Interview de Mme Ségolène Royal, ministre de l'environnement, de l'énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, à propos de l'entrée vigueur l'accord de Paris sur le climat, la place de l'écologie dans les débats de l'élection présidentielle et la sécurité nucléaire.

Texte intégral

THOMAS SOTTO
L'interview politique d'Europe 1 avec ce matin Ségolène ROYAL, ministre de l'Environnement et présidente de la COP21, alors que l'on est à trois jours de l'ouverture de la COP22. Ça se passera du 7 au 18 novembre à Marrakech. Bonjour Ségolène ROYAL.
SEGOLENE ROYAL
Bonjour.
THOMAS SOTTO
C'est un jour important puisque ce vendredi, aujourd'hui, entre en vigueur l'accord de Paris sur le climat. Transcription dans les faits de ce qui avait été signé lors de la COP21 il y a presqu'un an maintenant. Est-ce que vous avez le sentiment, Ségolène ROYAL, qu'on a fait le plus dur pour endiguer le réchauffement climatique ?
SEGOLENE ROYAL
D'une certaine façon, oui. On a fait le plus dur au sens où maintenant il y a un engagement opérationnel des pays. Qu'est-ce que ça veut dire la ratification ? Ça veut dire qu'à l'heure où nous parlons, plus de quatre-vingt-quinze pays ont passé cette décision de l'accord de Paris devant leur conseil des ministres puis devant le parlement. C'est ce qu'il y a quand même de plus difficile, c'est d'obtenir des votes. C'est dans un temps record puisque le précédent accord sur le climat, le protocole de Kyoto, a mis sept ans pour être ratifié. Là, en dix mois, un accord international. Au mois de décembre, les pays ont donné leur accord oral à main levée et le plus dur restait à faire. D'abord la signature le 22 avril qui avait déjà été un succès puisqu'on avait réussi à mobiliser les pays. Là la ratification, c'est-à-dire le passage opérationnel. Maintenant que les parlements ont voté cette volonté de rester en dessous des deux degrés de réchauffement climatique, c'est-à-dire de mettre en place des politiques qui permettent de diminuer la pollution. Disons pour aller vite les émissions de gaz à effet de serre, c'est le mot technique, mais la pollution de l'air, celle qui provoque ce réchauffement climatique. Maintenant, ces pays vont avoir l'obligation de faire - ce qu'a fait la France d'ailleurs, puisque nous sommes le seul pays à le faire, à l'avoir fait, et c'était bien que recevant la COP21 nous soyons exemplaires, puisque nous nous avons déjà voté la loi de transition énergétique, publié la programmation pluriannuelle de l'énergie et les stratégies bas carbone. C'est-à-dire nous avons dit à chaque secteur économique comment il devait faire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
THOMAS SOTTO
Alors c'est bien mais ce n'est pas suffisant semble s'inquiéter l'ONU qui a publié un rapport hier. Les Nations Unies qui disent : « Attention ! On est en retard. Le monde doit de toute urgence et radicalement réduire les émissions de gaz à effet de serre s'il veut éviter – et ce sont les mots de l'ONU – une tragédie humaine. » Ce sont des mots forts, on n'est pas tiré d'affaire.
SEGOLENE ROYAL
Absolument. C'est bien que la sonnette d'alarme continue à être tirée puisque c'est dans l'action opérationnelle que les choses diminuent. Moi j'ai confiance parce que ce que je vois à l'échelle de la planète, c'est que l'intelligence humaine, les innovations technologiques vont aller très vite. Il y a quelques jours, j'inaugurais la route solaire. C'était impensable il y a quelques mois. C'est-à-dire que la couverture sur les routes, là où il n'y a pas d'espace disponible de panneaux solaires, c'est-à-dire à la fois un usage de circulation et en même temps un usage de production d'énergie, mais c'est un saut technologique majeur. J'entendais hier Carlos GHOSN annoncer la voiture électrique à sept mille euros.
THOMAS SOTTO
Pour le marché chinois dans un premier temps.
SEGOLENE ROYAL
C'est un appel que j'avais lancé pendant la COP21 en disant qu'il fallait absolument réduire le prix des voitures électriques. J'avais lancé un appel aux constructeurs pour qu'ils se mettent ensemble pour faire en sorte que les progrès sur la batterie électrique soient engrangés. Ces progrès sont en train d'être faits puisque maintenant il y a des batteries électriques qui sont autonomes pour cinq cents kilomètres et on peut recharger les batteries électriques avec l'énergie solaire. Ça aussi c'est un saut qualitatif.
THOMAS SOTTO
Tout ça est en train de se mettre en place et en même temps chez nous, Ségolène ROYAL, on a l'impression que l'environnement est un peu passé de mode. C'est un sujet qui, par exemple, est très peu présent dans le débat politique.
