Interviews de M. Alain Richard, ministre de la défense, à France-Info le 7 juin 1999 et France 2 le 16, sur l'organisation du retrait des troupes serbes du Kosovo en vertu de l'accord militaire conclu à Kumanovo, le déploiement du contingent français de la KFOR, la participation de la Russie à la sécurisation du Kosovo, les conditions de retour des réfugiés.

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Circonstance : Accord militaire entre l'OTAN et l'état-major des forces yougoslaves sur le retrait des forces serbes du Kosovo et la suspension des frappes aériennes de l'OTAN signé à Kumanovo le 9 juin 1999

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France Info - Lundi 7 juin 1999

Q - La Yougoslavie réclame, ce soir, un vote du Conseil de sécurité de l'Onu, en préalable à l'entrée des forces alliées au Kosovo. Est-ce acceptable ?

– « Remettons les choses dans le cadre. Pourquoi avons-nous fait tout ça ? Avec un objectif simple, que je n'ai pas arrêté de rabâcher : permettre à tous les Kosovars de vivre en sécurité dans cette province. C'est pas maintenant – alors qu'on s'est approché, parce qu'on a su mettre ensemble la pression militaire, efficace, et la discussion politique –, c'est pas maintenant qu'on va changer d'objectif. Donc tout le reste est de la procédure et de la technique militaire. Mais ce qu'il faut c'est que, d'ici quelques jours ou quelques semaines, la situation créée – et notamment l'ambiance de sécurité et de contrôle de la situation au Kosovo –, permettre au Kosovo de revenir. »

Q - « D'ici quelques semaines » ce qui veut dire que vous n'avez pas tout à fait confiance dans ce qu'on dit à Belgrade depuis jeudi dernier.

– « Non, ça n'est pas d'hier. La question clé c'est : aujourd'hui qui tient militairement le Kosovo ? C'est l'armée serbe avec les procédés qu'on a vus. Qui doit le faire ? Dans quelques jours, le moins possible, une force internationale de sécurité apte à empêcher toute remontée de violence, alors qu'on voit bien toutes les haines accumulées, toute la terreur qui s'est développée. Donc « la séquence » comme on dit – c'est à dire : qui fait quoi à quel moment ? – doit aboutir à ce résultat. Si nous sommes arrivés là, c'est tout de même parce qu'on a employé les armes. Je crois que la démonstration est faite que de parler avec le pouvoir serbe sans employer la force alors que lui faisait déferler la violence, cela aurait été voué à l'échec. Nous détenons ce moyen de pression ; naturellement personne ne l'emploie par goût. Et on cessera dès lors que le processus sera clairement engagé. Pour qu'il soit clairement engagé, il y a la base politique qui va être la résolution ; les représentants des pays principalement intéressés sont en discussion à Bonn pour la mettre au point et je crois que ça progresse ; on n'est pas au bout, notamment sur la question du retrait total, mais ça progresse. Ensuite il faut qu'il y ait un accord très concret des militaires les uns avec les autres, pour dire : vous partez de tel endroit pour tel jour et nous on s'installe. Sinon c'est le vide de sécurité. »

Q - Le vote de cette résolution est-il un préalable ? Ce que fait Belgrade en tout cas.

– « Non, non. Ils ne sont pas en situation de poser des préalables. Quant à la Russie, elle a démontré depuis maintenant plusieurs semaines qu'elle était réaliste, qu'elle voulait être reconnue pour son rôle coopératif et qu'elle n'avait pas une grande confiance non plus dans le pouvoir serbe. Donc nous, la position qu'on défend, c'est de dire : il faut que les pays principalement intéressés se soient mis d'accord sur le texte de la résolution, ce qui veut dire que, 12, 24 ou 36 heures après ils le voteront une fois qu'on sera en séance au conseil de sécurité. »

Q - Pour l'instant sur le terrain il ne se passe rien, rien n'a bougé en fait depuis jeudi dernier ?

