous restions mobilisés pour faire en sorte que la situation ne continue pas de se détériorer. Nous sommes particulièrement préoccupés par la situation de la communauté française et occidentale et nous avons pris les dispositions qui permettent de garantir leur sécurité. J'ai été moi-même en contact avec l'ensemble des chefs d'Etat de la région, nous restons en contact car nous souhaitons véritablement que le dialogue, que l'esprit de responsabilité et de modération puissent l'emporter. Pour cela, il est indispensable que les tensions baissent pour que le calme puisse effectivement revenir.
Q - Cette mission s'élargira-t-elle à la protection d'autres Africains comme les Burkinabés ?
R - Nous l'avons dit, la mission de nos forces, c'est la protection des communautés internationales. Nous voulons encourager tout ce qui peut aller dans le sens du calme et du retour à l'ordre. C'est véritablement l'esprit dans lequel la France est aujourd'hui présente en Côte d'Ivoire.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 26 septembre 2002)
(Propos tenus à Kinshasa, le 23 septembre 2002) :
Vous savez que nous suivons de très près la situation en Côte d'Ivoire. Une compagnie a été envoyée pour assurer, à titre technique et préventif, la sécurité des ressortissants de la communauté française ainsi que de la communauté internationale.
Dans les Grands Lacs, les enjeux aujourd'hui sont immenses pour la région. Ce sont les enjeux de la paix, de la réconciliation et du développement. Vous voyez que ceux-ci doivent mobiliser toutes les diplomaties et bien évidemment la France qui aime l'Afrique, qui aime cette région et qui a à coeur de participer à ce qui se passe aujourd'hui ici chez vous.
Après mon passage en Tanzanie, au Burundi, au Rwanda tout à l'heure, je suis heureux de me trouver maintenant en République démocratique du Congo. J'ai pu rencontrer le président Kabila, il y a quelques jours à Paris, puis à New York lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sous l'égide du Secrétaire général, à laquelle participaient le président Kagamé et le président Kabila.
Je suis donc heureux d'être ici ce soir pour parler de l'avenir, pour faire le point sur les efforts politiques qui sont engagés et pour apporter le soutien, l'amitié, la fidélité de la France à un pays que je connais depuis longtemps et pour lequel j'ai la plus grande estime.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002)
(Déclaration à l'issue de l'entretien avec le Président Jospeh Kabila à Kinshasa, le 23 septembre 2002) :
Q - Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, vous venez d'être reçu par le président de la République, peut-on considérer aujourd'hui que votre visite ici est la suite des entretiens que le président de la République Joseph Kabila a eus récemment à Paris avec le chef de l'Etat français et vous-même ?
R - Tout à fait et vous savez que nous avons eu, dans ces dernières semaines, plusieurs occasions d'évoquer la situation dans les Grands Lacs, à Paris lors de la visite du président Kabila, mais aussi à New York dans le cadre de la réunion spéciale du Conseil de sécurité sur les Grands Lacs, puis de la réunion tenue quelques jours plus tard sur le Burundi.
C'est un moment très important, c'est un moment charnière pour l'ensemble de la région et je crois que tous ont aujourd'hui conscience de ce qui se joue : la paix, la stabilité et le développement. Il y a une perspective nouvelle et, dans ce contexte, les engagements pris par chacune des parties sont essentiels. Le mouvement est engagé, il doit se poursuivre parce qu'il est indispensable, pour que la République démocratique du Congo, en retrouvant son unité, sa souveraineté, retrouve le pôle central qu'elle occupe en Afrique sur le plan stratégique.
Nous sommes confiants dans la poursuite de ce processus, il y a un engagement de la communauté internationale, de l'Union européenne et de la France. Nous voulons jouer tout notre rôle en appui de ce processus engagé. Ce sont les propos que je viens de tenir au président Kabila.
Q - Que peut-on attendre de votre visite concrètement ?
R - D'abord, le soutien politique de la France. J'ai rencontré hier le président Kagamé, j'étais aussi au Burundi, en Tanzanie, c'est donc l'ensemble de la perspective régionale qui est concernée. La France appuie les efforts engagés par la Mission d'observation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), elle est prête à soutenir un effort plus important de la MONUC. Nous appuyons aussi les efforts de reconstruction et l'on constate tout ce qui a été fait depuis un an en République démocratique du Congo. La France, bien évidemment prendra toute sa part au développement de votre pays.
Q - A Kigali, vous avez promis le soutien de la communauté internationale et particulièrement de la France pour garantir la sécurité à la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, comment cela se fera-t-il et en combien de temps ?
R - Il s'agit d'un mouvement qui est engagé et le président Kagamé m'a clairement indiqué qu'il se produirait rapidement. Chacune des parties doit donc tenir les engagements qui sont les siens, du côté rwandais, de la République démocratique du Congo. Il s'agit d'une prise de responsabilités communes pour faire en sorte, véritablement, que la République démocratique du Congo puisse retrouver son unité, sa souveraineté, et que l'ensemble des forces étrangères puissent se retirer.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002)
(Allocution devant la communauté française à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Ma venue à Kinshasa et dans la région est un moment fort qui nous a permis de faire le point de tout ce qui a été accompli au cours des derniers mois et d'évaluer le chemin qui reste encore à parcourir. Et je crois pouvoir dire que la communauté internationale mesure le chemin parcouru et veut être aux côtés de l'ensemble des Etats de la région et de l'ensemble des Congolais pour la partie difficile qui reste à faire.
