Déclaration de M. Hubert Falco, secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, sur la réforme de la Journée d'appel de préparation à la défense, à Paris le 13 octobre 2009.

Intervenant(s) :

  • Hubert Falco - Secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants

Circonstance : Comité de pilotage de la JAPD (Journée d'appel de préparation à la défense) avec le ministre de la Défense, à Paris le 13 octobre 2009

Prononcé le

Texte intégral

Monsieur le Ministre,

Je voudrais vous remercier d'avoir posé aussi clairement que vous venez de le faire les termes du débat et les objectifs de notre groupe de pilotage.
Aujourd'hui, le travail interministériel commence et, sous votre autorité et avec votre appui, nous allons le mener à bien.
Notre calendrier est serré. Vous m'avez confié en septembre le mandat de rénover la JAPD. Fin novembre, les grandes orientations politiques seront fixées.
En février 2010, c'est-à-dire dans un peu plus de quatre mois, nous aurons à présenter les détails de la JAPD rénovée. Elle sera expérimentée dès la rentrée scolaire 2010 et, à la fin de l'année prochaine, elle entrera complètement en application.
L'enjeu n'est pas mince.
Il s'agit, tout d'abord, de répondre aux exigences formulées dans le Livre blanc : sensibiliser les jeunes aux nouveaux enjeux de défense et de sécurité, tout en valorisant le métier des armes.
Il s'agit aussi d'agir en parfaite cohérence avec la ligne fixée par le Président de la République à Avignon, c'est-à-dire d'agir pour la jeunesse.
Nous sommes donc à la croisée des chemins. Et que notre groupe de pilotage soit interministériel a vraiment tout son sens : ce n'est pas la Défense qui réforme la JAPD dans son coin. C'est la Défense qui met la JAPD au service d'une politique globale de la jeunesse.
Notre mission n'est pas d'inventer une journée de remplacement au service national. Il avait ses vertus, il avait ses défauts. Aujourd'hui qu'il n'existe plus, nous avons à aller de l'avant, à innover et à inventer un temps fort où chaque jeune devra ressentir qu'il n'est pas un simple individu déconnecté du reste de la société, mais qu'il appartient pleinement à la communauté nationale. Et que cette appartenance-là, si elle suppose des droits, elle suppose aussi des devoirs.
Chaque année, ce sont 780 000 jeunes Français qui suivent la journée d'appel et de préparation à la défense. Nous avons une lourde responsabilité : faire que cette journée ne soit pas une journée pour rien, mais qu'elle présente, pour chacun d'entre eux, une véritable utilité.
C'est la raison pour laquelle nous aurons à nous engager, parallèlement, sur plusieurs pistes de travail.
La santé, tout d'abord. Notre collège Roselyne Bachelot a lancé le plan Santé des Jeunes, dont l'un des objectifs prioritaires est d'amener 100% des jeunes à faire un bilan de santé. Nous aurons à trouver des adaptations pour que ce plan soit bien intégré et pris en compte par la JAPD.
Le Haut Commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, a mis en place le dispositif « anti-décrochage » : il concerne 100 000 jeunes chaque année. Nous en accueillons près de huit fois plus. Là encore, nous avons à jouer notre rôle : l'information collectée le jour de la JAPD pourrait être transmise aux services d'orientation, afin que le droit et l'obligation de formation professionnelle des jeunes de 16 à 18 ans, que le président de la République a affirmés à Avignon, soient suivis réellement d'effets.
Et puisque j'en suis à parler de formation professionnelle, je veux souligner le rôle que joue le ministère de la Défense : 20 000 recrutements sont effectués chaque année. Et l'expérience nous montre que les jeunes qui souscrivent un contrat sont extrêmement attractifs pour les entreprises lorsqu'ils se reconvertissent.
Là encore, la JAPD doit nous aider à mieux faire passer le message : la Défense est le premier partenaire des jeunes pour l'emploi.
La JAPD doit être également le moment où nous pouvons mettre des dispositifs innovants en cohérence. Je pense, Monsieur le Ministre, au plan « Egalité des Chances », notamment les stages qualifiants dans les Armées et les 450 places offertes aux jeunes boursiers dans les 6 lycées de la Défense. Ce plan va dans le même sens que le plan « Espoirs Banlieue », porté par notre collègue Fadela Amara. Et la JAPD peut avoir un effet de sensibilisation, mais aussi un effet démultiplicateur...
Enfin, nous avons à mettre à profit la JAPD pour mieux transmettre aux jeunes les valeurs de la citoyenneté.
C'est un chantier que nous avons à conduire avec Luc Chatel pour rénover la pédagogie du civisme. Mais nous avons un absolu : ne pas nous payer de mots... Parler des valeurs de la citoyenneté, c'est bien. Mais cela reste quand même un peu abstrait. Nous avons une opportunité dont nous pouvons tirer pleinement profit : les JAPD sont locales. Et la JAPD demain pourra ne pas être forcément la même suivant qu'on la suive sur une base aérienne, comme celle de Villacoublay, ou dans la gendarmerie qui est à côté de chez soi... On peut faire passer les mêmes messages sur les enjeux de la sécurité et de la défense, tout en les adaptant à la réalité locale, à la réalité vécue par les jeunes.
Evidemment, les pistes que je viens d'évoquer sont des hypothèses de travail. La rénovation des JAPD est maintenant devant nous. Et nous la réussirons si nous gardons à l'esprit une chose : en agissant pour la jeunesse, c'est pour la France que nous agissons.

source http://www.defense.gouv.fr, le 15 octobre 2009