Interview de Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, à LCI le 27 février 2003, sur les positions défendues par la France à l'occasion de la crise irakienne, les progrès récents de l'Europe de la défense et la mission des militaires français pour le maintien de la paix en Côte d'Ivoire.

Prononcé le

Média : La Chaîne Info - Télévision

Texte intégral

PIERRE-LUC SEGUILLON
Michèle Alliot-Marie, bonsoir.
MICHELE ALLIOT-MARIE
Bonsoir.
Q - Ministre de la défense, vous êtes en quelque sorte au carrefour d'un règlement pacifique du problème irakien, règlement pacifique souhaité par la France, et j'allais dire d'un traitement militaire, celui qui semble être programmé par les Etats-Unis. Vous avez sans doute entendu, ou en tous cas pris connaissance du discours de George BUSH hier, qui maintenant donne pour argument justifiant une intervention militaire en Irak le fait de libérer l'Irak, bien sûr, de le démocratiser, de faire de l'Irak un modèle démocratique pour l'ensemble de la région, et de régler dans la foulée le problème israélo-palestinien. Ça vous semble de bonnes méthodes que de faire la démocratie par les armes ?
R - George Bush est dans sa logique. Il essaie de justifier une intervention militaire. Nous, nous nous en tenons à la résolution 1441, c'est-à-dire à la décision prise à l'unanimité par l'ONU, disant : le vrai et premier problème en Irak, c'est le désarmement et l'élimination des armes de destruction massive. Face à ce besoin, qu'est-ce qui est le plus efficace ? Est-ce que c'est d'agir par la voie pacifique, celle des inspections ? ou est-ce que c'est d'agir par la voie militaire, celle de la guerre ? Nous avons, s'agissant de l'Irak, un exemple qui date d'il n'y a à peine une dizaine d'années, où ce pays a connu à la fois la guerre, celle qu'il a faite contre le Koweït et celle qui a été faite contre lui, et les inspections. Et l'on constate, ce que personne ne conteste, c'est que les inspections, à partir de 1991, ont permis de détruire davantage d'armes que les deux guerres, Koweït et Irak. C'est donc la bonne voie
Q - Jusqu'en 98 ?
R - Oui, jusqu'en 98, puisque ensuite, les inspecteurs ont été rappelés. Mais il est certain que si les inspecteurs étaient restés, nous n'aurions pas ce problème aujourd'hui.
Q - Mais si George Bush éprouve le moyen de présenter ces arguments, est-ce que ce n'est pas précisément parce que peu de gens, à commencer par les opinions, mais peut-être vous-même, n'êtes pas très convaincus de la dangerosité actuelle de l'Irak ?
R - Nous sommes très fermes vis-à-vis de l'Irak. Le régime irakien n'a aucunement notre sympathie, et nous nous en méfions effectivement parce qu'aujourd'hui, autan chacun admet que l'Irak n'a certainement pas d'armes nucléaires, autant nous avons vu par le passé qu'il détenait des armes au moins chimiques, puisqu'elles ont même été utilisées contre l'Iran et contre le peuple irakien. Nous disons donc : s'il reste de telles armes, il faut absolument les éliminer. Et nous disons aussi : pour les éliminer, prenons la voie la plus efficace, c'est-à-dire celle des inspections. C'est d'ailleurs ce que l'ensemble de la communauté internationale a reconnu dans la résolution 1441, en disant : l'intervention armée ne peut être que le résultat de l'échec des inspections. Mais aujourd'hui, les inspections avancent, c'est ce que nous disent d'ailleurs les inspecteurs. Il faut donc laisser aller jusqu'au bout dans cette voie. C'est la position de la très grande majorité des Nations Unies, des gouvernements, mais également des peuples, nous l'avons vu.
Q - Alors il y a ce que disent les inspecteurs, qui travaillent sur le terrain. Vous-même, vous êtes ministre de la défense, que vous disent les militaires, vos militaires, dont un bon nombre ont connu la première guerre du Golfe, sur, au fond, l'armée irakienne ? Est-ce qu'elle est dangereuse ? Dans une hypothèse de guerre ?
R - Une armée, ce n'est pas le terme dangereux que l'on utilise à l'égard de l'armée, c'est de savoir...
Q - Efficace ?
R - Si elle est efficace ou pas. Il y a une armée relativement nombreuse, qui ne semble pas très bien équipée, ni très motivée. Il y a également ce que l'on appelle une garde nationale, qui elle comporte environ 80 à 90 000 hommes, beaucoup plus équipée, motivée et encadrée. Et puis il y a encore un noyau dur d'une vingtaine de milliers de personnes, qui est le coeur, le noeud. Ce sont les renseignements que nous avons.