– « Non puisque les serbes sont toujours complètement répartis sur le Kosovo, exercent toujours la même menace et ponctuellement des exactions contre la population. Et, donc c'est à eux de montrer qu'ils changent. La discussion s'est nouée entre les militaires serbes et les militaires européens et américains. Hier elle n'a pas abouti. »

Q - Donc on continue à frapper tant que Milosevic ne bouge pas un soldat ?

– « Oui, on frappe essentiellement voire uniquement sur les positions militaires serbes au Kosovo. »

Q - Les 50 000 hommes de la Kfor ne sont pas encore regroupés. Dans combien de temps peut-on les réunir et combien de temps leur faudrait-il pour arriver sur place une fois le feu vert donné ?

– « Je vais vous dire : on a la possibilité d'avoir 25 000 hommes qui se distribuent, qui se répartissent en arrivant par une ou deux routes seulement, donc ça ne pourra pas être instantané. D'où la question : les uns partent, les autres arrivent, en ne laissant pas trop de trous entre les deux, sinon on ne sait pas ce qui va se passer. Donc je pense qu'on pourrait avoir 25 000 hommes répartis dans les endroits essentiels du Kosovo, dans une bonne dizaine de jours. »

Q - Et les 25 000 suivants autant ?

– « Plutôt 15 jours de plus. Car en plus, il y a la question d'une participation équilibrée de toutes les nations. Nous, les quatre nations européennes et les Américains qui sommes un peu au coeur du jeu, on s'est parlés depuis plusieurs semaines. Pour les autres, forcément le processus va être un peu plus étalé. »

Q - Que redoute-t-on le plus sur place : les paramilitaires serbes qui pourraient rester dans la population, les mines, la guérilla de l'UCK ?

– « Un peu tout cela mais en premier les forces officielles serbes – police et armée – qui continuent à tenir le terrain. Donc à partir du moment où avec eux c'est clair et qu'ils se retirent totalement, comme c'est le principe politique émis par M. Tchernomyrdine et M. Ahtisaari. Les autres dangers existent, ils ne vont pas disparaître du jour au lendemain. Mais on est capable de coordonner le retrait serbe avec l'entrée progressive de la force internationale de sécurité et on pense pouvoir créer cette fameuse ambiance de sécurité qui permet que les réfugiés – qui ne vont pas repartir la baïonnette dans le dos – ils repartiront quand ils auront eu conscience, après ce qu'ils ont vécu qu'ils peuvent revenir. »

Q - Et c'est pas une partie de campagne, de quadriller le Kosovo avec la force internationale…

– « C'est d'ailleurs pour ça qu'on est passé de 28 à 50 000 car entre temps il y a les mines que tous ces braves partenaires avec lesquels on discute maintenant ont quand même balancé des mines sur pas mal d'endroits du Kosovo ; il y a toutes les destructions qui ont été faites ; les conditions matérielles difficiles dans lesquelles il va falloir réinstaller les réfugiés. Donc ça demande du monde en plus, de toutes les nations. »

Q - Et une fois que la Kfor sera sur place dans combien de temps pensez-vous que les réfugiés kosovars pourront commencer à rentrer chez eux ?

– « Moi depuis le début – mon rôle étant d'inspirer un minimum confiance parce que ce qui est en jeu c'est notre capacité de sécurité – je ne me suis jamais engagé sur des délais. Tout le monde m'a dit : mais alors les opérations ça va durer combien de semaines ? J'ai dit : le temps qu'il faudra pour qu'on atteigne le résultat. Là, le résultat, c'est que les réfugiés qui sont des européens, qui ont des cousins un peu dans toute l'Europe, qui sont informés, qui débattent entre eux, arrivent à se convaincre qu'ils peuvent revenir. Notre intérêt et notre volonté politique – c'est pour ça qu'on a fait tout ça – c'est qu'ils en soient convaincus rapidement. On ne va pas le faire par la force. »

Q - Vous croyez que ce million de réfugiés pourra rentrer avant l'hiver ou il faut déjà prévoir des installations en dur ?

