Déclaration de Mme Michèle Delaunay, ministre des personnes âgées et de l'autonomie, sur l'accueil et la mise en place des soins aux personnes âgées dépendantes, Paris le 4 avril 2013.

Intervenant(s) :

Circonstance : Séminaire de la Fédération des Réseaux de santé Gérontologiques d'Ile de france (FREGIF) à Paris le 4 avril 2013

Prononcé le

Texte intégral


Je vous souhaite bonjour à tous et si vous le voulez bien, nous allons maintenant entrer dans cette journée de travail. Je veux tout d’abord tout simplement vous remercier de m’avoir invitée pour en donner le départ.
C’est un séminaire annuel et je disais à Madame votre Présidente que ces séances de travail, de remise en question, de recherche de réponses montrent que vous travaillez et que vous travaillez dans un secteur qui est en mouvement permanent. Et l’initiative, l’expérimentation des parcours de santé démontrent cette recherche permanente d’une meilleure coordination, d’une meilleure cohérence et d’un épaulement interprofessionnel des acteurs de santé.
Je veux saluer tout ce que vous avez fait, d’abord. Et je crois que si nous avons signé la première expérimentation à Paris, c’est parce que quelque chose existait déjà. Nous signons ces expérimentations là où il y a une préparation, un travail, une cohérence déjà en place, dans l’espoir de la prolonger, de la magnifier et de l’améliorer. Donc ce que je veux dire de manière très forte, c’est que dans mon esprit, comme dans ceux, je crois, de Madame Touraine et de Claude Evin, il n’y a en aucun cas une remise en question des réseaux tels que les vôtres. Il y a au contraire une volonté de construire sur du dur. Et ce dur, c’est vous qui l’avez apporté. Je suis tout à fait claire là-dessus. Il n’est ni question d’évacuer ce qui a été fait déjà, ni question d’empiler. Il est question, en fonction des territoires, d’améliorer, de donner de l’efficacité, de mettre de la solidité. C’est en effet un domaine assez difficile. J’en parlais avec ma conseillère tout à l’heure. Les mots sont un peu des mots-valises. On dit : « on va coordonner ». J’essaie de parler au plus profond de ce que je pense. On n’a pas toujours, on ne voit pas toujours, on ne sait pas toujours « palper » comment ces choses se font. Et c’est vous qui faites ça, justement. C’est vous qui trouvez de quoi meubler solidement ces mots. Je pense d’ailleurs qu’il n’y a pas un modèle unique et que chaque modèle naît du terrain et se développe à partir du terrain, autour des personnes âgées qui ont des besoins certainement assez différents selon les territoires. Je pense à la traditionnelle opposition - en tout cas différenciation - entre les territoires urbains, denses et les territoires ruraux. Donc le parcours de santé n’est pas le même par définition et doit être construit à partir de l’expérience locale.
Deuxième aspect de ce que je voudrais exprimer au début de cette journée de travail. Nous travaillons et, en particulier en ce moment, nous avons des réunions pour analyser le Plan Alzheimer, pour en faire le point, pour voir comment nous le prolongerons. Une des questions qui se pose, tout au long de cette évaluation, c’est l’intégration des MAIA dans le territoire local. J’ai vu avec beaucoup d’intérêt, parce que j’espère avoir les minutes ou un prolongement de votre journée de travail, que c’était une des premières questions que vous vous posiez ce matin. En effet, je vais sur le terrain - vous vous en doutez - et souvent on me dit : « comment bien intégrer les CLIC, les MAIA, les réseaux ? ». Ces questions que vous vous posez aussi sont celles pour lesquelles j’attends des réponses, j’attends des expériences, j’attends des illustrations et des preuves que cela peut se faire sans empiler des couches et, au contraire, en donnant à chacun plus de force, plus de cohérence et plus de solidité.
Autre point que vous abordez je crois cet après-midi, c’est la mise en cohérence : comment faire travailler ensemble, de telle manière que chacun y travaille mieux - je dirais à moindre coût - mais en donnant au coût un sens large. Coût financier, mais aussi coût ou plutôt économie en gaspillage d’énergie des différents acteurs de santé. Ceux qui oeuvrent autour de la personne âgée, vous le savez, sont nombreux, quelquefois pas suffisamment connus, pas suffisamment requis auprès de la personne âgée. Là aussi, il y a certainement des modèles différents pour les faire travailler ensemble. Là aussi, vous vous pencherez sur cette question et je serai très intéressée par des réponses concrètes, des exemples concrets. Je comprends souvent mieux à partir d’exemples concrets. Ce que nous voulons éviter tous, ce sont les doublons. Et combien il y en a autour de la personne âgée ! Je m’en rends compte, je m’en suis rendu compte comme médecin et je m’en rends compte maintenant comme ministre. On voit que, dans les aides à domicile, les aides au sens le plus large, il y a des doublons, des superpositions, des mauvaises distributions des tâches. Il y a aussi des creux et des vides. L’idéal étant bien sûr de remplir les creux par les doublons - c’est une expression - c’est-à-dire de faire qu’il n’y ait plus ni l’un ni l’autre.
Voila ce que je voulais vous dire très simplement. J’ai plus à apprendre de vous qu’à vous apporter, autre que cette volonté d’exprimer que nous comptons sur vous, il n’est pas question de vous écarter. J’ai appris avec plaisir tout à l’heure que vous aviez quelques améliorations concrètes à votre exercice quotidien.
Je ne veux pas être plus longue, parce j’aimerais partager un peu votre séance de travail et je donne la parole à Madame la Présidente.
Source http://www.fregif.org, le 27 mai 2013