Conférence de presse conjointe de MM. Emmanuel Macron, président de la République, et Cyril Ramaphosa, Président de la République d'Afrique du Sud, sur l'insurrection djihadiste au nord du Mozambique, le génocide rwandais, l'épidémie de Covid-19 et les relations franco-sud africaines, à Pretoria le 28 mai 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Conférence de presse conjointe avec M. Cyril Ramaphosa, Président de la République d'Afrique du Sud

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Texte intégral

Journaliste
Une question qui vous concerne tous les deux. Le nord du Mozambique est en proie à une insurrection djihadiste depuis des années qui s'intensifie et menace tout le développement économique de la région. La SADC pourrait intervenir. Est-ce que la France, concrètement, pourrait soutenir cette intervention sur le terrain, et notamment avec la Marine nationale ?

Emmanuel MACRON
Donc, je vais passer en français pour vous répondre. Alors, vous avez évidemment raison de souligner l'importance de la question du Mozambique. Et nous en avons parlé à l'instant avec le Président. Nous avons la célébration des oiseaux. Donc, nous en avons parlé à l'instant avec le Président et j'avais eu l'occasion de rencontrer la semaine dernière le Président du Mozambique puisqu'il était venu lors de sommet que nous avions tenu à Paris sur le financement des économies africaines. Je vais juste attendre deux secondes pour que le Président puisse... OK. Donc, sur ce sujet, nous savons que le Mozambique a à faire face à des groupes djihadistes qui, aujourd'hui, menacent la sécurité du pays, en particulier dans la région de Cabo Delgado. Face à cette situation que nous suivons avec évidemment beaucoup de préoccupation, le souhait de la France est de rester très étroitement coordonnée avec évidemment le Mozambique et les États de la région. Nous sommes à disposition pour aider, mais dans le cadre d'une solution politique qui sera d'abord demandée par le Mozambique et ensuite structurée par la SADC. Une réunion s'est tenue hier, comme vous le savez. Je laisserai le Président s'exprimer puisqu'il était présent et qu'il a un rôle absolument clé sur ce sujet, mais que si la décision était prise de structurer une intervention de la SADC pour justement restaurer la pleine souveraineté du Mozambique sur tout son territoire, la France est disponible pour prendre part à des opérations sur la partie maritime. Je tiens à ici repréciser que compte tenu de notre stratégie indo-pacifique, compte tenu aussi de notre présence régulière de nos territoires à travers Mayotte et la Réunion, nous avons de manière extrêmement régulière des frégates et différentes composantes de notre Marine qui sont présentes dans la région et qui mènent des opérations régulières. Donc, nous pourrions très rapidement réagir si cela était souhaité. Le coeur de la réponse doit être une réponse régionale africaine à la demande du Mozambique et coordonnée avec les principaux Etats voisins.

Cyril RAMAPHOSA
Thank you. Thank you, President MACRON, in relation to this question of Mozambique, indeed we held a summit, what we call a Double Troika Summit yesterday. We discussed the situation in Mozambique extensively and started off by receiving a report of the technical assessment team that had been sent to Mozambique. They informed us of their own analysis and understanding of the situation. And in the course of the discussions, we listened very carefully to Mozambique's needs and they articulated them very, very well indeed and SADC stands ready to assist Mozambique to ward off these insurgents and to ensure that we return and restore peace and stability in Mozambique. We also deliberated on Mozambique's requirement as a sovereign state to get help from other parts of the world and to engage in discussions with others. And they informed us that they have been in discussions with others, but obviously would want endorsement from SADC in order for them to gain the assistance. And that is precisely how assistance from France will manifest because this humanitarian assistance that is needed where countries can pledge solidarity with Mozambique, there is assistance that is needed of an economic nature in the area, which is quite depressed economically. But there is also technical assistance that is needed to capacitate the armed forces and there's various other forms of assistance that they require. So they will be discussing this with various other partners and they would then be able to take things forward. We welcome France's stance on this, that they would obviously, as much as they can, offer assistance, they would want to work in collaboration and in cooperation with the various, the body in the region, as well as with Mozambique, recognizing that Mozambique is a sovereign State that is facing a huge challenge at the moment, and whatever assistance that they will be required to offer would be offered on the basis of two countries cooperating as two sovereign states. So thank you very much on that.

