Interview de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, à Canal Plus le 3 octobre 2011, sur le choix de Jean-Louis Borloo de ne pas se présenter à l'élection présidentielle, l'organisation de primaires au PS et les sondages à propos de Nicolas Sarkozy.

Texte intégral

MAÏTENA BIRABEN  Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, la ministre de l’Ecologie, du  développement durable, des transports, du logement, conseillère politique  de l’UMP est l’invitée de la matinale. Elle explique qu’il faudra des  primaires à droite donc en 2017 et au passage qu’il faudra compter avec  elle. Mais pour l’heure ce sont les primaires socialistes qui monopolisent  le débat politique. Bonjour Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET. 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Bonjour. 
 
MAÏTENA BIRABEN  Soyez la bienvenue. 
 
CAROLINE ROUX  On va parler des primaires socialistes mais avant un mot sur Jean-  Louis BORLOO qui renonce à la présidentielle. Alors vous, vous le  connaissez bien, vous l’aviez même traité de lâche à un moment de  discussion sur la question des OGM, alors la question qui se pose ce  matin c'est, au fond, est-ce que ce renoncement correspond à son  tempérament ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Je crois que ce qui correspond à son tempérament c’est que c’est  un homme qui a de la sagesse et c’est un mouvement pour moi de  sagesse et de responsabilité, dont j’espère d’ailleurs qu’il va inaugurer un  grand mouvement de rassemblement mais ça, c’est autre chose. Ce n’est  pas le moment des aventures individuelles, on traverse une crise  mondiale, ce n’est pas le moment des aventures individuelles et il fait luimême  le constat, c’est ce qu’il disait hier sur un plateau télé, qu’il n’y a  pas suffisamment de dynamique autour de lui, autour des centres et donc  ça ne pourrait être qu’une aventure individuelle, il n’en a pas envie, il  préfère s’inscrire dans un collectif, moi je trouve ça bien. 
 
CAROLINE ROUX  Ca veut dire s’inscrire dans un collectif ? Vous le voyez d’ores et  déjà revenir aux côtés de Nicolas SARKOZY ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Non, enfin il n’a rien dit de tel et c’est son choix, c'est lui, mais il  renonce, il ne va pas vers une stratégie de division, je trouve ça bien. 
 
CAROLINE ROUX  Est-ce que vous considérez que c’est enfin une bonne nouvelle  pour Nicolas SARKOZY ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Je considère que c’est une bonne nouvelle, j’ai toujours dit, je  préfère Jean-Louis BORLOO à l’intérieur de la famille politique qu’à  l’extérieur de la famille, donc c'est une bonne nouvelle. 
 
CAROLINE ROUX  Invités du lundi 03 octobre 2011  Département Veille et Ressources d’informations – 01.42.75.54.58  3  Il n’est pas encore à l’intérieur de la famille politique de l’UMP, estce  que ce matin vous lui dites bienvenue Jean-Louis, reviens à la  maison ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Ecoutez, moi je n’ai pas de conseils à donner à Jean-Louis  BORLOO qui en plus montre, je trouve, sur cette décision, qu’il n’en a pas  besoin. Voilà, je le redis, je trouve qu’il a fait un choix de sagesse, le reste  lui appartient.  CAROLINE ROUX  Alors, après Dominique de VILLEPIN lui aussi dit qu’il ne croit pas  à l’homme providentiel. Vous, vous y trouvez toujours à l’homme  présidentiel Nicolas SARKOZY ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  C'est marrant vous venez de faire un lapsus, providentiel,  présidentiel. Moi je crois à l’homme présidentiel. L’homme providentiel je  ne sais pas ce que ça veut dire, mais je crois à l’homme présidentiel, je  crois qu’on a besoin d’un président fort, d’un président qui a une vision et  surtout d’un président qui veut faire des choses en ce moment, dans le  contexte de crise qu’on traverse. Donc je crois à Nicolas SARKOZY si  c’est ça votre question. 
 
CAROLINE ROUX  C’était ça la question. Il y a 68% des Français, c’est à la une de  LIBERATION ce matin, qui ne croient pas en lui, qui disent qu’il sera  battu. Est-ce que vous considérez ce matin, on peut dire les sondages ça  ne compte pas, on peut dire aussi qu’il y aura peut-être urgence à  redresser la barre, est-ce que c'est ça que vous dites ce matin ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Mais il y a aussi un sondage, je crois que c’était dans SUD OUEST  hier, qui disait en fait à peu près le contraire, mais probablement c’est  juste que la question était posée un peu différemment, et qui disant que  pour la majorité, pour ma famille politique, le seul candidat évident,  légitime, c’était Nicolas SARKOZY. Alors vous savez les sondages, je  crois qu’on peut tous les mettre à la poubelle. Moi si vous me demandez  mon avis, je réponds : j’y crois, je crois en lui et je pense que la France a  besoin en ce moment d’un homme de son tempérament et de sa vision. 
 
CAROLINE ROUX  Il n’y a pas de rupture avec l’opinion, tout va bien avec les  Français, entre les Français et Nicolas SARKOZY ... 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Attendez, ça n’a jamais été facile en terme de cote d’amour, vous  savez c’était déjà le cas en 2007 et d’ailleurs le président avait la  prescience de dire à l’époque, moi je ne demande pas à ce qu’on m’aime,  je demande à ce qu’on me choisisse parce que je serai utile. Ca a  toujours été ça ses relations avec les Français. 
 