SEGOLENE ROYAL
Mais c'est bien dommage. C'est bien dommage parce que…
THOMAS SOTTO
C'est la responsabilité de la droite, de la gauche, de tout le monde.
SEGOLENE ROYAL
D'abord, il est présent en tout cas dans l'action gouvernementale puisque, comme je viens de le dire, ce travail a été fait. Il est regardé d'ailleurs par le reste du monde comme étant à l'avant-garde de ce qu'il faut faire en tout cas en termes de décision politique. Il y a non seulement la loi de transition énergétique mais il y a aussi les territoires à énergie positive auxquels on a donné les moyens de mettre en place des actions opérationnelles de territoire, parce que c'est tous les jours, au quotidien, que l'on peut faire reculer la pollution, et puis les grandes filières industrielles. Là avec la programmation pluriannuelle de l'énergie, vous avez vu que les industriels, les énergies renouvelables, se sont félicités de ces règles claires du tarif de rachat de l'énergie qui leur permet d'investir et on a déjà créé plusieurs milliers d'emplois dans les secteurs de la croissance verte. Parce que ce qui est formidable…
THOMAS SOTTO
Mais ce n'est pas un sujet de la campagne. Regardez ! Vous avez regardé le débat de le primaire hier soir j'imagine ?
SEGOLENE ROYAL
Je n'ai pas eu le temps parce que justement je travaillais sur l'application de l'accord de Paris.
THOMAS SOTTO
On n'a pas du tout parlé d'environnement.
SEGOLENE ROYAL
Mais j'ai vu quelques extraits et c'est vrai que c'est un sujet qui a été totalement absent. D'ailleurs, ils ont surtout passé leur temps à se disputer entre eux qu'à aborder les sujets de fond. Mais vous savez, ce n'est pas vrai. Les citoyens s'y intéressent beaucoup. Ils sont soucieux par exemple de la pollution de l'air. Or, c'est vrai que c'est le transport propre qui va limiter la pollution de l'air, ce sont les industries propres aussi qui doivent faire des efforts. Arrêter de rejeter soit des produits chimiques en Méditerranée, soit des produits chimiques dans l'air.
THOMAS SOTTO
Les boues rouges en Méditerranée.
SEGOLENE ROYAL
Ce sont les bâtiments qui doivent faire des efforts. On construit maintenant des bâtiments à énergie positive, c'est-à-dire qui produisent autant voire plus d'énergie qu'ils n'en consomment. Donc tout ça, ça crée des activités et des emplois. Ce sont des sauts technologiques et c'est ça qui soutient l'espoir que nous allons réussir à limiter le réchauffement climatique.
THOMAS SOTTO
On va parler un peu de politique à présent. Visiblement hier soir à droite, pendant le débat de la primaire, tout le monde n'était pas d'accord pour situer, positionner François BAYROU sur l'échiquier politique. Vous qui avez cherché à vous allier avec lui entre les deux tours de la présidentielle en 2007, vous le situez où François BAYROU ?
SEGOLENE ROYAL
Ecoutez, je laisse la droite se disputer à propos de François BAYROU plutôt que de faire des propositions pour construire le futur. Qu'est-ce qu'on attend d'un débat de la primaire ? On attend que soient posés des sujets de fond, que soient fixés des horizons de l'action politique, que soient identifiées les différentes divergences au sein d'un même camp – pourquoi pas – et surtout que l'on puisse trouver des solutions. Qu'est-ce qu'attendent les Français de leurs responsables politiques ? Ce sont des solutions et on en a assez peu entendues hier soir semble-t-il.
THOMAS SOTTO
François BAYROU, il est plus proche de la droite, plus proche de la gauche aujourd'hui ?
SEGOLENE ROYAL
Je ne sais pas. Je laisse la droite décider de cela.
THOMAS SOTTO
Bon, on ne va pas parler de François BAYROU. On va s'intéresser à François HOLLANDE. Il a été question évidemment du chef de l'Etat hier et de ses confidences aux journalistes du Monde dans le livre « Un président ne devrait pas dire ça ». François FILLON a lancé une accusation grave contre le chef de l'Etat qui a donc confié avoir ordonné quatre assassinats ciblés de djihadistes.
- Déclaration de François FILLON, candidat à la primaire de la droite et du centre :
« Je ne voterai pas pour François HOLLANDE parce qu'il est disqualifié. Disqualifié en particulier par des actes qu'il vient de commettre en confiant des secrets-défense à des journalistes. Dans n'importe quel pays démocratique, François HOLLANDE serait aujourd'hui poursuivi pour cela. Il serait mis en situation de s'expliquer. »
THOMAS SOTTO
François HOLLANDE doit-il s'expliquer, Ségolène ROYAL, pour avoir confié des secrets-défense à des journalistes comme le dit François FILLON ?
