Interview de M. Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, au journal "Métro" du 17 avril 2009, sur les enjeux des élections européennes de 2009.

Texte intégral

Vous faites cause commune pour ces européennes avec les chasseurs sous l'égide de Libertas, de l'Irlandais Declan Ganley. Pourquoi cette double alliance ?
Avec Chasse pêche nature et tradition, nous allons défendre la France des terroirs, méprisée par Bruxelles. Nous voulons aussi faire une campagne européenne avec Libertas et Declan Ganley, qui a été le héraut du non irlandais au traité de Lisbonne, en disant que l'Europe doit respecter la parole des peuples. Libertas présente des listes dans les 27 pays de l'UE. Notre but, c'est de renverser la majorité à Strasbourg pour réorienter l'Europe.
Dans quel sens ?
Nous voulons opérer trois changements majeurs : d'abord, introduire le contrôle démocratique des institutions pour arrêter les bêtises des commissaires, qui passent leur temps à casser les bateaux, à arracher les vignes et à pousser aux délocalisations. Ensuite, il faut définir une fois pour toutes le périmètre de l'Europe, sans la Turquie. Enfin, il faut établir un protectionnisme européen, avec un système d'écluses douanières modulable en fonction des pays et des secteurs à protéger.
Le protectionnisme, c'est votre réponse à la crise ?
La cause de la crise, c'est le libre-échangisme incontrôlé qui pousse nos entreprises à la délocalisation. La France importe le poulet chloré du Brésil, la lotte polyphosphatée de Chine, le blé ukrainien, et Arcelor-Mittal s'en va en Chine parce que là-bas, il n'y a pas de contraintes écologiques, fiscales ou sociales.
On vous a beaucoup entendu cette semaine à propos des quotas de pêche et du mouvement des pêcheurs...
La commission de Bruxelles a décidé d'euthanasier la pêche française en lui accordant cette année un quota de 9 000 tonnes de cabillaud, alors que dans le même temps, la Norvège en aura pêché 450 000 tonnes. J'accuse le gouvernement et Michel Barnier d'avoir voulu amadouer notre premier fournisseur de gaz et de poissons, la Norvège, au prix du sacrifice de nos pêcheurs.
Vous pensez pouvoir rééditer en juin votre score de 1999 (13%), quand avec Charles Pasqua vous aviez devancé la liste de Nicolas Sarkozy ?
Je pense pouvoir faire mieux. L'atmosphère nationale va dans le sens d'un vote d'humeur qui sera très important.
Vous espérez récupérer une partie des déçus du sarkozysme ?
Oui, car les Français accumulent les raisons d'être déçus. On nous avait dit qu'il y aurait plus de travail et moins d'impôts, c'est l'inverse, qu'il y aurait plus de protection et moins de délocalisations, c'est l'inverse, qu'il y aurait plus de sécurité et moins de bandes, c'est l'inverse.Source http://www.libertas2009.fr, le 17 avril 2009