Q - Alors vous rappeliez tout à l'heure la position française, la position des Etats-Unis, il y a une bataille diplomatique très intense qui est en train de se livrer, je parle de la bataille diplomatique, je ne parle pas de la guerre évidemment pour le moment. Est-ce que vous croyez que la France, l'Allemagne, voire la Russie, ont encore quelques chances d'empêcher cette guerre, ou est-ce qu'il s'agit simplement d'empêcher qu'elle ait une caution internationale ?
R - Non, ce n'est pas cela. Je pense qu'il est encore possible d'éviter la guerre. C'est ce qui nous motive. La position française est une position d'une double fermeté. Fermeté à l'égard de l'Irak, à qui nous disons : "Il est indispensable de désarmer, il est indispensable de respecter toutes les prescriptions des inspecteurs des Nations Unies". Une fermeté également à l'égard de la communauté internationale, consistant à dire : "Il faut respecter la légalité internationale". Tant que tout ce que contient la résolution 1441 n'a pas été conduit à son terme, on ne doit pas avoir d'intervention armée. Je crois que cette position est très largement partagée par l'ensemble des gouvernements. Nous l'avons d'ailleurs vu lorsque Dominique de Villepin a fait sa présentation à l'ONU.
Q - Mais ceux qui critiquent cette position font remarquer que Saddam Hussein, en permanence, se joue des uns et des autres. Par exemple, pour ce qui concerne les missiles sol-sol al-Samoud , il dit : je les garde ; puis on s'attend qu'il les détruise, ou du moins qu'il en détruise quelques-uns. Donc c'est un jeu permanent. L'ambassadeur de Grande-Bretagne, qui était à votre place hier, disait : mais il n'y a pas de raison de donner encore davantage de temps parce que c'est donner davantage au jeu permanent de Saddam Hussein.
R - La guerre est quelque chose de grave. C'est d'abord quelque chose de grave pour les populations qui la subissent. Dans le cas présent, ce serait aussi quelque chose de grave pour l'ensemble de la région, avec un vrai risque de déstabilisation complète d'une région qui n'en a pas besoin, parce qu'elle-même connaît déjà un certain nombre de conflits. Ce serait probablement aussi le risque d'une recrudescence de terrorisme, et probablement également de nouvelles formes de terrorisme encore plus difficilement contrôlables et prévisibles que celles que nous connaissons aujourd'hui. Le problème n'est donc pas aujourd'hui de savoir s'il y a des jeux verbaux. Le problème, c'est de savoir si l'on peut avancer et si l'on peut faire en sorte que l'Irak soit désarmé. L'essentiel, ce n'est pas ce que dit Saddam Hussein à un moment donné. L'essentiel, c'est de savoir si, comme nous le demandons très fermement, Saddam Hussein finit, dans les délais qui lui ont été prescrits, par suivre les demandes des inspecteurs des Nations Unis. C'est ce qui compte.
Q - Alors on peut envisager différents scénarios. Est-ce que vous êtes toujours, quand je dis vous, la France ; l'Elysée, vous-même, toujours sur la même position, c'est-à-dire celle que vous venez de dire, tout en maintenant que rien n'est exclu, en fonction du développement des événements ? Autrement dit, si demain il y a une résolution qui passe avec une majorité, que la France n'approuve pas nécessairement, je ne vous pose la question du veto parce que je sais que vous ne répondrez pas et que vous me direz que le veto est une question qui doit demeurer en suspens et qui n'est pas à l'ordre du jour ; donc si une résolution passe, c'est-à-dire que s'il y a une caution internationale sans la France, est-ce que la France participe ? Militairement, j'entends.
R - La France se réserve son jugement.
Q - Donc ce n'est pas exclu ?
R - Rien n'est exclu. Nous avons effectivement déjà dit, depuis le départ, que rien n'était exclu. La seule chose qui soit exclue, c'est que la France puisse participer à une opération qui n'aurait pas l'aval de la communauté internationale. Cela, nous l'avons toujours dit.
Q - Alors pour être précis, une résolution qui aurait l'aval de la communauté internationale, c'est-à-dire qui serait votée par neuf membres, étant entendu que la France se serait par exemple abstenue, nous participons militairement ?
R - Nous examinerons dans quelles conditions est passée la résolution. Et là, je le répète encore une fois, rien n'est exclu.
Q - Mais la logique veut qu'on participe, puisque le président de la République a toujours dit qu'il souhaitait que les Américains reviennent dans le cadre des Nations Unies.
R - Le président de la République a toujours dit que la France garderait son libre arbitre et son jugement jusqu'au bout, et qu'elle assumerait ses responsabilités.
Q - Alors est-ce que vous êtes prête, ou est-ce que les armées françaises sont prêtes à cette éventuelle participation ?
