Entretien de Mme Catherine Colonna, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, à TV5 Monde le 16 juillet 2022, sur les relations avec le Niger et le Mali .

Texte intégral

Q - Baptême du feu pour ces deux ministres dans le Sahel ; un baptême du feu qui confirme la nouvelle stratégie de la France : le Niger va être le centre névralgique du nouveau dispositif de sécurité, du nouveau dispositif opérationnel. Entre deux avions, entre deux sites, la ministre des affaires étrangères Catherine Colonna nous a confié ces quelques mots rapidement.

R - Nous avons évoqué toutes les questions de notre partenariat qui n'est pas qu'un partenariat de sécurité, qui n'est pas qu'un partenariat qui concerne des questions de défense, même si ces questions ont aussi été abordées. Je voudrais d'abord souligner devant vous que nous avons avec le Niger un partenariat global qui inclut toutes les dimensions et qui répond, autant que nous le pouvons, aux besoins exprimés par le Niger. Votre question était sur la sécurité...

Q - Qu'est-ce qui va changer ?

R - Vous avez entendu tout à l'heure la réponse de nos collègues. Nous sommes convenus, après que le Niger a exprimé ses besoins, ses demandes et ses attentes. Et il y en a eu. Vous avez vu pendant la conférence de presse qu'ils souhaitent que nous soyons à leurs côtés. Nous allons bâtir par le dialogue une feuille de route qui va être soumise aux chefs d'Etat français et nigérien, pour regarder dans le domaine de la formation, de l'appui, des cyberdéfenses, des matériels, dans le domaine humain, ce qui peut être fait pour répondre aux besoins exprimés par le Niger, sachant que, et je conclus par-là, le Niger a également exprimé le souhait que d'autres pays que la France viennent à ses côtés, l'aider à répondre à l'insécurité qui demeure. Nous avons parlé de cela aussi, et cela concerne plusieurs pays européens qu'il va falloir maintenant contacter pour regarder, à la suite de la lettre du Président Bazoum, s'ils sont intéressés à venir également répondre aux besoins exprimés par le Niger.

Q - C'est votre premier déplacement au Sahel, cela intervient dans un contexte très difficile, où de plus en plus de voix s'élèvent ici pour critiquer la politique française. Comment voyez-vous ce qu'on appelle le sentiment anti-français ?

R - C'est notre premier déplacement au Sahel, mais c'est notre premier déplacement en Afrique depuis que le Président de la République et la Première ministre nous ont confié ces responsabilités. C'est symbolique de venir au Niger, parce que ce pays se trouve avec dans son environnement un certain nombre de défis qui pèsent sur la sécurité de ses citoyens, qui pèsent aussi sur son développement. Vous parlez du sentiment anti-français. Merci de votre question, parce que cela nous permet de répondre, comme nos collègues nigériens l'ont fait ce matin, qu'il ne faut pas confondre ce qui s'exprime parfois sur la toile, de façon excessive voir même fallacieuse et qui concernerait ce que la France fait au Niger, et avec ses partenaires, et les sentiments profonds du pays, de sa population, de ses dirigeants qui, au contraire, vous l'avez vu ce matin, souhaitent que leurs amis et leurs partenaires soient à leurs côtés.

Q - Les sanctions ont été levées par la CEDEAO contre le Mali. Est-ce qu'il y a une possibilité de dégel entre la France et le Mali ?

R - Il n'est pas tout à fait exact de dire que les sanctions ont été levées par la CEDEAO...

Q - Les sanctions économiques et financières

R - Cela concerne la CEDEAO, cela ne concerne pas les pays européens qui maintiennent leurs sanctions. Les sanctions individuelles sur certaines personnalités maliennes n'ont pas été modifiées par la CEDEAO. Elles ne le seront pas de notre point de vue, tant que la feuille de route pour la transition...

Q - Les dates des élections sont connues, il y a une feuille de route.

R - Il y a une feuille de route. Il faudra la contrôler. Je comprends que c'est dans l'esprit des partenaires de la CEDEAO. Ce qui est attendu de la part du Mali, ce que nous, nous attendons du Mali, c'est qu'il adopte un autre comportement, vis-à-vis de la France, qui est venue l'aider, à sa demande, vis-à-vis de ses voisins et vis-à-vis de la communauté internationale. Tant que ceci n'est pas fait, il est difficile de dialoguer avec un partenaire qui ne le souhaite pas.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 21 juillet 2022

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