– « Je ne l'affirme pas parce que, j'insiste, ils choisissent en grande partie eux-mêmes ; on ne peut pas les faire rentrer par contrainte. Deuxièmement : les conditions matérielles de réinstallation et de reprise de la vie au Kosovo, où tout est démoli, tout a été déstructuré par l'éviction en force, vont demander des mois et des mois. Donc ça peut être en partie fait par toute l'assistance humanitaire, tout le soutien économique, le travail de reconstruction. Mais par exemple, ce qui se dit beaucoup, à savoir que les hommes rentreront d'abord parce qu'ils retrousseront les manches et aux côtés des humanitaires et des organisations officielles feront la reconstruction et que les familles pourraient rentrer plus tard, ça me paraît assez réaliste. »

Q - Quel premier bilan faites-vous de cette guerre qui n'a pas dit son nom, qui n'est pas finie et qui a été un test redoutable pour l'Europe ?

– « Le premier bilan, en supposant qu'on a franchi les conditions que je viens de rappeler, c'est que nous avons bien fait d'employer la force. La majorité des Français et des Européens ont approuvé ce choix car ils avaient conscience que par la faiblesse on n'obtiendrait pas ce résultat politique vital par rapport à nos valeurs humaines, le premier bilan c'est qu'on l'a fait et qu'on a bien fait de le faire. Quant aux moyens qu'on a employés, on a redécouvert, mais ça a été utile à la réflexion de tout le monde, que quand on passe à l'emploi de la force armée, dans des conditions d'aujourd'hui, les États-Unis ont de près derrière eux, beaucoup plus de moyens instantanément déployables que nous européens. C'est pas du côté de nous, Français, ni de nos amis britanniques qu'il y a le plus à s'interroger. Et je vais vous dire : dans le bilan que je fais, vraisemblablement sur l'emploi de la force aérienne, là, dans les deux mois passés, la France a dû représenter plus de 30 % si ce n'est pas plus de 35 % des moyens de toute l'Europe. Donc, c'est plutôt du côté de certains de nos amis européens qu'il y a des questions à se poser. Mais globalement les Européens nous n'avons pas tout à fait la taille collectivement, la capacité de travailler ensemble et la rapidité. »

Q - À Kumanovo, les officiers serbes qui ont discuté ces jours-ci avec l'Otan étaient des généraux de second rang – le chef d'état-major yougoslave n'est pas venu. Si par extraordinaire il franchissait la frontière, les troupes françaises de l'Otan à Kumanovo exécuteraient-elles le mandat d'arrêt international du TPI ?

– « Contre ? »

Q - Contre tout général serbe arrivant en Macédoine…

– « Ça ce n'est pas réglé. Pour l'instant personne n'a ce mandat. Des positions ont été prises, elles ont d'ailleurs mis du temps à être élaborées en ce qui concerne le territoire bosniaque. En Bosnie, il y a des mandats d'arrêt du TPI, il y a un certain nombre d'institutions, dont les forces de l'Otan, mais pas en premier rang, qui sont chargées de l'appliquer. Qui sera chargé de le faire dans le cas du territoire du Kosovo et a fortiori de la Serbie où il n'y aura pas de force internationale ? Ça n'est pas réglé, c'est en discussion entre les ministres des Affaires étrangères et le Tribunal. »

Q - Mais si c'est un général serbe inculpé de crimes contre l'humanité vient discuter en Macédoine avec les troupes de l'Otan, quand il franchit la frontière il n'y a pas un mandat d'arrêt automatique international ?

– « Non, absolument pas. Et pour l'instant le mandat de nos représentants, civils ou militaires, c'est de conclure un accord technique et pas de procéder à une interpellation pour laquelle ils n'ont pas été mandatés. »

Q - Même avec des criminels de guerre ?