R - On me pose toujours cette question. Je vous répondrais, Pierre-Luc Séguillon, que le rôle du ministère de la défense, c'est de faire en sorte qu'à tout moment, les armées soient prêtes à répondre à une demande qui serait formulée par les autorités politiques de notre pays. Aujourd'hui, 36 000 hommes sont hors du territoire national. 11 000 sont engagés dans des opérations extérieures, en Afghanistan, dans les Balkans, au Kosovo, en Bosnie et en Côte d'Ivoire. Mon devoir, c'est de veiller à la fois à ce que les hommes et les femmes soient prêts à intervenir s'il y a un besoin dans n'importe quelle partie du monde, et à faire en sorte que les matériels dont ils ont besoin pour remplir leur mission soient également mis en oeuvre.
Q - Mais il faut du temps, il faut du temps.
R - Non. Cela dépend du moment. Il fallait du temps pour les matériels, lorsqu'ils n'étaient pas opérationnels.
Q - Pardonnez-moi, je vais poser la question de manière naïve, mais tout le monde dit que si guerre il y a, elle devrait être déclenchée à la mi-mars. Qu'est-ce qui pourrait, à supposer que ce soit le scénario que j'évoquais, permettre que la France participe, ne serait-ce que symboliquement, à une guerre de ce type ?
R - Nous sommes dans un autre contexte. Mon souci n'est pas spécifiquement l'Irak mais n'importe quel conflit pouvant intervenir dans le monde. Je vous ferais remarquer qu'il y a quelques mois, a éclaté une crise en Côte d'Ivoire. En l'espace de quelques jours, nous avons été à même de déployer tous les moyens militaires nécessaires pour exfiltrer ou pour protéger les ressortissants français et étrangers, et les faire sortir notamment de la zone de Bouaké. S'y trouvaient des enfants américains, des Français et des ressortissants d'autres pays, qui risquaient de se trouver pris entre deux feux, et donc dans une situation difficile. Je vous dis donc aujourd'hui oui, les armées françaises sont susceptibles d'intervenir dans n'importe quelle partie du monde. Elles en ont les moyens. Combien de temps cela prend-il ? S'agissant de l'armée de l'air par exemple, il est relativement facile déplacer des avions. Le seul vrai problème qui peut se poser, c'est d'obtenir des autorisations de survol de certains pays, ou de se poser sur certains aéroports. C'est un point. Lorsqu'il s'agit de notre groupe aéronaval, c'est-à-dire de notre porte-avions, cela peut prendre entre quelques jours et quinze jours, à peu près, pour lui permettre d'aller n'importe où
Q - Alors attendez, le porte-avions Charles de Gaulle, si j'ai bien compris, le 3 ou 4 mars, repart pour des manoeuvres ?
R -Oui, bien sûr, comme c'est régulièrement prévu.
Q - Il repart dans le Golfe ?
R - Il repart en Méditerranée.
Q - Oui, il s'approche de... non ?
R - Non. Cela s'était déjà dit il y a une quinzaine de jours lorsque après révision, il est parti faire ses premiers essais et est allé vers la Crète. Immédiatement, un certain nombre de vos confrères, pas vous, je le sais, un certain nombre de vos confrères ont dit : "ah, ça y est ! La France se prépare à cela". Je vous dis non. Le Charles de Gaulle est allé faire des exercices avec le groupe aéronaval. Ces exercices sont nécessaires. Il faut régulièrement s'entretenir pour être toujours prêt. Il est rentré pour faire un certain nombre de points et pour permettre également aux personnels de se reposer, parce qu'ils sont en mission sur de longues périodes. Il repartira effectivement le 4 mars, pour d'autres exercices.
Q - Alors ministre de la défense, vous êtes aussi une personnalité politique, vous avez souvent réfléchi et débattu sur les questions européennes. Est-ce qu'on ne peut pas dire aujourd'hui que la première victime de cette crise irakienne c'est, j'allais dire votre demi-collègue, puisqu'il est à la fois responsable de la politique étrangère et de la sécurité, Monsieur Javier Solana, Monsieur politique étrangère et sécurité commune européenne ?
R - Non, je ne le crois pas.
Q - Il a disparu ?
R - Il n'a pas disparu. Je l'ai eu au téléphone avant-hier.
Q - Oui, enfin on sait où il est, oui, enfin d'accord, oui.
R -Nous nous consultons régulièrement.
Q - Je veux dire, il est inexistant, dans cette affaire.
R - Je ne crois pas. Javier Solana fait un effort important, et finalement relativement payant. Aujourd'hui, je peux vous dire une chose, c'est que l'on s'aperçoit que l'Europe a une certaine maturité.
Q - Maturité, mais elle est divisée ?
R - Nous ne sommes pas tous d'accord sur le dossier irakien, c'est évident. Nous sommes d'accord sur le fond, sur le fait qu'il faut détruire les armes, mais en revanche nous ne sommes pas d'accord sur la méthode. Ce qui me frappe, c'est que cela ne nous empêche pas de continuer à avancer. Par exemple, nos groupes de travail sur la façon de combler nos lacunes en matière d'armement continuent de fonctionner.