Journaliste
Les Africains suivent votre parcours lors de ce voyage. Vous avez donc présenté des excuses au Rwanda par rapport au génocide de 1994. Mais que vous n'êtes pas vraiment allé très de manière approfondie pour demander aussi les excuses ou un pardon avec le peuple rwandais. Et le Président RAMAPHOSA pourrait donc intervenir aussi parce qu'ici, nous aurions voulu comprendre ce qui s'était écoulé pendant la période coloniale et la période de l'apartheid, ainsi que…

Emmanuel MACRON
Je vais me permettre de vous répondre en français, ce qui me permettra d'être plus précis sur un sujet aussi délicat que celui-ci. Nous avons discuté aujourd'hui avec le Président RAMAPHOSA de l'importance justement d'avoir une vision pour l'avenir de l'Afrique. Et je veux vous dire combien je suis convaincu que pour la génération à laquelle j'appartiens de décideurs européens, c'est l'une des questions les plus importantes. J'en ai fait, je crois pouvoir le dire, un élément clé, pas simplement d'ailleurs de la politique internationale de la France, de notre politique, parce que notre pays est fait aussi d'une histoire partagée avec l'Afrique. Il se nourrit de ces diasporas de Françaises, de Français ou de binationaux qui ont des vies partagées, des destins familiaux partagés. Je suis convaincu que l'un des enjeux du temps que nous vivons, c'est de permettre à l'Afrique comme continent et chacun de ces pays comme États souverains, de réussir à embrasser tous les défis du siècle qui s'ouvre, à faire réussir leur jeunesse. Ça, c'est le plus important pour moi. Dans ce contexte-là, nous avons des situations passées qui ne sont pas encore résolues, si je puis dire. Mais elles sont toutes différentes. Je pense qu'il faut être très prudent à ne pas mélanger toutes les questions africaines. Autant je crois à un destin de l'Afrique commun, autant je pense qu'il y a autant de sujets, quand on parle de la mémoire et de l'histoire, qu'il y a de situations en Afrique. La question du génocide des Tutsis au Rwanda n'est pas une question coloniale, est une question très différente du rapport mémoriel par exemple, d'un pays comme le vôtre. Elle a toutes ses spécificités. J'y suis revenu hier avec beaucoup de précision. Ce qui m'importe, c'est la manière dont le Président KAGAME et dont les Rwandais l'ont accueilli. J'ai eu le sentiment qu'ils avaient considéré qu'ils avaient été respectés, que je leur avais dit la vérité. C'était mon seul objectif. Il y aura toujours des gens pour dire : vous devez aller beaucoup plus loin parce qu'il y a une histoire passée, entre le continent européen et le continent africain, qui est faite de ces multiples ressentiments non-dits ou autres. Mais si on télescope toutes les histoires en en faisant une seule matrice, nous n'en réglerons aucune et donc autorisez-moi à remettre la question du génocide des Tutsis de 1994 dans son contexte très précis, la nature de ce que j'ai dit hier aux Rwandaises et aux Rwandais dans ce contexte très précis, et de ne pas avoir à répéter tous les mots que j'ai dit hier, mais simplement vous livrer que j'ai avec la plus grande sincérité et la plus grande honnêteté intellectuelle tenté de dire ce en quoi je croyais et je crois qu'avec la même honnêteté, le Président KAGAME a pu dire que c'était ce qu'ils attendaient.

Cyril RAMAPHOSA
Thank you. Thank you. President MACRON, I'd like to say that I discussed this matter with President MACRON and he explained to me precisely the stance that he and France are taking on all this, and they are doing it with a degree of genuineness and explaining the role and admitting to some of the mistakes that were made. And I think we should be pleased that there is now reproachment between Rwanda and France on this matter. They are discussing the issues and President MACRON has been brave enough and courageous enough to go to Rwanda and deal with the issues that have caused a great deal of pain to so many people in Rwanda. And I'd like to say that they need time, they need to be given the opportunity to work through the issues. And I think President KAGAME, in accepting the statements that were made by President MACRON, is indicating that they are willing and ready to engage with France because what happened in the genocide has caused a great deal of trauma and pain and has also [inaudble ] the relations between two wonderful countries. So they need to find a way of getting closer to one another. And all we can say is that we want to wish them well. We've been over the years working through our own historic pain of racism, of colonialism, of oppression. And we can but wish them the best as they, too, have to work through all these challenges that we said to their country and their people. So thank you very much.

Journaliste
L'Afrique du Sud a demandé la levée des brevets des vaccins COVID. Monsieur MACRON, vous avez souvent répété que ce n'était pas la priorité qu'il fallait travailler plutôt sur la question de la production. Est-ce que c'est un point d'achoppement entre vous enfin, de blocage ? Et puis, si vous me le permettez, monsieur MACRON, avez-vous une réaction à l'attaque au couteau qui a touché ce matin une policière municipale à côté de Nantes ? Merci beaucoup.

