Interview de M. François Sauvadet, président du groupe parlementaire Le Nouveau Centre, dans "La Voix du Nord" du 28 septembre 2009, sur les relations avec l'UMP, le débat budgétaire et la prochaine élection régionale.

Texte intégral

Avez-vous le sentiment d'être un partenaire respecté et écouté par le groupe UMP ?
« Cela s'est amélioré. J'avais le sentiment que le groupe UMP s'installait dans un dialogue exclusif avec le gouvernement. Aujourd'hui, cela a changé. J'ai beaucoup discuté avec le Président du groupe UMP, Jean-François Copé, des moyens qui permettraient d'améliorer le fonctionnement de la majorité à l'Assemblée nationale, notamment en associant plus étroitement le Nouveau Centre au travail législatif. Par exemple, aujourd'hui le Nouveau Centre dispose de vice-présidence dans toutes les commissions permanentes. »
L'ouverture vers la droite villiériste et euro sceptique ne vous marginalise-t-elle pas un peu plus ?
« Tous ceux qui veulent nous rejoindre sont les bienvenus, mais il faut que cela se fasse dans la clarté de l'engagement politique. Nous, nous nous sommes engagés sur un pacte présidentiel clair, notamment sur l'engagement européen. C'est très bien que Philippe de Villiers soutienne l'action réformiste que nous souhaitons, mais cela ne peut se faire avec une inflexion de la politique européenne. »
Quelle sera votre priorité dans le prochain débat budgétaire ?
« Je n'ai pas compris que le rapporteur général et Pierre Méhaignerie qui avaient annoncé début août leur volonté légitime de revoir toutes les niches fiscales y aient renoncé trois semaines plus tard. Pour le Nouveau centre, c'est une priorité constante. Il ne faut pas laisser croire un seul instant que le retour de la croissance réglera les problèmes du déficit. Les 450 niches coûtent 70 milliards au budget. Il faut donc s'assurer que chaque euro consenti fiscalement est utile pour l'économie et l'emploi. Nous proposerons la réduction des plafonds, pour qu'on ne puisse pas échapper à l'impôt en cumulant ces niches. »
L'annonce de l'imposition des indemnités d'accident du travail vous a-t-elle choqué ?
« Oui. Il faut que l'on soit juste et solidaire. Quand on a un accident du travail il peut y avoir des conséquences lourdes, un handicap. Et il ne faut pas croire que cette imposition réglera le problème du déficit ! En revanche, comme je le disais précédemment, le plafonnement des niches me semble fiscalement et socialement juste. »
Et la hausse du forfait hospitalier fixée à 18 euros par François Fillon ?
« L'augmentation à 18 euros ne serait pas acceptable. Il y cinq millions de Français qui n'ont pas de mutuelle et qui ne bénéficient pas de la CMU. Autant le Nouveau Centre est d'accord pour une hausse indexée sur l'inflation, autant une augmentation à 18 euros serait insupportable pour beaucoup de familles modestes. Pour nous la santé est un bien supérieur. Cela coûtera cher et il faut que tout le monde y participe à due proportion. C'est pour cela que nous avions demandé que CSG et CRDS ne soient pas comprises dans le bouclier fiscal. De plus, une augmentation de 0,2 % de la CRDS pour qu'on puisse au moins payer les intérêts de la dette et ne pas les laisser à nos enfants, me semble nécessaire ! »
Pour les régionales, Valérie Létard pour le Nouveau centre et Thierry Lazaro pour l'UMP se disputent la tête de liste d'union. Est-ce négociable ?
« Ce n'est pas négociable. Valérie Létard a montré ses capacités à assumer des missions à la fois ministérielles et régionales et à rassembler. Elle a toutes les qualités pour être demain la Présidente de la région Nord - Pas-de-Calais. »
Et si l'UMP faisait un autre choix ?
« Elle devrait en assumer les conséquences mais je ne l'imagine pas un seul instant. D'évidence, Valérie Létard est la mieux placée pour rassembler très largement. »
Vous étiez jusqu'en 2007 très proche de François Bayrou. Est-il devenu un homme de gauche ?
« Il a fait des choix politiques qui vont le conduire à une impasse, après des renoncements successifs à tout ce qu'il croyait et que nous partagions. D'une opposition systématique à Nicolas Sarkozy, il est passé à une stratégie d'alliance avec la gauche. C'est l'aventurier de l'arche perdue. Sa stratégie est un échec personnel et aussi électoral. On l'a bien vu dans les dernières élections partielles où le Nouveau centre a continué sa progression territoriale tandis que le MoDem n'a pas jamais dépassé les 3 %. Depuis plusieurs mois beaucoup de déçus du MoDem nous ont rejoints. »

source http://www.le-nouveaucentre.org, le 29 septembre 2009