Q - Vous voulez dire que la dynamique de Saint-Malo continue ?
R - La dynamique de Saint-Malo continue. Elle s'est même accélérée depuis quelques mois, et notamment depuis que la France a montré sa volonté, par l'effort financier qu'elle faisait, de redevenir un leader en la matière. Dans quelques jours, c'est l'Union européenne qui prendra la relève de l'OTAN en Macédoine. Nous sommes aujourd'hui en train de programmer la relève par la défense européenne de l'OTAN en Bosnie, pour le début de 2004. Oui, la défense européenne continue à avancer. Dans une dizaine de jours, nous nous réunissons avec les ministres de la défense à Athènes. Nous avons toute une programmation qui permettra de faire très concrètement avancer l'Europe de la défense, à la fois dans le domaine des matériels, dans le domaine de l'industrie de l'armement européenne, et dans la préparation des opérations. Comme je vous le disais, le fait que nous soyons capable de faire cela, alors que nous avons une divergence sur un sujet important, cela montre cette maturité. Cela nous fait dire que ce n'est pas parce qu'aujourd'hui nous avons un problème que nous ne devons pas continuer à avancer, car c'est demain que nous préparons.
Q - Un mot sur l'armée française, la diplomatie française en Afrique, et plus particulièrement en Côte d'Ivoire. Dans la situation actuelle, on vient de révéler qu'il y avait eu un certain nombre d'atrocités qui avaient été commises, notamment par les rebelles
R - Absolument, de part et d'autre, oui.
Q - Mais il y a aussi les escadrons de la mort. Est-ce que la force française de 3 000 hommes...
R - Un peu plus de 3 000 hommes, oui.
Q - ...est suffisante aujourd'hui, j'allais dire pour éviter qu'on aille plus loin dans les atrocités de part et d'autre, et finalement elle n'a pas réussi à les empêcher ?
R - Elles ont eu lieu dans des endroits où les forces françaises n'étaient pas présentes. En revanche, ailleurs c'est justement parce que nous avons été là que l'on a évité des bains de sang. Malheureusement ce continent en a connu, le dernier exemple étant celui du Rwanda. Nous avons donc joué un rôle important, un rôle de protection de nos ressortissants et des ressortissants étrangers, mais également un rôle de prévention d'un certain nombre de massacres interethniques. Aujourd'hui, nous sommes en Côte d'Ivoire pour remplir une mission qui est désormais une mission de l'ONU. Il y a eu une résolution nous donnant ce mandat et nous donnant également comme rôle de soutenir la force de la CEDAO, c'est-à-dire la force de l'organisation africaine composée de seize pays africains, et qui doit jouer ce rôle d'interposition. En attendant que cette force se mette en place, et notamment en raison du délai nécessaire à sa mise en place, il était important que nous soyons présents pour garantir la ligne de cessez-le-feu et pour empêcher, autant que faire se peut, mais cela a plutôt bien marché depuis que nous sommes là, le type de crimes que vous avez évoqué. Ensuite, nous serons là pour les soutenir. Il y a déjà un millier d'hommes de la CEDAO qui sont sur place, et nous leur apportons notre soutien.
Q - Alors est-ce que ça veut dire premièrement que, trouvant à être remplacés par les forces de la CEDAO, il n'est pas question d'envoyer davantage de militaires en Côte d'Ivoire, et deuxièmement, quels propos est-ce que vous tenez aux ressortissants français qui sont toujours là-bas ?
R - Aujourd'hui, nous avons les moyens nécessaires pour protéger nos ressortissants et, s'il y avait effectivement une crise majeure, pour pouvoir les faire sortir du territoire ainsi que les ressortissants étrangers qui le voudraient. Mais ce que nous voulons surtout, c'est assurer une période de calme permettant la mise en place d'un gouvernement de réconciliation nationale.
Q - Ce qui semble un peu difficile.
R - Oui. J'espère que le Premier ministre Diarra réussira. Cela me paraît indispensable si nous voulons éviter que la Côte d'Ivoire ne se sépare en deux, qu'il n'y ait d'autres massacres, et que ce soit finalement toute la zone de l'Afrique de l'Ouest qui soit ainsi déstabilisée. Nous avons donc un rôle à jouer. Nous le jouons et nous avons les moyens nécessaires pour le faire. Je dis à nos ressortissants en Côte d'Ivoire qu'effectivement ils peuvent être assurés que nous veillons totalement à leur sécurité, et que c'est notre première préoccupation.
PIERRE-LUC SEGUILLON - Michèle Alliot-Marie, merci beaucoup, tout de suite on retrouve le journal et l'info continue sur LCI.
(Sourcehttp://www.defense.gouv.fr, le 8 décembre 2003)