Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, en soutien à Mme Christiane Taubira, ministre de la Justice et garde des Sceaux, victime d'insultes racistes à Angers le 25 octobre, à l'Assemblée nationale le 30 octobre 2013.

Prononcé le

Intervenant(s) : 

Circonstance : Question au gouvernement posée par M. Jean Glavany, député (groupe Socialiste, Républicain et Citoyen) des Hautes-Pyrénées, à l'Assemblée nationale le 30 octobre 2013

Texte intégral

Monsieur le président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le député Jean Glavany,
Le combat pour nos valeurs, celles qui rassemblent les Français, celles qui font notre force et notre honneur, ce combat ne sera jamais fini car trop de nos concitoyens, même si c'est une petite minorité, sont aujourd'hui, chaque jour, victimes de racisme, d'antisémitisme ou de condamnations, simplement du fait de leur religion quelle qu'elle soit, ou de la couleur de leur peau, de l'origine de leur quartier. C'est une minorité mais c'est trop, trop de victimes qui ne supportent plus et ils ont raison. Dans la France telle qu'elle est et telle que nous l'aimons, ces attitudes, ces actes sont inacceptables et nous savons malheureusement que dans l'histoire, ils ont pu conduire aux pires délits et aux pires crimes. Alors il faut se ressaisir et ne jamais céder, à aucun moment.
Je sais profondément que l'immense majorité de notre peuple est attaché à ces valeurs et ne se reconnaît pas dans le racisme dont sont victimes certains de nos concitoyens, et vous avez eu raison, Monsieur le député, de rappeler la force de nos valeurs, de la République, celles des libertés, d'égalité, de fraternité, de laïcité. C'est à nous qu'il appartient de les faire vivre. Et ce qui a été effectivement prononcé il y a quelques jours par une personne, qui se prétend candidate à un mandat électoral, contre la garde des Sceaux, ministre de la Justice, Christiane Taubira, est malheureusement une illustration encore plus violente que ce que connaissent beaucoup de nos concitoyens. Des propos racistes que j'ai immédiatement condamnés, et pour lesquels l'Assemblée nationale devrait se lever pour dire « non au racisme », quand il atteint l'un ou l'une d'entre nous, qu'il soit simple citoyen ou ministre de la République. C'est cela la dignité de la représentation nationale.
Alors, si la République est capable de dire non, quelle que soit la sensibilité politique, de la droite, du centre ou de la gauche, la République sera forte et la France sera forte. J'attends de toute la représentation nationale ce message parce que c'est à la fois un message de solidarité à l'égard d'une femme d'Etat, mais aussi un message de solidarité avec les valeurs de la France.
Source http://www.gouvernement.fr, le 15 octobre 2013