Déclaration de M. Nicolas Forissier, ministre délégué, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité, en réponse à une question d'actualité au Gouvernement sur l'agression du bateau Ocean Viking, au Sénat le 7 janvier 2026.

Prononcé le

Intervenant(s) : 
  • Nicolas Forissier - Ministre délégué, chargé du commerce extérieur et de l'attractivité

Circonstance : Question d'actualité au Gouvernement, en séance publique, au Sénat

Texte intégral

Monsieur le Président,
Mesdames les sénatrices,
Messieurs les sénateurs,
Monsieur le sénateur [Mickaël Vallet],

J'entends bien votre appel, je veux vous dire que la France n'est pas restée sans réagir et qu'elle est au contraire, y compris dans toutes les négociations autour, vous avez rappelé l'Union pour la Méditerranée, dans toutes les négociations et discussions diplomatiques avec les pays du pourtour méditerranéen, la France est un pays qui est particulièrement actif et moteur, je le redis. Vous avez raison, le sujet est absolument essentiel, je vais y revenir. Je veux quand même vous rassurer encore une fois sur le fait que la France est mobilisée sur cet incident ou cet accident ou cet événement fort regrettable qui s'est produit effectivement.

Les tirs qui ont visé le navire Ocean Viking sont graves et totalement contraires aux principes du droit international. Nous l'avons dit, nous avons marqué avec nos partenaires européens toute notre inquiétude, nous sommes intervenus auprès des autorités libyennes à plusieurs reprises et à la suite de ces démarches, celles-ci ont été conduites, pour utiliser un mot prudent et poli, à faire une enquête pour faire la lumière sur cet incident qui est inadmissible et que les autorités libyennes elles-mêmes avaient du mal à expliquer. En tout cas, c'est en l'état les informations que nous avons eues.

La sécurité de nos compatriotes, par ailleurs, je vais le redire, et c'est vrai en Libye comme dans tout État, est une priorité constante, y compris avec des cellules permanentes de veille du Quai d'Orsay, je veux le dire, et c'était évidemment le cas, en l'occurrence, en Libye. Nous restons mobilisés, aux côtés des partenaires européens, en faveur de la protection des migrants en Libye et des travailleurs humanitaires. C'est une réponse aussi à la préoccupation que vous avez évoquée. Nous avons d'ailleurs à nouveau passé récemment des messages en ce sens à nos interlocuteurs libyens. Nous étions d'ailleurs associés à la démarche collective internationale qui a été effectuée auprès des autorités libyennes à la suite d'autres événements qui s'étaient produits en avril 2025 avec des interrogatoires et des fermetures de locaux qui étaient particulièrement inappropriés aux yeux des autorités européennes et de nos partenaires comme de nous-mêmes. Nous avons donc multiplié là aussi les démarches, y compris en faveur de plusieurs organisations non-gouvernementales.

On peut dire aussi que la direction de SOS Méditerranée a été reçue le 1er décembre 2025 pour faire le point, elle a été reçue au Quai d'Orsay. Nous avons demandé à notre ambassade de Tripoli de faire une nouvelle démarche auprès des autorités libyennes afin d'obtenir cette fois-ci un rapport précis sur la situation. Pour le reste, je vous rejoins sur le fait que la gestion de la migration est une affaire extrêmement importante qui nécessite une coopération internationale développée sur le pourtour méditerranéen, car il y a effectivement, depuis 2014, pas loin de 40.000 morts à déplorer sur la Méditerranée.


Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 12 janvier 2026