Extraits d'une interview de M. Hamlaoui Mékachera, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, dans "Le Parisien" du 1er mars 2003, sur les relations franco-algériennes.

Prononcé le 1er mars 2003

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Média : Le Parisien

Texte intégral

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Q - Quel est votre état d'esprit aujourd'hui ?
R - Tout à fait serein. Pour la première fois depuis quarante ans, des deux côtés de la Méditerranée, le peuple et les gouvernants sont en parfaite harmonie sur la question des relations franco-algériennes. Le sondage publié récemment par votre journal le montre : les Français ont une vision très positive de la présence des Algériens en France. Côté algérien, la visite de Jacques Chirac suscite une attente exceptionnelle. On a l'impression que c'est quelque chose qui ne se produit qu'une fois par siècle.
Q - Faut-il traduire cela dans un traité d'amitié ?
R - Pourquoi pas ? Les gouvernements, de part et d'autre, sont en phase et aspirent à la même démarche. Il faut en profiter. Ce voyage a une portée symbolique, et aussi affective, très forte.
Q - Quel regard portez-vous sur l'Algérie du président Bouteflika ?
R - C'est un pays qui commence à être apaisé. Et qui dispose de fantastiques ressources humaines, économiques, culturelles. Pour l'Algérie, adosser ce potentiel à l'Union européenne, et particulièrement à la France, me paraît être le bon choix.
Q - Mais, il reste des non-dits entre Paris et Alger, par exemple sur le massacre des moines de Tibehrine...
R - Dans cette affaire, qui détient des preuves irréfutables ? Si quelqu'un les a, qu'il les montre. Il n'y a que des supputations. Quand le chancelier Adenauer et le général de Gaulle se sont rencontrés pour construire l'Europe, je suis sûr qu'ils n'ont pas parlé des camps nazis. Sinon il n'y aurait jamais eu de traité d'amitié...
Q - L'Algérie est-elle une démocratie ?
R - Je ne vais en aucun cas porter un jugement sur le gouvernement algérien. Ce n'est pas notre rôle, c'est aux Algériens de le faire... Nous respectons ce gouvernement et ce peuple, nous faisons tout pour être des partenaires et des amis.
(source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 4 mars 2003)