Extraits de l'interview de Mme Tokia Saïfi, secrétaire d'Etat au développement durable, dans "Le Figaro" du 4 juin 2003, sur sa stratégie pour le développement durable.

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Texte intégral

Q - Dans quel état d'esprit avez-vous préparé la stratégie du développement durable ?
R - J'ai cherché à aboutir à des actions concrètes, avec un calendrier et des objectifs précis, en dehors de tout sectarisme. Depuis Rio, on a passé dix ans à parler des grands principes ; cette réflexion était sans doute nécessaire, mais pendant ce temps, par exemple, le phénomène de l'effet de serre s'amplifiait. Il est temps de sortir du catalogue des bonnes intentions et de passer à l'acte. Les Français sont inquiets pour leur santé, leur environnement, la sécurité sanitaire. L'Etat doit leur apporter des réponses concrètes.
Q - Il est difficile d'intéresser les Français à une notion aussi barbare que celle de "développement durable". Que signifie ce terme pour vous ?
R - La solidarité. Solidarité entre les générations : quelle planète laissons-nous à nos enfants et à nos petits-enfants ? Solidarité entre les peuples aussi : les pays opulents côtoient les pays qui vivent dans une extrême pauvreté. Le Sud a le sentiment que la défense de l'environnement est un jouet de pays riches. A nous d'apporter la preuve du contraire.
Q - Quels sont les domaines qui vous tiennent le plus à cur dans la stratégie ?
R - L'éducation à l'environnement d'abord, car il est fondamental d'apprendre aux générations futures les bons comportements. L'exemplarité de l'Etat ensuite. Pour être crédible, l'Etat doit s'appliquer à lui-même ce qu'il recommande aux citoyens. A partir d'aujourd'hui, le développement durable est définitivement intégré dans la prise de décision des politiques publiques et le fonctionnement des administrations. Dès 2004, une évaluation annuelle sera réalisée qui permettra de voir ce qui marche et ce qui ne fonctionne pas, de nous adapter, voire de "booster" les pouvoirs publics. Un haut fonctionnaire responsable du développement durable veillera, dans chaque ministère, à l'application de la feuille de route gouvernementale.
Q - Etes-vous dans une démarche plutôt incitative ou coercitive ?
R - Je préfère favoriser les bonnes pratiques que manier le martinet. C'est pourquoi des mesures fiscales supplémentaires sont envisagées pour encourager les citoyens, les automobilistes, les entreprises qui agissent en faveur d'un développement durable. Nous soutiendrons aussi des démarches comme l'agriculture biologique ou raisonnée. En revanche, un office de police judiciaire, destiné à combattre les graves atteintes à l'environnement et à la santé, verra le jour.
(Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 5 juin 2003)