Emmanuel MACRON
Non, sur la deuxième question, je ne ferai pas de commentaire de politique intérieure, surtout à des milliers de kilomètres. J'ai été en lien constant avec le ministre de l'Intérieur et avec mes équipes. Simplement une pensée pour la policière municipale qui a été victime d'une attaque ce matin, ainsi que pour tous ses collègues. Et je souhaite maintenant que ce qui permettra d'élucider les circonstances et de mieux protéger soient poursuivis. Pour ce qui est votre première question, je vais essayer d'être clair. Sur le principe de lever les contraintes de la propriété intellectuelle pour permettre la production en Afrique et partout dans le monde, nous sommes pour. Nous sommes pour.

Simplement, je veux revenir, toujours à la même chose : quel problème voulons-nous régler ? Ce que nous avons besoin de faire, c'est de vacciner le plus vite possible le maximum de gens. Et on a besoin de couvrir le plus de nos populations partout dans le monde. C'est un devoir moral, de solidarité de le faire à l'égard des pays à revenu intermédiaire où les pays les plus pauvres. Et, c'est, si je puis dire, et je rappellerai tout à l'heure, une exigence d'efficacité. C'est même notre intérêt à tous, parce que plus on tarde à vacciner partout dans le monde, plus on laisse la chance à ce virus à nouveau de faire des mutations et de revenir. Dans ce contexte-là, la première manière de faire, c'est la solidarité et le don de doses. C'est-à-dire tout faire pour qu'il n'y ait pas l'accumulation de doses inutilisées dans les pays les plus riches et que ces doses achetées, payées soient transférées vers les pays qui en ont besoin. C'est sous l'ombrelle de l'initiative ACT-A que nous avons d'ailleurs lancé avec le président RAMAPHOSA l'année dernière, lorsqu'il dirigeait, lorsqu'il présidait l'Union africaine et sur lesquelles nous voulons continuer d'avancer. Ça c'est la priorité absolue. C'est d'ailleurs dans ce cadre-là que la France s'est engagée à ces 30 millions de doses au moins d'ici à la fin de l'année et que nous allons continuer d'ailleurs à réviser à la hausse cet objectif. Et là, je souhaite qu'on puisse continuer à faire le maximum.

La deuxième chose, c'est de permettre de produire plus dans les usines existantes. Et de faire monter en capacité les acteurs industriels parce qu'on a besoin de produire davantage de vaccins et en particulier en Afrique. Il y a un chiffre très simple qui vous permet de le comprendre. L'Afrique, c'est à peu près 20 % des besoins et c'est 1 % de la production. Comment on peut le faire rapidement ? En s'appuyant sur les capacités qui existent sur le continent africain. Et très vite, en investissant, et le faisant monter en capacité. C'est exactement ce qu'on va annoncer cet après-midi ensemble parce qu'en Afrique du Sud, il y a des acteurs justement de la pharmacie et des biotechnologies qui sont très forts. Et donc, nous avons des partenariats avec Biovac. On va continuer à renforcer. Sanofi, étant l'un de leurs partenaires et nous allons lancer un projet très structurant avec Aspen, qui est un très grand groupe sud-africain et qui est d'ailleurs lui aussi présent en France. Et donc, ça, c'est le deuxième pilier. Comment on accélère la production de vaccins sur le continent africain ? Et donc là, nous aurons cet après-midi vraiment une stratégie d'investissement pour aider ces industriels, en particulier sud-africains, à produire plus. Et là, c'est très rapidement.

Et puis, il y a un troisième élément, c'est comment on arrive à aider tous les pays qui le peuvent à produire les nouveaux vaccins dans le temps le plus réduit ? Même si on règle tous les problèmes de propriété intellectuelle, ça met de 2 à 3 ans ça. Je dis juste pour que tout le monde ait en tête de quoi on parle. Parce que là, on parle de technologies qui ne sont pas forcément connues, adaptées et des temps de développement. Néanmoins, il faut le faire pour régler le problème structurel que j'évoquais donc dès maintenant. Face à ce sujet de la propriété intellectuelle. Il nous faut voir deux choses.