La communauté internationale est au rendez-vous. Je l'ai constaté encore ce matin en visitant la Mission d'observation des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC) et en m'entretenant avec les responsables de la MONUC. Ils prennent la mesure des défis qui se posent aujourd'hui à la communauté internationale. La communauté africaine, aujourd'hui aussi, est au rendez-vous. Et je veux saluer le rôle évident joué par certains - à commencer par l'Afrique du Sud -, qui se sont mobilisés pour faciliter et encourager un processus. C'est un phénomène nouveau que de voir l'Afrique prendre en mains, soutenir son destin, et je crois que c'est particulièrement important dans le cadre de la situation des Grands Lacs car nous sommes là au coeur de l'Afrique. Nous sommes là au coeur des fractures de l'Afrique et le fait de pouvoir tourner une page est un bénéfice pour l'ensemble des Africains.
Au-delà de la communauté internationale, au-delà de la communauté africaine, je suis heureux de saluer aussi la prise de conscience qui s'intensifie tous les jours davantage ici, en République démocratique du Congo. Je l'ai noté tout à l'heure en participant à une table ronde avec d'éminents représentants du dialogue intercongolais. Je crois que chacun a conscience qu'il y a aujourd'hui un défi qui se présente pour tous les Congolais et je crois que chacun a à coeur de le relever. On le voit dans le mouvement de retrait des troupes étrangères qui est engagé. On le voit dans les engagements et la volonté qui sont aujourd'hui exprimés par le président Kabila. Il y a maintenant des perspectives clairement dessinées. Vous représentez dans cette communauté française tous les horizons : les fonctionnaires présents pour appuyer les efforts français dans ce pays mais aussi les chefs d'entreprises qui sont là pour développer les échanges entre la France et la République démocratique du Congo, tous ceux qui sont au service d'organisations non gouvernementales, humanitaires ou de développement, les missionnaires ou les responsables de la société civile présents dans ce pays, attachés à son peuple et à sa réalité quotidienne. Vous connaissez l'Afrique mieux que quiconque. Vous aimez l'Afrique et vous savez à quel point ici les relations humaines sont évidemment centrales.
Je crois que la France a un rôle spécifique à jouer. D'abord parce que par l'histoire nous occupons une place particulière sur ce continent, ensuite parce que l'expérience qui a été la nôtre nous a donné évidemment la capacité d'expérimenter, de tirer les leçons du passé. Nous sommes à même d'apprécier ce qui marche et ce qui ne marche pas. Nous savons que quand la volonté est au rendez-vous, quand la hiérarchie est sollicitée, quand l'imagination permet de faire la différence entre l'anecdotique et l'essentiel, nous pouvons alors avec nos amis africains aider à soulever des montagnes.
La République démocratique du Congo est un lieu stratégique en Afrique, c'est aussi la mémoire d'ethnies, de populations très anciennes. Il y a là une richesse et une sagesse. Je crois que nous devons relever ensemble ce défi pour permettre à ce pays de retrouver le lien avec cette histoire très ancienne, et cette responsabilité particulière sur l'ensemble de l'Afrique. Si nos amis africains sont attentifs à ce qui se passe ici, c'est parce qu'ils savent bien que la vie sera meilleure dans l'ensemble du continent quand la paix, la stabilité et le développement seront revenus.
La communauté financière internationale, le Fonds monétaire, la Banque mondiale mais aussi chacun des Etats - c'est vrai de l'Union européenne, c'est vrai de l'ensemble des grandes puissances - savent à quel point aujourd'hui le développement est véritablement le grand enjeu. Il n'y a pas de paix durable sans développement partagé, pas de développement assuré sans paix installée. La démocratie, condition indispensable, est l'horizon nécessaire pour permettre un véritable dialogue, le respect des Droits de l'Homme ; tous ces ensembles constituent un tout. Il faut aujourd'hui faire face à l'urgence : les problèmes de sécurité, les problèmes humanitaires qui se posent sur l'ensemble du territoire. C'est pour cela que la communauté internationale est mobilisée mais il faut garder cette exigence du dialogue de la démocratie et du débat qui font la force et la vitalité des sociétés africaines.
Je voulais vous redire à quel point je suis heureux d'être ici, conscient des problèmes qui se posent à vous et je veux, à travers l'ambassadeur, vous dire que nous sommes mobilisés pour y répondre. Je sais que vous avez l'expérience, la sagesse qui vous permettent en toute situation de garder le calme et le sang-froid. Nous avons voulu mettre l'accent sur le thème de la sécurité pour l'ensemble de nos communautés dans le monde qui ont été éprouvées par le terrorisme au cours de ces dernières années ; cela a été la première instruction du Premier ministre, faire en sorte que le plan de sécurité partout où c'est nécessaire soit réactualisé pour faire face à l'ensemble des situations. Je sais que le premier atout de votre communauté, c'est d'être soudés, c'est d'être intégrés et désireux véritablement de participer à l'avenir de ce pays en liaison avec le peuple congolais. Je vous redis à nouveau l'amitié et la fidélité de la France non seulement nous sommes de tout coeur avec vous mais encore nous voulons aujourd'hui plus que jamais appuyer votre travail dans ce pays si important pour l'ensemble des Congolais.
