Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, à "Europe 1" le 8 novembre 2013, sur la dégradation de la note de la France par l'agence de notation Standard and Poor's, sur le malaise économique et social en Bretagne.

Texte intégral

JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous l'avez peut-être entendu, l'agence de notations américaine STANDARD & POORS vient de baisser d'un cran la note de la France, trop de chômage, incapable de grandes réformes, la France dégradée par manque de confiance. Qu'est-ce que vous en pensez, vous qui êtes ici dans un endroit où il y a de la méfiance ?
STEPHANE LE FOLL
Je regarde tout ça avec l'idée simple que les réformes qui sont engagées produiront leurs effets ! Je me rappelle de la dégradation précédente…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Que vous avez condamné !
STEPHANE LE FOLL
De la France qui n'a pas empêché la France de bénéficier de taux d'intérêt qui, en termes de différence avec ceux de l'Allemagne, ont plutôt baissés, donc j'ai parfaitement entendu ce qui avait été dit par cette agence de notations. Nous, il faut qu'on soit dans ce moment avec la ferme détermination de mener jusqu'au bout la politique que nous avons engagée.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Cette nuit des radars ont été détruits près de Saint-Malo, est-ce que vous mettez en garde ici les casseurs, ceux qui les inspirent et ceux qui ne condamnent pas la violence ?
STEPHANE LE FOLL
Moi je condamne la violence ! Je pense qu'on est arrivés à un moment où il y a eu l'expression au travers de cette grande manifestation à Quimper d'une colère, il y a eu l'expression de messages forts, on les a entendus, le Premier ministre les a entendus, maintenant il faut qu'on apporte des solutions…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors justement puisqu'on est…
STEPHANE LE FOLL
On n'est pas dans l'escalade, on est dans la solution.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Puisqu'on attend les solutions concrètes, est-ce que vous confirmez l'entrée dans le capital de DOUX du saoudien ALMUNAJEM ?
STEPHANE LE FOLL
Il y a un pacte d'actionnaires qui est en train d'être construit entre la famille CALMETTE (phon) repreneur, la famille DOUX c'est l'historique et le saoudien ALMUNAJEM qui est non seulement un industriel mais qui est celui qui depuis quarante ans travaille avec les établissements DOUX sur le marché du Moyen orient.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc, il est là ?
STEPHANE LE FOLL
Donc, il est là.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pour quelle durée ?
STEPHANE LE FOLL
La durée c'est le pacte d'actionnaires, c'est donc un pacte qui s'inscrit dans la durée, c'est ça qui est important…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc…
STEPHANE LE FOLL
Dans la durée.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc… Oui ! Et donc… d'abord il y a un marché mondial du poulet, c'est la seule viande qui n'est frappée d'aucun interdit religieux, donc il y a des possibilités, DOUX devra se moderniser à partir de ce qui va se passer ici et peut-être avoir de nouveaux patrons ?
STEPHANE LE FOLL
DOUX, au travers de ce pacte d'actionnaires, fera le choix qui sera celui de ses actionnaires – et ça je fais confiance aujourd'hui dans la capacité qu'ils auront à se mettre d'accord – en même temps, il faudra effectivement moderniser les outils de production de cette entreprise…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous dites…
STEPHANE LE FOLL
Pour être compétitifs sur ces grands marchés industriels.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Est-ce que vous dites ce matin, Stéphane LE FOLL, aujourd'hui DOUX peut être sauvé…
STEPHANE LE FOLL
Je dis…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Se développer et réussir sa résurrection, aujourd'hui ?
STEPHANE LE FOLL
Je dis que la filière export sur la volaille, de manière globale, peut être sauvée et peut réussir demain un dressement qui lui permettra de garantir les outils de production bretons.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous en parlerez avec la Commission de Bruxelles quand vous irez à Bruxelles ?
STEPHANE LE FOLL
Alors on ira à Bruxelles le 22 novembre.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous serez par monsieur CIOLOS, le commissaire ?