La première, c'est que nous avons eu par le passé à traiter de ce sujet et l'Afrique du Sud a eu un rôle absolument fondamental en la matière. C'était quand on luttait contre le VIH. On lutte toujours contre et que le coût des trithérapies était si élevé que les pays les plus pauvres n'y avaient pas accès. Ça a été un combat extrêmement fort de votre pays cher Président. Et grâce à ça, on a adapté notre propriété intellectuelle en matière de santé. Et donc, on a des exemptions à ce qu'on appelle des accords TRIPS qui permettent justement de lever les contraintes de propriété intellectuelle. Aujourd'hui, nous n'arrivons pas à faire fonctionner ces exemptions quand il s'agit du COVID. Ça n'est pas normal. Et donc, je dis à très court terme : il faut qu'on regarde deux voies et là, je suis très pratico pratique. La première voie, c'est de dire, et c'est le mandat que nous avons donné à Ngozi qui est à la tête de l'OMC en même temps qu'à l'OMS, c'est regardons comment les exemptions existantes peuvent être utilisées sur le COVID-19 ? Et à ce moment-là, la propriété intellectuelle n'est plus un rempart au transfert de technologie. S'il apparaît clairement que ça ne peut pas fonctionner, à ce moment-là, le président RAMAPHOSA a proposé quelque chose qui peut tout à fait être fait en parallèle. Et si la première voie ne fonctionnait pas, je soutiendrai celle-ci. C'est un waiver, c'est-à-dire une levée des règles de propriété intellectuelle sur tous les vaccins COVID-19 le temps de la crise. L'objectif recherché est le même et la France le soutient totalement. En aucun cas la propriété intellectuelle ne peut et ne doit faire obstacle aux transferts de technologie. On saura cet après-midi avec ce qu'on appelle le Medicines Patent Pool qui a travaillé sur ces sujets, et je souhaite que le plus rapidement possible, on puisse lever ça. Donc, nous avons d'ailleurs décidé ensemble de porter une initiative commune sur ce sujet au G7. Parce que je partage totalement le combat que mène le président RAMAPHOSA, le premier ministre Modi est aussi sur cette ligne de dire : on doit produire le plus vite, le plus fort et il ne doit pas et il ne doit pas y avoir de barrières liées à la propriété intellectuelle. Toute dernière remarque aujourd'hui, on doit se battre pour avoir une transparence des prix. Quand on parle de barrière, ce qui ne va pas, c'est que tout le monde achète des vaccins partout, qu'on donne beaucoup d'argent à différentes structures pour acheter des vaccins et que personne ne sait à quel prix. Et il est vraisemblable que les plus pauvres sont ceux qui paient le plus cher. Et donc, je pense que dans nos initiatives, on va aussi demander un système de responsabilité et de transparence des prix pour tous les mécanismes internationaux. J'espère que j'ai été clair. J'étais le plus complet possible pour traiter de ce sujet qui est essentiel.

Cyril RAMAPHOSA
Je n'ai pas suivi la première partie de la question et ce que vous avez dit, mais ce que vous avez parlé dans la dernière partie c'est comme une musique à mes oreilles et c'est une convergence des idées, et nous avons levé ce problème entre l'Afrique du Sud et l'Inde, c'est aussi dans la levée de la protection de la propriété intellectuelle. Il nous faudrait permettre aux pays d'avoir des capacités pour pouvoir introduire les vaccins. Et comme nous parlons du nationalisme du vaccin ou bien l'apartheid des vaccins, ça se traduit d'une certaine façon, de telle manière que seuls très peu obtiennent des vaccins de manière illimitée et les pays donc qui ont aussi besson de vaccins ne les obtiennent pas.

Dans le continent africain, nous n'avons vacciné que 2% de la population. Aux Etats-Unis ils sont à 40 %, et d'autres le sont à des niveaux très élevés. Les défis que nous rencontrons c'est la disponibilité des vaccins, alors que les pays développés ont acheté beaucoup de vaccins, et ils les gardent dans leurs établissements. Nous avons donc des problèmes, mais nous ne trouvons même pas ces vaccins sur le marché, tel que nous avons des besoins. Et c'est pour cette raison que nous demandons la levée des brevets au niveau de l'Organisation mondiale du commerce et je me réjouis que le Président MACRON a pris ce problème à coeur et il supporte assez dans ce problème que nous rencontrons dans les pays africains. Premièrement donc, nous devrons travailler là-dessus, c'est-à-dire en renforçant les capacités dans les pays du continent, ceci afin qu'ils puissent produire le vaccin, et aussi avancer au niveau de l'Organisation mondiale du commerce, qu'ils puissent considérer les dispositions que nous sommes en train de présenter, c'est-à-dire d'une part, qu'il y ait des exemptions, ceci afin de faciliter le transfert des technologies.

Le Président MACRON et moi, nous sommes d'accord là-dessus, c'est-à-dire : il nous faut donc ce transfert des technologies et cette levée de l'interdiction et que le renforcement des capacités ne serait pas seulement la production ou la mise sur pied d'une nouvelle licence. Il y a un grand nombre de pays africains capables de renforcer leurs capacités et de manière un peu plus rapide. L'Afrique du Sud peut le faire et beaucoup des pays africains ont donc des capacités et ceux qui n'ont en pas pouvaient essayer de développer ces capacités le plus rapidement possible. Je crois que ça prendrait un peu de temps à l'OMC de finaliser ce travail, mais nous voyons que nous devons donc suivre cette stratégie, cette stratégie de deux voies, c'est-à-dire que nous ayons de l'assistance, que nous renforçons les capacités et au même moment, que nous continuons les discussions à l'Organisation mondiale du commerce. Le Président MACRON est d'accord là-dessus et que nous puissions présenter ce cas-là au G7. J'ai apprécié l'intervention du Président MACRON là-dessus, que ce problème ne soit pas utilisé comme une barrière, c'est-à-dire que l'Afrique du Sud, comme il l'a dit, que l'Afrique du Sud a vraiment poussé pour les anti-rétros pour le VIH.