Je vous remercie.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002
(Conférence de presse avant le départ, à Kinshasa le 23 septembre 2002) :
Je suis très heureux de pouvoir vous rencontrer, au terme de cette tournée dans la région. J'étais hier en Tanzanie où j'ai rencontré le président Mkapa, ensuite au Burundi où j'ai rencontré le président Buyoya, le vice-président, le président de l'Assemblée nationale et le président du Sénat. Puis je suis allé au Rwanda où j'ai rencontré le président Kagamé et aujourd'hui, à Kinshasa où j'ai rencontré ce matin le président Kabila ainsi que les principaux représentants du dialogue intercongolais.
Je voudrais d'abord vous dire ma conviction que nous sommes aujourd'hui, tant en République démocratique du Congo que dans la région, à un moment charnière. Toute l'attention et la mobilisation de la communauté internationale, après les accords engagés de Pretoria, de Luanda sont aujourd'hui concentrés sur cette région. Le président Kabila était à Paris il y a quelques jours, celui du Burundi également. Le Conseil de sécurité des Nations unies s'est réuni le 13 septembre sur la question des Grands Lacs en présence conjointe et côte à côte du président Kabila et du président Kagamé ; une nouvelle réunion du Conseil s'est tenue le 16 septembre sur le Burundi.
De la même façon, la mobilisation africaine est importante, on l'a vu avec l'initiative prise en liaison avec l'Afrique du sud. Je crois que tout le monde se rend compte qu'il se joue, aujourd'hui, dans cette région des Grands Lacs, une partie essentielle. Il est très important de comprendre que l'ensemble des problèmes de cette région sont étroitement liés. Nous le voyons évidemment lorsque nous parlons de retrait des troupes étrangères de la République démocratique du Congo - il y va de l'unité, de la souveraineté du pays -, lorsque nous évoquons la question des réfugiés, les perspectives de la transition démocratique au Burundi, comme je l'ai fait hier.
Tous ces problèmes doivent être traités en même temps, qu'il s'agisse des aspects humanitaires, économiques ou politiques. Il y a donc un défi immense et nous sommes tous mobilisés pour tenter de répondre à ces questions.
La mobilisation des énergies de tous les responsables de cette région, dans ce contexte, est importante et il est bien apparu lors de mon entretien hier avec le président Kagamé que désormais une perspective était inscrite. Le retrait des troupes rwandaises a commencé.
De la même façon, il est important que ces engagements se poursuivent jusqu'à leur terme, jusqu'au retrait complet de l'ensemble des troupes étrangères et que l'ensemble des parties prennent aussi leurs responsabilités ; c'est vrai du côté de la République démocratique du Congo concernant les opérations de désarmement des forces armées de l'est du pays. Il est important que ce processus soit mené jusqu'à son terme et que s'engage parallèlement une nouvelle étape de la réconciliation politique en République démocratique du Congo. Je sens bien, je l'ai constaté ce matin lors de mon entretien avec le président Kabila, qu'aujourd'hui c'est ce qui est à l'ordre du jour.
Il y a donc une chance formidable pour cette région, un défi à relever, convaincus que nous sommes tous que développement, paix et démocratie sont indissociables.
La perspective de réconciliation et de reprise du développement du dialogue politique avec l'organisation d'élections fin 2004 est là pour créer le momentum, l'élan indispensable.
Voilà donc dans quel contexte se situe ce déplacement : prise de conscience de la communauté internationale, des pays de l'Union européenne et volonté d'agir ensemble vis-à-vis de l'ensemble des pays de la région, mobilisation également pour créer les conditions à la fois du dialogue, de la stabilité et de la réconciliation.
La France, dans cet effort, veut prendre évidemment toute sa place ; elle est très présente déjà en RDC, elle a fortement contribué au rétablissement des relations de votre pays avec les instituions financières internationales, le FMI ou le Banque mondiale, ce qui devrait permettre de lancer, début 2003, le processus d'allégement de la dette.
D'ores et déjà, un accord a été conclu au travers du Club de Paris pour un allégement de près de 5 milliards de dollars de dettes. Ce traitement de la dette permettra la reprise des financements de l'Agence française de développement ainsi que la préparation d'un contrat de désendettement et développement qui sera l'un des plus importants du continent.
En outre, vous le savez, la France a été le premier pays à reprendre, dès 1999, sa coopération technique économique directe avec les autorités congolaises. Nous assistons maintenant à une montée en puissance de cette coopération, dans des domaines aussi sensibles que ceux de la santé, de la coopération pour lutter contre le sida, du développement urbain et de l'appui aux administrations.
L'état de droit, c'est en effet l'une des priorités importantes aujourd'hui dans la reconstruction et le développement de la République démocratique du Congo. Tout ceci se fait en étroite relation avec les efforts du FMI et de la Banque mondiale.
Nous venons de lancer deux projets importants : le renforcement des capacités administratives nationales, pour un montant de 2 millions d'euros, et l'appui à la reconstruction de l'Etat, pour un montant de 5 millions d'euros.
Cette aide bilatérale vise ainsi à jouer un rôle de catalyseur, en direction de tous les partenaires du Congo bien sûr, mais aussi de l'ensemble de la région. Il y a une dynamique à encourager, à créer, et chacun d'entre vous mesure bien à quel point la paix et le développement en République démocratique du Congo aura un effet démultiplicateur tout à fait considérable pour l'ensemble de la région et toute l'Afrique.