STEPHANE LE FOLL
Par le commissaire européen.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et alors vous y allez pour réclamer des fonds européens qui permettront peut-être, d'après les experts, de robotiser les abattoirs, de moderniser les bâtiments d'élevage, de relancer la méthanisation nécessaire qui se fait plus en Allemagne qu'en France ?
STEPHANE LE FOLL
Absolument ! Il y a des fonds à mobiliser et il y a aussi la France avec la BPI qui va se mobiliser. D'ores et déjà le travail que nous avons conduit permet et les actionnaires de DOUX et la famille CALMETTE en particulier le savent, ils ont demandé, ils ont un plan d'investissement que nous allons soutenir avec la BPI.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
La BPI vous la voyez tout à l'heure à 10 h…
STEPHANE LE FOLL
Oui !
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Vous interviendrez, la BPI (la Banque Publique d'Investissement) combien va-t-elle donner pour relancer la marque qui est renommée du volailler DOUX, combien ?
STEPHANE LE FOLL
Les appuis tous les ans sur un plan d'investissement qui avait été présenté de l'ordre de quatre-vingt millions d'euros, chaque année c'est huit à dix millions d'euros qui sont souhaités en termes d'investissement, la BPI viendra appuyer ces investissements, alors à chaque fois ça sera en fonction des objectifs qui sont fixés par l'entreprise.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Christian TROADEC disait tout à l'heure à Thomas SOTTO qu'il n'avait pas été invité mercredi par le préfet, je peux rappeler que - d'après ce que j'ai entendu – il était mardi soir personnellement chez le préfet…
STEPHANE LE FOLL
Je crois effectivement !
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui !
STEPHANE LE FOLL
Donc, il faut être honnête vis-à-vis des Bretons.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et il est question, c'est encore au conditionnel, d'organiser le 2 décembre une journée « LA BRETAGNE MORTE ». Est-ce qu'en faisant ça c'est eux qui tuent la Bretagne où ils lui donnent des chances de renouvellement ?
STEPHANE LE FOLL
Moi je suis là pour parler de la Bretagne vivante, de celle qui a un avenir, de celle qui a des atouts, de celle qui a de l'énergie et c'est de ça dont je vais discuter aujourd'hui.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors, justement, vous ne verrez pas les bonnets rouges ?
STEPHANE LE FOLL
Eh bien, écoutez, les bonnets rouges il est possible qu'à la préfecture - dans les rencontres que nous allons avoir en particulier avec les syndicats – il y ait des bonnets rouges, donc…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais vous n'irez pas à Quimper ?
STEPHANE LE FOLL
Mais la Bretagne, je le rappelle, c'est le Finistère, c'est les Côtes d'Armor, c'est l'Ille et Vilaine, c'est le Morbihan.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais, le foyer de l'agitation, est-ce que vous n'y allez pas parce que Quimper était trop turbulente…
STEPHANE LE FOLL
Mais c'est la Bretagne !
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais j'ai l'impression que Quimper vient à vous ici aujourd'hui, une partie peut-être ?
STEPHANE LE FOLL
Mais de toute façon c'est la Bretagne dans son ensemble et le Finistère connaît des difficultés peut-être encore plus grandes que d'autres départements, mais c'est à l'échelle de la région qu'il faut qu'on soit capables de réagir.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Si les actions violentes reprennent, comme on l'entend dire, en Bretagne et à Paris, est-ce que votre gouvernement sera capable d'envoyer en justice les casseurs et les agitateurs ?
STEPHANE LE FOLL
Le Premier ministre a été extrêmement clair à l'Assemblée nationale sur ce sujet…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non ! Mais vous le répétez ce matin ?
STEPHANE LE FOLL
Et je le répète, moi je suis membre d'un gouvernement, le Premier ministre s'est exprimé à l'Assemblée nationale – c'était mardi je crois – il a été extrêmement clair sur le sujet.
THOMAS SOTTO
Jean-Pierre ELKABBACH !
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui !
THOMAS SOTTO
Je vous interromps ici en direct de Quimper parce qu'évidemment on écoute attentivement ce que dit le ministre de l'Agriculture…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui ! Oui, je comprends d'ailleurs.
