Déclaration de Mme Claudie Haigneré, ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies, sur la coopération franco-russe dans le domaine spatial, Moscou, le 7 octobre 2003.

Intervenant(s) :

  • Claudie Haigneré - Ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies

Circonstance : Ouverture du Colloque sur les technologies spatiales, Moscou, le 7 octobre 2003

Prononcé le

Texte intégral


Monsieur le Ministre,
Messieurs les présidents,
Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureuse d'ouvrir aujourd'hui ce colloque dédié aux technologies spatiales, et plus spécifiquement placé sous le signe de la coopération, historiquement ancrée, entre la France et la Russie. Comme vous le savez sans doute, j'ai moi-même eu la chance de prendre part à de l'aventure spatiale menée conjointement par nos deux pays. Au cours des différentes missions spatiales franco-russes auxquelles j'ai participé, j'ai pu mesurer, outre l'impact scientifique de telles entreprises, l'esprit d'enthousiasme qui les anime, et je forme le voeu que ce colloque en soit, lui aussi, l'illustration.
Grande puissance spatiale, pionnière dans les technologies de pointe, l'Union Soviétique puis la Russie ont marqué l'aventure spatiale de défis et de réussites qui ont forcé l'admiration. Grâce à la coopération entre nos deux pays, les chercheurs français ont pu se joindre à cette aventure. Ils ont pu bénéficier de l'expérience, unique, des scientifiques russes et se sont vu offrir des conditions inégalées pour participer à des missions spatiales de premier plan.
L'épopée de la conquête spatiale française et l'amitié entre nos deux pays se sont enrichies de ces échanges, dont l'acte initiateur et historique fût la signature, le 30 juin 1966, de l'accord intergouvernemental de coopération franco-soviétique, puis franco-russe, voulu par le Général de Gaulle.
La dynamique ainsi engagée de la coopération scientifique et technique entre nos deux pays portée de longue date par le CNES a progressivement ouvert la voie à d'autres types de partenariats, notamment dans les domaines de l'industrie et du commerce (et je souhaite saluer tous les industriels et opérateurs ici présents). Cette évolution s'est traduite par l'accord du 16 novembre 1996 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la Fédération de Russie, qui définit la coopération industrielle et commerciale comme un axe prépondérant des échanges franco-russes dans le domaine spatial.
Aujourd'hui, notre volonté commune est de porter à un niveau plus significatif encore cette collaboration, en s'appuyant sur la convergence de nos travaux et la complémentarité de nos approches technologiques, comme dans le domaine des lanceurs, des satellites, de la propulsion, ou de la navigation par satellite.
L'avenir des technologies spatiales de nos deux pays, dont les enjeux, qu'ils soient scientifiques ou qu'ils émanent d'une nécessité stratégique dépassent désormais le cadre des simples ambitions nationales, dépend directement de notre capacité à promouvoir et soutenir ces échanges.
La décision prise le 27 mai 2003 par le Conseil de l'ASE d'ouvrir la base spatiale de Kourou en Guyane aux lancements des fusées Soyouz relève de ces deux facteurs à la fois. Cette décision ouvre pour l'Europe de nouvelles perspectives de missions habitées à partir de Kourou, tandis que la Russie acquiert ainsi la capacité de tirs commerciaux en orbite de transfert géostationnaire à partir d'une base équatoriale.
De façon plus symbolique encore, l'implantation d'un lanceur Russe en Guyane marque une étape nouvelle dans la collaboration spatiale entre l'Europe et la Russie. Je me réjouis de l'accord franco-russe validé hier et qui sera bientôt signé, qui donne les bases juridiques pour l'ouverture du centre spatial guyanais au lanceur Soyouz.
La France et l'Europe doivent encore travailler à dynamiser et diversifier leur coopération spatiale avec la Russie, afin qu'elle devienne un véritable partenariat. L'histoire de nos nations, les intérêts de la science, de nos industries, l'avenir de notre maîtrise de l'espace nous y engagent. Je souhaite que les relations de confiance que nos pays ont su établir dans le domaine spatial ouvrent également la voie, à l'occasion de la tenue de ce salon France-Tech, organisé avec UBIFRANCE aux industriels, aux PME.
Vous avez vu à quel point nos deux premiers ministres MM. Kassianov et Raffarin ont placé nos réalisations et nos projets au rang de succès du partenariat stratégique scientifiques, technologique et commercial que la France et la Russie veulent renforcer au bénéfice mutuel de l'Europe et la Russie. Le pilier franco russe est le moteur de cette coopération européano russe et vous savez que nos deux présidents y attachent beaucoup d'importance, et l'Europe souhaite se doter d'une politique spatiale ambitieuse par l'ASE et l'Union Européenne, et cela se fera avec vous.
Je forme le voeu qu'à l'occasion de ce colloque et de ce salon de nouveaux contacts se nouent, et qu'ils viennent encore enrichir notre coopération.
Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre attention.

(source http://www.recherche.gouv.fr, le 16 octobre 2003)