Discours de M. Claude Evin, ministre de la solidarité de la santé et de la protection sociale, sur la radiologie et sur la nécessité d'une rationalisation sans diminution des dépenses de santé, Paris le 3 juillet 1989.

Prononcé le

Intervenant(s) : 
  • Claude Evin - Ministre de la solidarité, de la santé et de la protection sociale

Circonstance : 17e congrès de radiologie à Paris en juillet 1989

Texte intégral

Madame le Représentant du Président de la République,
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais avant tout rendre hommage aux organisateurs de ce congrès. Il s'agit là d'un évènement considérable et ils sont nombreux ceux qui, médecins, administrateurs, techniciens et bien sûr exposants, contribuent à la réalisation de cette manifestation et j'en suis sûr à son succès.

Je salue en particulier les Professeurs Maurice TUBIANA, Jean-Michel BIGOT et Michel BELLET du Comité d'Organisation, le docteur Jean BENNET, Président de la Société Française de Radiologie et les Professeurs Jean-François MOREAU et François ESCHWEGE, respectivement Président des sections Radiodiagnostic et Radiothérapie. Que tous ceux que je ne cite pas me pardonnent. Mais la radiologie française est unie, permettez-moi de le dire devant cette assistance qui représente la radiologie mondiale et c'est à l'ensemble de la radiologie française que sont donc en fait adressés mes remerciements.

L'évolution de la radiophotographie d'hier à celle du tout numérique de demain – je veux dire celle qui permettra de parler de la médecine image – devra tenir compte de deux éléments fondamentaux : la non agressivité des techniques et la régulation de l'évolution des dépenses de santé.

La non agressivité des techniques concerne bien sûr les patients mais aussi les médecins. Le Professeur TUBIANA l'a rappelé, nombreux sont les radiologues qui ont su sacrifier jusqu'à l'essentiel pour les progrès de la science et le service des malades. Que ce congrès qui va consacrer – pardonnez-moi d'anticiper peut-être sur vos travaux – les technologies les plus modernes et les plus sûres, soit l'occasion de nous souvenir d'eux avec émotion et avec gratitude.

Vos discussions, vos propositions, nous permettront, dans la mesure du possible, d'adopter une politique responsable dans le domaine de l'imagerie médicale.

Dans ce domaine qui est le vôtre, l'Europe de la recherche scientifique et du développement technologique constitue désormais le cadre naturel de vos activités.

Les enjeux industriels sont considérables, les ressources de l'Europe sont comparables à celles des États-Unis ou du Japon. Ayez la foi dans la capacité de l'Europe de relever ce défi du futur.

Plus nos chercheurs découvriront des moyens de salut pour l'humanité souffrante, plus cela profitera au renouveau de notre industrie, et ainsi nous aurons atteint deux objectifs à la fois, l'un qui aura permis à l'esprit de création et d'invention de disposer des moyens de leur action, l'autre qui permettra de redonner à notre société industrielle l'espérance d'une nouvelle audience internationale.

Le développement des techniques diagnostiques et thérapeutiques de moins en moins agressives est un devoir envers celui qui souffre et qui place toute sa confiance dans le médecin qui le traite. On ne peut donc qu'être enthousiaste devant le foisonnement des découvertes et des méthodes diagnostiques et thérapeutiques mettant les technologies les plus modernes au service du bien-être des hommes. Il est réconfortant, Mesdames et Messieurs, de constater le dévouement et l'énergie dont vous faites preuve dans la réalisation de votre mission ; qu'il s'agisse du diagnostic et des soins, des recherches, des publications, de formation ou d'enseignement, vous démontrez tous les jours que la fraternité entre les hommes existe. Le métier que vous avez tous librement et consciemment choisi, vous devez tous pouvoir l'exercer auprès de quiconque le nécessite quel que soit son origine ou son niveau social.

C'est pourquoi les pouvoirs publics de tous les pays ayant la chance de disposer d'un système de protection sociale juste et équitable ont le devoir, non de limiter le poids des dépenses de santé – Monsieur le Président, ce sont les mots que vous avez, je crois, prononcés – mais de réguler l'évolution de ces dépenses de santé. Nous ne devons pas – la France en tout cas ne suivra pas cette voie – dépenser moins que ce soit en limitant les investissements ou en diminuant le niveau de protection sociale. Nous devons dépenser mieux et tout le monde sait que cela est impératif ne serait-ce que pour vous permettre de soigner effectivement mieux et surtout de soigner tout le monde.

Confrontés aux nécessaires progrès des technologies et à l'inévitable rationalisation des dépenses de santé, vous êtes ceux qui sont le mieux à même de comprendre les défis que doivent relever les sociétés modernes qui ont fait du droit au bien-être et aux soins autant de valeurs fondamentales. La médecine est un extraordinaire moyen d'expression de la solidarité entre les hommes et entre les pays. Votre discipline vous offre la possibilité d'œuvrer pour la réalisation de l'une et de l'autre. Que chacun, dans l'intérêt de tous, aide donc à leur consécration.