Mais nous avons travaillé avec beaucoup de pays à travers le monde et nous sommes contents que ce que nous avions dit à l'époque et même maintenant, nous sommes prêts à l'exécuter. Nous pouvons donc être capables de convaincre plus de personnes par rapport à la mesure que nous présentons et ceci sera un élément qui est catalyseur, qui va changer le jeu pour les pays africains. Nous ne serons donc pas en train d'attendre comme nous attendions en ce moment, et nous n'aurons pas à vivre avec tous les décès qui se produisent ou bien que nous rencontrons chaque jour.

Journaliste
Ma question est adressée au Président RAMAPHOSA. Il y a les partis politiques qui demandent aux gens au ministère de la Santé, de démissionner ou bien de se retirer du gouvernement. Quelles sont vos réactions, Monsieur le Président ?

Cyril RAMAPHOSA
[inaudible] et la dernière partie de votre présentation, c'est que l'unité des enquêtes spécialisées, c'est-à-dire une unité qui regarde la mauvaise gestion et la corruption en Afrique du Sud. J'attends leur rapport, et ils ont déjà déposé un premier rapport préliminaire, qui est un rapport du département ou du ministère, et le ministre a donc suivi ce rapport. Nous attendons que cette unité des enquêtes puisse conclure son rapport. Je pourrai donc dire que d'ici que ce rapport final ne soit fait, permettez-moi de considérer ce qu'ils vont nous présenter et ainsi donc, nous serons capables de gérer la situation. Et j'ai suivi qu'il y a beaucoup d'appels pour que le ministre démissionne, je les ai compris et j'aimerais donc avoir ce rapport de l'unité des enquêtes spécialisées et donc je vais tabler là-dessus.

Journaliste
J'aimerais que le Président MACRON puisse réfléchir sur les discussions d'aujourd'hui.

Emmanuel MACRON
Merci beaucoup. Cher Président, cher Cyril, merci infiniment d'abord de m'accueillir aujourd'hui dans votre pays. Je voulais vous dire combien j'en étais heureux et honoré de votre de votre présence, je le disais à Paris dans des temps qui sont si agités pour nous tous, pour la conférence sur le financement des économies africaines.

Je suis pour ma part à la fois honoré et ému d'être parmi vous aujourd'hui. Honoré parce que c'est une visite importante pour notre pays. J'ai pu répondre à votre invitation et plus que jamais, nous l'avons vu et je vais y revenir, nous avons décidé d'oeuvrer sur beaucoup de sujets en commun, à la fois bilatéraux et régionaux et multilatéraux.

Ému aussi parce que la relation avec votre pays, et ce que votre pays représente, et nous l'avons vu en arrivant, et ces marches seules, en quelque sorte, disent une part de cette histoire. C'est aussi au coeur de ce que j'évoquais tout à l'heure rapidement, c'est-à-dire la capacité qu'a eue et qu'a le continent africain de prendre son destin en main, de mener des batailles qui ont structuré en particulier la fin du XXème siècle et de le faire avec courage, détermination et inspiration. Je sais que l'Afrique du Sud est un pays de mémoire et d'histoire plurielle qui lui aussi a à faire face, on l'évoquait en répondant à la première question, à des histoires multiples de réconciliation, de tradition, mais aussi d'innovation. Je dois dire que je suis très admiratif de la manière dont votre pays, justement, arrive à la fois à faire face aux défis contemporains tout en embrassant cette diversité extrême. Je crois savoir que vous-même vous parlez huit des 11 langues qui font votre pays. Et c'est, à la fois, une source d'inspiration et de respect.

Alors, je crois savoir que dans votre culture, la collectivité et l'ambition ne font qu'un. J'ai entendu dire qu'il existe un mot ancien d'origine khoïsan qu'on appelle Hapo qui signifie le rêve qu'on rêve ensemble en quelque sorte. Et un rêve qui n'existe que tant qu'il est partagé que par la communauté. Et au fond, c'est autour de cette idée-là, de ce concept que je voudrais structurer à la fois ce que nous entendons faire sur le plan bilatéral mais plus largement la manière dont nous entendons mener une grande part de défis du continent ensemble.

