Déclaration de M. Xavier Darcos, ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville, sur la création de crèches d'entreprises, destinées à faciliter la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, Paris le 16 février 2010.

Texte intégral

C'est un grand plaisir pour moi de lancer aujourd'hui ce club crèches et entreprises avec Nadine Morano, Secrétaire d'Etat en charge de la Famille, en cette salle des Accords du ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville.
La conciliation vie professionnelle-vie familiale est l'un des piliers de notre politique familiale et avec Nadine Morano nous agissons résolument en ce sens, conformément à l'engagement du Président de la République d'offrir à l'ensemble des parents une solution de garde d'enfant.
Nous avons notamment prévu de créer 10 000 places de crèche d'entreprise, financées par la convention d'objectif et de gestion 2009-2012 de la CNAF et l'augmentation du crédit impôt famille dans la loi de finances 2009.
Le club crèches et entreprises que j'ai souhaité créer sous l'égide de mon ministère va jouer un rôle majeur dans la mise en oeuvre de cette politique sur le terrain. Il regroupe les entreprises exemplaires en matière de création ou de financement de places de crèches et je remercie à cet égard la Présidente d'AREVA, Anne Lauvergeon, le Président de la Générale de Santé, Frédéric Rostand, et le Président de Corsair Fly, Hervé Pierret, ainsi que Madame Stéphanie Chauvin-Mahieu, salariée chez AREVA et Monsieur Mohamed Belguith, salarié chez General Electric qui viennent de nous faire part de leur témoignage.
Je remercie également Jérôme Ballarin, Président de l'Observatoire de la parentalité en entreprise, qui est l'opérateur de ce projet. En décembre dernier j'ai reçu au ministère du Travail les entreprises venues signer la « Charte de la parentalité en entreprise », qui les engageait à mieux prendre en compte la parentalité de leurs salariés.
Je m'étais engagé à poursuivre cette dynamique et c'est ce que nous faisons en lançant ce club aujourd'hui. Nous nous étions fixés un objectif de 50 entreprises fondatrices et je constate avec plaisir que le résultat est supérieur à nos attentes, car nous sommes aujourd'hui à plus de 60 participantes.
Que vous soyez des entreprises de grands groupes, des PME ou des très petites entreprises, vous êtes toutes, pour ainsi dire, des entreprises pionnières : en participant à ce club, vous démontrez que la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale ne repose pas seulement sur les épaules des parents mais qu'elle doit progresser aussi grâce à l'implication des entreprises.
Vous avez compris en effet que cette conciliation est un élément essentiel à plusieurs titres :
* pour l'équilibre social, familial et professionnel du salarié parent ;
* pour l'attractivité et la compétitivité de l'entreprise : quand les salariés disposent de solutions adaptées pour faire garder leurs enfants, cela diminue la rotation du personnel et l'absentéisme.
* pour remédier aux inégalités professionnelles entre les hommes et les femmes, l'un des grands chantiers dont j'ai saisi les partenaires sociaux au mois de novembre.
Nous sommes heureux en France d'avoir un taux de fécondité de 2,02 enfants par femme tandis que 83% des femmes âgées de 25 à 49 ans travaillent.
Pour autant, nous savons bien que ce sont les femmes qui doivent le plus souvent mettre leur carrière entre parenthèses pour s'occuper de leurs enfants. J'ai demandé aux partenaires sociaux de négocier sur ces questions pour aboutir d'ici la fin du mois d'avril à des mesures concrètes que nous traduirons dans la loi. J'attends beaucoup de cette négociation car la conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle est un élément essentiel de l'égalité professionnelle.
De son côté également, le Haut Conseil de la Famille (HCF) s'est penché longuement sur la question du congé parental et de la prestation familiale l'accompagne, le « CLCA » [complément libre choix d'activité]. En ce qui concerne le raccourcissement de la durée de ce congé, je constate qu'il n'y a pas de consensus entre les membres du HCF, Jérôme Ballarin qui en est membre ne me démentira pas. Je ne souhaite donc pas en faire une priorité immédiate.
En revanche, un consensus existe sur la nécessité d'améliorer la formation professionnelle et l'employabilité des femmes en fin de congé parental. Sur ce sujet, je souhaite donc que les pistes dégagées par le Haut conseil de la famille soient rapidement approfondies. Cela nous permettra de nourrir notre réflexion commune pour faciliter le retour des femmes au sein de l'entreprise.
Ce club va permettre aux entreprises de s'informer sur les démarches à faire, les partenaires à contacter, comme la CNAF, et les moyens de financer auprès d'opérateurs ou de gestionnaires un parc de places dédié aux enfants de ses salariés.
Vous allez vous réunir dès les prochaines semaines afin de dégager les bonnes pratiques et de réaliser un guide à destination des décideurs d'entreprises. Je souhaite que cela permette de créer une dynamique vertueuse dont nous ferons le bilan en fin d'année.
En lançant ce club, notre objectif est de doubler d'ici la fin de l'année le nombre d'entreprises qui s'engagent dans la création ou le financement de places de crèches. En outre, les entreprises membres s'engagent à parrainer avant la fin de l'année 2010 une autre entreprise qui n'aurait pas encore engagé d'action dans ce cadre.
En définitive, Mesdames et Messieurs, ce club est un outil précieux dans l'action que je conduis pour améliorer les conditions de travail, au bénéfice des salariés parents mais aussi des responsables d'entreprise - et je n'oublie pas que les dirigeants d'entreprises peuvent aussi être des parents.
Je souhaite donc que tous les acteurs prennent leurs responsabilités car il en va du progrès social dans notre pays.
Je vous remercie.
Source http://www.travail-solidarite.gouv.fr, le 16 février 2010