Conférence de presse de Mme Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, sur la lutte contre les infections nosocomiales, Paris le 30 janvier 2008.

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Mesdames et messieurs,
Les infections nosocomiales, compte tenu de leur impact réel mais aussi symbolique, font depuis vingt ans l'objet de politiques visant à réduire leur prévalence dans notre pays.
Non seulement, en effet, ces infections peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la santé des patients, mais elles fragilisent, de surcroît, le lien de confiance qui doit unir soignants et soignés.
Objectivement graves, elles sont aussi subjectivement vécues comme une altération préjudiciable à tous de la relation qui doit nécessairement lier patients et thérapeutes. La confiance, comme on le sait, constitue non seulement un déterminant essentiel de la guérison, mais aussi, pour les professionnels de santé, la condition sine qua non de l'exercice serein de leur fonction.
Parce que la politique que je veux conduire a d'abord pour but d'améliorer la qualité des soins dans notre pays, j'entends renforcer, par quelques mesures fortes, la lutte contre les infections nosocomiales.
Sans doute, la France aujourd'hui se situe dans la bonne moyenne de l'Europe. La prévalence des patients infectés est de 4,97% dans notre pays, les résultats européens se situant entre 4,9 et 8,5%.
Toutefois, ces résultats sont encore perfectibles.
Certes, nos établissements de santé sont globalement bien impliqués dans la lutte contre les infections nosocomiales et je tiens à souligner l'effort croissant des établissements de santé pour améliorer la qualité et la sécurité des soins.
L'indice ICALIN signale de bonnes, voire de très bonnes performances en ce domaine pour 80% d'entre eux. Les établissements n'ayant pas répondu au questionnaire, au nombre de 25, représentent moins de 1%.
S'agissant de la surveillance des infections du site opératoire, la situation s'est améliorée, mais les résultats sont encore en deçà de l'objectif de 75% fixé par le Plan 2005-2008. Cette surveillance est, en effet, désormais pratiquée par 72% des établissements.
J'ai donc décidé de pénaliser les établissements n'effectuant pas la surveillance nécessaire. Ainsi, il sera, dès l'année prochaine, possible de répercuter négativement le défaut de vigilance, grâce à la modification du score agrégé qui rendra ainsi mieux compte de la qualité des établissements. Ce score agrégé qui permettra de classer les établissements contribuera à améliorer encore la transparence, en facilitant la lecture du tableau de bord des infections nosocomiales.
La qualité et la sécurité de soins prodigués dans nos établissements de santé, dépend aussi, bien entendu, de l'implication responsable au quotidien, de l'ensemble des personnels soignants. Chacun sait, et chacun doit avoir conscience que le risque infectieux peut aussi être maîtrisé par la pratique régulière de quelques gestes simples. Ainsi, l'hygiène des mains, garantie par l'utilisation des solutions hydro-alcooliques, doit constituer une règle d'or de la pratique médicale et soignante en milieu hospitalier. Il faut savoir, en effet, que la transmission manuportée constitue la première cause des infections associée aux soins.
Aussi, j'ai décidé d'instaurer, le 23 mai 2008, une journée nationale « hygiène des mains » dans les établissements de santé. Les établissements pourront ainsi organiser une action d'information et de sensibilisation, à l'aide, notamment, d'outils pédagogiques mis à disposition par le ministère de la santé.
Je demande aux directions de ces établissements et au personnel médical de faire preuve à cette occasion d'une implication exemplaire de manière à favoriser la généralisation de quelques bonnes pratiques susceptibles de diminuer très significativement la prévalence des infections nosocomiales.
A l'occasion de cette journée, je signerai la charte pour des soins propres de l'OMS.
Chacun l'a bien compris : le présupposé essentiel de la confiance qu'il convient de préserver, c'est la sécurité. A cet égard, les infections nosocomiales ostéo-articulaires, en raison de la gravité des séquelles induites, suscitent une inquiétude particulière. 2000 à 2500 cas par an sont relevés.
50% des patients arrêtent leur activité professionnelle à la suite d'une infection prothétique profonde. Pour l'autre moitié, l'arrêt de travail est, en moyenne, de deux ans.
Aussi, pour garantir une prise en charge optimale des maladies concernées, j'ai décidé la mise en place de structures dédiées. Dès 2008, six centres de recours et de compétence seront créés et financés. En 2009, quatre autres centres seront installés.
La mission de ces centres sera d'assurer une expertise et une prise en charge de qualité des infections ostéo-articulaires en réunissant autour du patient l'ensemble des compétences nécessaires.
Dans le cadre du projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2008 (PLFSS), un financement de 900 000 euros a été alloué et sera réparti au titre de missions d'intérêt général (MIG) pour l'activité de coordination, expertise, recherche pour la prise en charge des patients atteints d'infections ostéo-articulaires complexes.
La lutte contre les infections nosocomiales constitue bien, à mes yeux, un élément clef de ma politique de santé, politique qui procède d'une seule et même visée qualitative. Les mesures que je tenais à vous présenter aujourd'hui ont ainsi pour vocation à renforcer la politique volontariste poursuivie par le ministère.
Je vous remercie.Source http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr, le 31 janvier 2008