SEGOLENE ROYAL
Ecoutez, François FILLON ferait mieux de faire des propositions pour l'avenir du pays. Il est, semble-t-il, candidat à l'élection présidentielle. Qu'est-ce qu'on attend d'un candidat à l'élection présidentielle ? On n'attend pas des polémiques…
THOMAS SOTTO
Qu'il devienne peut-être un président exemplaire. Est-ce que là, François HOLLANDE est un président exemplaire quand il fait ça ?
SEGOLENE ROYAL
On attend des propositions, on attend des solutions, on attend une vision. Et force est de constater que ce n'est pas ce que nous avons eu hier et certainement pas de la part de François FILLON. Quand on n'a rien à dire…
THOMAS SOTTO
Mais de la part de François HOLLANDE, y a-t-il eu violation du secret-défense, Ségolène ROYAL ? Est-ce que ça vous gêne, vous ?
SEGOLENE ROYAL
Quand on n'a rien à dire pour faire des propositions concernant la France, les Français, la lutte contre le chômage, le pouvoir d'achat, la transition énergétique, on attaque le camp adverse. Les Français n'en peuvent plus de cette politique politicienne.
THOMAS SOTTO
Justement, on est là sur un point de fond, Ségolène ROYAL.
SEGOLENE ROYAL
Non, ce n'est pas un point de fond. On attend d'un candidat…
THOMAS SOTTO
Pour vous, il n'y a pas de problème avec ces déclarations ?
SEGOLENE ROYAL
On attend d'un candidat à l'élection présidentielle qu'il fasse des propositions sérieuses, structurées, cohérentes, enthousiasmantes et ce n'est pas ce qu'on a eu hier.
THOMAS SOTTO
Et encore une fois qu'il soit exemplaire. Est-ce que François HOLLANDE a raison de dire à des journalistes qu'il a ordonné l'assassinat ciblé - quatre « homo » comme on dit, quatre homicides – ciblés de djihadistes ?
SEGOLENE ROYAL
Je ne rentrerai pas dans les polémiques soulevées par des candidats de droite qui sont là pour faire des propositions au lieu de faire des polémiques, c'est tout.
THOMAS SOTTO
Il a fait une erreur avec ce livre, François HOLLANDE ?
SEGOLENE ROYAL
Moi, je suis à ma tâche. Tout ce gouvernement est à la tâche. Le président de la République est à sa tâche, le Premier ministre est à sa tâche. Qu'est-ce qu'attendent les Français aujourd'hui de leurs responsables ? C'est qu'ils travaillent. Nous venons d'aborder d'ailleurs des sujets de fond. Les sujets de fond sur la transition énergétique concernent directement les Français parce que c'est ce qui leur donne du travail. Ce sont les filières de création d'activité et d'emploi les plus puissantes.
THOMAS SOTTO
C'est devenu un fait politique, ce livre. Il dérange Manuel VALLS ce livre, il dérange Claude BARTOLONE, le président de l'Assemblée. Est-ce qu'il dérange Ségolène ROYAL ?
SEGOLENE ROYAL
Je ne rentre pas dans ces discussions. Je m'occupe de mon travail qui est déjà considérable. Je suis heureuse d'avoir réussi à faire ratifier l'accord de Paris. Quand les choses vont bien, quand même, il faut le dire. La France peut être extrêmement fière d'avoir organisé cette COP21.
THOMAS SOTTO
Vous avez une capacité à reboucler sur un autre sujet que la question qui vous est posée qui est étonnante.
SEGOLENE ROYAL
Parce que, écoutez, on vit une journée quand même extraordinaire.
THOMAS SOTTO
Mais on en a parlé.
SEGOLENE ROYAL
Qui aurait pu penser que des pays du monde entier allaient se mettre d'accord pour dire…
THOMAS SOTTO
Mais on en a parlé et on a commencé l'interview par ça, Ségolène ROYAL. Pour dire à quel point c'est important.
SEGOLENE ROYAL
Juste un mot, juste un mot. C'est quand même la première fois dans l'histoire de l'humanité que les pays du monde entier se mettent ensemble pour dire : « Il est maintenant possible de faire du développement économique sans polluer et sans détruire les ressources naturelles. »
THOMAS SOTTO
Je vous assure, Ségolène ROYAL, que vous l'avez déjà dit.
SEGOLENE ROYAL
Non.
THOMAS SOTTO
Si, au début de l'interview. Est-ce que François HOLLANDE est toujours le candidat naturel à sa succession ? On est quand même à six mois d'une présidentielle.
SEGOLENE ROYAL
Il est président de la République.
THOMAS SOTTO
Ça, d'accord.
SEGOLENE ROYAL
Et comme je l'ai déjà dit, ce que les Français attendent c'est qu'il soit président de la République le plus longtemps possible et jusqu'à la fin de son mandat.
