Texte intégral
Monsieur le Ministre ;
Cher Yann ;
Mesdames et Messieurs ;
Je souhaite remercier Yann ARTHUS-BERTRAND d'avoir proposé à nos deux ministères de s'associer à la réalisation et à la diffusion d'une exposition pédagogique pour toutes les écoles, collèges et lycées de France à propos du développement durable.
Le lancement de cette exposition aujourd'hui, avec son titre en forme de question, nous donne à la fois l'occasion :
- d'illustrer cet enjeu essentiel pour l'avenir de la planète ;
- mais aussi de redire toute l'importance de l'éducation et de la formation pour nous permettre de nous adapter aux changements auxquels nous devons faire face si nous voulons sauver notre planète.
La notion de développement durable traite, en effet, de l'un des défis majeurs auquel doit faire face l'humanité : la crise des relations entre les hommes et leur milieu. Pour la première fois dans l'histoire humaine, l'activité cumulée des hommes met en péril les grands équilibres écologiques dont dépend grandement notre survie.
Cette mobilisation en faveur des évolutions nécessaires, tant des mentalités que des comportements, est vitale. Elle est également urgente car la dégradation de l'état de la planète comme des conditions de vie des hommes, porte en elle les germes d'une violence potentielle.
Les exemples sont sous nos yeux avec ces photographies de la « Terre vue du ciel » mais aussi avec les situations préoccupantes que notre pays pourrait connaître en 2006 dans le domaine de l'eau qu'il s'agisse de la sécheresse comme des inondations.
Lorsque je dis cela je devine d'emblée l'étonnement des collégiens présents pour qui il paraît peut-être contradictoire d'évoquer en même temps le manque d'eau et une trop grande abondance.
Développer l'éducation et la formation pour le développement durable c'est donc donner à chacun la capacité de mieux percevoir la complexité des systèmes et la diversité des actions, rétroactions, interdépendances qui relient les hommes entre eux et les hommes avec leurs milieux, leur planète.
Au regard de ces objectifs ambitieux, il ne s'agit plus seulement de sensibiliser les citoyens mais véritablement de les former pour comprendre et agir.
C'est donc une éducation formatrice de citoyens responsables, capables de choix guidés par un jugement éclairé et impliqués dans la construction du monde d'aujourd'hui et de demain que nous souhaitons promouvoir.
La Charte de l'environnement, qui accompagne cette exposition et dont nous fêterons le premier anniversaire le 28 février prochain, place l'éducation et la formation à l'environnement au rang d'exigence constitutionnelle (article 8) tout comme la promotion du développement durable (article 6).
Je voudrais, à cet égard remercier à nouveau mon collègue Gilles de ROBIEN et les personnels de l'éducation nationale pour la forte impulsion donnée à la prise en compte de l'environnement et du développement durable dans le système éducatif et pour l'ambitieux programme de généralisation de cette éducation mise en ?uvre, je le sais, avec un succès croissant dans les académies.
Pour ma part, je me suis résolument engagée avec les services de mon ministère dans une pédagogie de l'action afin d'aider nos citoyens à percevoir les retombées concrètes dans leur vie quotidienne des dispositions législatives et réglementaires des politiques publiques de l'écologie et du développement durable que nous menons avec détermination.
En terme de projets pédagogiques, je voudrais rappeler l'intérêt que nos deux ministères attachent au développement de projets d'« éco-établissements scolaires » qui permettent d'offrir à tous les élèves et adultes de ces communautés éducatives et de leurs territoires un contenu appliqué et quotidien aux principes du développement durable.
L'accès à la connaissance et à la compréhension de ces problématiques doit concerner tous les citoyens tant dans leurs responsabilités professionnelles que dans leurs comportements quotidiens en famille. Chacun d'entre nous, vous comme moi, doit être dans ce domaine un ambassadeur pour ceux qui l'entourent.
Cette exposition pédagogique, j'en suis certaine, y contribuera largement.
En complément des scientifiques, il me paraît important que des observateurs comme Yann, des explorateurs comme Nicolas VANIER avec lequel j'étais en Sibérie ou bien Jean-Louis ETIENNE venu témoigner au ministère la semaine dernière, soient des « sentinelles » de la Terre permettant d'alerter notre communauté humaine et d'accroître la prise de conscience collective.
Merci également à tous les élèves, aux professeurs, aux adultes des établissements scolaires, et à l'ensemble de nos partenaires, de donner corps à ce projet d'avenir.
Je vous remercie.