Texte intégral
Mesdames, Messieurs,
Je suis heureux et c'est un honneur pour moi d'être ce soir parmi vous à l'occasion de la remise du Prix Merci de l'Hospitalisation française créée par le Lions Club. Je vous suis reconnaissant de m'avoir invité à cette manifestation. Je remarque, que depuis dix ans où le Prix Merci a été créé, il y a chaque année de plus en plus de candidats et de plus en plus de lauréats. Ce qui démontre qu'il existe, à l'hôpital de plus en plus de responsables, de médecins, de personnels administratifs et soignants capables de promouvoir la qualité à leur propre initiative et parce qu'ils ont conscience que la technique même la plus sophistiquée n'est pas la seule réponse que l'on puisse donner à l'hôpital.
Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises sur les grandes orientations définies par le Gouvernement en matière de politique hospitalière. Je souhaite simplement aujourd'hui rappeler que cette approche par la qualité du service aux malades doit être pour l'ensemble des responsables et des acteurs de notre système sanitaire une préoccupation essentielle.
Nous assistons à de profonds changements qui touchent l'ensemble de la société, chacune des consciences individuelles, et l'hôpital, moins que tout autre, par la diminution non seulement sanitaire mais surtout parce qu'il accueille des hommes, ne peut rester aveugle à un bouleversement. Ces ferments existent dans l'esprit du public qui veut être considéré comme un partenaire à part entière qui a besoin d'être éclairé, rassuré, aidé tout autant qu'il se sent réellement pris en charge. Le public acquiert de plus en plus d'éléments d'appréciation qui lui permettent de comparer et il pose aux responsables des questions. C'est ainsi que certains des lauréat de ce soir ont créé des salles de jeux, une salle de musique, des émissions de radio à l'intention d'enfants atteints de maladies malignes, un autre a réalisé un service destiné aux personnes parvenues au terme de leur vie tout en gardant près d'eux leur conjoint ou leur enfant, un autre, dans le département d'accueil et d'orientation des malades urgents, est parvenu à améliorer et à diminuer considérablement les délais d'attente des parents notamment des personnes âgées.
Vous avez remarqué au passage le mot "accueil et orientation" dans l'intitulé de ce département. L'accueil et son organisation relèvent de cette recherche de la qualité, de l'excellence, voulues par le public, mais aussi par les établissements. Les établissements sont des organismes vivants qui témoignent de leur vitalité par les réalisations que j'ai un réel plaisir à récompenser ce soir.
La santé est l'une des premières préoccupations des Français sinon la première. Tout ce qui y touche est emprunt de sensibilité et de suggestivité : aucune décision dans ce domaine qu'elle soit de nature sociale ou politique ne laisse les Français indifférents.
Les évènements récents nous l'ont bien montré.
Je considère donc que dans le cadre de notre système de protection sociale dont le maintien est la garantie de la qualité de notre système de distribution de soins, une politique de la santé doit s'articuler autour des 3 priorités suivantes : le service du malade, la prévention, et la modernisation du système.
Sans développer chacune de ces priorités, je voudrais indiquer ici que mon premier objectif est de faire en sorte que notre système de soins soit avant tout au service du malade et de la population. Toutes les actions permettant de faciliter ou d'améliorer le "parcours" du malade, de l'assuré social, pour l'accès aux soins est à encourager.
Servir le malade, c'est mettre à sa disposition les meilleures techniques médicales au service des professionnels les mieux formés, mais c'est également l'accueillir le plus humainement possible dans l'univers des soins ou il arrive le plus souvent fragilisé et parfois angoissé.
L'accueil des urgences est caractéristique, d'un point de vue purement technique et médical, notre système a fait des progrès considérables grâce au S.A.M.U. La généralisation des centres 15 permettra de faire des nouveaux progrès, mais l'accueil des petites urgences qui représentent près des 2/3 des cas qui arrivent dans les services mérite notre attention.
L'accueil des enfants, ou des malades particulièrement fragiles tels que les malades mentaux doit également être considérablement amélioré. Enfin, il nous faut encourager et soutenir les initiatives permettant d'adapter l'environnement hospitalier afin de permettre aux familles d'accompagner leurs malades parvenus au terme de leur vie.
Créer les conditions de l'innovation, encourager les initiatives au sein des Établissements hospitaliers, redonner à ces établissements des marges de manœuvre internes, ce sont les orientations que j'ai donné pour aborder dans de meilleures conditions les défis de la fin du siècle que constitue pour nous le vieillissement de la population, l'épidémie du S.I.D.A. et en général le Conseil de la santé.
Le Professeur Gentilini a reçu (recevra) tout à l'heure un prix spécifique pour participer aux recherches qu'ils mènent sur le S.I.D.A., je voudrais ici m'associer aux donateurs pour saluer son action.
L'Hôpital public connaît mal ses richesses et ces richesses ce sont les hommes qui les font fonctionner. Tous ou presque sont sensibles à l'humain qu'ils rencontrent chaque jour. Comme ministre, j'ai le souci d'aider et d'encourager tout ce qui pourra donner à ces hommes et à ces femmes plus de connaissances et plus d'informations, et tout ce qui pourra davantage les responsabiliser. Pour résumer, je citerai Michel Crozier : "La qualité ce sont les hommes".
Ce soir, en récompensant les lauréats et avec eux, les cadres administratifs et le personnel, les organisateurs du Prix Merci montrent la voie d'un progrès décisif pour l'avenir de l'hôpital, celle de la qualité totale du service auprès de tous les malades, auprès de tout malade. Je remercie le jury de leur choix. Je salue la présence du Professeur Jean Bernard qui a bien voulu réhausser de sa présence cette manifestation. Je voudrais conclure mon propos en disant aux organisateurs du prix, à ces lauréats ainsi qu'à tous ceux qui participent à l'amélioration de la qualité du service du malade, tout simplement merci.