Déclaration de M. Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération et à la francophonie, sur le concours "Francomot" organisé dans le cadre de la Francophonie, à Paris le 30 mars 2010.

Texte intégral

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs distingués Invité(e)s, Cher(e)s Ami(e)s francophones,
Partout dans le monde en ce mois de mars, les Francophones se mobilisent pour célébrer le 40ème anniversaire de la Francophonie.
A l'Elysée, samedi 20 mars dernier, 40 ans après la signature du Traité de Niamey, le président Nicolas Sarkozy a rappelé avec force l'engagement prioritaire de la France pour la Francophonie.
Aujourd'hui, en ce dernier jour du mois de la Francophonie, j'ai le grand plaisir de remettre les prix de la 1ère édition du concours "Francomot".
Ce concours est né d'un constat personnel : il me semble que la Francophonie n'est pas assez aimée par nos compatriotes... et, tout spécialement, par nos jeunes compatriotes... Avec un concours ludique de ce type, et un jury éclectique et sympathique, je souhaite que nous contribuions à une prise de conscience collective.
Trop d'anglicismes sont entrés dans notre vie courante en France ces dernières années.
Je pense notamment au domaine des nouvelles technologies ou à notre langage usuel.
Et je crois qu'il n'y a aucune fatalité!
Regardez, il y a 10 ans, tout le monde parlait de "walkman" ou de "software"... aujourd'hui, ces deux mots anglo-saxons ont naturellement été remplacés dans notre langage par "balladeur" et "logiciel". Il n'y a donc pas de fatalité !
Il s'agit, par ce concours, de ne pas laisser la paresse linguistique nous gagner. Nous devons faire honneur à cette langue qui a déjà fait le plus difficile : préserver sa richesse au fil du temps et s'enraciner sur les cinq continents.
Oui, Mesdames et Messieurs vous le savez, le français est, avec l'anglais, la seule langue parlée sur les 5 continents... c'est la seconde langue étrangère la plus enseignée dans le monde. Elle est à la source de valeurs partagées et regroupe aujourd'hui, au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie, 70 Etats, soit 800 millions de personnes et 1/3 des membres des Nations unies !
A la recherche du mot francophone le plus juste, le concours "Francomot" aura mobilisé des centaines de jeunes venant d'Universités et de grandes écoles en tous domaines.
Face à ces élèves et étudiants, 5 anglicismes parmi les plus courus, alors même que la Commission nationale de terminologie et de néologie en a donné des versions légales ... malheureusement peu entrées dans le langage courant.
Dès lors, les candidats ont réfléchi ensemble au sein de leurs universités ou de leurs écoles au sein de leurs cercles d'amis ou en famille.
Ils ont aussi effectué des recherches sur Internet et découvert par la même occasion le formidable site www.franceterme.culture.fr dont je vous recommande la consultation.
Face à ces centaines de réponses, il fallait un jury de qualité aux personnalités diverses.
Je les remercie très sincèrement de leur engagement et leur demande de me rejoindre :
- Henriette Martinez, députée des Hautes-Alpes, présidente déléguée de la section française de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie ;
- Louis Duvernois, sénateur des Français de l'étranger, président de l'ADIFLOR (Association pour la Diffusion internationale francophone de Livres, Ouvrages et Revues) ;
- MC Solaar, célèbre artiste compositeur et habile manieur de mots ;
- Marie-Christine Saragosse, directrice générale de TV5 Monde (la télévision francophone diffusée partout dans le monde et le 2ème réseau mondial de télévision après MTV mais devant CNN) ;
- Enfin Sapho, célèbre artiste qui est aujourd'hui retenue par une tournée au Moyen-Orient.
Nous allons à présent entrer dans le vif du sujet sous le contrôle de cet éminent jury, je vais remettre les prix aux lauréats.
Nous avons souhaité que ces prix d'une semaine à 10 jours tous frais payés se matérialisent en des stages au sein de notre réseau - Centres culturels français et Instituts français - dans diverses villes francophones d'importance.
Les lauréats dans l'ordre d'appel auront ainsi le choix, d'Ouest en Est entre Québec, Dakar, Rabat, Bucarest, Beyrouth et Phnom Penh.
Le suspens a déjà trop duré.
- Le 1er mot proposé était "tuning", traduit par la Commission de terminologie par les mots "personnalisation" ou "accord".
Pour leur part, les candidats ont évoqué des mots qui ont suscité l'émotion du jury. Je pense en particulier à "autodéco", "automotif", "autostyle", "persauto", "persoptimisation" ou "revoiturage".
Mais le jury a retenu un mot inventé par un jeune étudiant en journalisme de Lyon. J'appelle à nos côtés Monsieur Charles Fontaine pour le mot "bolidage".
- Le 2ème mot proposé était "chat" traduit par la Commission de terminologie par le mot dialogue.
Pour leur part, les candidats ont inventé les mots "claverbiage", "convel - abréviation de conversation électronique", "cybercommérage", "papotage", "toilogue".
Le jury a été partagé et a retenu deux mots ex aequo, de deux lauréats bordelais J'appelle ainsi Bilal Benrhayem, étudiant de Master en Management à Sup de Co Bordeaux et Léopold Stéfanini de Sciences Po Bordeaux.
Les mots retenus sont "éblabla" et la "tchatche".
- Le 3ème mot proposé était "buzz" traduit par la Commission de terminologie par les mots, "bourdonnement".
Pour "buzz", les candidats ont évoqué les mots "actuphène, bruip, cancan, écho, échoweb, foin, ibang, potins ou réseaunance".
Le jury a beaucoup aimé le mot "barouf" mais a finalement retenu le mot "ramdam".
J'appelle Elodie Dufour-Merle de l'université d'Aix-Marseille.
- Le 4ème mot proposé étant "newsletter" traduit par la Commission de terminologie par "lettre d'information".
Les candidats ont inventé des mots comme "niouzlettre", "plinfo", "inforiel", "jourriel" ou "journiel".
Le jury a été plus sage et a retenu le mot "infolettre".
J'appelle Abdrahamane Coulibaly, étudiant en Master d'études européennes à l'université de Cergy.
- Enfin le 5ème mot proposé étant "talk" traduit par la Commission de terminologie par le mot "émission-débat".
Les mots "causerie, parlage, parlotte, discut', échapar, débadidé, débatel, débafusion" on retenu l'attention du jury. Mais en se référant, par exemple au "talk du journal le Figaro", le jury a retenu simplement le mot débat.
J'appelle Mickael Jaffré, élève ingénieur à l'ENSAM (Arts et Métiers) de Paris.
En félicitant ces 6 lauréats, je vous convie maintenant à faire plus ample connaissance avec eux autour du verre de l'amitié francophone.
Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 31 mars 2010