Q - Monsieur le Ministre, les déroutes de 1998, lorsque la République démocratique du Congo a été agressée par les troupes rwandaises, ce pays a jugé l'existence de ses troupes dans notre pays. Il y a quelques jours, on apprend que des troupes rwandaises commencent à quitter notre pays. Il y a quelques années, au Parlement français, une loi avait codé l'esclavage de crime contre l'humanité. Avec 3 500 000 morts, que peut faire la France pour que ces morts ne soient pas morts pour rien ?
Vous êtes arrivé hier, il n'y avait pas d'électricité depuis deux week-ends, à Kinshasa : la France ne peut-elle pas nous aider afin que l'électricité soit pour tous en République démocratique du Congo ?
R - Le premier devoir que l'on a, vis-à-vis des siens, dans l'épreuve, c'est d'oeuvrer dans le sens de la paix et du développement ; le souvenir, la mémoire nous font prendre conscience, aujourd'hui, de l'urgence et de la chance qui sont à saisir. L'urgence parce qu'il y a un mouvement qui est engagé, vous l'avez noté ; il y a aujourd'hui, un retrait qui s'initie, qui s'engage du côté rwandais. A partir de ce moment, ce premier pas doit se confirmer tout au long des prochaines semaines et c'est l'engagement que m'a donné le président Kagamé. Il faut se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire vérifier que chaque partie tient ses engagements, chacun pour sa part, et vous savez toute l'importance que nous attachons, en liaison avec la communauté internationale, au programme du DDRRR soutenu par les Nations unies et la Banque mondiale. La démobilisation, la démilitarisation, le rapatriement, la réinstallation et la réintégration de l'ensemble de ceux qui, aujourd'hui, constituent les mouvements armés dans l'est du pays.
Le meilleur gage que l'on peut donner de la souffrance et du prix payé, si cher, si fort, si douloureux, c'est de s'atteler justement avec l'extrême énergie, à ce qu'une nouvelle page s'écrive dans l'Histoire de votre pays et dans l'Histoire du peuple congolais.
Je crois qu'un nouvel espoir est né aujourd'hui, il faut le faire fructifier et nous sommes là justement pour vous accompagner sur ce chemin.
Concernant l'électricité, nous mesurons bien aujourd'hui à quel point les défis économiques sont importants et vous savez que nous sommes prêts à étudier et initier les coopérations indispensables pour permettre à la République démocratique du Congo de retrouver la voie du développement pour lequel il a tous les atouts. Je voudrais en effet souligner à quel point, dans ce pays, il y a, à la fois, les capacités humaines, les richesses qui peuvent véritablement faire de ce pays l'un des tout premiers pays d'Afrique. Il y a donc une volonté politique, une volonté de chacun de participer à ce grand projet qu'est le développement congolais.
Q - Croyez-vous en la capacité de l'Afrique à dépasser ses divisions ?
R - La France a une longue expérience, une longue amitié et une longue fidélité à l'Afrique. Et s'il y a quelque chose que nous avons sur ce continent, c'est justement distinguer ce qui constitue des défis historiques et ce qui constitue de simples passades, de simples circonstances. Il y a aujourd'hui, dans cette région, un moment historique. Et je l'ai redit, partout où je suis allé, la mobilisation de la communauté internationale, la mobilisation de chacun des Etats, la conscience régionale qui s'affirme aujourd'hui pour un destin commun créent les circonstances favorables. Il n'est pas temps de douter, il faut avancer avec lucidité, mais il faut oeuvrer pour que chacun fasse sa part du chemin. C'est là l'essentiel, faire sa part du chemin. Chacun sait aujourd'hui que la paix, le développement se feront au bénéfice de toute la région, et lorsque je parle de la région, je pense également à l'échelle du continent.
Lorsque l'on voit la mobilisation des grands chefs d'Etat africains avec lesquels nous sommes en contact tous les jours, on se rend compte qu'ils mesurent bien tous les aspects et tous les effets qu'auront, sur le continent, sur chacun de leur pays, la paix et la stabilité retrouvées ici.
Le temps est donc à la mobilisation. Les engagements pris par le président Kagamé, la nécessité de respecter l'ensemble des engagements pris par chacun, le retrait des troupes étrangères doivent redonner son unité et sa souveraineté à la République démocratique du Congo. C'est, je crois, un mouvement qui doit non seulement se fortifier mais aussi conduire à faire en sorte que chacun prenne ses responsabilités. Parallèlement à un mouvement de retrait, il faut que la réconciliation politique, la restauration et la mobilisation de l'ensemble des énergies se fassent de façon à éviter que le vide qui peut se créer ne soit pas utilisé négativement.
Il y a une prise de responsabilité globale qui est beaucoup plus importante, dans un mouvement et un calendrier qui peuvent être rapides, qui seront vraisemblablement rapides.
Il est très important que cette mobilisation se fasse partout.
Q - Le Congo a sa part de responsabilité dans ce qui va se passer. Or, nous savons que le Rwanda a des coopérations avec la communauté internationale et des puissances étrangères, le Congo est sous embargo, pensez-vous que, dans cette situation, la République démocratique du Congo pourra assurer sa part de responsabilité, c'est-à-dire désarmer les mouvements, ou bien faudra-t-il un appui comme celui de la France ? La France pourrait-elle faire quelque chose de concret pour faciliter la tâche au Congo ?