On a évoqué avec le Président RAMAPHOSA, et je suis pour ma part convaincu, je vous le disais tout à l'heure que notre défi est d'aider l'Afrique à réussir et en particulier la jeunesse africaine. C'est une formidable opportunité pour le continent. C'est une formidable opportunité d'ailleurs pour la relation euro africaine, mais cela suppose un niveau d'investissement de transformation absolument inédit au moment même où nous vivons des défis que peu de générations ont rencontré. Et donc, notre volonté, c'est d'essayer d'embrasser ensemble ces questions.

Le premier point, c'est comment on arrive ensemble à transformer le niveau et la nature de la coopération en matière économique, budgétaire, financière entre l'Afrique et le reste du monde ? C'était l'objet de la conférence de Paris la semaine dernière et ensemble, nous poussons cette idée que la communauté internationale doit se mobiliser pour aider l'Afrique entre aujourd'hui et 2025 à avoir au moins ces 290 milliards de dollars de financements dont nous savons que c'est, si je puis dire, la conséquence de la crise COVID. C'est le minimum minimorum. Et donc, c'est l'initiative de l'émission de droits de tirage spéciaux du FMI de 650 milliards, la réallocation au maximum par tous les pays les plus riches. La France s'y est engagée pour que cela représente au moins 100 milliards pour l'Afrique.

C'est ensuite la mobilisation d'une restructuration des dettes africaines dans un cadre commun et partagé, mobilisant l'ensemble des bailleurs pas simplement occidentaux, mais l'ensemble des membres du G20 doivent se mobiliser autour de cette initiative et c'est la capacité également à repenser les règles que nous avons aujourd'hui en matière budgétaire avec l'Afrique car les Etats-Unis, la Chine, l'Europe ré-adaptent leurs règles. On ne peut pas vivre avec les règles des années 80 quand on parle du continent africain.

Et puis, c'est notre volonté d'aider le continent africain a développer l'entrepreneuriat privé beaucoup plus fortement en lançant cette alliance pour l'investissement privé. Et c'est d'ailleurs pour cela que Makhtar DIOP, qui était à la tête de la SFI au sein du Groupe Banque mondiale, est à mes côtés aujourd'hui pour permettre justement de mener cette entreprise. Ça c'est, si je puis dire, le coeur pour réussir cette stratégie, avoir une stratégie de financement et ça, on veut le porter ensemble. Et c'est exactement ce qu'on a fait l'année dernière avec ACT-A. Au début de la crise sanitaire, on a dit : il faut une réponse sanitaire, économique, commune.

Ensuite, deuxième élément sur lequel nous avons discuté et qui est au coeur de notre politique, c'est, ce sont les vaccins, la santé. Je ne vais pas revenir sur tous les éléments que j'ai pu donner tout à l'heure dans ma réponse à la question. Mais nous voulons bâtir un partenariat très fort pour accélérer le don de doses, accélérer le transfert de technologie qui va permettre seul d'accroître les capacités de production sur le sol africain de vaccins et trouver une solution au problème de la propriété intellectuelle qui ne doit en rien être un frein. Sur ces sujets, nous prendrons une initiative ensemble en G7, mais dès cet après-midi, nous allons ensemble lancer une série d'initiatives communes pour en particulier apporter des financements à des montées en capacités d'acteurs industriels existants sud-africains. Je ne veux pas oublier, dans ce contexte-là, le reste de la solution en matière de santé. Nous avons décidé d'accroître notre financement vers les systèmes de santé primaires des pays africains. 2 milliards de financement par l'Agence française de développement. Et puis, nous voulons aussi multiplier justement le travail, le partenariat sur les autres sujets du COVID, en particulier les diagnostics, en particulier les éléments thérapeutiques. Et nous aurons là aussi des éléments importants lors de cette visite, avec justement des partenariats franco-africains qui permettent d'aller dans cette direction.

Troisième élément de notre réponse commune aux défis contemporains, de ce nouveau partenariat que nous souhaitons sceller, c'est la question de l'Emploi, en particulier l'emploi des jeunes dans un contexte où il faut réinventer nos modèles de croissance et en particulier où il faut faire face au réchauffement climatique et à la transition énergétique. Sur ce volet, la France, aux côtés de l'Union européenne, est prête à accompagner justement l'Afrique du Sud de plusieurs manières.

D'abord, de manière très concrète, en ayant, en articulant notre agenda international ensemble. Ce qu'on a commencé à faire. En ayant sur la préservation de la biodiversité, la lutte contre le dérèglement climatique, des approches et des initiatives communes.

