Texte intégral
Peu après 23 heures, Robert Hue, le secrétaire national du PCF, a fait la déclaration suivante. "Les résultats du scrutin de ce soir témoignent d'une réalité dont il faut mesurer toute la signification : le fossé ne cesse de s'approfondir dangereusement entre les citoyens et la vie politique dans notre pays. Il faut savoir entendre ce que les Françaises et les Français ont exprimé, y compris celles et ceux qui ne sont pas allés voter. Au fond de tous les résultats, il y a l'exaspération, le refus, la colère devant les attaques sans précédent contre tout ce qui fait la vie des citoyens, des salariés. Nous nous fixons pour nous-mêmes l'objectif d'être toujours mieux porteurs de cette protestation qui s'est exprimée sous différentes formes et de l'aspiration à faire du neuf dans la vie politique et dans les réponses à apporter aux grands problèmes du pays. L'abstention, même en recul, demeure élevée. Cette Europe est ressentie comme hostile aux citoyens, hors de portée de leur intervention. La campagne elle-même n'a fait que renforcer cette tendance. La plupart des "têtes de liste" ont affiché des objectifs totalement étrangers à l'objet de ce scrutin. L'absence de débat de fond sur les grandes préoccupations des gens, jointe au climat détestable de la corruption, des "affaires", a nourri les phénomènes de rejet de la poli- tique, donc du vote.
Avec Francis Wurtz, la liste présentée par le PCF a mené une bonne campagne, s'employant à montrer les véritables enjeux de la consultation. Les premières estimations indiquent une relative stabilité du résultat du PCF. Les électeurs communistes ont fait preuve de lucidité et de détermination. D'autres se sont abstenus à l'occasion de ce scrutin pour exprimer leur refus de l'Europe de l'argent roi, tout en approuvant les initiatives du Parti communiste et ses efforts pour se bouger et se rénover.
Faute d'une alternative, d'une perspective de progrès crédibles, c'est la droite qui continue de progresser dans la société, tandis que des électeurs de gauche insatisfaits se réfugient dans des votes de circonstance. Le Gouvernement Balladur va prendre appui sur les résultats des listes qui se réclament de la majorité pour relancer la mise en œuvre de sa politique. L'emploi, la protection sociale, les services publics, le pouvoir d'achat, l'école, les acquis sociaux vont connaître de nouvelles et fortes agressions.
Il va falloir se rassembler pour résister. On peut pour cela compter sur les communistes. Avec leur proposition de Pacte unitaire pour le progrès, ils vont s'employer dans tout le pays, en suscitant des espaces de rencontres, de dialogue et d'action, à permettre l'élaboration par des millions de citoyens de la politique neuve dont notre pays a besoin.