R - Vous soulevez la question importante qui est au coeur du programme DDRRR. On voit bien à cet égard, à quel point la communauté internationale est d'ores et déjà mobilisée. Il y a, du côté des Nations unies et du côté de la Banque mondiale, une prise de conscience très aiguë de la nécessité d'accompagner ce mouvement. La France, non seulement soutient mais participe pleinement à ce projet. Nous avons, d'ores et déjà, annoncé une contribution de 2 millions d'euros à ce programme DDRRR pour marquer toute l'importance que nous accordons à sa mise en oeuvre. Tout ceci doit être fait concomitamment, qu'il s'agisse de l'opération de retrait, de l'engagement dans le cadre de cette opération DDRRR, du mouvement de dialogue et de réconciliation politique, tout ceci doit être fait en même temps. Il faut, par rapport à la situation antérieure qui reflétait l'inquiétude, le doute, la crise et le scepticisme, répondre à ce danger, à ce doute, à ce scepticisme par un pari sur l'avenir, par une initiative. C'est ce qui m'a frappé en rencontrant les responsables au Rwanda, en RDC et dans l'ensemble de la région. C'est que la prise de conscience fait que chacun a le sentiment qu'il faut aller de l'avant. Ce n'est pas le moment de regarder en arrière, de s'apitoyer et de douter. Il faut faire le pari de la paix comme il faut faire le pari du développement et de la démocratie. Ce sont là les axes forts qui doivent aujourd'hui mobiliser chacune des parties et qui permettront d'entrer dans une époque nouvelle. C'est cette conscience-là qu'il faut développer, beaucoup plus que le scepticisme évidemment plus facile.
Ne vous y trompez pas, la réunion du Conseil de sécurité, sur la situation dans les Grands Lacs, la réunion qui s'est par ailleurs tenue sur le Burundi, marquent bien qu'il se passe quelque chose d'important sur la scène internationale.
Jamais votre continent, jamais l'Afrique n'a été aussi présente dans les préoccupations du monde.
La France prend toute sa part dans ce mouvement.
Prenez les grandes conférences qui sont réunies depuis les derniers mois, Monterrey, Kananaskis, le Sommet de Johannesburg, jamais l'Afrique n'a été davantage au coeur des préoccupations du monde. Jamais elle n'a été autant mobilisée pour régler ses propres problèmes. Nous l'avons vu en Afrique australe, nous le voyons dans la plupart des crises régionales, au Soudan, dans les Grands Lacs : il y a une volonté aujourd'hui de régler les problèmes, de se réapproprier son propre destin sur le plan économique. Nous le voyons au travers du NEPAD. Le temps est à la mobilisation, à la confiance, le temps est à l'effort et à la mise en commun des idées, des énergies. Un nouveau cap s'ouvre pour la région comme une nouvelle page s'ouvre pour l'Afrique. C'est cette confiance que la France veut exprimer, c'est cette disponibilité, cette amitié, cette fidélité auprès de vous tous, de tous les Africains car nous sommes convaincus qu'il y a, sur ce continent, dans votre région, dans votre pays, un capital de sagesse, un capital d'humanité qui constituent véritablement un atout pour la communauté mondiale. C'est cet acte de foi que je voulais d'abord, aujourd'hui, apporter à votre pays.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 27 septembre 2002)|N|N|N|N|Texte Intégral 14291|Communiqué du ministère des affaires étrangères du 2 juin.
- Nous venons d'apprendre la libération d'environ 120 des membres de l'ONU retenus par les Serbes de Bosnie. Cette libération constitue une première étape.
- Nous attendons maintenant la libération sans délai de l'ensemble des otages que nous continuons d'exiger comme toute la communauté internationale.
- Communiqué de la présidence de la République du 3 juin.
- M. Milosevic a rappelé ce matin le Président de la République. Il a confirmé que la libération de 120 otages, dont 63 Français, ne constituait qu'une première étape.
- L'ensemble des otages, d'après M. Milosevic, devrait être libéré très rapidement malgré les difficultés matérielles liées à leur dispersion.
- Le Président de la République a réaffirmé que ces prises d'otages étaient intolérables et qu'elles ne seraient pas tolérées.
- Il a demandé à M. Milosevic d'user de toute son influence pour que la libération de tous intervienne dans les meilleurs délais.
- Le Président de la République a également souligné que la reconnaissance mutuelle de la Bosnie Herzégovine et de la Serbie Monténégro était le préalable indispensable à un allègement substantiel des sanctions et à une relance de la dynamique de paix.|N|N|N|N|Texte Intégral 14292|Dans sa déclaration de politique générale, M. Alain Juppé, Premier ministre, a insisté sur l'importance déterminante de la mer dans les atouts de la France et manifeste la volonté du Gouvernement de rendre à notre pays son rang de puissance maritime de premier plan.