Ensuite, en apportant justement des financements et des projets en matière d'énergies renouvelables, mais également de nucléaire. Nous avons évoqué tous ces sujets tout à l'heure. Plusieurs entreprises françaises ont d'ailleurs été sélectionnées au mois de mars dernier sur des projets d'énergies renouvelables et nous souhaitons de manière très profonde accompagner la transition climatique de l'Afrique du Sud tout en aidant à maximiser les créations d'emplois en la matière. Nous venons aussi de nous associer dans une même philosophie au lancement de la première émission d'obligations vertes en Afrique du Sud, à hauteur de 200 millions d'euros, ce qui montre cet engagement en faveur de la finance durable et notre volonté de jouer un rôle pour la transition vers une économie bas carbone. Et puis, la France, qui est un partenaire historique des SCUM, continuera aussi à apporter son soutien à l'entreprise pour une capacité d'investissement résolument orientée vers l'avenir et cette transition. Ce contexte-là, c'est celui au fond, d'une coopération aussi toujours plus étroite entre nos économies. Et ça ne se limite pas d'ailleurs à ces sujets que je viens d'évoquer, nous sommes de plus en plus présents. Les entreprises françaises, en 2019 et 2020, ont fortement accru leur présence et leurs investissements sur votre sol. 350 entreprises françaises sont implantées en Afrique du Sud. Elles emploient directement 65 000 personnes et vont continuer, même dans ce contexte de crise, à travailler, embaucher et accompagner vos projets de croissance. Mais notre idée est aussi de faire plus en termes de formation professionnelle. C'est pourquoi plusieurs acteurs français se sont engagés en la matière. Schneider Electric, qui va former plusieurs milliers d'électriciens d'ici 5 ans. Alstom, qui s'est engagé à former 19 000 Sud-Africains et nos entreprises, lance cet après-midi une initiative baptisée French Skills pour aider les jeunes Sud-Africains à conquérir justement de nouvelles opportunités, à acquérir les compétences requises et de la même manière, le programme Trace Académie A également lancé ce jour a pour objectif de contribuer à la formation de 25 millions de jeunes sur le continent. Nous avons aussi une coopération scientifique exceptionnelle. La France va rejoindre l'organisation internationale Square Kilometre Array, un projet de méga télescope, je sais qu'il vous est cher Président, et nous avons, en matière d'archéologie, de climatologie, d'océanographie, de sciences médicales et autres, des coopérations que nous continuons de renforcer.

Dans le cadre de ces coopérations, permettez-moi aussi d'évoquer notre coopération culturelle. En effet, nous avons lancé la saison Africa2020, qui durera en France jusqu'en septembre prochain et qui a mobilisé beaucoup d'artistes, de créateurs sud-africains par un très gros travail, mais nous allons continuer sur ce sujet, vraiment de mobiliser à la fois la jeunesse, les artistes en particulier avec la perspective du sommet de Montpellier, parce que, il y a ici des talents auxquels nous sommes extrêmement attachés et qui, je crois, sont à être mieux à la fois, à être mieux connus en France, mais qui nous aideront aussi à nouer ce partenariat humain beaucoup plus fort.

Enfin, le dernier pilier que nous voulons développer, c'est celui d'une association étroite pour régler les crises régionales. On a évoqué avec la première question sur le Mozambique, mais notre volonté de développer en commun des éléments de réponse parce que la philosophie qui est la mienne depuis 4 ans, c'est de considérer que la France est amie de l'Afrique. Un problème africain est un problème de la France. Mais nous devons tous comprendre qu'aucun problème ne se règle quand on ne respecte pas la souveraineté d'un État et quand on n'essaie pas d'abord de trouver une solution régionale à la crise. Et donc, le coeur de notre réponse a toujours été de venir en soutien, en assistance et à la demande des États, de leurs instances régionales et de l'Union africaine. Et c'est dans cet esprit-là que nous voulons travailler ensemble sur les prochains mois, sur la situation du Mozambique, mais toutes les autres qui porteront du sens avec cette idée, justement, de construire cet espace de paix et de stabilité. Merci beaucoup.

Cyril RAMAPHOSA
Merci Président MACRON. J'aimerais commencer par exprimer notre gratitude pour ta présence et ta visite en Afrique du Sud. Nous sommes très honorés et nous sommes aussi très, très impressionnés que pour la première fois vous venez ici. Vous avez tenu un débat officiel avec nous, et vous êtes aussi venu pour lancer des projets particuliers. Et nous sommes très contents malgré le temps très limité pour cette visite officielle. Je ne reviendrai pas sur le Covid, que nous avons discuté beaucoup ici et aussi que les changements climatiques sur le plan global, ainsi que les relations entre nos deux pays. Comme vous l'avez déjà vu, nos deux pays continuent d'améliorer leurs relations et nos ministres ont signé des accords et sur des problèmes sur lesquels nous allons coopérer, surtout sur le problème du commerce et du développement des connaissances, ainsi que le problème du télescope d'un kilomètre de rayon.