THOMAS SOTTO
Et après ? C'est quand même dans six mois.
SEGOLENE ROYAL
Vous lui poserez la question. Invitez-le et vous lui poserez la question.
THOMAS SOTTO
Vous êtes comme Manuel VALLS, vous ne dites pas ce matin : « François HOLLANDE est le candidat naturel à sa succession ».
SEGOLENE ROYAL
Je ne m'occupe pas de l'élection présidentielle.
THOMAS SOTTO
Il paraît que vous redoutez pour vos enfants que leur père aille au massacre.
SEGOLENE ROYAL
[Soupir exaspéré]
THOMAS SOTTO
Vous l'auriez dit à Michel SAPIN avant même la sortie du livre et c'est le JDD qui a rapporté cela.
SEGOLENE ROYAL
Je ne veux pas alimenter cela, parce que c'est un temps précieux que vous me donnez sur les médias. Les citoyens nous écoutent et moi, ce que je veux, c'est leur transmettre la confiance dans leur pays. Je peux leur dire qu'un pays qui a la capacité de faire l'accord sur le climat est un grand pays qui est regardé par le reste du monde avec admiration et que maintenant nous avons un travail considérable à faire, positif, pour diminuer en effet les catastrophes climatiques. Il y a derrière l'accord sur le climat quelque chose d'essentiel : c'est que c'est aussi un accord pour la paix. Parce que quand il y a des déplacements massifs de population parce que les gens vont chercher un peu d'eau potable, ça crée des conflits, ça crée des guerres et donc l'accord pour le climat est aussi un accord pour la paix.
THOMAS SOTTO
Promis, je ne vous pose plus de question sur François HOLLANDE. Deux questions pour finir. Est-ce que vous souhaitez vraiment un deuxième référendum sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes comme ç'a été dit ?
SEGOLENE ROYAL
Ecoutez, on ne va pas égrener comme ça les sujets les uns derrière les autres.
THOMAS SOTTO
Je ne désespère pas d'avoir une réponse à au moins une question.
SEGOLENE ROYAL
Mais ce que je veux, c'est trouver des solutions et ne pas rester sur des postures.
THOMAS SOTTO
Donc la solution, ça peut être un deuxième référendum ?
SEGOLENE ROYAL
Mais pourquoi pas. Toutes les solutions sont bonnes dès lors qu'on sort des postures pour trouver des solutions. C'est quoi une solution ? Conformément à l'accord de Paris sur le climat, c'est de réconcilier la protection de l'environnement et l'équipement. Et moi, je crois que des solutions sont possibles. J'avais fait un certain nombre de propositions qui n'ont pas été suivies ; peut-être qu'un jour les élus locaux se diront : « Tiens ! Ce qu'avait dit Ségolène ROYAL sur la façon de sortir de cette crise n'était pas si mauvais que cela. Essayons de regarder les solutions qu'elle avait proposées. »
THOMAS SOTTO
Pourquoi pas un deuxième référendum. Et dernière question qui concerne tout le monde, regardez la une de Sud-Ouest ce matin : y aura-t-il de l'électricité à Noël ? Vous avez écrit au patron d'EDF il y a quelques jours.
SEGOLENE ROYAL
Oui.
THOMAS SOTTO
Parce que vingt des cinquante-huit réacteurs nucléaires sont hors service, cinq autres vont être mis à l'arrêt. Y a-t-il un risque de pénurie d'électricité pour cet hiver en France ?
SEGOLENE ROYAL
Non, il n'y a pas de risque de pénurie mais il faut que les Français, et ça c'est une très bonne chose finalement qu'un certain nombre de réacteurs soient contrôlés sous la responsabilité de l'Autorité de sûreté nucléaire. En tant que ministre chargée de l'énergie, j'ai la responsabilité de la continuité de la fourniture d'électricité, donc c'est mon rôle de mettre les fournisseurs d'électricité devant leurs responsabilités mais c'est aussi, je vais vous dire, une occasion extraordinaire de lancer une campagne que je vais lancer dans quelques temps sur les économies d'énergie. Savez-vous, par exemple, que si tous les Français éteignent, et dans tous les bureaux et dans tous les domiciles, les appareils en veille, c'est l'équivalent d'un réacteur nucléaire ? Donc voilà une bonne occasion de lancer vraiment un mouvement citoyen d'économies d'énergie.
THOMAS SOTTO
Merci Ségolène ROYAL d'être venue ce matin sur Europe 1. Ségolène ROYAL qui arrive à mettre « accord de Paris » dans pratiquement toutes ses réponses. Merci et bonne journée à vous.
SEGOLENE ROYAL
[rires] On a attendu vingt ans pour le faire, ça vaut le coup quand même !Source : Service d'information du Gouvernement, le 14 novembre 2016