Déclaration de Mme Élisabeth Borne, Première ministre, en réponse à une question sur le système de combat aérien du futur (SCAF), à l'Assemblée nationale le 29 novembre 2022.

Texte intégral

La souveraineté stratégique française et européenne est déterminante, et nous la défendons avec force. Vous m'interrogez sur le projet de système de combat aérien du futur. Ce projet ambitieux, lancé en 2017 et mené en coopération avec l'Allemagne et l'Espagne, atteint aujourd'hui une étape importante de son développement. S'agissant d'abord de la nature du projet, le SCAF est, vous le savez, un système complet : c'est un avion de combat, associé à des drones. Ce système sera structurant pour nos forces armées, qui seront demain en mesure d'agir efficacement sur tout le spectre des missions aériennes de combat, y compris la dissuasion. Le SCAF répond donc à un enjeu opérationnel : conserver, à l'horizon 2040, notre supériorité aérienne et notre capacité d'action dans la troisième dimension. Oui, mesdames et messieurs, la France est engagée dans le SCAF parce qu'elle y trouve son intérêt avec ses partenaires allemands et espagnols.

C'est une coopération majeure : elle garantit l'interopérabilité de nos forces et renforce la souveraineté européenne tout en préservant nos intérêts stratégiques, industriels et technologiques. Oui, mesdames et messieurs les députés, l'appui du Gouvernement et de nos partenaires à ce projet est total.

Nos trois pays ont récemment réaffirmé leur détermination à aller de l'avant. Le Président de la République s'est personnellement investi.

C'est un grand pas et, dans le contexte international actuel, c'est un signal important de l'excellente coopération entre nations. Le chancelier Scholz, avec qui j'ai pu m'entretenir vendredi dernier à Berlin, a lui-même marqué son attachement au projet et exprimé sa confiance en une conclusion rapide.

L'impulsion et la volonté politique sont là. Vous m'interrogez plus spécifiquement sur les enjeux industriels du SCAF. Avec le ministre des armées, Sébastien Lecornu, nous y sommes évidemment particulièrement attentifs. Aujourd'hui, nous nous engageons dans une nouvelle phase du projet, la réalisation du démonstrateur qui précède les phases de développement et de production. Après plus d'un an de discussions sur ce programme complexe, les positions des industriels convergent. Nous sommes bien dans la période de finalisation des contrats et, je vous l'ai dit, nous nous assurons de la cohérence de ce programme avec nos intérêts stratégiques.

Notre capacité à exporter est l'un des critères fondamentaux, il est connu de nos partenaires et nous ne transigerons pas sur ce point. La soutenabilité financière est un autre prérequis, sur lequel nous ne transigerons pas davantage.

Nous construisons avec nos industriels et nos partenaires un outil qui fera référence, qui nous permettra de conserver un avantage sur nos compétiteurs et d'assurer la souveraineté industrielle et stratégique de la France.


Source https://www.gouvernement.fr, le 1er décembre 2022