Texte intégral
Près de dix années après, force est de constater que le gouvernement commet aujourd’hui exactement les mêmes erreurs que celles que les socialistes avaient déjà faites avec le gouvernement Rocard à la fin des années 1980 : une frénésie de dépenses publiques au nom d’un État qu’on paralyse à force de vouloir le faire s’occuper de tout, en tout et pour toutes choses : une obsession de l’accroissement des impôts et des charges sociales rendu inévitable pour financer cette multiplication des dépenses.
Hélas, l’expérience ne leur a rien appris. On sait que cette politique, partout où elle a été tentée, ne conduit qu’à l’explosion des déficits, à l’augmentation de la dette que l’on laisse en héritage aux générations futures et, en définitive, à la paralysie des initiatives et à l’asphyxie du dynamisme des entreprises, et donc à davantage de chômage.
C’est bien là le paradoxe de la politique conduite par le gouvernement Jospin. Créer 350 000 emplois pour les jeunes dans la fonction publique, cela peut paraître sympathique mais c’est tromper à la fois les jeunes et les Français : les jeunes parce que ce sont de faux emplois, des emplois qui ne débouchent sur rien de définitif, qui ne leur apprendront pas un métier, qui ne les intégreront pas dans l’entreprise : les Français parce qu’il faudra bien faire appel aux contribuables pour subventionner ces faux emplois. Je rappelle la réalité des chiffres : 8 milliards en 1998 et 35 milliards dans deux ans, soit plus de 10 % des recettes annuelles de l’impôt sur le revenu.
Réduire la durée du temps de travail à 35 heures, c’est peut-être aussi sympathique, mais comment peut-on imaginer que cela marchera en France, alors que tous nos partenaires conduisent des politiques exactement opposées à la nôtre ? Ouvrons les yeux. La France, de tous les pays de l’OCDE, est celui qui a la durée annuelle effective de travail la plus faible, après l’Allemagne, et l’âge de retraite le plus bas, à l’égalité avec le Japon, mais les Japonais travaillent 22 % de plus que les Français par an. Résultat : nous avons en France le taux de chômage le plus élevé. Ne peut-on cesser de contester cette réalité ? Avec les impôts les plus lourds, les dépenses publiques les plus élevées et les 35 heures, nous continuerons à avoir un niveau de chômage inacceptable.
La politique du gouvernement est, de mon point de vue, symétriquement l’inverse de celle dont aurait besoin la France. Ne nous trompons pas. Les socialistes français n’ont pas changé, contrairement à leurs voisins anglais. Ils croient toujours que résoudre la question du chômage, c’est un problème de partage du travail, de répartition de la pénurie et de nivellement généralisé.
Notre ambition est tout autre. Il ne s’agit pas de travailler moins, mais de travailler mieux. Il ne s’agit pas de partager le gâteau en un nombre d’emplois qui serait fixé une fois pour toutes, mais de savoir comment faire pour augmenter le gâteau de façon à ce que chacun puisse légitimement en profiter. Pour y arriver, il faut libérer les énergies et supprimer toutes les charges qui pèsent inutilement sur les entreprises et qui entravent leur développement. C’est ça réduisant les poids de l’État et en lui demandant de faire moins mais de faire mieux ce qu’il doit faire – la justice, la protection des plus faibles… – que l’on pourra réduire les impôts et les prélèvements obligatoires et redonner ainsi une bouffée d’oxygène à l’économie.
Moins d’impôts pour les Français, c’est davantage de pouvoir d’achat pour consommer plus et donc soutenir l’activité.
Moins d’impôts pour les entreprises, c’est davantage de moyens pour investir et conquérir de nouveaux marchés à l’exportation, c’est davantage de compétitivité et en définitive, davantage d’emplois à la sortie.
Voilà notre combat : tenir aux Français le langage de la vérité, du courage et de l’envie de gagner, et non s’enfermer dans l’assistanat cher aux socialistes d’un État-providence qui conduit immanquablement le pays à la faillite.
Assumons nos idées, nos valeurs, n’ayons pas peur de défendre sans complexe nos convictions. Proposons aux Français une alternative au socialisme.