– « Ça, il faut bien séparer les choses. Nous ne sommes pas pour l'instant en situation de police judiciaire. »


France 2 – mercredi 16 juin 1999

Q - Vous pensez qu'on découvrira beaucoup d'autres charniers ?

– « On ne peut pas savoir. Ce qu'on savait de façon diffuse, c'est qu'il y avait eu, en effet, de nombreux massacres, de nombreux assassinats collectifs au moment où les forces yougoslaves ou les paramilitaires expulsaient par la terreur les gens. On a toujours dit des centaines ou des milliers de victimes. Cela va se découvrir et on sait que pendant la période des négociations, de la mise en place de l'accord technique militaire, il y a eu un maximum de destruction de preuves. »

Q - Les forces françaises sont pour l'instant autour de Gnjilane, elles ont un peu de mal à progresser. C'est dû à quoi ? C'est une zone difficile, obstruction serbe ?

– « On commence à bien se connaître avec les partenaires de l'Alliance. Le général Jackson a réparti les rôles et il a donné – avec notre plein accord – une tâche relativement compliquée au contingent français en disant : vous allez par telle voie dont on sait qu'elles sont minées. Et puis la malchance qu'on a eu c'est que, comme on est passé le premier jour, c'était le moment où les informations fournies par les militaires yougoslaves étaient encore partielles, donc sur les mines on a fait attention. Cela dit, on était finalement le deuxième jour à Gnjilane comme c'était prévu. On doit ensuite se projeter à Mitrovica – c'est à dire la ville du Nord – dans laquelle on doit avoir notre secteur définitif. À Gnjilane, on va être remplacé par les Américains et on a déjà plusieurs équipes d'opérations spéciales qui sont en train de prendre position à Mitrovica. On va se dépêcher parce que c'est une région où il y a une population civile serbe assez nombreuse. L'un des challenges de cette opération c'est que tous les kosovars doivent pouvoir vivre en sécurité dans cette province. Donc, il faut s'efforcer de rassurer aussi la population serbe. »

Q - Précisément on l'a vu dans les reportages de nos envoyés spéciaux, on a le sentiment que la population là-bas est trop impatiente de voir arriver les Français. Ils vont arriver quand ? Le gros des troupes, ce sera samedi ?

– « À Mitrovica non, plutôt en début de semaine prochaine. »

Q - Vous avez le sentiment que l'armée yougoslave joue le jeu, se retire dans de bonnes conditions. On a vu quelques petits incidents.

– « Il y a une explication rationnelle : c'est un pays qui a vécu par la guerre et qui s'est affirmé par la guerre. Pour les militaires de ce pays, de sauver leur armée, d'empêcher qu'elles partent en morceaux, c'est un enjeu fondamental. Donc, ils veulent que cela se passe en ordre et ils appliquent les consignes. Il y a un peu de retard parce que c'est quand même un mouvement compliqué, ils étaient très dispersés sur le territoire du Kosovo ; mais à, je dirais, une ou deux journées près, en gros, ils appliquent l'accord militaire. »

Q - Ce qui frappe aussi c'est qu'on voit beaucoup les troupes de l'UCK, qui prennent position, notamment dans la zone allemande. On les voit très présents.

– « Un peu partout. »

Q - Un peu partout et ils occupent les casernes occupées par l'armée serbe. Ce n'est pas un peu préoccupant ?

