Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, en réponse à une question sur la situation des chrétiens d'Orient, à l'Assemblée nationale le 13 mars 2018.

Texte intégral


Monsieur le Député,
La protection des chrétiens et plus généralement des minorités au Moyen-Orient est une longue tradition de la France. C'est une tradition qui nous honore, et c'est une tradition qui nous oblige.
C'est pourquoi je me réjouis qu'il y ait création au sein de cette assemblée d'un groupe d'étude que vous présidez avec M. Goasguen.
L'émergence de Daech, à cet égard a été une rupture brutale parce que l'élimination des minorités fait partie intégrante du projet totalitaire de l'organisation terroriste avec les horreurs que l'on sait. Pour la première fois dans l'histoire, des communautés millénaires ont été menacées, sont menacées de disparaître de la terre qui les a vu naître. C'est vrai de certaines églises chrétiennes, c'est vrai aussi des yézidis.
La France a pris des initiatives dès 2015, sous l'impulsion de mon prédécesseur Laurent Fabius, pour faire en sorte que, au-delà de notre combat contre Daech, le respect des minorités puisse devenir un enjeu international. Nous avons mis en place un fonds spécifique qui a été mobilisé pour une soixantaine de projets qui ont vu le jour grâce à cette coopération.
L'action de ce fonds sera poursuivie pour des projets spécifiques et sera aussi poursuivie dans le cadre de l'organisme que vous avez cité et qui s'appelle l'ALIPH et qui prévoit de reconstituer des parties du patrimoine de ces communautés.
Cela a été annoncé par le président de la République, cela a été initié par mes soins lors de la conférence de reconstruction à Koweït il y a peu de temps. Cela suppose aussi qu'il y ait dans les politiques de reconstruction toute la place qui soit accordé à ces minorités et c'est en cela que nous avons un débat fructueux avec les autorités irakiennes qui laissent à penser que cela sera respecté.
Il restera la Syrie mais comme vous le savez, ce n'est pas encore d'actualité.
Source https://www.diplomatie.gouv.fr, le 4 avril 2018