Déclaration de Mme Florence Parly, ministre des armées, en réponse à deux questions sur l'intervention militaire au Mali, au Sénat le 29 septembre 2021.

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Circonstance : Questions d'actualité au Gouvernement au Sénat

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Texte intégral

Monsieur le Sénateur, permettez-moi de m'associer à l'hommage que le Sénat vient de rendre au sergent Maxime Blasco, mort pour la France. Vous l'avez rappelé, un hommage national lui sera rendu par la Nation tout entière cet après-midi.

Je me suis récemment rendue au Mali. Au cours de ce voyage, j'ai pu non seulement rencontrer nos militaires engagés sur le terrain et leur dire toute ma reconnaissance et toute ma fierté, mais aussi rencontrer le ministre de la défense du gouvernement de transition malien, dans un contexte où en effet circulent des rumeurs, voire des informations, selon lesquelles ledit gouvernement de transition aurait l'intention de contracter avec une société de mercenaires.

J'ai eu l'occasion de dire très clairement et très directement au ministre malien ce que la France pensait de Wagner et, d'une manière générale, des mercenaires. Je lui ai dit aussi ce que la communauté internationale en pensait. Je le répète ici, devant la représentation nationale : si le Mali engage un partenariat avec des mercenaires, il s'isolera.

Il perdra le soutien de la communauté internationale, qui est pourtant très engagée au Mali. Il abandonnera des pans entiers de sa souveraineté - il suffit pour s'en convaincre de regarder ce qui se passe en République centrafricaine aujourd'hui. Loin de diversifier ses partenariats, le Mali s'enfermera au contraire dans un tête-à-tête avec une société de mercenaires.

Pour nous, les choses sont claires : il n'est pas possible de cohabiter avec des mercenaires.

Dans ce contexte, les propos tenus par le Premier ministre du gouvernement malien devant l'Assemblée générale de l'ONU, samedi dernier, sont inacceptables. Accuser la France d'abandonner le Mali au lendemain de la mort d'un de nos soldats, c'est proprement indécent !


Monsieur le Sénateur, vous avez évoqué les propos tenus par le Premier ministre du gouvernement de transition malien devant les Nations unies.

Je voudrais tout d'abord balayer une contre-vérité : non, la France ne se désengage pas du Mali, je le redis clairement !

Nous avons aujourd'hui des milliers de soldats sur place, nous multiplions les opérations de contre-terrorisme, avec des succès tactiques notables - je pense, en particulier, à la neutralisation récente du numéro un de Daech au Sahel -, et nous venons de déployer nos nouveaux blindés Griffon au Sahel dans le cadre de Barkhane ; vous conviendrez avec moi que nous n'avons pas l'attitude d'un pays qui s'en va !

Oui, il est tout à fait scandaleux de faire croire au monde entier que la France s'en va. Prétendre qu'il serait normal d'appeler au chevet du Mali un groupe de mercenaires sous prétexte que nous rendons aux Maliens trois bases militaires dans le nord du pays, c'est de la mauvaise foi !

Je rappelle devant vous que la France et la communauté internationale restent pleinement mobilisées aux côtés du Mali. Je rappelle aussi que les engagements pris par le gouvernement de transition malien devant la communauté internationale, eux, ne sont pas pleinement tenus !

Je redis - pardonnez-moi, mais la question qui m'est posée m'y invite - combien les propos du Premier ministre malien sont choquants dans le contexte que vous avez rappelé, Monsieur le Sénateur.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 11 octobre 2021

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