- Pour assurer au mieux la continuité de cette politique, le Premier ministre vient de demander à M. Bernard Dujardin, administrateur civil hors classe, contrôleur d'Etat, d'étudier les conditions dans lesquelles la coordination des différents départements ministériels pourrait être assurée avec la meilleure efficacité, et de lui remettre des propositions. Il lui a adressé une lettre de mission dans ce sens, en lui demandant d'associer à cette réflexion l'ensemble des intervenants concernés, les professionnels et partenaires sociaux du secteur, et les parlementaires intéressés.|N|N|N|N|Texte Intégral 14293|M. Robert Pandraud, Président de la Délégation de l'Assemblée nationale pour l'Union européenne, et M. Franck Borotra, rapporteur de cette Délégation, ont été reçus le 2 juin par le Premier ministre.
- Ils ont pris acte des conclusions portant sur le marché intérieur de l'électricité, adoptées hier lors d'un Conseil énergie à Luxembourg. Ils ont souligné auprès du Premier ministre les aspects positifs de ces conclusions, en particulier la prise en compte de la possibilité pour les Etats de mettre en place un système d'acheteur unique et le respect du principe de subsidiarité dans l'organisation de la distribution, mais également les risques de confusion entre le système de l'acheteur unique, présenté par la France, et celui de l'accès des tiers au réseau, que préconise la Commission européenne. Ils ont exprimé le souhait que, dans la suite des négociations, la France défende le système de l'acheteur unique en rejetant les conditions dont la Commission veut l'assortir. Le Premier ministre a souhaité disposer des résultats de la mission que la Délégation de l'Assemblée nationale a confiée à M. Franck Borotra sur l'avenir des services publics dans le cadre de l'Union européenne. Il a également demandé à la Délégation de lui faire part des critiques qu'appelaient de sa part les conclusions du Conseil et d'examiner les possibilités de modifications de la loi de 1946 qu'elle envisage dans ses conclusions en date du 30 mai 1995.|N|N|N|N|Texte Intégral 14294|J.-P. Elkabbach.- Ministre de l'Intérieur depuis six mois, pratiquement jour pour jour, vous êtes généralement encensé pour votre réussite contre l'insécurité. Policiers et gendarmes plus actifs qu'avant, avez-vous dit, font reculer la délinquance" - plus de 5 % en octobre. Or, hier, vous avez confié...
- "Moins de 5 % de délinquance."
Oui, c'est ce que je voulais dire. Hier, vous avez confié dans un débat au Sénat : "Ma mission c'est réduire la délinquance durablement. Sinon, je tirerais toutes les conséquences d'un échec". Qu'est-ce que vous avez voulu dire ?
- "C'est très simple : je ne peux pas dire à mes collaborateurs, à tous ceux qui travaillent au ministère de l'Intérieur, que nous avons des objectifs, faire reculer la délinquance, que nous devons être efficaces, que nous devons tenir les engagements pris par le président de la République et par le Premier ministre, et considérer que si on ne réussissait pas, que c'est la même chose. Il est temps que la culture de la performance, de l'évaluation, des objectifs et des résultats imprègne tout le service public. Et il est normal qu'étant ministre, s'il n'y avait pas de résultats j'en tire les conséquences."
Cela s'applique à tous les échelons ?
- "Cela s'applique à tous les échelons. Et plus on monte, plus ça doit s'appliquer."
La culture du résultat c'est la meilleure méthode, y compris pour les ministres ?
- "Les Français sont exaspérés. La délinquance, ces cinq dernières années, a explosé. Nous ne sommes pas là pour commenter la hausse de la délinquance mais pour la réduire. Depuis six mois, c'est ce que nous faisons. Les chiffres du mois d'octobre sont bons : moins 5 % de délinquance. Et plus important, je veux dire aux gendarmes et aux policiers, combien je suis satisfait de ce qu'ils ont fait. Parce que tous les critères d'activité augmentent : plus de personnes interpellées, plus de personnes mises en garde à vue, le taux d'élucidation des affaires qui augmentent également, la délinquance qui recule dans les trois quarts des départements, et quasiment tous les délits et tous les crimes qui sont en recul. Cela doit être confirmé. On doit aller plus loin, mais c'est un bon premier résultat. Mais je dois dire que leur mobilisation est digne du plus grand respect."
Mais les chiffres sont bons. Qu'est-ce que cela veut dire "aller plus loin" et comment ?
- "Qu'est-ce qu'on a fait sur ces six mois, si on fait un bilan très rapide ? On a, je le crois, enrayé l'explosion de la délinquance. Cela fait cinq ans que la délinquance augmentait continûment. Depuis six mois, elle a reculé, peu, mais elle a reculé. Sur les quatre premiers mois de l'année, avant que le gouvernement de J.-P. Raffarin arrive - rien que sur les quatre premiers mois de l'année -, la délinquance avait encore augmenté de 5 %. Depuis six mois, on est à un recul de la délinquance. Il faut aller plus loin : il faut que la France retrouve un niveau de sécurité publique comparable avec celui qui existe dans les autres grandes démocraties. Il n'y a pas de liberté sans tranquillité publique."
Donc, si vous échouez vous partez, et si vous réussissez, comme c'est en ce moment le cas, que faites-vous ?
- "Pour l'instant, c'est l'heure du travail."
Pour que les policiers et les gendarmes travaillent ensemble et plus efficacement, vous avez l'intention - vous l'avez annoncé, promis - de réorganiser la répartition géographique des gendarmes et des policiers. On dit, maintenant, que 90 commissariats sont concernés. D'abord, est-ce que c'est vrai ? Et est-ce que cela ne va pas augmenter, comme certains le disent déjà, l'insécurité ?
