Editoriaux de M. Jean-François Mancel, secrétaire général du RPR, dans "La Lettre de la nation magazine" des 7, 14 et 21 février 1997, sur les résultats de la politique gouvernementale, l'élection municipale partielle de Vitrolles et la polémique autour du projet de loi Debré sur l'immigration, intitulés "La France va mieux", "Les leçons de Vitrolles", "L'émotion contre la raison".

Texte intégral

* La France va mieux

Il faut aujourd’hui toute la mauvaise foi des socialistes pour refuser de reconnaître l’évidence : la France, en ce début d’année, va indiscutablement mieux. On pourrait multiplier les signes qui l’attestent : la reprise de la consommation – qui a connu en 1996 sa plus forte progression depuis dix ans , les perspectives d’investissement des entreprises – conséquence du moral retrouvé de leurs dirigeants , l’amélioration de la situation de l’emploi au mois de décembre dernier – certes fragiles mais encourageante , ou encore l’orientation plus que jamais favorable de notre commerce extérieur… Conjugués à l’amélioration de notre environnement international, tous ces indices laissent espérer pour 1997 une croissance supérieure aux prévisions les plus optimistes, établies jusqu’à présent à 2,3 %, et, si cette tendance se confirme, une accélération de la baisse des impôts.

Ces résultats sont le fruit du dynamisme, de l’imagination, de l’énergie dont font preuve, au quotidien, nos compatriotes. Ils sont aussi le fruit du courage et de la détermination du gouvernement d’Alain Juppé, qui a su, comme le demandait le Président de la République, se refuser au renoncement et engager les réformes de fond dont notre pays avait besoin. C’est ainsi qu’en 1996, les objectifs fixés par la maîtrise des dépenses de santé ont été tenus, grâce à la mobilisation responsable de tous les professionnels de la médecine libérale et du monde hospitalier. La Sécurité sociale, malade endémique mise à genoux par l’inaction et l’incompétence socialiste, est aujourd’hui en voie de guérison. C’est ainsi également que les réformes indispensables à l’adaptation d’entreprises aussi importantes que la SNCF ou France Télécom, abandonnées à leur sort durant des années de pouvoir socialiste, sont en passe d’être menées à bien. On pourrait là aussi multiplier les exemples qui dessinent le visage d’une France plus sûre, où la criminalité a baissé de plus de 9 % en deux ans, d’une France plus indépendante, forte d’une défense enfin engagée sur la voie de sa modernisation, d’une France soucieuse de son avenir et de celui de ses enfants, menant une véritable réforme de fond de l’éducation et de la formation professionnelle.

Face à ces perspectives favorables, les glapissements des socialistes, englués dans la spirale de l’opposition systématique, apparaissent plus dérisoires encore. Oublieux du temps où François Mitterrand accusait le général de Gaulle, lors de la sortie de la France du commandement intégré de l’Otan, de « poujadisme à l’échelle mondiale », le PS voudrait aujourd’hui nous donner des leçons sur le gaullisme et l’indépendance de la France… De même sur l’éducation, où le PS passe sous silence le triste bilan de Messieurs Lang et Jospin, ministres de l’Education nationale, et se permet de critiquer le Gouvernement qui rattrape le temps perdu. De même encore au sujet de l’immigration, sur lequel le PS ne craint pas de prendre le parti de l’illégalité en dénonçant la volonté du gouvernement de voir pleinement appliquée la loi de la République. Tout cela au demeurant est de bien peu d’importance. Plus l’embellie que nous vivons s’affirmera, plus l’écho de ces cris stériles diminuera. Jusqu’à devenir inaudible.

 

* Les leçons de Vitrolles

La sinistre victoire du Front national dimanche dernier, à Vitrolles, ne méritait pas tout le tapage entretenu comme à plaisir par un certain nombre de commentateurs. Rien ne justifiait en effet que l’on fasse de cette élection municipale partielle, marquée par une situation locale particulièrement difficile, un enjeu national.

Ce qui est important, en revanche, c’est de tirer les enseignements de ce scrutin, qui confirme tout d’abord, de toute évidence, l’impuissance du PS à combattre efficacement le FN.

Il n’y a là rien d’étonnant. Comment imaginer que les Français puissent faire confiance, pour répondre à leurs attentes en matière d’emploi, de sécurité ou de lutte contre l’immigration clandestine, à des socialistes dont l’action désastreuse pendant dix ans de gouvernement a justement créé et entretenu ces difficultés ? Décrédibilisé, incapable d’incarner l’avenir, le PS recueille aujourd’hui de surcroît les frais amers de l’irresponsabilité avec laquelle il a favorisé, au cours des années 80, dans le seul but d’essayer de nous nuire, l’émergence du FN.