CAROLINE ROUX  Et sa relation avec sa majorité, est-ce qu’il a toute l’autorité  nécessaire pour redonner envie à sa famille politique d’aller se battre à  ses côtés ? Ce n’est pas l’impression qu’on a, pour tout vous dire. 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Invités du lundi 03 octobre 2011  Département Veille et Ressources d’informations – 01.42.75.54.58  4  Ecoutez, s’il y avait un doute, je vous renvoie encore une fois à ce  sondage paru dans SUD OUEST, il y a une immense majorité dans la  majorité, qui dit pour nous, c’est Nicolas SARKOZY. 
 
CAROLINE ROUX  En fait vous choisissez vos sondages, il y en a que vous aimez, il y  en a que vous n’aimez pas. 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Il y en a que je préfère à d’autres, vous aussi sûrement. 
 
CAROLINE ROUX  Alors il y a une phrase de François HOLLANDE hier qui a dit, il y a  des humeurs et des rumeurs, laissant entendre que cela pourrait ne pas  être Nicolas SARKOZY, est-ce que... 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Non mais je comprends que François HOLLANDE et la gauche en  général qui sont en plein combat pour le leadership aient envie, par  contagion peut-être de nous transmettre ce combat-là. Bon c’est quelque  chose qui en ce moment dans la majorité n’existe pas, la majorité elle est  autour de Nicolas SARKOZY qui aujourd'hui n’est pas candidat mais ce  n’est pas un leadership qui est contesté. Donc je comprends que François  HOLLANDE qui est en pleine bataille pour son leadership ait encore de  relâcher un peu la pression en faisant une passe arrière avec le ballon ;  ça ne va pas marcher. 
 
CAROLINE ROUX  Nicolas SARKOZY en privé compare François HOLLANDE à Guy  BEDOS, nous dit, c'est un sucre qui fondra dans l’eau. Vous, il vous fait  peur ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Je n’ai jamais vu Nicolas SARKOZY comparer François  HOLLANDE à Guy BEDOS et je crois que... de toute façon nous n’avons  pas nous, à juger de qui sera le meilleur ou le moins bon candidat en face.  Je veux dire ça, c'est la gauche qui choisi et puis nous, on prend le  candidat comme il vient. Moi je prendrai le candidat comme il vient, si  c’est François HOLLANDE, c’est François HOLLANDE, si c’est un autre  ou une autre, il y avait un petit passage sur la parité avant, une autre  éventuellement, eh bien je prendrai aussi comme ça vient.  MAÏTENA BIRABEN  Alors on va justement aux socialistes qui choisissent, les primaires. 
 
CAROLINE ROUX  Oui on est à une semaine du premier tour des primaires, alors on  a entendu tout à l’heure Christine BOUTIN qui disait c'est un hold-up,  Pierre MEHAIGNERIE a dit que ça cannibalisait le débat politique, est-ce  que c’est un problème pour vous la présence, l’omniprésence de la  gauche dans le débat politique ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Moi je trouve que quand une famille politique se cherche un leader,  les primaires c’est une solution intéressante. En revanche, j’ai une critique  vraiment sur la manière dont elles sont menées au Parti socialiste. Par  exemple il y a un truc que je ne comprends pas, c’est qu’ils sont supposés  tous partager le même projet, ils ont un projet de référence qui est le  projet socialiste, mais en même temps, il faut bien qu’ils se déchirent sur...  enfin qu’ils se déchirent sur quelque chose, il faut bien qu’ils se  Invités du lundi 03 octobre 2011  Département Veille et Ressources d’informations – 01.42.75.54.58  5  différencient, sinon c’est un concours de beauté et donc il y a une forme  d’hypocrisie, on partage tous le projet mais on n’a pas vraiment le même  projet. En fait ça aboutit à une seule chose qui est, on a l’impression de  passer dans le grand supermarché des politiques publics et puis chacun  des candidats rempli son caddie. Alors ils le remplissent différemment, il y  a le contrat de génération, les différentes propositions, tout ça coûte très  cher et quand on arrive à la caisse ça va coûter une fortune à la France si  ça devait être mis en place, ce que je n’espère pas.  
 
CAROLINE ROUX  Les primaires donc c’est dans une semaine, est-ce que vous  connaissez des membres de l’UMP, des militants, des gens que vous  connaissez qui vont aller voter, qui sont plutôt à droite ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Ecoutez non, moi j’ai un militant qui m’a posé la question pour tout  vous dire, il m’a dit oh ça serait marrant, ouais je ne trouve pas ça drôle,  d’abord parce que je crois qu’il y a une déclaration sur l’honneur de dire  qu’on est de gauche, donc quand on ne l’est pas, on ne l’est pas, et puis  ensuite je vous dis, je ne trouve pas que nous devions nous en mêler.  Nous prenons le candidat comme il vient. Aujourd'hui notre enjeu nous,  c’est d’être utile pour la France, ça ne se passe pas tellement dans les  primaires socialistes, ça se passe plutôt au bureau tous les matins. 
 
CAROLINE ROUX  Ca veut dire que vous déconseillez formellement aux militants  UMP qui seraient tentés d’aller mettre le bazar dans les primaires  socialistes de jouer ce jeu-là ? 
 
NATHALIE KOSCIUSKO-MORIZET  Mais enfin je ne crois pas que ce soit majeur comme sujet. Qu’il y ait une ou deux idées  individuelles de ce genre là ça peut exister, mais je ne crois pas vraiment que ce soit un  sujet. 
 Source : Premier ministre, Service d’Information du Gouvernement, le 7 octobre 2011