THOMAS SOTTO
Christian TROADEC, maire Divers Gauche de Carhaix, vous avez envie de faire passer un message à monsieur LE FOLL ce matin ?
CHRISTIAN TROADEC, MAIRE DE CARHAIX
D'abord, le…
THOMAS SOTTO
Vous êtes en mis en cause là déjà, vous étiez visiblement invité à la préfecture ?
CHRISTIAN TROADEC
Non ! On n'était pas invités le mercredi jour où il y avait l'ensemble des élus de Bretagne qui étaient réunis, nous avons été évités et non pas invités, il faut dire les choses telles qu'elles sont.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui ! Mais la veille vous étiez chez le préfet.
CHRISTIAN TROADEC
Oui ! Nous étions une petite délégation, mais nous avions demandé à…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc vous aviez vu le préfet, vous saviez de quoi il s'agissait.
CHRISTIAN TROADEC
Notre…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Alors, quelle est votre question à Stéphane LE FOLL ?
CHRISTIAN TROADEC
Des choses concrètes ! Nous ce qu'on attend ici en Bretagne aujourd'hui c'est des réponses aux problèmes des Bretons dans le domaine de l'emploi et de l'économie, la première chose que je demanderais à monsieur LE FOLL c'est quand entendez-vous supprimez définitivement l'audit positive de l'écotaxe pour la Bretagne - c'est la première demande que nous faisons depuis des mois, nous ne sommes pas entendus - quand commencerez-vous ?
STEPHANE LE FOLL
D'abord monsieur TROADEC je voudrais vous dire que, lorsque vous dites que vous n'êtes pas entendus, il y avait un projet d'écotaxe qui a été voté par le Parlement et l'Assemblée nationale, qui avait d‘ailleurs été voté en 2009 à l'unanimité, qu'est-ce qui a été décidé après ce que vous avez fait passer comme message ? Suspension de l'écotaxe, re-discussion et mise à plat pour entendre et répondre à ce qui est une réalité, à la fois la question de la périficité (phon) - et en particulier pour la Bretagne – et puis aussi – et j'ai entendu sur EUROPE 1 hier le président de la FNSEA – sur la question agricole, j'ai fait moi-même des propositions au Premier ministre. Donc…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il vous proposait l'exonération de toute la filière agricole et vous lui répondez…
STEPHANE LE FOLL
Eh bien il y avait des propositions qui étaient faites, qui prennent en compte en particulier tout ce qui est les circuits liés aux transports pour l'agriculture, c'était fait, mais il y a une discussion qui est ouverte, cette discussion sera menée à son terme et on remettra à plat les questions posées par l'écotaxe pour qu'on n'oublie pas non plus qu'aujourd'hui il y a des camions qui traversent notre pays, qui ne paient rien, et c'est le budget de l'Etat qui assure l'entretien de toutes les routes.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
On pourrait parler longtemps ! Mais on revient à Rennes, est-ce que vous allez arrêter de construire les vilains portiques qui sont chargés de contrôler la collecte éventuelle quand elle aura lieu et qu'elle sera applicable…
STEPHANE LE FOLL
Alors il n'y a plus de construction ! Il n'y a plus de construction de portique...
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà ! C'est fini.
STEPHANE LE FOLL
Il y en a un qui a été enlevé, et je le dis aujourd'hui la suspension de la mise en oeuvre de l'écotaxe c'est une discussion qui est ouverte…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Bon ! Il y a des urgences.
STEPHANE LE FOLL
Et cette discussion se poursuit.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Il y a des urgences, Stéphane LE FOLL, le gouvernement va-t-il garantir les salaires ou les emplois de ceux qui sont victimes des plans sociaux ?
STEPHANE LE FOLL
Ca été dit sur les salariés de GAD qui ont perdu leur emploi…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et les autres ?
STEPHANE LE FOLL
Un an de garantie pour les salaires.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et, s'il le faut, si c'est nécessaire, un peu plus loin ?