Celui-ci, et c’est là le deuxième enseignement de l’élection de Vitrolles, ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque c’est sur Jacques Chirac, Alain Juppé et la majorité qu’il concentre ses attaques. Jean-Marie Le Pen l’a ainsi répété dimanche : le Front national préfère Lionel Jospin à Jacques Chirac.

La raison en est simple : le Front national, qui ne prospère que sur les difficultés des Français et travaille sans cesse à les exacerber par un discours de division et de haine, ne craint rien tant que le succès du redressement engagé de la France.

Sans programme réaliste, incapable de résoudre les problèmes des villes qu’il administre depuis 1995, le FN sait qu’il n’a rien à craindre d’un PS qui n’est plus porteur que d’un passif. Il sait qu’il a tout à craindre en revanche de notre majorité parce qu’elle est porteuse de solutions concrètes pour un avenir meilleur.

Les résultats des élections partielles organisées au cours des derniers mois sont à cet égard éloquents. Dans des conditions comparables, là où les candidats du PS confrontés à des candidats du Front national ne parviennent pas à les battre, les candidats du Rassemblement ont toujours gagné. Les gaullistes, il est vrai, ont depuis longtemps l’habitude d’affronter victorieusement tous ceux qui choisissent de privilégier l’intérêt partisan au détriment de l’intérêt général de la Nation.

Les succès obtenus par le Gouvernement, par exemple, en matière de sécurité – avec une baisse en deux ans de près de 10 % du nombre des crimes et délits , sa volonté déterminée de parvenir à l’immigration clandestine zéro ou encore la mobilisation pour l’emploi réaffirmée il y a quelques jours, lors de la conférence sur l’emploi des jeunes, avec des mesures simples, concrètes et efficaces, sont, dans cette perspective, les meilleurs atouts dont nous disposons pour éviter que nos compatriotes ne se laissent abuser par le masque de la démagogie et du mensonge.

 

* L’émotion contre la raison

La polémique organisée au cours des derniers jours, à grand renfort de pétitions, de serments solennels et d’appels à la manifestation, contre le projet de loi Debré a de quoi laisser perplexe.

Condamnable sur la forme – car, rien ne saurait justifier en France, aujourd’hui, un appel à désobéir à la loi qui est particulièrement scandaleux lorsqu’il est le fait de responsables politiques ou de magistrats , cette mobilisation est sur le fond totalement disproportionnée et en complet décalage par rapport à la réalité.

Les pétitionnaires se réclament de la défense des principes de la République : fort bien, mais qui songe à s’y opposer ? Certainement pas le Gouvernement, à moins de considérer que la lutte contre l’immigration illégale, c’est-à-dire, l’application des lois de la République, est en soi attentatoire aux libertés ?

L’immigration illégale zéro, seul objectif recherché par le Gouvernement, bien loin d’attenter à l’idéal républicain, est en effet une condition indispensable à sa défense et à sa promotion. Ce qui, en revanche, met en danger cet idéal, ce qui nourrit les ferments du racisme, de la xénophobie et de la haine, ce qui entrave l’assimilation des étrangers en situation régulière, c’est la transgression de la loi et le laisser-aller illustré entre 1981 et 1993 par des socialistes qui voudraient aujourd’hui donner des leçons après avoir été durant dix ans les promoteurs irresponsables et criminels de l’immigration illégale.

Dès lors, cette lutte nécessaire suppose que l’on se dote des moyens appropriés à son succès. Tel est le sens du projet de loi Debré qui ne fait qu’adapter, simplifier et compléter les dispositions existantes pour les rendre plus efficaces. Ceux qui, souvent de bonne foi, l’accablent aujourd’hui de tous les maux ne se rendent pas compte qu’ils soufflent ainsi sur l’incendie qu’ils prétendent éteindre.

Face à ces contresens et aux excès de l’émotion, face également à l’hypocrisie des socialistes qui essaient maladroitement, en prenant le train en marche, de faire oublier qu’ils sont incapables de définir sur ce projet une position claire, c’est une fois de plus au gouvernement et à la majorité qu’il revient de défendre le parti de la raison, de l’intérêt général et de l’avenir de notre communauté nationale. Ils ont montré depuis vingt mois qu’ils ont pour cela la détermination et le courage nécessaire. Le Rassemblement pour la République, pour sa part, sera au premier rang de ce combat pour la France.