- "D'abord, les chiffres sont faux, pour une raison simple : c'est que les chiffres exacts, on les connaîtra le 15 novembre, quand les préfets m'auront rendu leur copie. Qu'est-ce qui se passe ? Cela fait 61 ans que la carte de répartition des zones police et gendarmerie n'a pas changé. Je pose une question très simple, que nos auditeurs peuvent parfaitement comprendre : est-ce que depuis 61 ans, la délinquance a changé ? Je souhaite mettre policiers et gendarmes là où il y a des délinquants, pas là où il n'y en a pas. C'est une première remarque qui me semble importante. Il y a deuxième remarque : c'est que cette efficacité que l'on attend de nous, elle dépend de nos capacités d'organiser cette carte. Pour l'organiser, nous ferons en sorte que nulle part, aucune zone ne se sente en situation de déshérence. Et je pense plus particulièrement aux zones rurales, qui ont été celles où la délinquance a le plus augmenté ces dernières années. Si la carte était si bonne, alors comment se fait-il que les taux de délinquance en zone rurale ces dernières années augmentaient de 18 % chaque mois ? C'est une augmentation exponentielle !"
Oui, mais par exemple, vous avez écouté, ce matin, Europe 1, vous avez entendu que dans les Côtes-d'Armor, par exemple, il va y avoir moins de policiers.
- "Prenons un autre exemple : Nantes. Le périphérique nantais est, à ma connaissance, le plus grand de France. Les trois quarts du périphérique sont en zone police, un quart en zone gendarmerie. Je vous pose une question : quand un délinquant se trouve en voiture sur le périphérique nantais, est-ce que vous croyez qu'il se demande s'il est dans la zone gendarmerie ou dans la zone police ? Il faut mettre ce périphérique en zone police. S'agissant des Côtes-d'Armor, j'ai entendu, à 6h30, ce matin, sur votre antenne, et j'en ai déjà tiré un certain nombre de conséquences. J'ai demandé un rapport sur ce qui s'était passé, comment la concertation a été conduite. J'aurai ce rapport dès aujourd'hui, et j'en tirerai aussi toutes les conséquences. Je souhaite que les préfets conduisent une concertation. Il y a un grand changement par rapport aux réformes précédentes : c'est que les réformes précédentes se faisaient sur le redéploiement pour masquer la réduction des effectifs. Aujourd'hui, nous avons des effectifs en plus, donc on pourra donner davantage d'effectifs dans des zones qui n'en ont pas."
Autre chose, puisque vous écoutez Europe 1 : il n'y a plus de Sangatte. Or il y a des clandestins bulgares à Bordeaux, il y a des sans-papiers en ce moment à Calais. Est-ce que Sangatte fermé, cela ne va pas être un certain nombre de clones de petits Sangatte ?
- "Il faut dire que la période où on pouvait s'installer en France, comme ça, au mépris de toutes les règles et puis, en plus, culpabiliser la France, c'est une période dont je souhaite qu'elle soit terminée. S'agissant des Roumains installés en situation irrégulière dans le Val-de-Marne : il y en a déjà 450 qui sont repartis en Roumanie, pour certains en faisant un passage par la Suisse. J'ai longuement travaillé avec..."
C'est vrai qu'ils avaient de belles voitures ?
- "...J'ai longuement travaillé avec ma collègue... - en tout cas des voitures qui suffisaient pour les amener de France en Suisse -, ministre de l'Intérieur suisse et nous avons organisé près de 450 retours. Pour les Bulgares, c'est invraisemblable la situation ! Le préfet, sur mes instructions, a procédé à un recensement des personnes ; un certain nombre sont en situation irrégulière, ils doivent être reconduits en Bulgarie. J'aurai dans les jours qui viennent des contacts avec les autorités bulgares. Mais il ne suffit pas de s'installer en France, de dire "j'ai un droit", et en plus de reprocher aux Français de ne pas être assez généreux. Nous ne pouvons pas continuer comme cela. Sur Sangatte : le gouvernement précédent a laissé Sangatte croître, enfler et embellir. Sangatte, c'est un hangar dans lequel on jette des milliers de malheureux à qui on fait croire qu'ils ont un avenir. J'ai décidé que Sangatte serait fermé. Et un certain nombre de provocateurs ont occupé, contre l'avis du maire d'ailleurs, un gymnase à Calais, alors que toutes les possibilités d'accueil dans un certain nombre de centres de la région, étaient ouvertes. Qu'est-ce qu'on souhaite ?..."
Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
- "Que souhaite-t-on ? Qu'ad vitam aeternam, on continue à accueillir tous les Kurdes ou tous les Afghans à Sangatte ? Alors, on fait deux choses : d'abord, j'ai fait démanteler par la police de l'air et des frontières tous les réseaux de passeurs à Sangatte ; les six réseaux de passeurs ont été éradiqués. Deuxièmement, ces gens viennent pour passer en Angleterre. L'Angleterre n'en veut pas, c'est son droit. La législation est en train de changer pour qu'elle soit moins attirante. Troisièmement, j'ai mis en place, avec le HCR, un système "2.000 euros par personne" pour commencer à reconduire chez eux des gens dont l'Afghanistan a besoin pour se reconstruire. On ne peut pas accepter en France toute la misère du monde..."
Il n'y aura pas de nouveau Sangatte ?