STEPHANE LE FOLL
Et s'il le faut absolument, pour les autres aussi, nous sommes-là pour répondre à des urgences sociales et en même temps, là aussi, pour préparer l'avenir. Alors je voudrais annoncer deux – trois choses, parce que j'ai entendu aussi sur cette antenne ce matin, EUROPE 1, la comparaison entre ce qu'était annoncé pour Marseille par le Premier ministre jusqu'en 2030 et rapporté aux quinze millions, qui était un plan d'urgence sur la question de la filière volaille lors du SPACE qui avait été présenté par le Premier ministre…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc, pour la Bretagne, aujourd'hui, vous dites combien ?
STEPHANE LE FOLL
Alors, pour la Bretagne, il y a plusieurs choses : d'abord personne n'a parlé des un milliard d'euros qui avaient été annoncés dans le plan par le Premier ministre sur la mobilisation de la BPI et sur les primes à l'investissement, aux investissements d'avenir, discussion un milliard…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Plus les contrats de la Région !
STEPHANE LE FOLL
Voilà ! Deuxième élément, sur le deuxième pilier de la Politique Agricole Commune – et ça c'est concret – la Bretagne va bénéficier du doublement du FADER en passant de cent soixante-quinze millions à trois cent soixante-huit millions, travail qui sera engagé pour mobiliser cet argent dans le cadre de la mobilisation sur la méthanisation par exemple, sur l'ensemble de la modernisation des bâtiments d'élevage que les Bretons attendent et j'y ajoute, et j'y ajoute aussi en termes de compétitivité le fait qu'avec le crédit d'impôt + les exonérations sur le travail saisonnier la Bretagne, l'industrie agroalimentaire, l'agriculture bénéficiera dès 2014 de cinquante-quatre millions et en 2015 de soixante-huit millions d'euros.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Aujourd'hui…
THIERRY SOTTO
Jean-Pierre ELKABBACH !
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Aujourd'hui à Rennes vous précisez le pacte d'avenir de la Bretagne, vous allez y consacrer donc on peut dire presque autour de deux milliards…
STEPHANE LE FOLL
La…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
avec le contrat de plan de la Région ?
STEPHANE LE FOLL
Tout ce qui va être mis en oeuvre, alors après on va en faire l‘évaluation aujourd'hui, oui…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
D'accord ! Mais vous dites ici l'argent ne manquera pas ?
STEPHANE LE FOLL
L'argent sera là pour soutenir des projets, c'est ça l'avenir.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui ! Mais après la Bretagne, après la Lorraine, est-ce que vous allez proposer des plans d'avenir à d'autres régions ?
STEPHANE LE FOLL
Absolument ! Et sur le deuxième pilier de la PAC, grâce à la négociation qui a été menée par le Président de la République je le rappelle, le fait que nous ayons obtenu une augmentation du deuxième pilier, ça permet à d'autres régions de la même manière de pouvoir investir…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Donc…
THOMAS SOTTO
Jean-Pierre ! Pardon, pardon, à Quimper ici…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Oui ! Allez-y, allez-y.
THOMAS SOTTO
Nadine HOURMANT, qui zest déléguée FORCE OUVRIERE de chez DOUX, réagit vivement à ce qu'elle entend dans la bouche du ministre de l'Agriculture, allez-y Nadine HOURMANT.
NADINE HOURMANT, DELEGUEE FO – DOUX
Monsieur le ministre je vous interpelle sur le pacte à venir, je pense que pour nous ça sera trop tard salariés, aujourd'hui ce qu'on attend c'est un emploi…
STEPHANE LE FOLL
Madame HOURMANT !
NADINE HOURMANT
Un salaire. Quand vous parlez…
STEPHANE LE FOLL
Madame HOURMANT vous ne pouvez pas dire que ça sera trop tard…
NADINE HOURMANT
Excusez-moi !
STEPHANE LE FOLL
Quand aujourd'hui DOUX...
NADINE HOURMANT
Monsieur le ministre ! Excusez-moi… Monsieur le ministre ! Excu…
STEPHANE LE FOLL
CALMETTE et...
NADINE HOURMANT
Non ! Attendez…
STEPHANE LE FOLL
Monsieur ALMUNAJEM assurent un avenir à votre entreprise…
NADINE HOURMANT
Attendez !