Sur le Covid nous comprenons le grand soutient et la solidarité de la France et surtout pour présenter le cas africain.

Ainsi donc, la France est vue comme un ami de l'Afrique. Et comme le Président MACRON s'est attardé là-dessus, il aimerait voir le continent entier réussir et nous aimerons donc travailler continuellement avec la France. Et c'est sur cette raison que nous sommes prêts à coopérer ensemble sur un certain nombre de forums multilatéraux à travers le monde, les Nations unies, le G20, le G7, et nous apprécions le fait que la France a un grand nombre de relations avec la plupart des pays dans le continent.

Ce que j'apprécie le plus, c'est que le Président MACRON a pu nous démontrer qu'il est prêt à écouter ce que les leaders africains sont prêts à exposer ou à dire par rapport aux défis qu'ils rencontrent et il n'a pas poussé de côté nos points de vue ou bien essayé de minimiser la souveraineté des pays africains, et ceci donc quelque chose de très particulier qui devrait influencer les attitudes des autres, c'est-à-dire écouter et avoir des voyages et être capable d'écouter ce qui se passe, et à être prêt donc à prendre en compte nos points de vue. Et c'est très intéressant d'avoir un partenaire comme le Président MACRON qui sera toujours avec nous pendant que nous sommes en train de plaider les différentes positions et surtout des positions qui vont bénéficier à notre continent.

L'Afrique du Sud et la France donc ont une stratégie très dynamique, qui se déploie sur beaucoup de domaines et des secteurs. Nous avons beaucoup de compagnies françaises ici, présentes ici dans notre marché et notre économie. Et nous avons vu une grande coopération avec la France qui est prêt d'améliorer les relations et les approfondir et de les rendre meilleures et c'est donc avec une grande passion que nous parlons de renforcement des capacités des jeunes et du développement des jeunes et c'est quelque chose que nous apprécions et surtout aussi, nous sommes prêt à reconnaître et à embrasser l'initiative du Sommet de Paris il y a près de deux semaines, où nous avons eu le Sommet pour discuter le financement des économies africaines, et nous avons pu donc articuler que les points là-bas, et bien que les économies très développées donnent auprès des 650 milliards de dollars des DTS et alors que ceci n'était pas [inaudible] des pays Africains et il a pris à coeur ce message comprenant d'où nous venons et il a offert un don que près de 100 milliards seraient vraiment… seraient donc bien. Et je crois que je demanderai que 25 % des 630 milliards seraient mieux. Nous allons parler de ça peut-être au cours du dîner et nous allons retirer nos calculatrices et regarder les meilleurs chiffres. Et nous avons donc le support sur un problème particulier, important comme celui-ci. Et ceci devrait bénéficier nos économies dans le continent. Et il apprécie et comprend là où se trouve l'Afrique et il aimerait supporter l'Afrique dans sa quête d'une réussite.

Nous apprécions votre visite au Rwanda et en Afrique du Sud. Ceci est très important et une bonne démonstration de tout ce que vous avez dit. Nous aimerions bénéficier de votre support pour pouvoir faciliter l'exécution du marché commun africain. Dans la promotion et dans l'aide et le support des entrepreneurs, les petites et moyennes entreprises, ceci pour envoyer des messages clairs aux compagnies françaises présentes en Afrique du Sud que nous aimerions avoir beaucoup de nous vous aimerions le support par rapport aux petites et moyennes entreprises. C'est que vous avez vous faire par exemple dans travailler ensemble dans le changement climatique, le changement climatique, c'est un domaine où nous voyons beaucoup d'opportunités économiques pour nos pays et nous aimerions travailler avec vous, ceci afin de les rencontrer, ce qu'afin que nous puissions résoudre les défis environnementaux qui se présentent et aussi qu'on prenne en compte la science et que nous soyons très équitables est très très honorant. Nous sommes très contents de votre approche sur la situation sécuritaire dans le continent et qui vise à respecter la souveraineté de tous nos gouvernements et que vous êtes en train de promettre une solidarité quant au support humanitaire, technique et autres. Et pour moi, c'est une visite très importante et merveilleuse et je crois le Président MACRON et moi, nous regardons les choses des fois presque de la même façon et nous allons continuer de travailler ensemble et pour nos deux pays. Je crois que ceci est une fondation très solide dans le renforcement des relations entre l'Afrique du Sud et la France. Je suis donc très, très émerveillé que vous soyez présent ici. Est-ce que nous pouvons aller à la maison maintenant ?

Emmanuel MACRON
Je vous remercie.