Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur l'Union européenne et l'Indopacifique et les relations franco-australiennes après la rupture par l'Australie d'un contrat de fabrication de sous marins avec la France, à l'Assemblée nationale le 2 novembre 2021.

Intervenant(s) :

Circonstance : Question au Gouvernement à l'Assemblée nationale

Prononcé le

Texte intégral

Madame la Députée,


Je voudrais d'abord vous dire que les entretiens qu'a eus le Président Macron avec le Président Biden, en marge du G20, qui faisaient suite à un communiqué commun qui avait été établi, il y a quelques semaines, ont permis de reprendre un cheminement positif dans nos relations avec les Etats-Unis, y compris sur l'Indopacifique, où le Président Biden a reconnu le rôle clé à la fois de la France et de l'Union européenne dans cette région du monde, à laquelle vous faites référence. Et donc, il y a un travail de clarification qui s'est bien engagé et nous serons, évidemment, très attentifs à la mise en oeuvre de ces engagements.

Par contre, Madame la Députée, il est certain que la relation avec l'Australie mettra un chemin plus long. Vous m'interrogez, je vous réponds : oui, il y a eu duplicité concernant notre relation avec l'Australie, je vous rappelle en effet, je rappelle au Premier ministre Morrison, de cette assemblée, que le 30 août, à l'issue d'une réunion ministérielle commune à Mme Parly et moi-même avec nos homologues australiens, le 30 août, il a été déclaré, dans une déclaration conjointe, que nous étions tous les quatre sensibles à l'importance du programme des futurs sous-marins qui devait se poursuivre. Et le 15 septembre, Naval Group recevait, le jour même de l'annonce trilatérale, la confirmation de la satisfaction de la stratégie des autorités australiennes sur le programme des sous-marins, et cela permettait la signature du contrat à venir.

Oui, il y a eu duplicité. Alors notre ambassadeur, à ma demande, est retourné à Canberra. Il doit remettre à plat les relations très clairement et par ailleurs faire en sorte que nous soyons sur nos propres intérêts extrêmement vigilants et rigoureux.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 3 novembre 2021