STEPHANE LE FOLL
L'entreprise DOUX.
NADINE HOURMANT
Je ne parle… Monsieur le ministre, je vous interpelle sur les salariés de GAD, quand vous parlez du contrat de sécurisation professionnelle vous n'annoncez rien, ce sont que les dispositifs légaux, n'importe quel salarié licencié en France aujourd'hui a le contrat de sécurisation…
STEPHANE LE FOLL
Non ! Pas le contrat renforcé, madame HOURMANT, vous ne pouvez pas dire…
NADINE HOURMANT
Arrêtez !
STEPHANE LE FOLL
Des choses qui ne sont pas vraies et vous le savez très bien en tant que syndicaliste et en particulier votre syndicat et les responsables syndicaux FO, qui ont négocié ce plan, eux le savent très bien, donc ne dites pas ça.
NADINE HOURMANT
Ce sont les dispo…
STEPHANE LE FOLL
Il y a eu un effort spécifique qui a été fait…
NADINE HOURMANT
Ce sont les dispositifs légaux. Vous avez pris…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Non ! Mais…
STEPHANE LE FOLL
Et donc ne dites pas ça.
NADINE HOURMANT
Vous avez pris juste l'exemple…
STEPHANE LE FOLL
Deuxième point, après vient la question de l'industrialisation…
NADINE HOURMANT
Sur les salariés licenciés l'année dernière de DOUX…
STEPHANE LE FOLL
Et de la ré-industrialisation et, ça, il faut qu'on y travaille ensemble.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà ! Si j'ai bien compris, le contrat de sécurisation c'est un an, vous accepteriez de le prolonger si c'était nécessaire…
STEPHANE LE FOLL
Non ! C'est un an.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Pendant la phase de formation, mais …
STEPHANE LE FOLL
C'est un an complet de garantie du salaire pour les salariés qui ont perdu un emploi et, là, il faut qu'on engage effectivement à la fois la formation pour les salariés, qu'on les accompagne et, en même temps, qu'on travaille aussi à la question de la ré-industrialisation et qu'on soit capables – et Guillaume GAROT qui est avec moi aujourd'hui – d'ouvrir…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Parce qu'il y a de nouvelles filières aussi…
STEPHANE LE FOLL
De nouveaux emplois.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire les filières des technologies du futur, la transition énergétique et énergétique.
STEPHANE LE FOLL
Oui ! Mais l'agroalimentaire aussi d'ailleurs a de l'avenir.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais justement, mais la grande distribution elle garde ses marges – et c'est une des dernières questions…
THOMAS SOTTO
Et ce sera la dernière question !
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Voilà ! Pierrick, parce que du concret ici, Pierrick MASSIOT - qui est le président PS de la Région de Bretagne - dit qu'elle va bénéficier du crédit d'impôt l'an prochain...
STEPHANE LE FOLL
Absolument !
JEAN-PIERRE ELKABBACH
C'est-à-dire des milliards chaque année, est-ce que la grande distribution, qui ne participe à rien, elle ne peut pas manifester davantage – et je vous vois sourire pour la première fois depuis que nous sommes ensemble – elle ne peut pas participer davantage à la solidarité collective ?
STEPHANE LE FOLL
Absolument ! II y a aura…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Et est-ce que vous lui demandez ?
STEPHANE LE FOLL
Eh bien j'ai déjà demandé à la grande distribution de se mobiliser…
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais elle ne vient pas !
STEPHANE LE FOLL
Mais si, si, et on fera venir la grande distribution, l'idée de transférer ce qu'est l'écotaxe sur les factures pour que ce soit assumé par l'ensemble de la filière et en particulier la grande distribution ça fait partie du dialogue qui est engagé, des discussions qui sont en cours, justement sur cette suspension de l'écotaxe.
JEAN-PIERRE ELKABBACH
Mais la Bretagne doit changer de modèle ?
STEPHANE LE FOLL
La Bretagne ce n'est pas changer…
THIERRY SOTTO
Merci beaucoup messieurs !
STEPHANE LE FOLL
C'est faire évoluer son modèle.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 novembre 2013