– « Ce n'est pas du tout de même nature. Il y a trois choses qui se passent dont deux positives. Premièrement, les différentes unités de la Kfor prennent position là où elles devaient être. Hier, tous nos contingents étaient aux endroits prévus et commençaient à se déployer, donc à établir la sécurité sur le terrain. Deuxièmement, l'armée yougoslave respecte l'accord. Troisièmement, par contre, on commence à avoir – mais c'était aussi parfaitement prévisible – des unités ou des groupes de guérilleros de l'UCK qui essayent de prendre position à tel ou tel endroit. Ils défendent leur identité patriotique. Ils veulent montrer qu'ils ont contribué à la victoire de leur communauté. Les consignes de la Kfor vont devenir de plus en plus claires et précises. C'est à dire qu'ils n'ont pas à exercer de domination militaire. Ils doivent être démilitarisés. »

Q - Cela veut dire qu'ils doivent rendre leurs armes, mais ils n'en n'ont pas vraiment l'intention ?

– « Non. Mais la supériorité militaire est quand même du côté de la Kfor donc on parviendra à les y amener. Ils pourront garder quelques armes individuelles. Il faut bien que dire le Kosovo, comme dans toute cette région, c'est un endroit où beaucoup de gens sont armés. Mais ils ne pourront plus se comporter comme formation militaire et dans le secteur français et dans le secteur où est le contingent français tout de suite, on y veille. »

Q - Ces images qu'on a vu où effectivement des casernements sont occupés par l'UCK qui donne des conférences de presses, cela ne se verra plus ?

– « Ils pourront peut-être encore donner des conférences de presse. De quoi on parle dans tout cela ? Que le Kosovo devienne une zone où les gens puissent vivre en sécurité. Il ne faut pas que l'UCK créé son insécurité à elle. Nous allons y mettre bon ordre. Cela fait quatre jours que la Kfor se déploie. Reparlons-en, si vous voulez, dans un mois et demi. Je pense que là aussi on sera arrivé à l'objectif. »

Q - L'arrivée des Russes avec de nouveaux convois, ça va se régler ? C'est fait avec l'accord du président Eltsine, dit-il. Vous y croyez ?

– « Oui, il faut toujours y croire parce que nous sommes des gens qui cherchons la bonne volonté de tous les côtés. Honnêtement, aujourd'hui, vous avez 30 et quelque mille soldats de la Kfor qui sont des Britanniques, des Français, des Allemands, des Italiens, des Espagnols. C'est quand même cela le coeur de l'affaire. Nous souhaitons qu'il y ait une participation russe. C'est en train de finir de se négocier. L'objectif, c'est de créer la sécurité de façon impartiale au Kosovo. Il ne faut pas que quiconque ait un doute sur la responsabilité de la Kfor. S'il y a une remontée de violence quelque part, s'il y a un incident, la Kfor agira avec quelqu'un qui la commande et qui en assume la responsabilité. Dans ce cadre-là, les Russes auront leur place et je sais qu'ils vont venir dans ce cadre-là. »

Q - Ce n'est pas inquiétant quand même qu'ils aient débarqué, si je puis dire, comme ça au Kosovo sans prévenir et sans ordre formel ?

– « Ce n'est pas le sujet majeur d'inquiétude. Ce que cela révèle, plutôt ce que cela confirme, c'est que le mode de prise de décisions à Moscou est encore un peu inhabituel pour une démocratie stabilisée. »

Q - Inhabituel, c'est un euphémisme.

– « Je n'arrête pas de faire des euphémismes. Cela fait partie du travail. »

Q - Quand on est ministre de la Défense, est-ce qu'on peut passer du terrain militaire – vous étiez sur place – au terrain commercial avec le salon du Bourget ?

– « Commercial non, ce n'est pas mon job. S'assurer que les industries de défense européennes progressent, préservent leurs capacités d'indépendance par rapport aux industries américaines et fournissent à des prix acceptables les outils dont on a besoin, ça c'est mon job. Le Bourget, n'oubliez pas, est un salon aéronautique, civil et militaire. Il y en a autant pour J.-C. Gayssot que pour moi. Ce sont des industries qui continuent à se moderniser, qui continuent à grouper leurs efforts et qui mettent l'Europe et notamment la France, à la pointe des capacités industrielles mondiales. Donc, le Bourget est plutôt optimiste. »