- "Non. Il faut être généreux, il faut aider tous ceux qui peuvent l'être. Mais quand je vois qu'on demande le statut de réfugié politique et qu'on vient de la Roumanie ou de la Bulgarie... En Roumanie, il y a eu des élections présidentielles parfaitement libre, elle est devenue une démocratie, un jour elle rentrera dans la communauté européenne... Est-ce qu'on doit considérer que tous les gens doivent avoir un statut de réfugié politique, alors qu'ils viennent de pays que nous nous apprêtons à accepter en Europe ? Cela n'a aucun sens et il convient de le dire. La générosité de ceux qui parlent beaucoup et qui agissent très peu, elle se fait sur le dos, d'abord de ces malheureux à qui on fait croire qu'ils ont un avenir en France alors qu'ils n'en ont pas, et deuxièmement de tous ces gens qui habitent autour de Sangatte qui, depuis quatre ans, vivent aussi une situation très difficile, qui en ont plus qu'assez et avec un FN qui était à 35 % dans ces régions. Que veut-on ? Qu'on continue ? J'observe que ceux qui parlent avec le coeur à la main, ce ne sont pas ceux qui habitent dans ces régions. Moi aussi, je mets en place une politique pour les habitants de ces régions."
L'Eglise catholique fait appel aux policiers pour que les lieux de culte soient moins manipulés, ou en tout cas ne soient plus occupés. Pourquoi occupe-t-on toujours des églises et jamais des mosquées ?
- "Je rends hommage à l'Eglise de France, qui est à la fois généreuse, accueillante, mais qui en a eu assez d'être exploitée ou d'être prise à partie. Et les décisions qui ont été prises, notamment la dernière évacuation, je les ai prises en plein accord avec les responsables de l'Eglise de France. La communauté catholique doit aussi être respectée. On n'a pas à envahir des lieux de culte, quels que soient par ailleurs les problèmes qui sont les leurs. Concernant les sans-papiers - puisque depuis des mois, je gère cette affaire avec le plus d'humanité possible -, il n'y a pas de raison que l'Eglise voit ses différents édifices occupés..."
Vous ne m'avez pas répondu sur les mosquées.
- "Mais ce n'est pas une question à me poser à moi, j'occupe assez peu d'églises ! On verrait dans ce cas-là, celui que vous évoquez, quelle serait la réaction de la communauté musulmane. On pourrait le dire aussi pour les temples protestants ou pour les synagogues..."
Je voulais vous poser une question sur les prostituées, mais le temps passe vite, on le fera une autre fois...
- "Peut-être un mot sur les prostituées. Je reconnais bien volontiers que les prostituées sont des victimes. Mais je pense aussi à d'autres victimes, à qui on n'a rien demandé : ce sont les habitants qui habitent dans les quartiers où on ne peut pas rentrer chez soi, parce qu'en bas de chez soi, on a le droit d'avoir le ballet des souteneurs, des proxénètes, des prostituées, des clients et d'un certain nombre de détraqués... J'aimerais aussi qu'on pense à ceux qui habitent dans ces quartiers et que la générosité, encore une fois, de ceux qui parlent, ils pensent un peu à tous ceux-là, qui sont des victimes, qui ont des enfants et qui en ont plus qu'assez de rentrer entre deux haies de prostituées."
Puisque vous posez le problème, les étrangères en situation irrégulière, africaines ou européennes de l'Est, exploitées par des réseaux de mafieux : dehors ?
- "Depuis cinq ans, les filières de prostitution de l'Est et d'Afrique explosent. On n'en a jamais vu autant. La question qui est posée est la suivante : en permettant de raccompagner chez elles ces prostituées étrangères en situation irrégulière, je voudrais dire d'abord qu'on les sort du réseau de leur proxénète. Parce qu'elles sont en danger en France lorsqu'elles sont sur le trottoir, frappées, humiliées, exploitées par des gens sans scrupule. Nous poursuivons ces gens, mais en raccompagnant les prostituées étrangères chez elles, nous les mettrons à l'abri des réseaux qui les exploitent. Vous savez, ce n'est pas en Albanie que les prostituées étrangères risquent quelque chose..."
Est-ce vrai que vous avez arrêté des Albanais récemment ?
- "Il y a deux jours, à Lyon, on a démantelé un réseau de frères sans scrupule et profondément violents, et c'était parfaitement scandaleux. Et ces filles, qui sont des malheureuses, si on les tolère sur nos trottoirs, cela veut dire qu'on tolère et qu'on accepte qu'elles soient exploitées par des proxénètes."
Votre mission, c'est aussi de protéger contre la menace du terrorisme qui grandit. Est-ce que vous confirmez qu'il y a eu des arrestations, d'un terroriste au moins à Marseille, après ceux de Lyon ?
- "Oui, à Marseille et à Lyon. Et je veux rendre hommage à la DST et aux Renseignements généraux qui, notamment sur l'affaire de Lyon, on fait un travail considérable. Nous agissons en parfaite collaboration avec nos amis tunisiens et nos amis européens."
A Marseille, c'étaient des "gros" ?
- "A Marseille et à Lyon, les jours qui viennent permettront de voir que c'étaient des choses importantes."
En liaison avec Al Qaida ?
- "Hélas."
(Source : premier-ministre, Service d'information du gouvernement, le 8 novembre 2002)